‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 15 sur 63 · AIL · texte numérisé non relu

AIL

et à trois pointes. Ces fleurs, ramassées en naissant dans une spathe membraneuse, sont blanchâtres; elles forment, au sommet de la

tige, une ombelle bulbifère arrondie en tête. Le fruit est une capsule courte, trigone, partagée intérieurement en trois loges qui contiennent plusieurs semences sous-orbiculaires.

L’ail répand une odeur forte, extrêmement volatile, et si pénétrante qu’elle imprègne, avec rapidité, toute l'atmosphère d’un vaste appartement. On la retrouve non-seulement dans les fluides, mais encore dans les parties solides des animaux. Cet arôme, éminemment diffusible, réside dans une huile essentielle citrine, trèsâcre, examinée avec beaucoup de soin par M. Cadet, auquel nous devons une excellente analyse de l'ail. Le suc donne un extrait mucilagineux, une matière albumineuse, un parenchyme sec, et une certaine quantité d’eau de végétation. La ténacité du suc d’ail est telle, qu’on s'en sert pour lutter, pour recoller les fragmens de faïence fine et de porcelaine. Les cendres fournissent plusieurs sels à base de potasse, de l’alumine, du phosphate de chaux, de l’oxide de fer, de la magnésie, de la chaux et de la silice.

Desséché au point de perdre plus de la moitié de son poids, Pail, dit M. Bodard , ne perd presque rien de sa saveur ni de son odeur; mais cuit dans l’eau ou dans le vinaigre, il perd l’une et l’autre, et se réduit en un mucilage très-visqueux, qui peut rendre les plus grands services comme émollient, et remplacer les gommes arabique et adragant.

Les propriétés économiques et médicinales de cette plante bulbeuse ont été célébrées par les écrivains de tous les temps et de tous les lieux. Au Nord, comme au Midi, l’ail est un des assaisonnemens les plus recherchés, spécialement par la classe du peuple, qui le regarde comme un préservatif, comme une sorte de panacée : aussi lui a-t-on donné le nom de éhériaque des paysans. Quelques bulbes, mangées avant le paroxysme des fièvres intermittentes, en ont souvent prévenu le retour; et l’on a tort de négliger ce fébrifuge domestique, dont l'efficacité, déjà reconnue par Celse, a été confirmée par Rosen, Bergius et d’autres praticiens habiles. |

Une longue expérience justifie l'emploi de lail à l’époque des épidémies contagieuses, et notamment lorsque la peste exerce ses ravages. La plupart des médecins modernes prétendent que l'ail agit

Page 1