‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 48 sur 63 · ANDIAIS SR USSR. ASA FOETIDA ; DEVIL'S DUNG · texte numérisé non relu

ANDIAIS SR USSR. ASA FOETIDA ; DEVIL'S DUNG

Allemand... . 11. SrECKENKRAUT ; STINKENDER ASAND; ASA | KOETIDA ; TEUFELS DRECK.

Hollandais... ..... Asa roETIDA; DUIVELS DREK.

L'Histoire de l’asa fœtida offre plusieurs problèmes à résoudre. Les anciens connaissaient-ils cette substance? Divers médecins, parmi lesquels je me bornerai à citer Geoffroy, Miller et Fourcroy, trouvant uñe ressemblance parfaite entre le suc cyrénaïque et l’asa fœtida, regardent comme identiques le 019107 de Dioscorides, le /aser’.ou laserpitium de Pline, l’asa fœtida disgunensis de Kæmpfer , et la ferula assa foœtida de Linné. Pour sentir la difficulté de décider cette question, il suffit de réfléchir que, malgré la description détaillée du savant voyageur Kæmpfer, nous ne connaissons point encore précisément le végétal qui fournit l’asa fœtida. Il paraît bien

,; démontré que ce végétal est une férule : mais l'espèce n'a pas été 1rrévocablement déterminée ; car celle que le docteur Hope a décrite et figurée ? diffère notablement de celle signalée par Kæmpfer $. Cependant, comme l’exactitude et la bonne foi du médecin allemand sont généralement connues, et que d’un autre coté le docteur anglais a cultivé dans le jardin botanique d'Édimbourg la férule dont il a retiré l’asa fœtida, je croirais volontiers , avec Banks, que ce suc gommo-résineux distille plus ou moins abondamment de deux sortes

! Saumaise prétend que le mot asa est une contraction de /aser. 2 Philosophical transactions ; 17985, vol. Lxxv, page 36. 3 Amænit. exotic.; 1712, page Db35.

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ASA FOETIDA

de férule. Nous avons cru devoir donner la préférence à celle du docteur Hope, parce que, cultivée dans nos climats, elle peut être soumise à un examen plus facile et plus complet. Nous puiserons surtout dans l'Encyclopédie méthodique, où le professeur Lamarck , en adoptant la description tracée par le médecin d'Édimbourg, l’a portée à un plus haut degré de perfection.

La racine est vivace, grosse, fusiforme, souvent simple, quelquefois divisée inférieurement en deux ou trois branches; noirâtre à l'extérieur, blanche intérieurement. Le collet est un peu saillant La tige, qui ne parvient guère en Europe qu’à la hauteur de deux pieds,

hors de terre, couvert de fibres droites, sétacées, brunes.

acquiert une élévation double et triple dans son pays natal. Elle est annuelle, légèrement striée, presque nue, munie de quelques rameaux, dont les inférieurs sont alternes et les supérieurs verticillés. — Les feuilles, dont la plupart naissent du collet de la racine, sont grandes, profondément divisées, plusieurs fois ailées, se terminant par des folioles très-étroiles et comme déchiquetées. — Les fleurs forment de vastes ombelles composées de vingt à trente rayons» dont chacun soutient une ombellule hémisphérique, dépourvue de collerette ainsi que lombelle générale. Chaque fleur présente un calice supérieur et entier; cinq pétales ovales, planes et égaux ; cinq étamines plus longues que la corolle, et courbées en dedans; un ovaire inférieur , chargé de deux styles. — Le fruit est ovale-oblong, comprimé , marqué des deux côtés de trois lignes saillantes, et formé de deux graines planes, appliquées l’une contre Pautre.

C’est dans les champs et sur les montagnes de la Perse que lon trouve la férule fétide : elle prospère aux environs de la ville de Hérat, dans le Koraçan, et particulièrement sur les monts voisins du territoire de Disguun, selon le témoignage de Kæmpfer. Les graines auxquelles on doit l'individu décrit par le docteur Hope, et celles examinées par Bergius, provenaient des montagnes de Ghilan, province considérable de Perse, sur le bord de la mer Caspienne.

Toutes les parties de cette plante contiennent des proportrons très-inégales d’un suc extrêmement fétide, et tellement diffusible, qu'il infecte au loin l'atmosphère. Ge suc, disseminé dans la tige, dans les feuilles, et même dans les graines, est en quelque sorte ac-

ASA FOETIDA

cumulé dans la racine : il suffit de la couper successivement par tranches pour le voir distiller, d’abord blanc et fluide comme du lait, prenant bientôt, par le contact de l'air et la chaleur des rayons solaires, une consistance solide et une couleur jaunâtre , rouge pâle, ou bleuâtre. Kæmpfer a exposé fort au long la manière de faire ceite récolte; il a prouvé que lasa fœtida de Herat, quoique molle et onctueuse, ne diffère de celle de Disguun, qui est ferme et sèche, que par l'addition de substances étrangères : celle-ci nous est apportée dans des sacs de feuilles de palmier , celle-là dans des peaux de bouc où de mouton. Nous préférons celle qui est solide, tenace, roussatre, parsemée de larmes blanchätres demi-transparentes, d’une saveur âcre , d’une odeur forte et très-pénétrante.

L’asa fœtida est une vraie gomme-résine : analysée par le professeur Trommsdorf, et plus récemment encore par M. Pelletier, elle a fourni, sur cinquante parties, plus de trente-deux de résine, environ deux d'huile volatile, plus de neuf de gomme, six d’une matière gommeuse insoluble à l’eau de même que la gomme de Bassora , et quelques traces de malate acide de chaux.

L'impression qu’exerce l’asa fœtida sur les organes des divers peuples présente un phénomène bien remarquable, Cette saveur que nous trouvons si repoussante, cette odeur qui nous parait si nauséabonde; eh bien, cette odeur et cette saveur font les délices des Orientaux ; et tandis que nous donnons à l’asa fœtida l’épithète injurieuse de stercus diaboli, les Persans la décorent du titre brillant de régal des dieux : ils la mêlent à leurs alimens, pour en relever le goût et faciliter leur digestion; ils en frottent le bord des vases pour rendre les liqueurs plus odorantes et plus savoureuses. Certains états de l’économie animale rapprochent en quelque sorte les sensations des Européens et celles des Asiatiques. C’est ainsi qu’on voit souvent les hypocondriaques , les hystériques , les chlorotiques, rechercher avidement l’asa fœtida. J’avoue, en mon particulier , que l’odeur alliacée de cette gomme-résine ne me répugne point comme les effluves vireux de l’opium.

Si l’asa fœtida n’est pas rangée parmi nous au nombre des substances alimentaires, elle occupe une place distinguée dans la matière médicale. Bergius a guéri, par son moyen, des fièvres intermittentes qui duraient depuis long-temps, et avaient éludé l’action

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des amers, du quinquina lui-même. Toutefois, le judicieux praticien suédois avertit que l’écorce du Pérou n’en est pas moins le fébrifuge par excellence, et que l’asa fœtida convient seulement dans les cas où la fièvre, en se prolongeant, a dégénéré et perdu son véritable type.

C’est pour combattre les affections prodigieusement variées et singulièrement intéressantes, connues sous le nom de névroses , que les médecins ont principalement recours à l’asa fœtida. L’illustre Boerhaave déclare qu'il ne connaît point d’antispasmodique plus efficace; Whytt en conseille l’usage dans la plupart des maladies nerveuses, dont il a tracé l’histoire avec une rare perfection. Miller a calmé, par lPemploi de l’asa fœtida, les symptômes de l’asthme convulsif et de la coqueluche; Lange prétend avoir éloigné, et même dissipé, par le même moyen, les redoutables accès de l’épilepsie, et Theden avoir allégé les cruelles douleurs de la goutte et de la sciatique.

L’asa fœtida devrait être regardée comme le spécifique de la carie, s’il fallait adopter sans réserve les observations peu concluantes de Block, de Schneider, de Beerenbroek. Une autorité plus imposante est celle du docteur Hufeland, qui dit avoir vu l’asa fœtida unie au mercure guérir promptement des caries et des exostoses siphilitiques, long-temps rebelles au mercure seul. |

À ces louanges exagérées, il convient d’opposer le témoignage du savant thérapeutiste Alibert, qui emploie rarement lasa fœtida , parce que cette substance lui a semblé surcharger à pure perte les voies digestives.

On administre communément l’asa fœtida sous forme pilulaire, à la dose d’un scrupule, trois à quatre fois par jour. On peut encore la dissoudre dans un jaune d'œuf, en faire une teinture alcoolique , l'introduire dans les lavemens : on l’applique aussi, réduite en emplâtre, sur quelques tumeurs , spécialement sur celle de nature scrofuleuse;-et sa grande diffusibilité la place évidemment parmi les agens de la médecine iatraleptique.

Pendant une longue suite d’années l’asa fœtida fut la panacée des maréchaux ; « elle entrait, dit M. Huzard, dans toutes les recettes d’hippiatrique , et aujourd’hui encore, aussitôt qu’un cheval est dégoûté, on se hâte de lui mettre un billot d’asa fœtida. Au bout de quelques jours le dégoût est passé, et l’on ne manque pas de célé-

ASA FOETIDA

brer les heureux effets du remède, employé quelquefois bien gratuitement. »

Les formules dont l’asa fœtida constitue la base, on dont elle est un des principaux ingrédiens, sont la teinture fétide et celle de suie, les pilules gommeuses, les pilules fétides, l’emplâtre fétide ou antihystérique, de la pharmacopée d'Édimbourg ; la teinture hystérique de Fuller; l'élixir utérin de Duriet; la poudre hystérique de Charas; les trochisques de myrrhe; les pilules anthelmintiques de Frédéric Hofmann, de Wolf, et de Rosen.

RUNDT (sean), De assa fœtida, Diss.; in-4°. Gottingæ, 1778.

rRommsDporr (sean-Barthélemi), Chemische Zergliederung des stinkenden Asands, oder sogenannten Teufelsdrecks ; c’est-à-dire, Analyse chimique de l’asa fœtida, vulgairement appelée merde du diable; in-4°. Erford, 1780.

movis (sean), De assa fætida, Diss. inaug.; in-4°. Augustæ Taurinorum , 29 sextil. 1809.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La planre est reduite à la moitie de sa grandeur natu-

relle.) — 1. Racine réduite au tiers de sa grandeur naturelle. — 2. Partie d’une feuille caulinaire, moitié de grandeur naturelle. — 3. Fleur entière de grandeur naturelle, — 4. La même grossie. — 5. Fruit de grosseur naturelle.

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ASARET.

Grec CEE ægaæpoy !.

asaRuM, Bauhin, TivaË , lib. 5, sect. 6; — Tournefort, clas. 15, DOUTE IRAN apétales.

ASARUM EUROPÆUM, foliis reniformibus, obtusis, binis ; Linné, cl. 11,

dodécandrie monogynie ; — Jussieu, clas. 5, ord. 1, aristoloches.

CAD piaehe Crete ASARO.

Espagnol, ....... ASARO.

Français. ........ ASARET; ASARUM; CABARET; RONDELLE; GIRARD - ROUSSIN ; ORFILLE

D'HOMME ; NARD SAUVAGE ; ASARINE, Bodard.

LAS las, PS EURUR, ASARACACCA.

Allemand. ....... HASELKRAUT.

Hollandais. . ..... HAZELKRUID ; MANS OOPEN.

CETTE plante vivace croit dans presque tous les climats; elle se plaît surtout dans les forêts ; Gilibert l’a recueillie dans celles de la Pologne ; nous la retrouvons également dans la chaude Provence et aux environs de Paris. |

La racine est rampante, tuberculeuse, grenouillée, tortueuse, d’une texture très-dense et comme ligneuse, de couleur brune grisâtre au dehors, jaunâtre en dedans : elle jette cà et là de nombreuses fibrilles. — Les tiges, qui conservent toujours leur verdure, sont petites, basses, et même couchées, terminées par une paire de feuilles, dans la dichotomie desquelles naît la fleur. — Les feuilles, portées sur de longs pétioles, sont arrondies dans la plus grande partie de leur contour, et représentent assez exactement la forme d’un rein?, ou celle d’une oreille d'homme. Elles sont un peu coriaces, vertes et lisses en dessus, légèrement velues en dessous. — Les fleurs, soutenues par un pédoncule court, sont petites, solitaires, et d’un pourpre noirâtre. Elles offrent : un calice persistant, épais,

* La plupart des érudits dérivent ce mot de 4 privatif, ago, je pare, j'orne, j'embellis; parce que les anciens ne faisaient point entrer cette plante dans les couronnes et les guirlandes. Je suis loin de garantir la justesse de cette étymologie, bien que je n’en connaisse pas de meilleure.

? Aique asari folia in renis glomerata figuram.

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ASARET.

velu, monophylle, campanulé , divisé en trois découpures pointues, recourbées en dedans à leur sommet; douze étamines, moins longues que le calice, posées circulairement sur lovaire, d'où s'élève un style court, terminé par un stigmate à six divisions ouvertes en étoile. — Le fruit, formé par le calice, est une capsule hexagone, coriace, divisée intérieurement en six loges, qui contiennent de petites graines ovales, attachées au bord central des cloisons.

L’odeur forte, pénétrante, aromatique, qui s'exhale de la racine d’asarum, est analogue à celle du nard celtique’, et plus encore à celle de la valériane : elle est due à une huile éthérée camphrée, que Gœrz a démontrée le premier. La saveur âcre, amère, nauséeuse de la racine se retrouve dans les feuilles.

Une substance qui agit aussi vivement sur nos organes, a dû fixer l'attention des médecins. En effet, nous voyons les plus anciens maîtres de l’art, tels que Dioscorides, Galien, Mésué, célébrer les vertus de lasarum. Loin de s’affaiblir par le temps, cette antique renommée s’est accrue en traversant les siècles , et les plus illustres praticiens de nos jours regardent l'asaret comme un remède infiniment précieux , propre à remplir de nombreuses et importantes indications curatives. Le docteur Gilibert, dont je me plais à invoquer le témoignage, recommande la racine récente. « Dans cet état, ditil, douze grains de la poudre font aussi bien vomir que la même dose d’ipécacuanha, et ne fatiguent pas davantage?. Quinze grains pulvérisés, mêlés à six onces de solution aqueuse de manne, font vomir trois ou quatre fois, et purgent copieusement par le bas. Ces épreuves cent fois répétées ne montrent-elles pas évidemment que le vrai congénère de l’ipécacuanha est la racine d’asaret? Long-temps gardée, elle n’est plus vomitive; après six mois, elle n’est que purgative; au bout de deux ans, elle ne purge presque plus, même donnée à trente grains. Elle acquiert alors la vertu diurétique. Donnée à la faible dose de six grains, elle soulève l'estomac, sans faire vomir. Judicieusement admimistré, soit en poudre, soit infusé dans

1 De là l’origine du nom de zard sauvage.

2 Cette propriété émétique est vraisemblablement la source de la dénomination vulgaire de cabaret, donnée à lasarum, qui, dissipant les effets de la crapule, dispose à boire de nouveau.

ASARET.

l’eau, soit digéré dans le vin blanc , l’asarum peut guérir les maladies les plus rebelles, les fièvres intermittentes invétérées, les obstructions du foie, de la rate, du mésentère; des hydropisies ont cédé à son action : c’est un des plus sûrs remèdes contre les affections cutanées. L'énergie des feuilles et des fleurs est beaucoup moins puissante que celle de la racine. »

M. Coste, qui préfère employer la racine du cabaret desséchée à l'air libre, porte la dose de vingt-quatre à quarante grains ; il donne depuis quatre jusqu'à douze feuilles de cette plante, infusées pendant une nuit sur les cendres chaudes, dans six onces d’eau bien pure : on peut ajouter un petit morceau de cannelle, ou une once de miel ou de sirop de violettes.

Ce n’est pas à l’intérieur senlement que l’asarum est utile. On en prescrit la racine et les feuilles en qualité de sialagogue et de sternutatoire : aussi ces dernières sont-elles un des ingrédiens principaux de la fameuse poudre capitale de Saint-Ange, de la poudre céphalique de la pharmacopée d'Édimbourg , etc. Il convient cependant d'observer que les errhines sont généralement des moyens empiriques, infidèles, et sur l’usage desquels il faut être extrêmement réservé.

Les vétérinaires regardent l’asaret comme un bon cathartique, propre à guérir le farcin, à chasser les vers, et à combattre diverses autres maladies. Dambourney, dont tout le monde connaît les importantes recherches sur la propriété tinctoriale des végétaux indigènes, a retiré de lasaret une couleur vert-pomme, qui, par une ébullition prolongée, devient brun clair, et se communique facilement aux étoffes de laine préparées avec le bismuth, à titre de mordant.

sCBEFFLER (sean-christophe), De asaro, Diss. inaug, præs. Joan. Jac. Baier ; in-4°. Altdorfii, 1721.

scaurzr (sean-menri), De asaro , Diss. inaug. resp. Heinz ; in-4°. Hale, 1739.

ASARET.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle.) — x. Fleur entière de grandeur naturelle, vue de face, afin de faire voir les six parties du stigmate disposées en étoile, et autour duquel on distingue le sommet des douze étamines. — 2. Pistil et étamines, — 3. Étamine isolée, anthère attachée vers les deux tiers du filet, — 4. Fruit mür de grosseur naturelle, couronné par les trois divisions du calice. — — 5. Le même coupé horizontalement pour faire voir qu’il se divise en six loges. — 6. Graine de grosseur naturelle, — 7. La même grossie,

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ASCIÉPIADE .

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ASCLÉPIADE

Grece ACER ŒTHANTICC ; VIRUTOZ IH OV

HIRUNDINARIA; VUlo.

ASCLEPIAS ALBO FLORE; Bauhin, TwaË, lib. 8, sect. 2 ; — Tournefort, clas. 1, campaniformes.

DA NME. TN ASCLEPIAS VINCETOXICUM , foliis ovatis, basi barbatis, caule erecto,

umbellis proliferis ; Linné, clas. 5, pentandrie digynie ; — Jussieu, clas. &, ord. 14, apocinces.

l'olien.\ eme, ASCLEPIADE ;. VINCETOSSICO.

Espanol 2". ASCLEPIAS ; VENCETOSIGO.

Free Qis USE ASCLÉPIADE; DOMPTE-VENIN ; ASCLÉPIADE BLANCHE , Lamarck.

ANSTAISS 1e AE SWALLOW-WORT,

Allemand... .:.... SCHWALBENKRAUT.

Hollandais... ..... ZWALLUW-KRUID ; TEGENGIFT-WORTEL.

CETTE plante vivace, plus remarquable par son mode de floraison, que par les prétendues propriétés alexipharmaques auxquelles elle doit son nom, est très-commune en Europe, dans les bois, sur les côtes pierreuses, les terrains incultes; on la trouve abondamment au bois de Boulogne, près Paris.

La racine, longue d'environ deux pouces , subcylindrique, rampe obliquement sous le sol, à une légère profondeur : sa surface extérieure, grisâtre, rugueuse, marquée de cicatrices calleuses, ou d’espèces de verrues, jette çà et là une grande quantité de ramuscules filiformes, très-longs et blanchätres. — Les tiges droites, faibles, cylindriques, simples , très-flexibles, ne s'élèvent guère qu’à la hauteur de deux pieds. — Les feuilles sont opposées, portées sur de courts pétioles pubescens , vertes et lisses en dessus, très-finement ciliées sur leurs bords, ovales-pointues, un peu en cœur à leur base. — Les fleurs s’épanouissent au mois de mai : elles sont blanches, disposées par petits bouquets pédonculés, qui sortent de l’aisselle des feuilles, principalement des supérieures. Chacune d'elles présente : un calice petit, persistant, divisé en cinq découpures étroites et pointues; une corolle monopétale , en roue, un peu campanulée, divisée très-profondément en cinq parties ovales, légèrement obli-

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ASCLÉPIADE

ques; cinq étamines, réunies par leurs filamens en un tube pentagone, insérées à la base de la corolle, et alternes avec ses divisions; cinq petites écailles placées autour du tube staminal, qui ne sont que des appendices des étamines , et au centre desquelles paraissent les cinq anthères; cinq corpuscules noirs , luisans , cornés, marqués d’un sillon longitudinal, situés un peu plus haut que les anthères, et alternes avec elles ; deux ovaires supérieurs, libres, oblongs, surmontés l’un et l’autre d’un style court, que termine un stigmate commun, charnu, cylindroïque, couronné par les anthères, au moyen des écailles * dont chacune d'elles est munie à son sommet?. — Le fruit est composé de deux follicules oblongs, ventrus, acuminés, uniloculaires, s’ouvrant d’un seul côté par une fente longitudinale, renfermant des graines nombreuses imbriquées autour d'un placenta libre, et couronnées d’une aigrette de poils fins et soyeux.

Comme presque toutes les apocinées, l’asclépiade est une plante suspecte, négligée par les bestiaux, à l'exception des chèvres, qui broutent l'extrémité de ses tiges. Les chevaux ne la mangent qu’à défaut d’autre nourriture, et seulement lorsqu’atteinte par la geliée elle a perdu la plus grande partie de son äcreté. La racine récente exhale une odeur nauséabonde, analogue à celle de l’asaret, ou de la valériane sauvage. Cette odeur, loin d'augmenter , ainsi que le prétend Bergius , s’affaiblit et se dissipe par la dessiccation. La saveur, d'abord douceâtre, ne tarde pas à devenir âcre et amère.

Des qualités physiques aussi prononcées devaient en quelque sorte donner l'éveil aux médecins. En effet, le nom de l’asclépiade semblerait indiquer son antique et brillante renommée, soit que cette plante ait été employée par le célèbre Asclépiade, qui vivait à Rome il y a près de deux mille ans, soit qu’elle ait été consacrée à Escu-

.* Les cinq écailles qui recouvrent le sommet du stigmate commun sont ce que l’on appelle, dans les anthères des fleurs composées, les appendices terminaux : comme eux, elles sont le prolongement du connectif, et, comme eux, elles servent à abriter le stigmate. (T.)

2 M. Turpin, auquel je dois l’exactitude de cette description, s’occupe d’un iravail important, qui répandra une vive lumière sur la structure que présentent les fleurs apocinées, et notamment celles des asclépiades. Ce savant botaniste prouvera que la nature a suivi pour cette famille, en apparence si bizarre et si compliquée, ie même plan que pour les familles les plus simples, et qu’il est facile de déchirer le voile dont elle a, pour ainsi diré , masqué ses opérations.

ASCLÉPIADE

lape (AoxAyr10ç): mais il est bien certain que l’acxayrius des Grecs, et de Dioscorides en particulier, n’est point notre viacetoxicum. A faut donc invoquer des témoignages, qui, pour être plus modernes, n'en seront pas moins respectables. Stahl , Duerr , Bergius , et beaucoup d’autres praticiens ont confirmé la propriété hydragogue de l’asclépiade blanche : elle ne justifie pas également le titre de domptevenin , dont elle a été décorée fort indiscrètement , quoi qu’en disent Julien le Paulmier et Mathias Unzer. « Quelques auteurs, dit Gilibert, condamnent l’usage de cette racine; cependant la décoctiou, que nous avons souvent ordonnée à haute dose, n’a jamais causé le moindre accident : nous l’avons trouvée utile dans les dartres , les anasarques, les écrouelles, la chlorose, et la suppression des règles; elle augmente sensiblement le cours des urines; extérieurement elle déterge les ulcères, et arrête les progrès du virus scrofuleux. »

Les habitans du pays de Liège prennent communément, à titre de vomitif doux, trente à quarante grains de feuilles d’asclépiade blanche, infusés dans un verre d’eau £.

Si l'essence alexipharmaque et la poudre de scille composée, de Stahl, possèdent quelque vertu, elles en doivent une partie à la racine du dompte-venin, qui est un des principaux ingrédiens.

Les avantages qu'offre cette plante à l’économie rurale et domestique ont été signalés par Sonnini, dont je craindrais d’affablir les expressions en les modifiant. « Une culture aussi facile qu’elle serait peu embarrassante, servirait à fertiliser des terrains ingrats, et à procurer des profits certains. Le duvet soyeux attaché en aigrettes aux graines de l’asclépiade blanche est propre à remplir les coussins et les matelas, ainsi qu’à ouater, et ses tiges, préparées comme celles du chanvre et du lin, donnent une filasse aussi bonne. Il existe peu de végétaux moins délicats; les terres pierreuses et arides, les expositions les moins favorables lui conviennent. »

Plusieurs autres espèces ont été beaucoup plus vantées encore pour la quantité, la finesse, l’élasticité, le moelleux et l'éclat du coton soyeux qu’elles fournissent : telles sont principalement laselépiade frutiqueuse, et celle de Syrie, qui porte par excellence le nom

* Coste et Willemet, Mar, méd. indigène, page 25; 179%.

ASCLEPIADE.

de oualier, où apocin à la ouate’. Ces précieux succédanés du coton et de la soie, vantés, sans doute, avec exagération, sont tombés tout à coup dans un discrédit complet, dans un oubli profond, et peut-être injuste ?.

L'asclépiade pectorale, ou expectorante, asclepias asthmatica, est regardée comme spécifique, à l'Ile-de-France, où elle est appelée pécacuanha blanc.

wozr (&eorges-christophe ), De vincetoxico , Diss. inaug. præs. Joan. Adophe Wedel ; in-4°. Tenæ , 1720.

FRtESE (rrédéric-cotthilf), OÆkonomisch-technologische Abhandlung ueber die syrische Seidenpflanze und den weissein Maulbeerbaum ; c’est-à-dire, Traité économico-technologique sur l’asclépiade de Syrie, et le mürier blanc; in-18°. Breslau, 1795.

GAPECE-LATRO (soSeph), Mémoire sur l’apocin (asclepias fruticosa, L.); trad. de l’italien ; in-#4°. Paris, 1805.

Le traducteur de cette troisième édition ne m’ayant pas autorisé à le nommer, je respecterai sa modestie.

sonnint (charles-sigisbert), Traité des asclépiades, particulièrement de l’aselépiade de Syrie, précédé de quelques observations sur la culture du coton en France ; in-8° fig. color. Paris,

Cet ouvrage réunit tous les genres de mérite dont une bonne monographie est susceptible.

saCQUIN (wicolas-soseph), Genitalia asclepiadearum controversa ; in-8°. fig. Vindobonæ, 1811.

! Les cinq appendices des étamines, qui ne sont dans le dompte-venin que cinq petites écailles en forme de cuilleron, se montrent ici sous la figure d’amples cornets, tronqués obliquement, fendus tout du long du côté intérieur, et du milieu desquels s'élèvent d’autres petites cornes cylindriques, pointues , et recourbées vers le centre de la fleur. (ss)

? On trouvera des détails pleins d'intérêt sur cet objet à l’article ArociN du Dictionnaire d’agriculture de l’Encyclopédie méthodique, au mot ascLÉéPrADE du Dictionnaire des Sciences naturelles , etc:

EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La plante est de grandeur naturelle.) — x. Fleur entière vue de face, grossie. — 2. Calice et pistils. — 3. Fruits ou follicules de grandeur naturelle dont une a été fendue longitudinalement du côté opposé à la suture, afin de faire voirla manière dont les graines se recouvrent. — 4. Graine isolée, pourvue de son aigrette, — 5. Racine.

ASPIRGIE,

ASPERG E.

GTECR EN TEEEEEe æTTapeæy06.

ASPARAGUS SATIVA ; Bauhin, IlsvxË, lib. 12, sect. 5; — Tournefort, clas. 6, rosacées.

Latin MANOIR ASPARAGUS OFFICINALIS, caule herbaceo, tereti, erecto, foliis setaceis, stipulis paribus ; Linné, clas. 6 , hexandrie monogynie ; — Jussieu , clas. 3, ord. 2, asperges.

Italien ANNEE ON SPARAGIO ; ASPARAGO ; SPAGHERO.

Espagnol... . …... ESPARRAGO ; ESPARRAGUERA.

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