‹ Flore médicaleChapitre 20 sur 82 · HAE · texte numérisé non relu

HAE

CXXVIT.

COLCHIQUE. 2 0. xonysmov , Dioscorides; s@uuepov, Théophraste. COLGHICUM COMMUNE; Bauhin, IsvæË, lib. 2, sect. 3 ; — Tournefort, En clas. 9, liliacées.

COLCHICUM AUTUMNALE, foliis planis, lanceolotis, erectis ; Linné clas. 6, hexandrie trigynie ; — Jussieu , clas. 8, ord. 3, Joncs.

F 7" MAR" TER COLCHICO; GIGLIO MATTO ; STROZZA-CANE. Espagnol... ...... CoLCHICo; QUITAMERTENDAS.

Français... .+ >. COLCHIQUE ; TUE-CHIEN.

0 MEADOW-SAFFRON; TUBEROOT,

Allemand. ........ ZEITLOSE; LICHTBLUME.

Hollandais... ..... TYDELOOSEN ; NAAKTE-VROUWEN. RS NACNA JUNGFRUR.

Polonais... ...... cimowir; Erndtel.

Vers la fin des beaux jours d'été, brille au loin dans nos prairies humides une fleur voisine de la famille des lis, assez semblable au safran. Avant-courrière de l’automne, son apparition attriste plus qu'elle ne réjouit. Avec quel plaisir nous la verrions se montrer si elle fleurissait au printemps; mais les idées accessoires qu’elle fait naître flétrissent son éclat. L’époaue de sa floraison nous offre de plus un phénomène remarquable. Ses fleurs sorties immédiatement du collet de laracine, munies à leur base d’une spathe cylindrique fendue d’un côté, et presque entièrement enfoncée en terre; ses fleurs, dis-je, paraissent seules sans feuilles et sans tiges à l’approche de l'automne. L’ovaire placé au fond du tube de la corolle est toujours profondément enterré : fécondé par les étamines, il reste en cet état pendant tout l'hiver sous la neige et la glace presque sans végétation : au printemps suivant, les fruits sortent de terre avec une touffe de grandes et longues feuilles.

Les racines sont composées d’un grand nombre de fibres touffues , entrelacées , placées sous une bulbe arrondie, charnue, blanchätre en dedans, enveloppée de quelques tuniques brunes. — Les feuilles ,»sorties immédiatement de la racine, sont grandes, planes, d'un assez beau vert, très-glabres, lancéolées, aiguës, très-entières, longues. de six à dix pouces et plus, larges au moins d’un pouce, en-

34° Livraison, né

ë é- COLCHIQUE. -

gainées à leur base, et réunies trois ou quatre ensemble. — Les fleurs.

d'un rouge pâle sont composées d’un long tube cylindrique sortant de la bulbe, terminé par un limbe campanulé , à six divisions profondes, lancéolées , obtuses , longues au moins d’un pouce et demi.

Six filamens attachés à l’orifice du tube soutiennent des anthères al-

longées et vacillantes, l'ovaire est situé au fond du tube, sur la bulbe des racines ; il s’en élève trois longs styles filiformes , terminés par autant de stigmates crochus. — Le fruit sessile consiste en une capsule à trois loges, à trois lobes droits, un peu aigus, réunis à leur partie inférieure, s’ouvrant longitudinalement à leur face interne, renfermant un grand nombre de semences petites, arrondies.

Les propriétés physiques du colchique varient considérablement selon l’âge de la plante, les différentes saisons de l’année, le pays où on la cultive, et peut-être aussi selon son état de fraicheur ou de

siccité. En été, toutes les parties de cette plante, la bulbe surtout , !

exhalent une odeur forte et nauséabonde. Sa saveur fade et insipide selon Bergius et Haller, douceâtre au rapport de Geoffroy, chaude et irritante d’après la plupart des auteurs de matière médicale, est tellement âcre , suivant Stoerck, qu'elle détermine une forte sensation de brülure sur le palais, dans la gorge et sur la langue, dont'elle semble engourdir et paralyser les mouvemens. La chimie ne nous à point encore éclairés suffisamment sur les principes constituansde la bulbe de colchique ; toutefois les émanations volatiles qui s’en échappent lorsqu'on la coupe, affectent vivement l’odorat, la gorge et les poumons : elles sont douées d’une telle âcreté qu’elles stupéfient souvent les doigts des manipulateurs. Son suc exprimé dépose un sédiment copieux qui contient beaucoup de fécule amilacée. On en retire en outre un extrait résineux et un extrait aqueux très-âcre et très-amer.

Les bestiaux ne touchent point aux feuilles de colchique qu'ils rencontrent dans les prairies. Desséchées et mêlées au foin, elles ont déterminé de graves accidens chez différens herbivores qui en avaient accidentellement avalé. Ainsi Murray a vu de violentes douleurs d’entrailles et un abondant flux de sang se manifester chez des"cerfs et des daims domestiques, dans le fourrage desquels il se trouvait de ces feuilles desséchées; et, après la mort, l'estomac et les intestins de ces animaux ont offert de profondes traces d’inflammation ét de gangrène. Les fleurs de colchique ne sont pas moins vénéneuses que

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