‹ Flore médicale (volume 3)Chapitre 57 sur 97 · DATA · texte numérisé non relu

DATA

COS LS + à

PERSICAIRE,

J PERSICARIA URENS seu HYDROPIPER ; Bauhin , IsvaË, lib. 3, sect. 1 ; — Tournefort, clas. 15, sec. 2, gen. 10.

POLYGONUM HYDROPIPER, Moribus hexandris “en À folüs lanceolatis, stipulis submuticis ; Linné, octandrie trigynie ; — Jussieu, clas. 6, ord. 5, famille des polygonées.

RE PEPE AQUATICO.

Espasnol. .- .'Y... PIMIENTA DE AGUA.

Portugais. . ...... PIMENTA DE AGUA.

Érangais.:. . ..... PERSICAIRE; POIVRE D'EAU; CURAGE,

a WATER-PEPER.

Allemand. ....... WASSERPFEFFER.

Hollandais. ...... WATERPEPER.

| VANDPEBER.

__.:.. LSPNRCRRSSSAEARS BITTERBLAD,

Polonais... ...... PIEPRZ WODNY; RDEST BfALY,

Russe........... POTSCHEDNAJA TRAWA.

HONETOISD. . . . ... VIZI BORS.

Parmi les plantes qui naissent sur le bord des ruisseaux, dans les fossés humides, on distingue plusieurs espèces de persicaires, particulièrement celle à laquelle sa saveur âcre et brûlante à fait donner le nom vulgaire de poivre d'eau. Elle appartient au genre polyzonum de Linné, caractérisé par un calice coloré, à quatre, cinq ou six découpures, persistant autour du fruit; point de corolle; les étamines au nombre de cinq à neuf; un ovaire supérieur, surmonté de deux ou trois styles. Le fruit consiste en une seule semence nue, triangulaire, enveloppée par le calice.

L'espèce dont il est ici question, a des racines fibreuses; une tige glabre, cylindrique, articulée, souvent rougeâtre, un peu rameuse, droite ou un peu flexueuse. — Les feuilles sont simples, glabres, alternes, médiocrement pétiolées, lancéoléés, aiguës, entières , point tachetées , accompagnées de stipules courtes, tronquées, très-rarement ciliées. — Les fleurs sont disposées en épis lâches et gréles , axillaires, simples ou à peine rameux, garnis de bractées en écailles. — Les calices sont blanchâtres ou colorés en rouge, à qua-

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à PERSICAIRE. . ‘ile.

tre lobes : ils renferment six étamines, un style à demi bifide; les

semences un peu comprimées, médiocrement triangulaires.

Cette espèce se rapproche beaucoup du polygonum persicaria. Elle s’en distingue par ses épis plus grèles, par ses stipules trèsrarement ciliées, par ses feuilles non maculées, par leur saveur brülante.

Dépourvue d’odeur , cette plante est douée d’une saveur âcre et piquante, à laquelle elle est redevable du nom de poivre d'eau, qu’on lui donne vulgairement. On ne s’est point occupé de son analyse chimique; mais on sait qu’elle perd une grande partie de son icreté par la dessiccation. Bergius a remarqué, en outre, que son infusion aqueuse, dont la saveur est purement herbacée, noircit par le sulfate de fer : ce qui est un indice de la présence d’un principe astringent.

Ainsi que l’annoncent ses qualités physiques , la persicaire exerce une irritation manifeste sur l’économie animale. Appliquée fraîche et contuse sur la peau , elle y détermine de la rougeur, de la chaleur,

et pourrait ainsi être employée comme rubéfiante lorsqu'on manque

de moutarde et autres substances analogues. Mise en contact avec des parties dénudées , elle les irrite ; et, sous ce rapport, elle est trèspropre à déterger les ulcères atoniques , et à réprimer les végétations blafardes de leur surface. Aussi a-t-elle été recommandée et très-employée jadis contre les solutions de continuité chez l’homme et les animaux ; les vétérinaires s’en servent même encore quelquefois pour réprimer les chairs fongueuses-des ulcères des chevaux. C’est à raison de cette propriété détersive, qu’elle a été recommandée par Tournefort, contre la gangrène , où elle peut être utile, jusqu’à un certam point, pour favoriser la séparation et la chute des escarres. On a vanté également les applications de ses feuilles cuites dans Peau,

favoriser la résolution ; au récit de Linné, les Norwégiens s’en sérvent de cette manière contre l’odontalgie : on voit même, dans Murray, que sa décoction aqueuse a été administrée en gargarisme et en injection, contre les douleurs de dents, contre les aphthes, l’angine, les ulcérations du pharynx et des fosses nasales. Toutefois, si cette plante âcre et excitante peut avoir été quelquefois employée avec succès, comme topique , dans ces différentes affections, ses avantake

sur les parties œdématiées et sur les engorgemens séreux, pour en.

1 PERSICAIRE.

ges ne sont pas constatés par des faits assez précis ni assez nombreux pour qu'on puisse les admettre sans restriction ; il faut même convenir , avec le judicieux Spielmann, qu'ils ont besoin d’être confirmés par de nouvelles expériences.

La persicaire , administrée intérieurement, a été regardée, en ou-

‘tre, comme diurétique et lithontriptique. Si, à l'exemple de la plupart des substances légèrement astringentes, étendue d’une grande quantité d’eau, elle est susceptible de provoquer la sécrétion de l'urine, ce ne peut être qu’en excitant les reins. Or, cette excitation , très-propre à opérer l'effet diurétique lorsque les reins sont dans un état d’atonie, produirait évidemment un effet contraire dans les cas où ces organes sont. en proie à linflammation, à une excitation quelcenque ou dans un état de surexcitation. A l'égard , de la faculté de dissoudre les calculs urinaires , qui lui a été bénévolement accordée, rien ne prouve qu’elle existe; tout porte même à croire qu'elle est entièrement illusoire. Comme diurétique, on pourrait tout au plus lui accorder la propriété de prévenir leur formation en augmentant la quantité de l’urine, si l’eau de rivière, suivant la judicieuse remarque d’'Hartley, n’était le plus puissant prophylactique des affections calculeuses.

On trouve dans Peyrilhe, que donnée en poudre aux moutons, à la dose d’un gros dans du miel, elle détruit une espèce de ver auquel ces animaux. sont exposés, et qui leur est souvent funeste.

La persicaire a été administrée en substance et en extrait, à la dose d’un à deux grammes (environ demi-scrupule à demi-gros.) ; en décoction, on pourrait l’administrer à dose double.

Cette plante pourrait servir d’assaisonnement. Elle fait partie de plusieurs préparations cosmétiques. Suivant Peyrilhe, elle teint la lame en jaune.

” EXPLICATION DE LA PLANCHE. [La plante est de grandeur naturelle.) — x. Fleur

entiere accompagnée de sa bractée, grossie. — 2. Corolle ouverte pour faire voir l'insertion des cinq étamines. — 3. Pistil. — 4. Graine de grandeur naturelle, — 5. La même, grossie.

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