‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 20 sur 63 · ALCÉE · texte numérisé non relu

ALCÉE

partie supérieure, et soutiennent de petites anthères presque réniformes. L’ovaire orbiculé est surmonté d’un style qui se partage à son sommet en beaucoup de rameaux ou stigmates sétacés et divergens. — Le fruit se compose d’un grand nombre de capsules monospermes, représentant un plateau orbiculaire sur un réceptale aplati et muni d'un axe ou d’une pointe dans son milieu.

La mauve rose recèle, ainsi que la plupart des malvacées, une grande quantité de principes muqueux. Les feuilles sont émollientes et adoucissantes comme celles de la mauve silvestre, qu'elles peuvent remplacer. Le docteur Gilibert a retiré de la racine, arrachée au printemps, une farine vraiment nourrissante; il ajoute que les racines de mai, et les fruits avant leur parfaite maturité, donnent beaucoup de farine sucrée. Dioscorides, et après lui Schræder, Spielmann, Hagen, ont cru les fleurs astringentes, et propres à arrêter les diverses sortes de flux, spécialement la dyssenterie; ils en ont fait des gasgarismes prétendus foniques et détersifs. Pour moi, je pense avec Murray que ces fleurs agissent alors de la même manière que celles de mauve et de guimauve!, par leur qualité mucilagineuse.

La tige de cette plante offre une substance fibreuse et souple, avec laquelle on peut préparer des fils, des cordages, des tissus divers, et fabriquer un excellent papier.

Au reste, l’alcée (de xAxy, force, secours, remède) doit être rangée dans l'immense catégorie des plantes qui ne justifient point le titre fastueux dont l'ignorance ou la prévention les a décorées.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La figure est moitié de grandeur naturelle). — 1. Double calice dans lequel on voit le pistil. — 2. Corolle ouverte , à la basse de laquelle on voit attaché le tube staminifère. — 3. Fruit composé, plus petit que nature. — 4. Capsule isolée. — 5. Amande dépouillée de son tégument.

1 Cavanilles et Jussieu rapportent l’alcea de Linné au genre althæa.

XAIEVE

ALCHIMILLE.

Crec A OA CET neovromoduoy, C.

ALCHIMILLA VULGARIS ; Bauhin, MsvzË, lib. vire, sect. 5. Tournefort, clas. 15, fleurs à étamines,

Latin............. ALCHEMILLA VULGARIS, folits lobatis; Linné, clas. 4 , (étrandrie monogynie ; — Jussieu, clas. 14, ord, 10, rosacées.

Ttaliens ee ES A ALCHIMILLA ; PLEDE DI LEONE.

Bipaenole ee de ALQUIMILA ; PIE DE LEON COMUN.

FRAARES 0 2 onverocc ALCHIMIELE ; PIED DE LION.

LA GE 0 Do cie 00e ALCHEMILLA ; LADIES MANTLE.

Allemand ......... SINAU ; FRAUENMANTEL; HELFT.

Holland as ee nt. SINAUW; LEEUWENKLAUW; VROUWENMANTEL.

CETTE plante vivace croît en France, en Angleterre, en Allemagne, dans les prés, dans les bois montagneux. Elle a recu le nom d’alchimille, dit Linné, parce que les alchimistes, qui emploient la rosée de ses feuilles, en ont fait un éloge pompeux. Elle est encore appelée pied de lion, à cause de la forme de ses feuilles considérées isolément, tandis que la manière dont elles sont unies et, pour ainsi dire, entrelacées, lui a fait donner le titre de manteau des dames.

La racine, qui s'enfonce dans la terre, en suivant une direction oblique, est assez grosse, dure, fibreuse, noirâtre, et garnie de beaucoup de chevelu. — Les tiges, plus ou moins nombreuses, sont grêles, cylindriques, rameuses, légèrement velues, feuillées , et s’élèvent à la hauteur d'environ un pied. — Les feuilles sont alternes : les radicales portées sur de longs pétioles ; celles de la tige, plus petites et soutenues par des pétioles plus courts à mesure qu’elles s’éloignent davantage de la racine; elles sont arrondies, et ont les bords festonnés ou partagés en six à dix lobes dentés; glabres en dessus, elles sont nerveuses et veinées en dessous; on remarque des poils courts à leurs bords et sur leurs nervures; les feuilles supérieures ont les stipules vaginales de leur base très-ouvertes, et comme frangées. — Les fleurs sont petites, nombreuses, verdâtres, et disposées en bouquets corymbiformes au sommet des tiges et de leurs

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ALCHIMILLE.

rameaux. Chacune de ces fleurs, dépourvue de corolle, présente un calice monophylle, tubulé, persistant, et dont le bord plan est partagé en huit découpures pointues, alternativement grandes et pelites, et ouvertes en étoile; quatre étamines très-courtes, insérées sur le calice. — Le fruit est une graine nue, ellipsoïde, comprimée, renfermée dans le col du calice resserré.

Toutes les parties de cette plante, et principalement la racine, font éprouver à l'organe du goût un sentiment d’astriction remarquable, et leur infusion se colore en noir par la solution de sulfate de fer. L’extrait aqueux a l’odeur de miel et la saveur acide-austère; il est beaucoup plus abondant que l’extrait alcoolique : celui-ci répand une odeur balsamique.

On regardait autrefois l’alchimille comme capable de remédier au relâchement, à la flaccidité du scrotum, du sein, et même de la vulve. On espérait trouver dans cette plante un moyen infaillible de rendre la fermeté, la fraicheur à des organes flétris par l’âge , la maladie ou les jouissances immodérées. On n’a pas craint d’assurer que la virginité, cette fleur délicate qu'un instant fane et détruit pour toujours, renaissait brillante d’un nouvel éclat, moyennant quelques lotions avec le suc d’alchimille. Ce n’était point assez d’avoir supposé tant de vertus à cette plante : persuadés qu’elle était le spécifique de la raphanie, les Suédois lui ont donné le nom de dragblad. Malheureusement l'expérience n’a confirmé aucune de ces merveilleuses qualités, et l’alchimille est employée rarement aujourd'hui. On ne peut cependant lui refuser la propriété astringente et vulnéraire, que souvent elle paraît avoir justifiée dans certains cas d’ulcères internes, de leucorrhées, et autres flux chroniques. Les agriculteurs la considèrent en outre comme un excellent fourrage.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La figure est moitié de grandeur naturelle.) — 1. Racine horizontale. — 2. Fleur entière grossie. -— 3. Pistil. — 4. Graine de grosseur naturelle. — 5. Calice faisant les fonctions de capsule, coupé verticalement pour faire voir les deux graines qu'il renferme. — 6. Feuille radicale.

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