X VITE
ALOES
(CASE 2 oc0 bon CAE ATOE VULGARIS; Bauhin, IuivaË, lib. 7, sect. 5 ; — Tournefort, clas. 9, liliacées.
LA EEE ALOE PERFOLIATA , floribus pedunculatis, cernuis, corymbosis, subcy-
lindricis ; Linné, clas. 6, kexandrie monogynie ; — Jussieu , clas. 3, ord. 6, asphodèles.
! HUIT NORRIS AENMENE ARLCE.
Espagnol. ....... ALOE; ZABITA.
Français... ...... ALOES; ALOËS PERFOLIÉ.
ANROTOSS «pet ELSYEE - ALOE ; ALOES:
Allemand. . ...... ALOE.
Hollandais. . . .... ALOE.
ORIGINAIRE de l'Afrique, l’aloës a été transporté en Asie, en Amérique, en Espagne, en Sicile, où il s’est naturalisé et peut croître spontanément.
La racine de cette plante vivace est charnue, brunâtre, jette çà et là des fibres nombreuses, et pousse une tige qui ne s'élève guère qu’à un pied de hauteur. — Les feuilles sont épaisses , longues de sept à huit pouces, larges d'environ trois pouces vers leur base; ovales, pointues, amplexicaules et comme perfoliées, parsemées de verrues blanchâtres ; bordées de dents épineuses, comprimées, et assez semblables à des dents de brochet. — Les fleurs, légèrement pendantes, sont disposées en corymbe sur une hampe simple, cylindrique, chargée de petites écailles nombreuses, et partant du centre des feuilles. Le calice est monophylle, tubulé, presque cylindrique, offrant six petites découpures sur son limbe, qui est de couleur verte, tandis que tout le reste de son étendue est rouge-orangé : les étamines sont légèrement saillantes hors du calice. — Le fruit est une capsule oblongue , marquée de trois sillons, divisée intérieurement en trois loges, qui renferment des graines demi-circulaires, anguleuses, aplaties.
L’aloès occupe un des premiers rangs parmi les plantes succulentes ou grasses. C’est pour extraire ce suc dont il est imprégné, que l’on cultive l’aloës au Cap de Bonne-Espérance, à la Jamaïque,
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à la Barbade. On fait communément des incisions à la base des feuilles, où elles ont plus d'épaisseur. Le suc jaune-verdâtre qui coule abondamment, est soumis à la dessiccation, tantôt par la simple exposition au soleil, tantôt à l’aide du feu. Il forme alors des masses brillantes, comme vitreuses, demi transparentes, désignées sous le titre d’aloës succotrin *, que le vulgaire nomme chicotin.
On coupe par fragmens les feuilles qui ne distillent plus , et on les ‘ fait bouillir dans une certaine quantité d’eau. T’aloès qu’on obtient par ce procédé est moins pur; sa surface est moins brillante ; sa couleur , plus foncée, se rapproche de celle du foie, ce qui lui a valu le nom d’aloès hepatique?. — Enfin, l’on soumet à une nouvelle ébullition le dépôt laissé par les feuilles qui ont fourni l’aloès hépatique; on y ajoute divers corps étrangers, soit pour en accroitre le volume, soit pour en augmenter le poids. Aussi n’en résultet-il qu’une masse noirâtre, souillée d’impuretés , et destinée exclusivement à la médecme vétérinaire, comme l'indique son nom aloès coballin. — Ces procédés sont les plus usités, mais ils ne sont pas les seuls : ils éprouvent quelques modifications dans les divers pays où l’on extrait l’aloës.
Est-ce réellement la même plante qui donne les trois sortes de sucs, ou bien sont-ils extraits de différentes espèces ou variétés d’aloès ? Cette dernière opinion semble confirmée par le témoignage de plusieurs savans voyageurs. On connaît depuis quelques années une quatrième sorte d’aloès, plus brillant , plus transparent que les trois autres, et qui pour cette raison est appelé aloës lucide : on le retire, au Cap de Boune-Espérance, de l’aloès en épi, aloe spicata, de Tumberg.
Le suc gommo-résineux de l’aloès exhale une odeur particulière,
: Cette dénomination a bien certainement été donnée à l’aloës le plus pur, parce qu’on le tirait originairement de l'ile Socotora. L’étymologie hasardée par Goulin est complètement ridicule. « Les Grecs, dit-il, avaient appelé cuxowrcv, semblable à une figue, ce suc qu’on leur apportait en larmes.
Quant au terme aloe, il est évidemment limitation du mot arabe qui désigne la même substance, et ne vient point de ax, «ko, sel, mer, à cause de sa saveur, ou de son habitation, comme l’ont prétendu quelques étymologistes.
? Rapporter cette dénomination à la propriété dont jouit l’aloës hépatique , de guérir les maladies du foie, c’est un vice de raisonnemeut trop palpable pour exiger une réfutation.
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pénétrante , presque nauséabonde. I agit avec une sorte de prédilection sur la partie inférieure de ce canal : aussi détérmine-t-il des coliques et le flux hémorrhoïdal chez la plupart de ceux qui en font usage, ce qui doit rendre le médecin très-circonspect. Administré par un praticien judicieux , l’aloès peut singulièrement favoriser le flux menstruel dans les cas de dysménorrhée. Doué d’une extrême amertume, il paraît convenir dans les affections vermineuses , quoique l'expérience ait trop rarement constaté cette propriété.
L’aloès n’a pas besoin, pour manifester son action, d’être porté dans les voies digestives ; il suffit de l'appliquer à la surface du corps, sous forme d'emplâtre, de liniment. Quelques grains de cette substance introduits dans un fonticule, quelques gouttes de teinture aloétique versées sur des os cariés, ont agi sur toute l’économie, et spécialement sur les intestins.
Quand laloës doit être pris à l’intérieur , il convient presque toujours de le dissoudre dans un mucilage, ou dans un jaune d'œuf, pour modérer sa violente äcreté : les acides et les alcalis possèdent bien plus éminemment encore ce précieux avantage.
L’aloès entre dans une foule de préparations pharmaceutiques , telles que le baume vert de Metz et celui du Commandeur ; les divers élixirs de propriété ; la teinture sacrée; l’électuaire hiera picra; les extraits macrocostin et panchymagogue; les pilules angéliques, cachectiques, apéritives de Stahl; l’onguent d’arthanita, etc. Il est un des ingrédiens les plus utiles à l’imbalsamation des cadavres.
Si l’aloës fournit à la médecine un de ses puissans secours, il n'est pas employé avec moins de succès dans les arts et dans l’économie domestique.
Les feuilles, épuisées de leur suc, forment un très-bon fumier. On prépare un vernis aloétique, qui met à l'abri des insectes les meubles, les lits, les collections d'histoire naturelle, et préserve les vaisseaux ainsi que les digues du redoutable aret naval.
Le docteur Ch. G. Pœrner à obtenu une belle couleur brune par la simple immersion d’une étoffe de laine dans une décoction d’aloës.
Jean Fabbroni, de Florence, fait avec l’aloès succotrin une teinture qui communique à la soie, sans le secours des mordans, une couleur violette très-solide. Le même suc, épaissi convenablement, offre au peintre en miniature une belle couleur transparente.
ALOËS
Plusieurs espèces d’aloës s'élèvent beaucoup, et poussent des feuilles très-amples, qui sont parfois imprégnées d’un suc douceñtre; on peut fabriquer avec ces plantes divers tissus, notamment des cordages très-forts et presque incorruptibles ; on peut aussi en retirer une liqueur fermentescible, propre à servir de boisson. |
Quant à ces aloès énormes, qui, selon le récit des voyageurs, fournissent à certains peuples, et notamment aux Mexicains, presque tous les besoins de la vie, poutres, solives, tuiles, pieux , haies impénétrables, vêtemens, hamacs, cordes d'arc, lignes à pècher , papier, vin, vinaigre, miel, etc. , il faut généralement rapporter ces végétaux si utiles au genre agavé , très-voisin de l’aloès , avec lequel il a long-temps été confondu.
Il ne sera peut-être pas superflu d'observer que l’aloës jouit d’une grande estime, et même d’une sorte de culte chez les Mahométans, et surtout chez les Égyptiens, qui le font servir à leurs cérémonies religieuses. \
puruy (cuillaume), en latin Pureanus. Joannis Mesue, medici præstantissimi, aloen aperire ora venarum , aliaque similia non pauca dicenda, adversüm Joannem Manardum, et Leonardum Fuchsium, aliosque neotericos multos medicos, defensio, ad simplicium medicamentorum facultates noscendas non parüm utilis; in-8°. Lugduni, 1537.
Grovane (sean), en latin soawwius. De pilularum ex aloe cum succo rosarum utilitatibus liber ; in-4°. Patavit, 1611.
MINDERER (raimond). 4/oedarium macrocostinum , etc.; in-12. Augustæ Vindelicorum, 1626.
marquis (c.). Aloe morbifuga, in sanitatis conservationem concinnata ; in-12. Antverp., 1633.
MARTINEZ DE LEACHE (michel). Disputatio de vert et legitimä aloes electione, juxta Mesues textum, in duas sectiones divisa; in-12. Pompeiopoli, 1644.
gerer (codefroi). De aloe, Diss. inaug. præs. Joan. Arn. Friderici; in-4°. lenæ, 1670.
sacosr (chrétien). De aloe, Diss. inaug. præs. Joan. Henr. Schulze ; in-4°. Altdorfii, 1723.
van us (éauthier). De aloe, Diss. in-4°. Lugduni Batavorum, 1745.
Busca (sean-pavid ). De aloeticorum abusu in hæmorrhoidibus, Diss. in-4°. Marburgi, 1781.
THUNBERG (charles-rierre). De aloe, Diss. inaug. resp. Hesselius ; in-4°. Upsaliæ, 1785.
-GALLETTI (rélix-venance-pascal). De aloe, Diss. inaug. in-4°. Taurint, 1 Jul. 1811.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La figure est réduite au quart de sa grandeur nasurelle.) — x. Fleur entière, moitié de grandeur naturelle. — 2. Étamines et pistil. — 3. Fruit entier, moitié de grandeur naturelle. — 4. Le même coupé horizontalement.