‹ Flore médicaleChapitre 21 sur 82 · COLCHIQUE · texte numérisé non relu

COLCHIQUE

les feuilles; au rapport de Scopoli , elles ont donné la mort à un veau, qui a succombé à une violente inflammation de l'intestin avec météorisme, deux jours après en avoir mangé. Murray rapporte que deux drachmes de Ja racine de la même plante, données avec de la viande à un chien affamé, ont produit de violens vomissemens, un abondant flux d'urine, des déjections sanglantes et douloureuses et une mort cruelle, à la suite de laquelle l’estomac et les intestins ont paru enflzmmés et gangrénés. Les qualités vénéneuses du colchique n'ont pas été inconnues aux anciens. Galien et Dioscorides le regardaient comme un poison violent. Ludovici a vu un paysan mourir d’une violente superpurgation après en avoir ingéré. Les Turcs se procurent une ivresse extatique et une sorte de stupidité, par l’usage de la macération vineuse de cette plante. Van Swiéten, Garidel , Peyer et autres ont observé divers cas d’empoisonnement produits par son usage. Stacret , après avoir avalé une petite quantité du suc de la bulbe de colchique, a éprouvé lui-même des angoisses, des lipothymies, de vives douleurs, et autres symptomes alarmans qui lui firent craindre pour sa vie ; il fit usage du vinaigre dans cette conjoncture , et s’en trouva bien. Depuis on a confirmé les avantages de ce liquide dans cette espèce d’empoisonnement. Toutefois , lorsque le colchique a été ingéré depuis peu, le vomissement ést le moyen le plus efficace auquel on puisse avoir recours pour prévenir ou faire cesser les accidens qui en sont la suite. Les liquides mucilagineux en boisson et en lavement, ainsi que les boissons acidules, sont ensuite très-avantageux.

La bulbe de colchique, la seule partie de cette plante dont on fasse usage en médecine, a joui d’une grande vogue comme amulette; on a bien eu la folie de croire qu'il suffisait de la porter suspendue au cou pour se préserver de la peste, des fièvres putrides, de la dysenterie et des épidémies, les plus dangereuses. De graves et crédules auteurs , tels que Vittelmus, Wedelius, Azenert, etc., n’ont pas craint d’exciter la risée des hommes éclairés , en lui attribuant sérieusement une puissante vertu prophylactique contre toutes sortes d’épidémies. À l'extérieur, plusieurs auteurs ont employé avec succès la bulbe de colchique contre les verrues. J. Bauhin la recommande comme topique pour guérir radicalement les hémorrhoïdes, et indique sa décoction comme propre à détruire les morpions (pediculi ingyinales),.

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