‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 37 sur 63 · ANUS · texte numérisé non relu

ANUS

Grece PRES NN PROUILO ON

ANISUM BERBARuS ; Bauhin, IlivaË , lib. 4, sect. 5.

APIUM ANISUM DICTUM, SEMINE SUAVEOLENTE; Tournefort, clas. 7, AL por here ombellifères.

PIMPINELLA ANISUM , foliis radicalibus trifidis, incisis ; Linné, clas. ;

pentandrie dig'ynie ; — Jussieu , clas. 12, ord. 2, ombellifères. TIGER Elle ANICE.

Espagnol". nu. ANIS.

Français... ...... ANIS; ANIS, OU BOUCAGE A FRUITS SUAVES , Lamarck. Anglais. . ....... ANISE.

Allemand. . ...... ANIS ; ANIES.

Hollandais. .…. . ...: ANYS.

CETTE plante croît spontanément en Égypte, en Turquie, en Sicile, en Italie.

La racine est menue, fibreuse, blanche. — La tige ne s’élève guère qu’à la hauteur d’un pied; elle est creuse, striée, pubescente, rameuse. — Les feuilles sont alternes, amplexicaules ; les inférieures portent chacune , à l'extrémité de leur pétiole, trois folioles cunéiformes à leur base, arrondies, dentées, et un peu incisées en leur bord : les feuilles de la partie moyenne de la tige sont aïlées ; et ont des folioles plus petites et plus profondément incisées; enfin les feuilles du sommet sont partagées en quelques découpures étroites et pointues. — Les fleurs sont petites, blanches, et disposées en ombelles doubles terminales, sous lesquelles on trouve assez souvent une ou deux folioles linéaires en guise de collerette. Chaque fleur offre cinq pétales ovales, un peu cordiformes, disposés en rose, et courbés légèrement à leur sommet; cinq étamines libres, dont les filamens soutiennent des anthères arrondies; un ovaire inférieur ,

‘ On a proposé diverses étymologies de avioov : les uns dérivent ce mot des feuilles inégales de l’anis, voa eux; les autres, tels que Vossius, disent que l’anis a recu cette dénomination, parce qu’il diminue, dissipe (aveno:) les flatuosités. La conjecture de Pline est encore plus invraisemblable. J'aime mieux croire, avec l’érudit Théis, que les Grecs ont imité et presque copié dans leur langue le mot radical par lequel les Arabes désignent lanis.

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ANIS

surmonté de deux styles droits, dont les stigmates sont globuleux. — Le fruit est ovoide, composé de deux petites graines d’un gris verdâtre, convexes et canelées sur leur dos.

L’anis est cultivé en grand dans diverses contrées de l’Europe qui ne le produisent pas spontanément, telles que la Saxe, la Thuringe , la Franconie : on en fait surtout des semis considérables dans les champs fortunés de cette belle Touraine, nommée à si juste titre le Jardin de la France. On aide la germination, dit M. de Launay", par des arrosemens qu'il faut continuer si la saison est sèche; car l’anis aime à avoir le pied humide et la tête au soleil. Quelquefois les racines repoussent encore la seconde année, bien que cette plante soit généralement annuelle. |

On ne fait aucun usage des racines d’anis; les feuilles sont trèsrarement employées; mais les graines sont l’objet d’un commerce étendu. Leur saveur piquante, agréable, l’odeur suave qu’elles exhalent, justifient la célébrité dont elles jouissent , et l'immense consommation qui s’en fait. Dans certains pays du Nord, elles entrént dans la fabrication du pain; dans d’autres, on se contente de lés semer à la surface de la pâte; chez nous, ce sont principalement les confiseurs qui s'emparent de l’anis, avec lequel ils font des dragées et des liqueurs excellentes , telles que la fameuse anisette dé Bordeaux.

Depuis un temps immémorial, l’anis occupe une placé distinguée dans la matière médicale. Dioscorides énumère les vértus de ces graines avec sa concision accoutumée, ét cependant avec une télle sagacité, qu'après deux mille années on est réduit en quelque sorte à copier les expressions du philosophe d’Anazarbe. Il mentionne d'abord la qualité échauffante de l’anis, qui est effectivement une des quatre semences chaudes iajeures?; il le proclamé ensuite comme diurétique, excitant, carminatif, galactopoïétique, aphrodisiaque; il le dit propre à calmer la céphalalgie, à modérer les

?: Le Bon Jardinier, 1814, page 80.

2? Je suis bien éloigné d’adopter aveuglément, et comme regles fondamentales, ces dénominations vulgaires de semences chaudes et froides, de fleurs pectorales, de racines apéritives, etc. J'ai cité cet exemple, et j'aurai probablement occasion d’en citer d’autres analogues, pour signaler des propriétés universellement reconnues par les maîtres de l’art, et seulement contestées par l’ignorance présompitueuse.

ANIS

flueurs blanches, à étancher la soif des hydropiques, à corriger la mauvaise haleine. .

C’est principalement à titre de carminatif que le peuple se sert de l’anis , et c’est précisément cette propriété sur laquelle M. Macquart a élevé des doutes, qui ne sont pas dépourvus de vraisemblance. Voici comment il s'exprime à ce sujet :

« N’est-il pas raisonnable de croire que l’anis, ainsi que le fenouil et l’aneth, ne chasse les vents de l’estomac et des intestins, que parce qu'ils les ont auparavant produits, en se décomposant dans ces organes? Ce qui le prouve, c’est que si on fait manger de ces semences à des personnes qui n’ont point de vents habituellement, on ne manque pas ainsi de leur en procurer. »

Quant à la vertu galactopoïétique, M. Virey présume qu’elle est due à la secousse légère imprimée à tout le système vasculaire : en effet, ajoute ce médecin, on observe que toutes les ombellifères augmentent le lait chez les animaux, et même ce fluide en retient souvent l’odeur.

Les praticiens recommandent parfois de joindre, comme correctif, aux potions purgatives, une certaine dose d’anis.

L'huile volatile aromatique concentrée dans la pellicule externe de cette graine s'obtient par la distillation avec l’eau qu’elle surnage. Cette huile, légèrement citrine, se fige en lamelles à dix degrés au dessus de zéro , elle se dissout parfaitement dans l'alcool, et forme avec lui divers élixirs, teintures, esprits, ratafiats, eaux composées, etc.

A l’intérieur de la semence est une petite amande contenant une huile fixe, verdätre, qu’on retire par expression, mêlée d’un peu d'huile volatile, et dont l’emploi est presque nul.

Outre les nombreuses préparations qui reçoivent leur nom de l’anis, cette graine entre dans une foule de médicamens composés, tels que l’eau carminative , l’eau générale, l'esprit carminatif de Sylvius, l’élixir pectoral de Wedel, le sirop de Velar, le mithridate, la thériaque, etc.

ANIS

BOECLER (sean), De aniso, Diss. inaug., præs. Joan. Sigism, Henninger ; in-40. Argentorati, 1704. — Idem, in-4®, 1718.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( Plante réduite à la moitié de sa grandeur natu-

relle.) — +1. Racine; feuilles radicales et caulinaires. — 2. Fleur entière grossie, — 3. Fruit de grosseur naturelle. — 4. Le même grossi.

Lüunper V2 Zaniber (Tue «pr

ANIS ETOILE

ANIS ÉTOILÉ

Grec. ‘1 CI SLAPALONE avirov xarTaorepsobe ; C. ANISUM STELLATUM; Vulg.

Latin. . .. ......)ANISUM PEREGRINUM; Bauhin , IlsvaË, lib. 4, sect. 5. ILLICIUM ANISATUM , floribus flavescentibus; Linné, clas. 13, polyandrie polygynie ; — Jussieu, clas. 13, ord. 15, magnoliers.

TLALLER SERRE. ANICE STELLATO; ANICE DELLA CINà.

Espagnol... :.... ANIS ESTRELTADO; ANIS DE LA CHINA.

Francais UM NIENL ANIS ÉTOILÉ ; ANIS ÉTOILÉ DE [A GHINE; BADIAN; BADIANE. PITEUTIONS SOOPEE C INDIAN ANISE.

ATEN ARANNNNEENN STERNANIS.

Hollandais. . ..... STER-ANYS.

Cer arbrisseau, toujoûrs vert, originaire de la Chine et du Japon , s'élève à la hauteur de douze pieds environ, et offre, dans son port, beaucoup de ressemblance avec le laurier.

Le tronc est assez gros et branchu; le bois roux, dur et fragile. — Les feuilles sont lancéolées, éparses autour des rameaux, ou rapprochées en rosettes vers leur sommet. — Les fleurs sont jaunâtres et terminales; chacune d'elles présente, dit Lamarck, un calice de six folioles caduques, dont trois extérieures, ovales, concaves et un peu scarieuses, et trois intérieures plus étroites et pétaliformes ; seize à vingt pétales disposés sur trois rangs; vingt à trente étamines, plus courtes que les pétales ; et dont les filamens élargis et comprimés soutiennent des anthères oblongues; dix à vingt ovaires supérieurs, pointus , redressés et ramassés en un faisceau conique, laissant un vide dans leur milieu, et se terminant chacun par un style très-court, au sommet duquel est un stigmate oblong et latéral. — Le fruit est formé de plusieurs capsules ovales-comprimées , bivalves , disposées en une étoile orbiculaire; chaque capsule renferme un petit noyau lenticulaire, lisse, d’un gris-roussâätre, composé d'une coque mince et fragile, qui couvre une amande blanchätre".

* Les graines de l’anis étoilé offrent à leur base deux cicatrices ombilicales irès-remarquables, et dont pourtant le célèbre carpologiste Gærtener n’a fait aucune mention. L’une de ces cicatrices, indiquée en « (voyez la planche 30,

8e Livraison. 2,

ANIS ÉTOILE

Les Japonais et les Chinois regardent lanis étoilé comme une plante sacrée; ils l’offrent à leurs pagodes, en brülent l’écorce, comme un parfum, sur leurs autels, et en placent des branches sur les tombeaux de leurs amis. En Chine, les gardes publics pulvérisent l'écorce de cet arbrisseau, dont ils remplissent de petites boîtes allongées en forme de tuyau, lesquelles sont graduées à l'extérieur de distance en distance; ils mettent le feu à cette poudre par une des extrémités du tuyau; elle se consume très-lentement et d’une manière uniforme , et lorsque le feu est parvenu à une distance marquée , ils sonnent une cloche ; et, par le moyen de cette espèce d'horloge pyrique, annoncent l'heure au publie.

Le bois que recouvre cette écorce aromatique exhale lui-même l’odeur de l’anis , dont il a recu le nom; sa dureté le rend propre aux ouvrages de tour et de marqueterie.

Quoi qu’il en soit, de toutes les parties de l’anis étoilé, c’est le fruit qu’on emploie plus généralement. Son odeur et sa saveur, analogues à celle de l'anis et du fenouil, sont plus pénétrantes?; aussi les Orientaux lui donnent-ils la préférence. Les Chinois en mangent souvent après le repas, pour faciliter la digestion et se parfumer la bouche: ils en font une infusion théiforme, avec la racine de ninsin, et la boivent pour rétablir les forces abattues ; ils en mêlent avec le café, le thé, le sorbet, et les autres boissons qu’ils veulent rendre plus agréables. Ils regardent cette substance comme l’antidote de plusieurs poissons vénéneux. On pourrait, dit M. Virey, faire lessai de cet aromate, et de quelques autres de même nature, contre les moules vénéneuses , et les effets des œufs de barbeau, de brochet, de foie de chat marin, etc. ,

fig. 7), est l’ombilic nourricier, ou ombilic proprement dit ; l’autre, représentée en b, est le mycropyle, organe important que M. Turpin a découvert sur toutes les graines à un et à deux cotylédons. L'intéressant Mémoire de M. Turpin, sur l’orsane par léquel le fluide fécondant peut s'introduire dans l’ovule des végétaux, est inséré dans le tome vii des Aznales du muséum d'histoire raturelle.

! Rozier, Cours d'agriculture, tome 1, page 563.

Murray, Apparatus medic., tome 111; 1784, page 563.

2 C’est à la suavité de cet arôme, dont il est imprégné, que le badian doit sa

dénomination générique é/ictum, de ülicio, j'attire, je séduis, je flatte, je

charme.

ANIS ÉTOILE

Les Indiens infusent dans l’eau les fruits de la badiane , et en retirent, par la fermentation, une liqueur vineuse fort estiméer.

L'Écluse, qui paraît avoir le premier fait mention de cette graine, dit qu’elle fut apportée en Europe, des îles Philippines, vers la fin du seizième siècle, par un Anglais nommé Candisch, ou Cavendish, selon Ellis. Les médecins français n’en font guère usage, et quoi qu’en disent Elsholz et Peyrilhe, je la vois rarement figurer dans les pharmacopées russes et anglaises.

Les distillateurs préparent avec l’anis étoilé une excellente liqueur connue sous le titre d’eau de badiane.

JEANNET-DESLONGROIS (sean-saptiste-claude), 47 nebuloso tempore seminis badiani usus ? affirm. Quest. med. inaug. præs. Anton. Casamajor; in-4°. Paristüs, 17717.

1: Desportes, Dictionnaire des Sciences naturelles , tome 111 ; 1804, page 394.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. — 1. Pistil. — 2. Pétale. — 3. Étamine. — (Ces trois figures sont réduites à la moitié de leur grandeur naturelle.) — 4. Fruit entier de grandeur naturelle. — 5. Graine isolée. — 6. La même coupée verticalement, afin de faire voir la situation de l'embryon à la base du périsperme. — 7. Une graine grossie représentée du côté de son attache, pour faire voir en a l’ombilic, et en à le micropyle. — 8. Embryon isolé,

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Tanpot ?. Lamber € T° 201772 ANSIMRINE :

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ANSÉRINE ANTHELMINTIQUE

(CRE D © 06 20 ne XATOTOROV EAVBærywyov ; Ce CHENOPODIUM ANTHELMINTICUM, folits ovato-oblongis, dentatis; race- LAS VERT RES mis aphyllis; Linné, clas. 5, pentandrie digynie ; — Jussieu, el. 6, ord. 6, arrockhes.

Talien NAS. ANSERINA ANTELMINTICA.

Espagnol... ...... ANSERINA ANTELMENTICA; GENIGLO ANTELMENTICO. Français. ........ ANSÉRINE ANTHELMINTIQUE.

POI GTSE ie à se o « SHRUBBY GOOSE-FOOT, Allemand. . ...... WURMMELDE ; WURMMELTE.

Hollandais, . . .... WURM-MELUE.

CETTE plante vivace, indigène de l'Amérique Septentrionale, croît surtout en Pensylvanie, à New-Jersey, à Buenos-Avyres; elle aime les lieux secs et sablonneux; on la cultive au Jardin du Roi, à Paris.

La tige s'élève, dit Lamarck, à la hauteur de trois pieds environ : elle est droite, dure, grosse à peu près comme le doigt inférieurement, rougeätre dans la plus grande partie de son étendue, striée, divisée en quelques rameaux jusque vers sa partie moyenne. — Les feuilles sont alternes , ovales, rétrécies à leur base, dentées en leurs bords, vertes des deux côtés, légèrement velues en dessous. Les feuilles radicales sont plus larges, ressemblent davantage à la patte de l’oie, et, par conséquent, justifient la dénomination donnée avec trop peu de réserve au genre entier". — Les fleurs naissent en petites grappes nues, verdâtres, situées dans les aisselles supérieures des feuilles, le long des rameaux et de la tige. Chaque fleur présente un calice de cimq folioles lancéolées , persistantes ; cinq étamines de la longueur du calice, opposées à ses folioles, et terminées par des anthères arrondies; un ovaire supérieur, chargé d’un style extrêmement court, bifide, et parfois trifide?. — Le fruit est une graine

" Chenopodium est formé de yny, gén. ynvoc, oïe, et mous, gén. rod, pied. Ansérine est dérivé de anser, gén. anserts, oie.

? Les chénopodes, privés de pétales, viennent se ranger dans la quinzième classe de Tournefort : fleurs & étamines.

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ANSÉRINE ANTHELMINTIQUE.

petite, obronde, comprimée, brune luisante , renfermée dans le calice, qui forme cinq angles autour d'elle.

L'ansérine anthelmintique exhale une odeur forte de ses feuilles et de ses graines. Celles-ci sont la seule partie de la plante dont les médecins fassent usage ; encore cet usage est-il fort borné, du moins en Europe. Clayton et Kalm célèbrent la propriété vermifuge des semences d’ansérine, qu’on administre depuis un demi-gros jusqu’à deux gros. On les donne tantôt en poudre, tantôt étendues sur des tartines de beurre; d'autres fois on les mêle avec une marmelade quelconque : mais il faut toujours avoir soin , ajoute M. Biett', de diviser la dose en plusieurs prises pour ne point occasioner du dégoût. Calmers recommande particulièrement un électuaire préparé avec les graines d’ansérine bien pulvérisées , et incorporées dans le miel. On prend, durant trois jours consécutifs, matin et soir, une cuillerée de cet électuaire, qui, si l’on en croit Chalmers, est un vermifuge excellent, et en quelque sorte infaillible.

: Dictionnaire des Sciences médicales, tome 11, page 179.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est de grandeur naturelle.) — x. Feuille

radicale. — 2. Fleur enlière grossie, — 3. Fruit enveloppé par le calice , grossi. — 4. Graines de grosseur naturelle. — 5. Graine grossie.

WACLE Lrnekouese L,

AR ACTIIIDIE :

XXXIT.

ARACHIDE

(GTEC AN AE TE ER apayid va; Théophraste ?

‘faracæinna ; Bauhin, IivæË, lib. 9, sect: 3. VICIA SILIQUAS SUPRA INFRAQUE TERRAMEDENS; Lourneforl, clas. to,

Latin........... papilionacées.

ARAGB1S HYPOGÆA ; Linné , clas. 17, diadelphie décandrie; — Jussieu ,

clas. 14, ord. 11, léoumineuses.

Tialienag 200" LS ARACHIDE ; ARACHIDNA ; PISTAGCHIO DI TERRA; NOCE DL TERRA,

Espagnol. ENONGhe, 510 CACAHUETTE ; CACAHUATE ; ALFONSIGO DI TIERRA.

Français... ...... ARACHIDE; ARACBINE; PISYACHE DE TERRE; NOIX DE TERRE; LOIS DK TERRE; ARACHIDE A QUATRE FEUILLES, Lamarck.

ANCIEN. Eu AART NUT; GROUND-NUT.

Allemand, ....... ERDNUSS; UNTERIRDISCHE NUSS; ERDFISTAZIE.

Hollandais. . ..... AAKDE-NOOT; GROND-NOOT; AARDE-PISTAS,

CETTE plante annuelle prospère dans les climats chauds. Les naturalistes ne sont pas d'accord sur sa véritable patrie. Quelques-uns, tels que M. Mordant Delaunay, prétendent qu'elle est originaire d'Amérique ; d’autres pensent avec Miller, qu’elle a été transportée dans le Nouveau-Monde par les nègres; Sonnini regarde larachide comme indigène de l'Afrique et de l'Amérique tout à la fois, et les raisonnemens sur lesquels il fonde cette conjecture ne sont pas dépourvus de vraisemblance. Enfin ceux qui ne voient dans l’arachide décrite par Rumph qu’une simple variété, disent que cette plante croît spontanément en Asie, en Afrique et en Amérique.

La racine est fibreuse, garnie de nombreux chevelus, qui sont eux-mêmes parsemés de petits tubercules; tantôt cette racine plonge dans une direction perpendiculaire, tantôt elle est contournée en $S, et pénètre horizontalement dans le sol à la profondeur de sept à huit pouces. — La tige s'élève à la hauteur d'environ deux pieds : dans l’origine , elle est droite et simple, dit Sonnini ; elle se ramifie , et tous ses rameaux acquièrent à peu près une égale grosseur; Îa moitié inférieure est arrondie , et d’une couleur de rouille foncée , la supérieure a une forme carrée, el présente une nuance vert tendre. — Les feuilles sont alternes, ailées, composées de deux paires de

8° Livraison, 4e

À RA CHIDE.

folioles ovales, disposées sur un pétiole commun, long d'environ deux pouces, et muni à sa base d’une stipule membraneuse qui l’embrasse et se partage en deux découpures lancéolées; à la naissance de chaque stipule, on remarque un nœud ou une articulation ; des deux paires de folioles, l’une est terminale, et l’autre est située au dessous, à une petite distance de la première..— Les fleurs, solitaires sur leurs pédoncules, qui sont plus courts queles pétioles, naissent dans les aisselles des feuilles ; le calice a deux lèvres, dont la supérieure est tridentée, et l’inférieure entière, concave et aiguë; la corolle est jaune, papilionacée, renversée; l’étendard est presque rond et sans bords; les ailes sont ovales; la carène est recourbée, et bifide à sa base; les étamines ne sont pas toujours au nombre de dix ; souvent on n’en trouve que huit; leurs filamens réunis en un seul faisceau , sont l’un court et l’autre long alternativement, surmontés d’anthères alternativement ovales et globuleuses. Le style parcourt toute la longueur du pédoncule et le faisceau des étamines, et il se montre avec un simple stigmate près les anthères. Les fleurs qui naissent au sommet de la tige sont mâles; celles situées plus inférieurement , sont les unes mäles et les autres hermaphrodites.

La fructification de larachide est infiniment curieuse : elle a été observée par le savant agronome Sonnini, dont j'emprunterai les expressions : « Après la fécondation, les fleurs mâles périssent et disparaissent ; les fleurs hermaphrodites périssent également, mais de la base de leur pédoncule, qui correspond à l'ovaire, on voit poindre une petite corne aiguë comme la pointe d’une épingle, et qui presque aussitôt se recourbe vers la terre : alors elle commence à s’allonger rapidement, et dans cinq jours, conservant sa même grosseur et sa même pointe aiguë, quelle que soit la distance de la terre, elle ÿ touche, acquérant jusqu’à près de cinq pouces de longueur, selon qu’elle en est plus ou moins éloignée. Malgré tout ce développement, la corne qui l’a acquis n’est point un fruit, et en l’examinant avec une lentille, après l'avoir ouverte, on n’y reconnaît aucune trace de fructification. Mais voici ce qu'il y a de surprenant : l'extrémité aiguë de cette corne parvient à peine à toucher la terre, et à s'y enfoncer de quelques lignes, qu'aussitôt elle commence à se gonfler; à mesure qu’elle se gonfle, elle s'enfonce davantage, et, parvenue en peu de jours à la profondeur de deux à quatre pouces,

ARACHIDE

elle offre, ensevelie, une gousse longue d'environ un pouce, de substance coriacée , tantôt presque cylindrique, tantot étranglée, selon qu’elle renferme une, deux ou trois semences, rougeätres, de la grosseur d’une petite avelineï. »

Sonnini que je ne puis citer trop souvent, établit une comparaison très-judicieuse entre l’arachide et la pomme de terre. Quoique celle-ci conserve une prééminence bien marquée, l’arachide vient se placer sinon sur la même ligne, du moins à une légère distance. Sa culture est plus difficile, parce qu’elle est trop sensible au froid. Tous les terrains ne lui conviennent pas; elle demande un sol léger , même sablonneux, néanmoins substantiel et parfaitement divisé, . pour que sa gousse s’y enfonce aisément , et y acquière sa maturité. L'Espagne, qui , outre les rapports de voisinage, en a de plus d’une espèce ayec l'Afrique , a été la première contrée européenne qui ait adopté la culture de l’arachide. Elle est particulièrement répandue dans le royaume de Valence, ou elle a beaucoup de succès?. L'Italie, notamment le pays de Naples 5, et l’état romain, commencent à s’applaudir de se l’être appropriée, et nos départemens des Landes # et de l'Hérault en ont enrichi leur agriculture. Sonnini en a fait un heureux essai en petit à Vienne en Dauphiné. Plus au nord, par exemple aux environs de Paris, l’arachide n’a pas prosperé. Les îles Britanniques, plus froides, lui sont encore plus contraires ; Miller dit positivement qu’elle n’y réussit point en plein air, et qu'on doit répandre au printemps ses graines , sur une couche chaude. Suivant la qualité des terrains, il faut de quatre à dix plantes pour donner une livre de graines; et si ces graines sont bien nourries, il en faut à

: La ressemblance qu'offre l’arachide avec l'espèce de légume appelé par les Grecs apaxc, lui a valu le titre générique de arachis ; elle doit sa dénomination spécifique à sa fructification souterraine, uxo, sous, et ya, terre. M. Bodard à voulu exprimer plus parfaitement ce mode singulier de fructification, en substituant au mot kypogea celui de hypocarpogæa, de vro, SOUS, xapmae, fruit, et a, terre.

? Cavanilles, De la utilitad del cacahuete, o arachis hypogæa : dans les 4nnales de huistoria natural, tome 1v, juin 1801, page 206.

3 Tenore, Memorta sul l’arachide : dans le Giornale enciclop. di Napoli, an 17.

4 Recueil de Mémoires, Instructions, Observations, Expériences , et Essais sur larachide, imprimé par ordre du prétet du département des Landes; Mont-de- Marsan, an x.

ARACHIDE

peu près neuf cents pour faire une livre. Elles se conservent trèsbien et autant que l’on veut dans leurs gousses, et il vaut toujours mieux ne les en dépouiller qu’au moment d'en faire usage. On ne saurait prendre trop de précautions pour les préserver des rats et des souris, qui les recherchent avidement.

La saveur de ces fruits n’est pas aussi agréable que celle des amandes , des noisettes et des pistaches , auxquelles on les a comparés. Il faut même quelque habitude pour les trouver bons, parce qu’un peu d’âcreté, une sorte de goût sauvage analogue à celui du poischiche encore vert, se mêle au goût d'amande; mais la cuisson leur fait perdre ce qu'ils ont d’âcre, et c’est alors seulement qu'ils approchent des pistaches. Frais, on les mange avec plus de plaisir que . quand ils sont vieux. On peut, au reste, les conserver plusieurs années sans qu'ils rancissent ou pourrissent. Ils sont pour les nègres une vraie friandise , soit crus, soit grillés , soit enfin cuits dans l’eau ou sous les cendres. Les naturels de la Nouvelle-Espagne en font leur principal aliment. Les colons moins simples dans leurs goûts, après avoir fait rôtir légèrement les amandes d’arachide, les convertissent en dragées , en pralines, en massepains, et en d'autres sucreries, les mêlent dans leurs ragoûts en guise de marrons, et en parfument leurs liqueurs; on en prépare des crêmes, des émulsions, de lorgeat; on en fait de fort bonnes purées; on les accommode à l'huile ou au beurre, comme les légumes ; on a proposé de les substituer au cafe. De toutes les substances avec lesquelles on a essayé de suppléer le cacao dans la fabrication du chocolat, l’arachide est celle qui réussit le mieux. En Amérique, ou cette fabrication a pris naissance , elle a obtenu un succès complet ; les Espagnols se sont empressés de l’adopter. M. Bodard , auquel on doit une dissertation utile sur les plantes hypocarpogées (in-8°, Pise, 1708 ), regarde comme agréable et salutaire le chocolat fait avec les graines d’arachide, soit seules, soit unies à un tiers de cacao‘. Mais le produit le plus important de ces graines est, sans doute, l'huile excellente dont elles fournissent la moitié de leur poids, quelquefois même plus : elle offre la consistance et la pesanteur de l’huile d'amandes. Limpide, blanchätre, inodore , moins grasse que l'huile d'olive la plus fine, elle a une lé-

* Cours de botan. méd. comp., tome 1, 1810, page 264.

ARACHIDE

oère saveur qui lui est propre, et n’a rien de désagréable. Elle ne le cède point à la meillenre huile d’Aix pour l’assaisonnement des mets et pour les salades. On assure qu’elle ne rancit jamais, et qu'elle s'améliore en vieillissant. Elle mérite la préférence pour le service des lampes ; car elle donne une lumière plus vive, plus claire, plus durable, et produit moins de fumée que l'huile d'olive. Le marc qui reste après l’extraction de l'huile d’arachide est une substance amilacée que les cochons mangent avidement, et qui, joint à la farine de froment, donne un pain qui se garde très-long-temps. Mêlée à la lessive des savonniers, l'huile d’arachide forme un savon trèsblanc , très-sec, et sans odeur.

La saine observation n’a pas présidé au jugement que Pison et Willemet ont porté sur les propriétés de l’arachide. Si les graines de cette plante doivent figurer dans les officines pharmaceutiques, ce n’est guère que pour y remplacer les amandes, dont lhuile est toujours chère, et rarement bonne.

M. Fremont, qui paraît avoir expliqué le premier avec exactitude le vrai mode de fructification de l’arachide*, pense que la racine de cette plante pourrait suppléer celle de réglisse.

Enfin , pour compléter l’histoire de l’arachide, et prouver qu'aucune de ses parties n’est inutile, je dirai que ses feuilles sont un des fourrages les plus recherchés par les bestiaux.

sonnint ( charles-sigisbert), Traité de l’arachide ou pistache de terre, contenant la description, la culture et les usages de cette plante, etc., 87 pag. in-8°, fig. Paris , 1808.

1 Bibliothèque physico-économique ; 180b, tome 1, page 145.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est un peu plus petite que nature.) — r. Calice tubuleux divisé, à son sommet, en quatre parties , trois supérieures et une inférieure. — 2. Étendard. — 3. Aile. — 4. Carène. — 5. — Étamine. — 6. Tronçon de tige dont on a enlevé circulairement une feuille et ses stipules, afin de faire voir comment les ovaires sont sessiles au moment de la floraison, et comment ils deviennent stipités et s’allongent après la

fécondation. — 7. Fruit coupé verticalement , pour faire voir les deux graines qu'il renferme. — 8. Ovaire dont le stipé s’allonge vers la terre pour aller y mürir son fruit. — 9. Fruit enticr. — 10, Racine munie d’un grand nombre de petits tubercules.

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