RAPIN
? M. Turpin pense que la bugrane épineuse appartient à la méme espèce que celle des anciens (ononis antiquorum , L.). En effet, les botanistes donnent pour seuls caractères distinetifs des épines plus longues et plus nombreuses, des feuilles plus petites, des tiges presque glabres. Or, ces caractères, d’ailleurs très-variables, et soumis à l’influence du sol et du climat, loin de constituer une espèce, sont à peine suffisans pour établir une variété,
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les ovales-obtuses , dentées , striées , vertes , légèrement pubescentes, les pétioles sont courts, et semblent ailés, par l'effet des stipules situées à leur base: les feuilles supérieures sont simples . — Les fleurs sont axillaires, solitaires ou géminées, soutenues par des pédoncules fort courts, et leur couleur varie du pourpre au blanc. Chacune d'elles présente : un calice velu, monophylle, campanulé, partagé en cinq dents longues et linéaires ; une corolle papilionacée, formée d’un étendard plus ample que les autres pétales, et agréablement varié, de deux ailes plus courtes que l’étendard, et d’une carène pointue ; dix étamines dont les filets sont tous réunis dans leur partie mférieure; un ovaire supérieur, ovale, verdâtre, surmonté d’un style filiforme, que termine un stigmate simple et obtus. — Le fruit est un légume court, renflé, velu , uniloculaire, bivalve, contenant des graines réniformes.
La saveur de la bugrane est douceâtre, et presque nauséeuse. Son odeur est désagréable; les moutons, les chevaux et les cochons refusent de s’en nourrir, tandis que les vaches et les chèvres la broutent, ainsi que les ânes, qui, dit-on, aiment en outre à se vautrer sur cette plante 2, Les pauvres habitans de certains pays mangent les jeunes pousses en salade, ou apprêtées comme les autres herbes potagères. Dioscorides regarde ces pousses marinées comme un mets, ou plutôt comme un assaisonnement très-agréable.
Les médecins de l'antiquité employaient fréquemment la racine d’arrête-bœuf, principalement son écorce , et lui attribuaient de gran. des vertus; Galien la place au premier rang des diurétiques et des lithontriptiques ; elle est encore aujourd’hui une des cinq racines apéritives. Lentilius prétend, qu'administrée dans un cas de dysurie, elle à non-seulement rempli l'indication curative, mais déterminé une incontinence d'urine. Simon Paulli ne connaît pas de meilleur remède contre le calcul des reins et de la vessie. Bergius, savant professeur et praticien habile de Stockolm, confirme, par son expé-
: Les feuilles, vues à la loupe, sont ponctuées, ou plutôt recouvertes de petits mamelons sur lesquels sont de petits poils.
2 Telle est probablement l’étymologie de ononts (vo), âne; car je ne puis admettre, je n'ose même citer celle de anonts, proposée par quelques érudits.
La bugrane porte encore, dans certaines provinces, les noms vulgaires de chaupoint , tenon, eic.
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rience et par celle de son illustre collègue Acrel, l’action puissante de la racine de bugrane sur les organes urinaires et génitaux; il atteste avoir vu des dysuries calculeuses, des sarcocèles , des hydrocèles, des hydrosarcocèles totalement dissipés ou très-notablement diminués par ce moyen. Meyer et Gilibert la recommandent dans les obstructions viscérales et glanduleuses, dans les cachexies, dans la chlorose. Elle se donne communément pulvérisée à la dose d’un gros, et à celle de trois, infusés dans une livre d’eau, ou digérés dans une égale quantité de vin.
Bien que la propriété diurétique réside plus particulièrement dans l'écorce de la racine, elle n’y est pas exclusivement concentrée. De Haen rapporte l'exemple d’une guérison opérée par la décoction des feuilles.
On distillait autrefois la bugrane, dit Fourcroy, et l’on employait cette eau distillée dans les hémorroïdes internes. On s’en est servi avec succès pour gargariser les gencives et laver les ulcères scorbutiques; elle a même été utile dans les ulcères vénériens. Les Hongrois, pour apaiser le délire de la fièvre maligne, fomentent la tête et les membres du malade avec la décoction vineuse de cette plante, à laquelle ils ajoutent un ognon, et quelques clous de girofle.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( Za plante est de grandeur naturelle.) — x, Feuille avec sa stipule. — 2. Calice. — 3. Étendard. — 4. Aile. — 5. Carène d’une seule pièce. — 6. Étamines monadelphes et pistil. — 7. Pistil. — 8. Fruit de grandeur naturelle. — 9. Fruit ouvert contenant six graines, mais dont la plus grande partie avortent toujours. — 10. Graine grossie, — 11. Racineet tiges couchées.
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