‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 47 sur 63 · XL · texte numérisé non relu

XL

ARTICHAUT

Grec... ......: GROAUUOIC; woMuoc ; xæxroc ; Théophraste; xuyæpa , (alien, æprurixn, Alexandre de Tralles.

GINARA HORTENSIS, etc. Bauhin, IiwaË, lib. 10, sect. 6; — Tourne-

fort, clas. 12, flosculeuses.

LOIR INR ENNIIENTE CYNARA scoLvmus , foliis subspincsis, pinnatis indivisisque , calycinis squamis ovatis; Linné, clas. 19, syngénésie polygamie égale ; — Jussieu, clas. 10, ord. 2, cinarocéphales.

TANT MNT ONE CARCIOFFO ; ARTICHIOCCO.

Espagnol (NAN: ALCACHOFA; CARDO ALCACHOFERO ; Ortega. Français... ...... ARTICHAUT; ARTICHAUD; ARTICHAUX. Anglaisin dun. sa ARTICHOKE.

Allemand. . ...... ARTISCHOCKE.

Hollandais. . ..... ARTISCHOCK ; ARTISIOK.

Polonais. . . ... : : . RARCZOCR ; KARCIOCH ; KARCIOF,

ORIGINAIRE de l’Afrique et de l’Europe méridionale, lartichaut est aujourd’hui cultivé presque partout dans les jardins potagers.

La racine de cette plante vivace est grosse, longue, ferme, fusiforme.— La tige, droite, épaisse, cannelée, cotonneuse, garnie de plusieurs rameaux, s'élève à la hauteur de deux à trois pieds. — Les feuilles sont alternes, très-grandes, armées d’épines que la culture fait disparaître, profondément découpées, presque ailées, à découpures dentées ou pinnatifides, d’un vert cendré en dessus, blanchätres et tomenteuses en dessous. — La fleur, disposée en tête volumineuse terminale, souvent solitaire, présente : un calice commun trèsgrand, évasé, formé d’écailles nombreuses, imbriquées, charnues à leur base, pointues à leur sommet” ; une quantité très-considérable

1 La comparaison de ces pointes dures et mordantes avec les dents du chien a fait donner à l’artichaut le nom de cynara (xwwv, gen. xuvoc, chien). Cette étymologie, adoptée par le savant glossographe Théis, me paraît incontestable, et je vois avec étonnement l’illustre Gaspard Bauhin dériver cinara de cineres, sous le prétexte frivole que la cendre est le fumier qui convient à l’artichaut. Ce mot vient très-probablement de aprurwn; les autres origines qu’on lui a attribuées sont beaucoup moins naturelles et plus invraisemblables, à l'exception peutêtre de celle de Bullet, qui dérive artichaux du celtique art, pointe, épine, et chaulx, chou; chou épineux.'

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de fleurons tubulés, quinquéfides, réguliers, tous hermaphrodites, irritables, environnés par le calice , et placés sur un réceptacle commun charnu et tapissé de poils ou soies. — Le fruit consiste en plusieurs oraines ovales-oblongues, presque tétragones, couronnées d'une aigrette sessile et plumeuse.

Très-commun et très-renommé dans les cuisines, lartichaut tient à peine une place dans les pharmacies. Cependant les racines ont élé employées par divers médecins comme diurétiques et apéritives. On peut manger les feuilles bouillies dans l’eau et assaisonnées; leur suc mêlé avec d’excellent vin a, dit on, guéri des hydropisies contre lesquelles avaient échoué les remèdes les plus vantés dans ces maladies, généralement si opiniâtres. Toutefois l’artichaut doit à sa téte la réputation dont il jouit, et les soins que l’on prend pour le multiplier. Ce sont les fleurs non épanouies que l’on sert sur nos tables; les seules parties que lon mange sont la substance charnue qui forme la base des écailles du calice, et le réceptacle, appelé communément cul d'artichaut ou portefeuille ; on rejette le foin, c'est-à-dire les soies et les fleurons naissans qui le couvrent.

Les artichauts encore jeunes et tendres ont une saveur agréable, qui devient âpre à mesure que la maturité s’avance. L’artichaut ne peut plus alors être mangé cru à la poivrade; mais par la cuisson il perd son äpreté, sa consistance trop solide, et préparé de diverses manières, il devient un aliment fort recherché. En effet, loin de mériter le reproche que lui fait Galien d’engendrer des sucs bilieux et mélancoliques, l’artichaut se digère très-facilement, et nourrit assez bien. Il stimule les organes génitaux et ceux qui sécrètent l’urine ; ce fluide excrémentitiel acquiert même une odeur nauséabonde.

L'infusion des fleurs d’artichaut dans l’eau froide, à laquelle on ajoute un peu de sel, coagule le lait; aussi les Arabes et le Maures s'en servent-ils pour faire leurs fromages.

Willich dit que lartichaut est employé avantageusement dans la fabrication de la soude, et que les feuilles préparées avec le bismuth donnent à la laine une couleur d’or fine et durable.

Peut-être ne sera-t-1l pas inutile de jeter un coup d'œil très-rapide sur la culture de lartichaut. Transporté dans nos jardins, dit M. de Launay", il s'y est perfectionné ct a produit plusieurs varictes,

* Le bon Jardinier, 1814, page 5.

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dont les plus remarquables sont : l’artichaut vert, à têtes fort grosses; le blanc, plus petit, plus délicat, plus précoce; le rouge et le violet, dont les têtes petites et tendres se mangent à la poivrade : le sucré de Gênes, ainsi nommé à cause de son excellent goût , ne doit pas non plus être soumis à la cuisson. Toutes ces variétés se cultivent de la même manière; on peut les élever de grames, ou les multiplier par le moyen des œilletons. La propagation des semences est usitée seulement lorsque le froid ou les trop grandes pluies ont fait périr les anciens plants. Pour multiplier les artichauts par œilletons, c’està-dire par les bourgeons qui s'élèvent des racines des vieux pieds, on commence par séparer les œilletons des racines-mères. Cette opération se pratique le plus communément à la fin de l'hiver , ou après que la plante a donné son fruit, ou au mois de septembre; on peut même œæilletonner pendant toute l’année, excepté dans la saison froide’. Bien conduits, arrosés suffisamment et à propos, enfin binés et purgés de mauvaises herbes, quelques œilletons donneront des artichauts dans l’année; mais leur plus grande production aura lieu les deux années suivantes, après quoi lartichaudière devra être renouvelée.

On peut, à l’aide d’une demi-cuisson dans l’eau, conserver les artichauts , de manière à en avoir toujours au besoin une certaine provision.

Le genre cyrara renferme une espèce qu'il importe de signaler : c'est le cardon, cynara cardunculus, L., dont les feuilles, prodigieusement amples, deviennent, en blanchissant , une de nos meilleures plantes potagères. La culture en a fait des variétés et des sousvariétés , dont deux, dépouillées d’épines, sont plus faciles à manier; cependant on préfère au cardon d’Espagne, tout inerte qu'il est, le cardon de Tours, armé d’épines longues et très-aiguës. Celui-ci est moins sujet à monter; ses côtes sont plus grosses, plus tendres, et beaucoup plus délicates

Le professeur Gilibert a connu un médecin, qui depuis dix ans prenait tous les matins un verre de décoction des feuilles vertes de cardon, avec la persuasion intime que ce rémède Pavait guéri d’une engorgement au foie, et en prévenait le retour.

1 Thouin, dans le Dictionnaire des Sciences naturelles, tome 111 (1804 ), page 168.

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EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( Plante en fleur réduite au tiers de sa grandeur naturelle.) — x. Fleur détachée de l'intérieur du calice commun , à la base de laquelle on a représenté quelques-unes des soies qui tapissent le fond du calice. — 2. Fruit mür duquel on à

enlevé l’aigrette.

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(FT iiaiont cie dpov.

ARUM VULGARE, etc. Bauhin, IlivaË, lib. 5, sect. 6 ; — Tournelort, clas. 3 , personnées.

LObE ele ste ele ARUM MACULATUM, acaule, foliis hastatis, integerrimis, spadice clavato ; Linné, clas. 20, gynandrie polyandrie ; — Jussieu , clas. 2, ord. x, aroïdes.,

TORRENT RE ARO ; JARO ; GICARO ; GICHERO; PIÈ VITELLINO ; BARBAARON, Espagnol. . ...... ARO.

Français... ...... ARUM;GOUET; PIED-DE-VEAU ; GOUET COMMUN, Lamarck. ICT OEES SPAS WAKE-ROBIN ; CUCEOW-PINT.

Allemand. .:..... ARON ; KALBFUSS.

Hollandais. . ..... ARON ; KALFS-VOET:

CETTE plante vivace est commune dans presque tous les climats, on la trouve en France, en Angleterre, en Allemagne, en Pologne, dans les lieux humides, le long des haies, sur le bord des chemins, à l'ombre des bois.

La racine, arrondie, grosse à peu près comme un œuf de pigeon, est tubéreuse , garnie de quelques fibres, brunâtre extérieurement, blanche à l’intérieur, charnue, et imprégnée d’un suc laiteux. — La tige est une hampe cylindrique, haute de six à sept pouces, enveloppée inférieurement par les gaînes des pétioles. — Les feuilles , longues de neuf à dix pouces , sont très-entières, sagittées, à oreillettes peu divergentes: : leur surface est verte, lisse, luisante, veinée , et souvert parsemée de taches blanches ou noirâtres. — La fleur, remarquable par sa forme et par sa disposition, présente, au lieu du calice, une spathe monophylle , membraneuse, très-ample , droite, terminée en oreille d'âne, verdâtre en dehors , blanchätre en dedans;

: Cette figure a quelque ressemblance avec l'empreinte d’un pied de veau , nom vulgaire de l’'arum. Les étymologistes ne sont pas d’accord sur ce terme générique. Lobel le fait remonter au pontife Aaron; Morison prétend qu’il vient de box, grenade, à cause de la forme et de la couleur du fruit. Je pense que lon doit rejeter ces étymologies ridicules, et ne vois dans arwm que le mot radical égyptien imité par les Grecs en celui de apov. Bauhin dit que les Syriens nomment cette plante vw.

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un spadice très-simple, bien plus court que la spathe qui lenvironne, d’abord blanc jaunâtre, puis rougeâtre ou pourpre livide, fleuri dans sa partie inférieure, nu à son sommet ou chaton, lequel est en massue, se flétrit et tombe avant la maturation; des anthères nombreuses, sessiles, tétragones, situées au dessous d’une double rangée de filamens cirrhiformes; des ovaires très-multipliés, qui entourent la base du spadice. — Les fruits sont des baies globuleuses, succulentes , qui prennent en mürissant une couleur rouge éclatante : elles forment un bel épi serré, et contiennent, dans une seule loge, une ou deux graines dures et arrondies.

Tout ce qui provient du pied-de-veau , dit Peyrilhe est âcre, styptique, brûlant; toute la plante est pénétrée d’un suc qui verdit le sirop violat et se coagule par les acides minéraux. On en fait, dans divers pays, en Angleterre, dans la Belgique, dans le Poitou, une pâte qui sert à blanchir le linge. L’acrimonie des feuilles est telle, que, pilées et appliquées sur une peau délicate, elles l'irritent, l'enflamment, la corrodent, et peuvent ainsi, dans certains cas, devenir un rubéfiant, un épispastique très-utile; elles détergent les ulcères sanieux , et, infusées dans le vin, elles sont regardées comme antiscorbutiques; toutefois leur usage est beaucoup plus limité que celui de la racine. Celle-ci est sans odeur, et paraît insipide quand on commence à la mâcher : mais bientôt une saveur âcre et brûlante se développe; lintérieur de la bouche semble piqué, déchiré par des milliers d’aiguilles, suivant l’expression de Bergius. La douleur, rebelle à tous les autres liquides, ne se calme que par les boissons huileuses. Cette violente acrimonie diminue considérablement par la dessiceation; il n’en reste plus aucune trace si l’on soumet Varum à la torréfaction ou à des ébullitions répétées. On obtient par ces procédés une fécule blanche, douce, très-nourrissante , propre à faire non-seulement de la colle, de l’amidon, des pâtes cosmétiques, mais de fort bon pain, comme Cirillo l'a vu pratiquer en Dalmatie. On aperçoit ici une frappante analogie entre l’arum et le manioc : dans l'un comme dans l’autre, l'aliment se trouve mélée au poison, dont il est facile de le séparer. |

Les médecins prescrivent la racine de gouet, recueillie en automne, contre la plupart des affections cachectiques. Les anciens, spécialement Dioscorides, l'ont surtout vantée dans les maladies chro-

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niques de la poitrine, et les modernes se sont efforcés de lui conserver son antique renommée. Hors, Müller, Gesner prétendent avoir guéri, avec la racine d’arum, l'asthme pituiteux, et même la phthisie confirmée; les professeurs Bergius et Gilibert ont dissipé des fièvres intermittentes et des céphalées gastriques rebelles à tous les autres remèdes. Cependant, si l'on réfléchit que la racine fraîche de l’arum , trop caustique pour être employée, perd, en se desséchant , toutes ses propriétés médicinales, on conviendra qu’il est imprudent d’administrer une substance dont l’action est aussi versatile, dont la dose ne peut être exactement fixée, et qui, même dans les circonstances les plus favorables, ne possède point les propriétés fébrifuges et antiphthisiques qui lui ont été attribuées.

Parmi les préparations pharmaceutiques dont la racine d’arum est un des principaux ingrédiens, on vante surtout la poudre stomachique de Birkmann, et la poudre cachectique de Duchesne (pulvis cachecticus Quercetani) : ces remèdes composés m'inspirent encore moins de confiance que l’arum lui-même.

Plusieurs espèces de gouet méritent d’être signalées, soit par la singularité de leur forme, soit par les phénomènes curieux qu’elles présentent, soit par l'utilité qu'on en retire.

1°. Le gouet serpentaire, arum dracunculus, L., offre des propriétés analogues à celles du pied-de-veau, mais plus faibles.

29, La colocase, arum colocasia , L., simple variété du gouet comestible farum esculentum), selon Lamarck, croît naturellement en Égypte, dans les lieux humides : on la cultive aux Indes Orientales, en Amérique, et dans quelques contrées de l’Europe, telles que le Portugal; sa racine acquiert, par la cuisson, une saveur douce, et fournit, ainsi que les feuilles, une nourriture agréable, saine et abondante. Sa fleur fait partie de la coiffure d’Isis et d’Osiris ; elle se trouve aussi sur la tête d'Harpocrate, dans les monumens anciens.

3°. Le gouet gobe-mouche, arum muscivorum, exhale de ses fleurs une odeur cadavéreuse qui attire les mouches : elles se précipitent au fond de la spathe, en étartant les poils qui en forment lorifice; mais ces poils se rapprochent aussitôt, et opposent une barrière insurmontable à l’insecte, qui périt dans le piège.

4°. Le gouet d'Italie, arum ttalicum , n’est probablement qu'une

ARUM

variété du pied-de-veau commun. Le professeur Lamarck fit, en 1777, l'observation intéressante que le spadice de cé gouet s’échauffe au moment de la fécondation , jusqu’à devenir presque brülant pendant plusieurs heures. Par cette faculté calorifique, le gouet semble participer de la nature des animaux, dont il se rapproche encore par les émanations putrides que répandent plusieurs espèces, et par l’azote qu’y révèle analyse chimique.

scaezmass (élie), De aro, Diss. inaug. præs. Georg. Wolfg. Wedel; in-4°. Ienæ, 170. werTscx (sean-chrétien), De aro maculato, Diss. inaug.; in-4°. Erlangæ, 1798.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle.) — 1. Feuille. — 2. Spathe dans laquelle on voit la partie supérieure du spadice. — 3. Fruit mûr. — 4. Spadice réduit, sur lequel on distingue d’abord en a le chaton, en 2 les filamens cirrhiformes, en c les étamines, et en d les ovaires. — 5. Fruit entier de grandeur naturelle. — 6. Le même coupé verticalement pour montrer la situation des graines. — 7. Graine détachée, grossie. — 8. La même coupée longitudinalement pour faire voir la position de l'embryon dans le périsperme. |

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XLIT:

ASA FOETIDA

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Asa FoErIDa ; Bauhin, HivæË, lib. 12, sect. 6 ; — Tournefort, clas. 7 Latine A 0 ombellifères. ï Lg L dut FERULA ASSA FOETIDA ; foliis alterratim sinuatis, obtusis: Linne, cl. 5, pentandrie digynie; — Jussieu, clas. 12, ord. 2, ombellifères.

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