‹ Flore médicaleChapitre 23 sur 82 · CXX VILL · texte numérisé non relu

CXX VILL

COLOQUINTE

Cl. LEE HOAUXUVII ; HOAOKUVTE AI VOS ; HONOMUVŸE LEE AI PIN , CIRUR TIXPA. COLOGYNTBIS FRUCTU ROTUNDO MAJOR ; Bauhin, TluvaË}, lib. 8, sect. 4 ; De — Tournefort, clas. 1, campaniformes.

CUCUMIS COLOCYNTHIS , foliis multifidis, pomis 2lobosis, 2labris ; Linné, clas. 21, monœcie syngénésie ; — Jussieu, clas. 5, cucurbitacées.

2 COLOQUINTIDA,

Espagnol. ....... COLOQUINTIDA ; TUERA OFFICINAL, Ortega.

Francaiss.... .)... COLOQUINTE ; CONCOMBRE AMER.

Anglais. . ... .. + + «+ COLOQUINTIDA ; BITTER APPLE,

Allemand. ....... KOLOQUINTE.

Hollandais. . ..... KOLOQUINT ; WILDE KAUWOERDE ; KWINT-APPEL ; BITTER APPEL, 2 COLOQUINT.

CETTE plante originaire du Levant et des îles de la Grèce avait éte observée par les anciens botanistes. La description que Dioscorides en a donnée, quoique très-courte, ne peut s appliquer à aucune autre plante de la famille des cucurbitacées. L’extrême amertume de ses fruits , leur action sur l’économie animale seraient seules suffisantes pour la faire distinguer des autres espèces de concombres , dont elle offre le caractère générique , exposé à l’article concombre, et que par cette raison je ne répéterai point 1ci.

Ses racines sont épaisses, blanchâtres , à peine rameuses , garnies de nombreuses fibres ; ses tiges rampantes, tortueuses, ramifiées, anguleuses, hérissées de poils courts, munies de vrilles. — Ses feuilles alternes, pétiolées , ovales en cœur , quelquefois lancéolées, profondément divisées en lobes irréguliers obtus, vertes en dessus, blanchâtres et parsemées de poils courts à leur face inférieure. — Ses fleurs sont petites, jaunâtres, solitaires, pédonculées, situées dans les aisselles des feuilles, les unes mâles, pourvues de trois étamines ; les autres femelles , renfermant un ovaire surmonté d’un style court et de trois stigmates fourchus. — Les fruits sont presque globuleux, un peu variables, ordinairement de la grosseur d’une forte pomme, d’abord verts, puis jaunâtres à mesure qu’ils mûrissent , ou panachés de jaune et de vert très-glabres , revêtus d’une écorce mince,

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légère, dure et coriace, renfermant une pulpe blanche, spongieuse , d’une très-grande amertume, et dont le milieu est occupé par, des semences nombreuses , ovales, comprimées, sans rebords. Après avoir séparé la pulpe de coloquinte de son écorce, les In-

diens l’envoient à Alep, d’où nous la recevons sèche, spongieuse , légère , d'une faible odeur nauséabonde et d'une saveur âcre, désagréa-

ble et excessivement amère. Cette pulpe, selon Cartheuser, contient presque la moitié de son poids de mucilage et une matière résineuse qui réunit au suprême degré les qualités irritantes et purgatives de la coloquinte.

Les Grecs et les Romains ont connu les propriétés éminemment .

drastiques de cette plante’. Dioscorides annonce qu’en lavement elle produit des déjections sanglantes. Plusieurs auteurs modernes ont constaté la violence de son action sur l’économie animale ; d’autres ont observé divers cas d’empoisonnement auxquels son usage a donné lieu. De violentes coliques, des évacuations sanglantes, douloureuses et colliquatives, des convulsions, l’érosion et altération des intestins sont les phénomènes qu'elle produit ordinairement. À cause des accidens graves qui suivent son administration, Cartheuser, qui la regarde du reste comme un médicament utile dans les maladies pituiteuses , pense qu'elle devrait être exclue de la matière médicale. Hofmann voulait qu'on ne l’employät que dans les maladies les plus rebelles et dans les cas désespérés. Toutefois les médecins anciens et modernes ne tarissent pas sur les éloges qu’ils prodiguent à la coloquinte, comme purgative, vermifuge, emménagogue, révulsive, etc. Elle a été préconisée dans le traitement de lapoplexie séreuse , de la léthargie, des hydropisies, des maladies chroniques de la peau; on lui a attribué des succès contre la manie , la mélancolie, la paralysie, la colique des peintres, l'asthme humoral, la suppression des règles, et contre les vers. Divers praticiens en ont fait usage dans la goutte, les rhumatismes et les malades des articulations, dans la sciatique , les douleurs occasionées par le mercure et contre les obstructions des viscères. Mais de toutes les maladies dans lesquelles

1 On voit généralement dans cette propriéié l’origine du mot colocynthis ; de xokoy xivetv, exciter, remuer, ébranler l'intestin. Adoptée par Littleton, par. Bœhmer, par Théis, cette étymologie n'en est pas moins hypothétique , et même inadmissible ; l'orthographe seule en démontre l’illégitimité.

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on en a fait usage, la syphilis, s’il faut en croire Schræder et Fabre, serait celle dans le traitement de laquelle fa coloquinte aurait eu le plus de succès. Ce dernier en faisait digérer la pulpe dans le vin avec divers aromates , et administrait dix à douze gouttes de cette liqueur plusieurs fois par jour. Au rapport de Geoffroy, la pulpe de coloquinte appliquée sur lombilic agit à la fois comme purgatif et comme anthelmintique. On a même remarqué qu’elle purge avec violence ceux qui la tiennent long-temps dans les mains ou qui la pilent dans les pharmacies.

Dioscorides employait la coloquinte jusqu’à deux scrupules ; Sennert ne permet pas d'en administrer plus de seize grains. A raison de son extrême violence, on l’emploie rarement à une aussi forte dose, et presque toujours on mitige son action en l’associant à la gomme adragant. C'est dans cet état que la présentent les trochisques d’Aïhandal qu'on administre de trois à six grains comme fondans. En imfusion, sa dose est d’un scrupule à un gros pour deux livres de liquide; mais l'extrême amertume de cette préparation fait qu’on y a rarement recours. À la dose de deux à quatre grains, son extrait résineux est un des plus violens purgatifs que l’on connaisse. Le vin sacré, qui nest qu'une macération vineuse de coloquinte, fait souvent vomir à la dose d’une à quatre cuillerées. La pulpe de ce fruit amer entre dans la composition des pilules cochées de Rhasis, cachectiques de Charas, ex duobus de la pharmacopée de Londres. Ellle fait partie des extraits cathartique et panchimagogue , de la confechon hamech, de l’'onguent arthanita , et d’une foule de préparations pharmaceutiques monstrueuses dont la saine thérapeutique a fait justice.

varer:0 (sérôme), De colocynthidis præparatione et trochiscis Alhandal, corumque usu,

in-8°, Cæsar-Augustæ , 1661. ænoMasseau (30seph), 4x demorsis a cane rabido colocynthis ? negat. Thes. inaug. præs.

Marc.- Ant. Hellot, in-4°. Parisiüs, 1676.

scaur.ZE (sean-xenri), De colocynthide, Diss.; in-4°. Hal PE Ve

Top (sean-clément}, Drasticorum in genere atque colocynthidis in specie vindictas sistens , Diss. inaug. resp. Jeni Kofoed; in-4°. Hafniæ, 1 septembr. 1790.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est de grandeur naturelle.) — 1. Fruit entier, un peu plus petit que nature, — 2, Le même coupé horizontalement. — 3. Graine

isolée.

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