CCLXXX V
PRUNIER
LT LEE drag Etui etat xoxkuusaæ , Dioscorides.
PRUNUS; Bauhin, Hsvaf, lib. 11, sect. 6; — Tournefort, clas. 27, sect. 7, gen. 1.
RE - - - - PRUNUS DOMESTICA, pedunculis subsolitaris ; fois lanceolato-ovatis convolutis, ramis muticis ; Linné, icosandrie monogynie ; — Jussieu, clas. 14, ord. 10, famille des rosacées.
RS À 2. PRUGNO.
Espagnol. ....... CIRUELO.
Portugais. ...... AMEXIEIRA.
Francais... . AH C PRUNIER.
Anglais. . . à 44. à PLUM-TREE,
Allemand. ....... PFLAUMENBAUM,
Hollandais... ..... PrRuImsoom. \
Dane... 2. ELOMMER.
fente ta st PLOMMON.
Polonais... ...... SLIWINA.
Re .. -... + SAR.
Hongrois. . ...... SZILVA.
DES 700 RTS. | ERIK.
MmémEn.: 11 - DAMBUT.
CREER - - KLIAWI.
PORT PA BARKUK.
LE prunier sauvage, que Linné a désigné sous le nom de prunus insitiæ , est très-probablement le type de tous nos pruniers domestiques, auxquels :l sert de greffe, et que l’on cultive depuis très-longtemps. Linné a réuni dans le même genre le prunier et le cerisier. Ils ne diffèrent, en effet, que par quelques particularités dans les
fruits. Ceux du cerisier sont glabres, jamais couverts de poussière glauque ; le noyau est lisse, arrondi, marqué latéralement d’un angle peu saillant. Les fruits du prunier sont couverts d'une poussière glauque ; leur noyau est ovale ou oblong, comprimé, aigu au sommet , un peu raboteux, sillonné et anguleux vers ses bords. — Le calice est concave, caduc, à cinq lobes; il renferme cinq pétales insérés sur lé calice, ainsi que des étamines en grand nombre; un ovaire supérieur, surmonté d’un style et d’un stigmate orbiculaire.
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PRUNIER
Le fruit est un drupe contenant, dans une enveloppe pulpeuse, un noyau monosperme.
Le prunier est un arbre d’une médiocre grandeur. Son bois est rougeâtre, agréablement veiné; son écorce brune et cendrée; ses rameaux étalés ; les feuilles alternes, longuement pétiolées , ovalesoblongues, d’un vert sombre en dessus, blanchâtres et pubescentes en dessous, fortement dentées à leurs bords. — Les fleurs sont blanches, solitaires, pédonculées; le calice un peu réfléchi; les fruits ovales, d'une grosseur médiocre, d’une saveur acerbe , excepté dans les individus cultivés.
Les variétés du prunier cultivé sont très-nombreuses et mentionnées dans tous les ouvrages d'agriculture. Le prunier sauvage a ses feuilles plus ovales, moins allongées, roulées à leurs bords; ses fleurs ordinairement géminées ; ses rameaux épineux à leur sommet dans leur vieillesse.
On distingue encore le prunier épineux, arbrisseau assez commun dans les haies, diffus, très-rameux, souvent en buisson; ses feuilles sont petites , ovales , dentées ; ses fleurs solitaires, se montrant avant les feuilles; ses fruits petits, d’un bleu foncé, connus sous le nom de prunelles.
Dans l’état agreste et sauvage, les fruits de cet arbre ont une saveur farineuse et acerbe; mais, modifiés par la culture et par la greffe, quel que soit le grand nombre de variétés qu'ils présentent sous le rapport du volume, de la forme, de la couleur, de leur odeur, de leur saveur, et du degré de consistance de leur parenchyme, ils deviennent pulpeux, succulens, acquièrent quelquefois un arôme très-suave, et toujours une saveur douce, sucrée, légèrement acidule, et très-agréable. Leur pulpe, dans tous les cas, renferme un noyau dur et ligneux, dans l’intérieur duquel se trouve une amande dont la substance blanche et amère contient de l'huile douce, du mucilage, et une certaine quantité d'acide prussique, cause de son amertume. Leur pulpe succulente se compose de mucilage, de sucre, et d’une certaine quantité d'acide végétal.
En vertu de la présence de ces principes constituans, la pulpe des prunes jouit de propriétés éminemment nutritives, analeptiques, rafraîchissantes , adoucissantes, relâchantes et légèrement laxatives. Il en résulte que la décoction de ces fruits pourrait être employées …
PRUNIER. avec autant d'avantage que toute autre dissolution mucilagineuse et sucrée, dans les maladies fébriles, dans les phlegmasies et autres affections aiguës qui réclament de semblables moyens. Il n’est pas douteux qu’elle serait plus utile dans les angines, les catarrhes, les diarrhées, la dysenterie, et dans les affections inflammatoires de l’appareil urinaire, que la plupart des tisanes, aussi fastidieusement composées que désagréables, dont on ne cesse, pour l'ordinaire, de fatiguer les malades. On pourrait également en faire usage dans la phthisie pulmonaire, et autres affections organiques du même genre. Toutefois on a rarement recours aux prunes fraiches, comme médicament : on n'en fait usage, sous ce rapport, que lorsqu'elles ont été desséchées ; et alors 1l paraît qu’elles sont plus particulièrement laxatives, et employées de préférence dans les ardeurs d’entrailles , contre la constipation, dans les embarras gastriques , les fièvres bilieuses, et autres irritations intestinales.
Quoique les prunes, par leurs qualités alimentaires et adoucissantes, occupent un rang distingué parmi les fruits d'été, et constituent un aliment très-agréable et très-salutaire, il règne contre elles, dans le monde, un préjugé d’autant plus injuste qu'il est fondé sur une erreur. On les accuse d’occasioner la dysenterie, tandis que leur usage modéré , lorsqu’elles sont bien mûres, peut être considéré, non-seulement comme un moyen de guérir, mais encore comme un des plus puissans moyens de prévenir cette affection intestinale. Sans doute que ces fruits, lorsqu'ils sont prématurés, à cause des qualités äpres et acerbes qu'ils présentent dans cet état, peuvent, quand on en mange, surtout en trop grande quantité, produire des diarrhées, la dysenterie, et même d’autres maladies; mais lorsqu'ils sont mürs, et pris avec modération, leur usage ne peut être que salutaire, et particulièrement exempt des accidens qu’on lui a faussement attribués. Comme aliment diététique, on pourrait même en retirer un grand avantage dans plusieurs affections de l’appareil digestif, dans le scorbut , les dartres, la lèpre, et autres maladies chroniques de la peau. Prises en grande quantité, et pendant long-temps, les prunes fraiches, suivant le judicieux Peyrilhe, produisent quelquefois des effets merveilleux dans les affections chroniques chaudes.
Les prunes , soit fraîches, soit sèches, peuvent être administrées en décoction dans l’eau, en quantité variable, selon les circonstances.
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Leur pulpe peut se donner à la dose de plusieurs onces dans l’espace de vingt-quatre heures. Leurs amandes sont quelquefois, à cause de leur amertume, ajoutées, en petite quantité, aux semences dont on prépare les émulsions, pour donner à ces préparations médicamenteuses une légère amertume propre à en favoriser la digestion.
Les variétés les plus estimées de ce fruit, telles que la reine-claude, le damas-violet, et quelques autres, font l’ornement et les délices de nos tables pendant l’été. Les cuisiniers en préparent des marmelades, des compotes, des tourtes, et autres mets d’excellent goût. Les confiseurs en font des dragées, des pâtes, et autres bonbons ; on les confit au sucre, on les conserve dans des sirops , dans l’eau-de-vie, et autres liqueurs, pour le service des tables. Mais leur usage le plus commun et le plus utile, est d’être transformées en pruneaux. Dans cet état, les prunes se mangent plus particulièrement cuites à l’eau , et alors elles constituent un aliment laxatif et rafraïchissant, d'un usage très-répandu et très-avantageux.
En fermentation avec l’eau, les prunes fraîches forment une liqueur vineuse et acidulée, dont on peut retirer de l'alcool par la distillation.
Leurs amandes, à raison de leur amertume, peuvent être employées comme condiment dans les mets doux, fades et sucrés, pour en relever le goût et en faciliter la digestion. Mais il ne faut pas perdre de vue que l’acide prussique auquel elles doivent leur amertume, les rend vénéneuses , et qu’on ne doit ainsi les employer qu'en très-petite quantité.
La gomme jaunâtre et transparente qui suinte, sous forme de gouttes ou de larmes, de l'écorce du prunier, a toutes les propriétés de la gomme arabique, et pourrait être employée aux mêmes usages.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle,) — x. Fleurs. — 2. Fruit coupé dans sa longueur.
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