‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 27 sur 63 · CARE · texte numérisé non relu

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AMANDIER

(ÉREBS 00 0 à niet co» à apuyd'arce ; auuyd'æexn ; auuyd'&n0c ; auUyd'Arov. AMYGDALUS SATIVA ét SILVESTRIS; Bauhin, [live , lib. 2, sect. 6; — Tournefort, clas. 21, arbres rosaceées.

Latin CET AMYGDALUS COMMUNIS, foliorum serraturis infimis glandulosis ; floribus sessilibus geminis ; Linné, clas. 12, icosandrie monogynie ; — Jussieu, clas. 14, ord. 10, rosaces.

Ja lien Eee UE MANDORLO.

ESpagnol.7. ALMENDRO.

HRGERISNNE SR AMANDIER. Anglais... .. ne ALMOND-TREE.

Allemand... ...... MANDELBAUM.

Hollandais... ..... AMANDELBOOM, Polonais a rt MIGDAL.

ORIGINAIRE de l’Asie et de l’Afrique septentrionale, lamandier croît abondamment dans tous les climats tempérés : on le cultive surtout en Espagne, en Italie et en France. C'est un arbre qui s'élève à la hauteur d'environ vingt pieds. Le tronc est communément raboteux, couvert d’une écorce cendrée et gercée; celle des jeunes rameaux est lisse et d’un vert clair. — Les feuilles sont alternes, portées sur des pétioles longs d’un pouce, étroites, lancéolées, dentées en leurs bords, les dentelures inférieures glanduleuses. — Les fleurs sont sessiles, quelquefois solitaires, plus souvent géminées, éparses le long des rameaux. Elles offrent un calice monophylle, à cinq découpures obtuses; cinq pétales, également obtus, ouverts en rose, de couleur blanche, avec une teinte purpurine plus ou moins foncée vers leurs onglets : une trentaine d’étamines attachées aux parois intérieures du calice, et moins longues que la corolle; un ovaire supérieur, arrondi, velu, surmonté d'un style simple, et terminé par un stigmate légèrement capité. — Le fruit est un drupe verdâtre, ovale, aplati sur les côtés, composé d’un brou médiocrement épais, ferme, peu succulent, et recouvrant un noyau ligneux, sillonné , et comme gercé à sa surface . Ce noyau renferme une amande

: C’est probablement de là que dérive Le mot anygdalus, de apvyn, gercure, plutôt que de œpvtew, traire, exprimer du lait.

5e Livraison,

AMANDIER

oblongue, blanche, tendre, huileuse, et d'une saveur douce ou amère, selon les variétés de l'arbre dont elle provient.

L'amandier a été mentionné par les écrivains de la plus haute antiquité, Moïse, Théophraste, Dioscorides. Transporté en Europe à des époques plus ou moins rapprochées de nous, à peine était-il connu à Rome du temps de Caton, qui donne aux amandes le nom de noix grecques. Son introduction en Angleterre date, selon Forsyth, de 1570.

En France, nous cultivons l’amandier dans les champs", et souvent dans les vignes, auxquelles il ne nuit pas sensiblement. Il sert pareillement à orner les vergers et les bosquets, par l'élégance de son port, la légèreté de son feuillage, et surtout par le spectacle agréable de ses rameaux couverts de jolies fleurs dès le commencement de mars. On le multiplie, soit par la sémination du fruit, soit par la greffe sur les individus de la même espèce, sur des pruniers, ou sur des pêchers.

Quoique le bois d’amandier soit dur, et parfois teint d'assez belles couleurs, il est rarement employé. La gomme qu'il distille est trèsblanche, très-pure, et entièrement semblable, pour les propriétés, à la plus belle gomme arabique ou adragant . me

Les feuilles de l’amandier sont mangées avec plaisir par tous les bestiaux : elles sont pour eux une excellente nourriture, et les engraissent en très-peu de temps. Pilées et animées avec un peu d’eaude-vie, elles détergent, avivent les ulcères sanieux, ichoreux, cacoèthes , ainsi que l’a observé M. Huzard.

Fourcroy présume que les feuilles, et surtout les fleurs de l’'amandier, seraient purgatives comme celles du pêcher. Mais la partie éminemment utile de cet arbre est son fruit, dont les usages sont aussi intéressans que variés. Les amandes douces sont servies vertes et sèches sur nos tables. On en fait des gâteaux, des biscuits, des massepains, des macarons, des dragées, des pralines, du nouga, et autres sucreries; on en prépare une espèce de chocolat; on les torréfie pour les mêler au café en diverses proportions; elles sont la base des émulsions (amandé, lait d'amandes, looch), et du sirop

? Traiceas inter stet mollis amygdala messes:

(VANIERE.)

AMANDIER

d’orgeat, dans leauel on fait entrer une certai 2 quantité d'amandes amères , pour le rendre plus savoureux. La pâte d'amandes doit être rangée dans le petit nombre des cosmétiques innocens. L'huile d’amandes douces, faite à froid, et nommée huile vierge, ne mérite ni les éloges pompeux, ni les critiques sévères qu’on en a faites. Sans la regarder comme le meilleur des purgatifs et le plus puissant des antidotes, je ne crains pas d'affirmer, d’après ma propre expérience, que cette huile, administrée tantôt seule, tantôt unie au sucre, au jaune d'œuf, à des substances mucilagineuses, a souvent allégé des toux violentes, dissipé des coliques cruelles, et calmé les symptômes affreux de l’empoisonnement.

Les amandes amères sont nuisibles et même mortelles pour plusieurs quadrupèdes et pour la plupart des oiseaux domestiques. L'eau qu’on en obtient par la distillation est un poison pour tous les animaux, et plus encore l’huile volatile qu’elles fournissent en trèspetite quantité par le même moyen. L'huile exprimée d'amandes amères n’a pas plus d’amertume que celle extraite des amandes douces; elle offre même l’avantage de rancir plus difficilement : du reste, elle n’a point de droits à la préférence, pour ainsi dire exclusive, que lui accordaient les anciens médecins. On a prétendu que, pour se préserver de l'ivresse, il suffisait de manger préalablement cinq ou six amandes amères, et Plutarque en rapporte un exemple notable. Cependant des observateurs dignes de foi ont remarqué précisément le contraire (Squarcialupi ).

neëner (sean-ulric). Dissertatio botanico-medica inauguralis amygdalorum fructus analysin exhibens ; præs. Theodor. Zwinger; in-4°. Basileæ, 1703. — Réimprimé en 1710, dans le Fasciculus Dissertationum medicarum de Zwinger.

suc (cermain-raul). De genuino amygdalarum usu in medicinä, Diss. inaug. resp. Uffeln ; in-4°. Erfodiæ, 1733.

DARIES ( »ierre-Jean-andré). De amygdalis et oleo amararum -æthereo, Epist. gratul., in-4°. Lipsiæ, 2 aug. 1775.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est un peu plus petite que nature.) — 1. Rameau de fleurs de grandeur naturelle. — 2. Calice coupé verticalement par la moitié, pour faire voir le pistil, l'insertion des étamines et des pétales. — 3. Pistil grossi dont on a enievé une partie de l'ovaire, pour faire voir les deux ovules qu’il renferme. — 4. Fruit dont on a enlevé la moitié du brou, afin de laisser à découvert la partie osseuse de l’'amande. — 5. Amande mise à nu.

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