ACHE
Elle est une des cinq racines apéritives majeures, dont les anciens se servaient pour combattre les obstructions viscérales et stimuler les organes urinaires : Hippocrate lui avait déjà reconnu cette propriété.
Les feuilles d’ache ne sont pas rejetées par tous les animaux : les chèvres, les moutons, et quelquefois les vaches s’en nourrissent ; mais les chevaux n'y touchent pas. Les habitans peu fortunés de certains endroits de l'Allemagne en mettent dans les potages pour en rehausser la saveur. Pilées et appliquées sur les contusions, elles agissent comme résolutives; aussi les emploie-t-on avec succès pour diminuer ou dissiper le lait qui gonfle ou engorge les mamelles. Tournefort conseille de prendre six onces de suc des feuilles d’ache, au début du frisson des fièvres intermittentes, qui souvent, à l’aide de ce remède simple et économique, disparaissent sans retour. Bauhin recommande le même suc pour déterger et améliorer les ulcères scorbutiques, cacoèthes, carcinomateux. La graine, qui fournit une huile aromatique, est une des quatre semences chaudes mineures, dont la thérapeutique moderne ne fait presque plus aucun usage. Elle s’est également affranchie de la plupart des préparations polypharmaques , dans lesquelles entre lache : telles que l'orviétan , l'électuaire de psyllium, le phylonium romanum, les pilules dorées, la poudre lithontriptique de Renou, la bénédicte laxative, l’emplâtre de bétoine, l’onguent mondificatif d’ache, etc.
Rien ne prouve mieux la puissante et utile influence de la culture, que la conversion de l’ache en céleri. On voit avec surprise un végétal qui, dans son état sauvage, affecte désagréablement l'odorat et le goût, perdre dans nos jardins toutes ses qualités délétères, acquérir une saveur excellente, et devenir une des plus précieuses plantes potagères.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La figure est réduite à la moitié de sa grandeur na- turelle.) — x. Racine. 2. Fleur très-grossie. — 3. Fruit grossi.
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Zamberl Seul
ACONIT NAPEL.
(EC. 01 04e © ee L: ro 1 æxovsToy, Théophraste, Dioscorides ? NATELLUS; NAPELLUS VERUS ; Vulg.
ACONITUM CÆRULEUM seu NAPELLUS; Baubin, Isa, Lib. 5 , sect, 4. DCE PES CRT Tournefort, clas. 11, anomales.
ACONITUM NAPELLUS; foliorum laciniis linearibus superne latioribus , linea exaratis ; Linné, clas. 13, polyandrie trigynie. Jussieu, elas. 13, ord. r, renonculacées.
Ttatienss "NIET NAPELLO.
Espagnols MENT: NAPELO; MATALOBOS DE FLOR AZUL. FTARCARS ET... NAPEI.; ACONIT NAPEL; ACONIT BLEU ; COQUETUCHON ; GAPUCHON DE
MOINE ; MADRIETTE.
Anais eat tes on LARGE BLUE MONKSIIOOD ; LARGE BLUE WOLFSBANE.
Allemand... ...... BLAUES ElSENHUETHLEIN; BLAUE MOENCHSKAPPE; BLAUER STURMHUT ; BLAUE WOLFSWURZ.
Hollandais... ..... BLAAUWE MONNIKSKAP ; BLAAUWE WOLFSWORTEI.,
L'Histoire de l’aconit présente de nombreux problèmes, d'autant plus difficiles à résoudre, que cette plante affecte dans sa forme une variabilité singulière. On a fait jusqu'ici d’inutiles efforts pour déterminer , avec précision, les espèces mentionnées par les anciens ; on n’est pas même d'accord sur celles dont notre contemporain Stæœrck a célébré si fastueusement les vertus. On cherche vainement une étymologie satisfaisante du mot æxoyroy parmi celles qui ont été proposées , el la moins ridicule est encore celle qu’admet Ovide: :
Quæ, quia nascuntur dura vivacia cote, Agrestes aconita vocant.
Ce n’est point ici le lieu d'approfondir ces diverses questions; mais il importe de tracer une description exacte de l’aconit napel.
Cette plante vivace croit dans la plupart des pays montueux : la Suisse et l'Allemagne sont les contrées de l'Europe qu’elle semble préférer; on la renconire aussi dans les lieux couverts et humides des montagnes de la Provence.
Sa racine, noire en dehors, blanchätre en dedans, ressemble, pour la forme et le volume, à un petit navet qui serait garni de ra-
? De axovn, caillou, rocher.
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ACONIT NAPEL.
muscules : il est probable que le napel doit sa dénomination à cette ressemblance. — Sa tige, qui s'élève jusqu’à la hauteur d'environ trois pieds, est droite, lisse et ferme. — Ses feuilles sont palmées, arrondies ou à cinq angles; multifides , à découpures profondes, étroites, linéaires , sillonnées à leur face supérieure d’une cannelure courante : elles sont glabres, luisantes, d’un vert foncé, et celles de la moitié supérieure de la tige sont portées par des pétioles plus courts qu’elles. Les fleurs, qui s’épanouissent communément au mois de mai ou de juin, forment un épi assez dense au sommet de la tige; elles sont de couleur bleue ou violet foncé , grandes, solitaires sur leur pédoncule, composées de cinq pétales inégaux , dont le supérieur représente un casque très-obtus, en manière de capuchon. — Le fruit consiste en trois, quatre ou cinq capsules ovales, lisses , renfermant chacune plusieurs graines menues, noires, anguleuses et chagrinées.
Les poètes ont fait naître l’aconit de l’écume de l’affreux Cerbère, et ont prétendu qu’il était le principal ingrédient des poisons formidables que préparait Médée !. Quelques historiens ont mis cette plante au nombre de celles dont se servaient les anciens, pour empoisonner leurs flèches, lorsqu'ils allaient à la guerre, et l’on assure que certaines hordes de sauvages emploient encore aujourd’hui le même moyen.
Éclairons-nous maintenant du flambeau de l'expérience, pour déterminer les véritables propriétés du napel. Cette plante, qu’on a limprudence de cultiver dans les jardins, est d'autant plus dangereuse, que ses effets délétères sont cachés sous un voile trompeur. Elle attire les regards par la beauté de ses fleurs inodores. La racine , qui exhale une très-lésère odeur vireuse, simule d’abord la douceur du navet, comme elle en imite la forme. Mais à cette douceur fallacieuse succède bientôt l’engourdissement, puis l’ardeur de la langue, des lèvres, des gencives, du MAÉ suivis d’une espèce d’horripilation. Ces accidens s’aggravent de plus en plus, à mesure qu’on augmente la dose du napel, et s’accompagnent de vomissemens, de vertiges, de syncope, et d’autres symptômes effrayans, qui se terminent par la mort, comme on l’a observé sur plusieurs
* Hujus in exitium miscet Medea quod olim Attulerat secum scythicis acôniton ab oris.
( Ovive, }
ACONIT NAPEL.
criminels soumis à cette épreuve, par l’ordre du pape Clément vir, et sur divers animaux. |
Il importe de remarquer que la dessiccation diminue considérablement les qualités nuisibles dont toutes les parties du napel sont imprégnées.
L’archiâtre Stærck, qui s’occupait sans relâche à transporter les plantes vénéneuses dans le domaine de la thérapeutique, a beaucoup exalté les propriétés médicinales du napel (Zibellus de stramonto, hyoscyamo et aconito). I regarde le suc épaissi de, ses feuilles comme un excellent moyen de résoudre les tumeurs, les engorgemens lymphatiques ; il prétend lavoir administré avec un succès presque constant, à la dose de deux à six grains et uni au sucre, dans la syphilis, la gale, l’arthrocace, l’amaurose, l’ankylose , le rhumatisme, la goutte, les fièvres intermittentes. Les tentatives des médecins français ont rarement confirmé les assertions du docteur autrichien et de ses proneurs.
Parmi les autres espèces d’aconit , qui toutes offrent des analogies frappantes avec le napel, il suffira d'indiquer les principales :
1°, L’aconit pourpre, violet , ou à grandes fleurs, aconttum cammarum , L., qui, selon Haller, est celui que Stæœrck a tant préconisé.
29, Le tue-loup, aconitum lycoctonum , L., que les chèvres broutent sans inconvénient, tandis qu'il est si funeste pour l’homme et pour la famille des chiens.
3°. L’anthore , antithora, ou aconit salutifère , aconitum anthora, L., non moins actif, non moins vénéneux que les autres aconits , dont il a été faussement regardé comme l’antidote.
anprezæ (sean-rrédéric), De usu salutari extracti aconiti in arthritide observationibus comprobato, Dissert. inaug. præside Philippo Adolpho Bæhmer ; m-4°; Hale, 1768.
REINHOLE (samuel-abraham), De aconito napello, Dissert.in-4°. Argentorati, 1769.— Insérée dans le second volume du Sylloge de Baldinger.
KosLLE (sean-Louis-chrétien), Spicilegium observationum de aconito ; in-80, fig.; Erlange ,
EXPLICATION DE LA PLANCHE. — r. Étamines , et les deux corps qui tiennent lieu de corolle. — 2. Ovaires. — 3. Capsules, — 4. Graine.
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