CROIX
CONCOMBRE
ÉLIRE. . BAL œuxucs nuepoc; Dioscorides.
CUCUMIS SATIVUS VULGARIS; Bauhin, IlsvaË , lib. 8 , sect. 4; — Tournefort, clas. 1 , campaniformes.
Latin... ......... cucumis sariVus, foliorum angulis rectis, pomis oblongis, scabris ; Linné, clas. 21, monœcie syngénésie; — Jussieu, clas. 15, ord. 2, cucurbitacées.
RE CETRIOLO ; CETRIUOLO ; CEDRIUOLO.
Espagnol. ...!.,. PEPINO.
MR... - CONCOMBRE
... CUCUMBER.
Allemand. ....... GURKE.
Hollandais... ..... roMKoMMmER.
LL ILIL TT TT Res GURCA.
ns 5: OGOREE.
Le concombre se distingue du melon par la forme de ses fruits ; il appartient au même genre par le caractère’ de ses fleurs , les unes mâles , les autres femelles, mais réunies sur le même individu. Les premières offrent un calice campanulé, dont le limbe se divise en cinq découpures étroites, en alène : une corolle en cloche, adhérente au calice, à cinq découpures ovales et ridées ; trois étamines courtes, dont deux soudées ensemble par les filamens, et toutes réunies par les anthères : les fleurs femelles, semblables aux fleurs mâles, en diffèrent par les trois étamines avortées ; elles renferment de plus un ovaire assez gros, inférieur , surmonté d'un style court et de trois stigmates épais et fourchus. Le fruit est une sorte de baie où pomme à trois loges; chaque loge souvent divisée en deux autres et plus, contenant dans des cellules pulpeuses un grand nombre de semences comprimées, ovales , aiguës , amincies à leurs bords et non entourées d’un bourrelet. Les coloquintes, les melons , etc., appartiennent au même genre. Le concombre n’est connu que dans les jardins : la plante sauvage et primitive n’a pas encore été découverte; on soupconne néanmoins qu’elle croît en Asie. Il est bien certain que le concombre était connu des anciens, qu'il était cultivé de leur temps et bien avant eux ; mais il est difficile de le reconnaître parfaitement
34° Tivraison. 3e 4.
» CONCOMBRE
parmi U bin mentionnées dans Théophraste, Pline, etc.
Ses racines sont menues et fibreuses : ses tiges sarmenteuses, rampantes, hispides , allongées. Les feuilles alternes, pétiolées, amples, un peu arrondies, légèrement anguleuses, verdâtres, pileuses , rudes au toucher; les angles aigus, saillans, denticulés ; les vrilles simples ordinairement opposées aux feuilles. — Les fleurs sont jaunes, situées plusieurs ensemble dans les aisselles des feuilles, médiocrement pédonculées ; les ovaires un peu hérissés, allongés, tuberculeux. — Les fruits, variables dans leur forme; sont en général allongés, presque cylindriques, quelquefois un peu courbés, obtus à leurs deux extrémités; leur peau mince, verte, blanche ou jaunàtre, un peu tuberculeuse; leur chair ferme et succulente. Parmi les variétés on distingue le cornichon ou concombre vert, beaucoup plus petit et plus fortement tuberculeux; le concombre blanc, c’est celui qui acquiert le plus de développement, surtout dans nos départemens méridionaux.
Quoique très-peu prononcée , l'odeur du concombre a un caractère particulier très-reconnaissable : sa saveur fraîche, aqueuse et fade, a quelque chose de nauséabond. Les chimistes ne se sont point encore occupés d’une manière spéciale de son analyse.
Ses propriétés médicinales , aussi faibles que ses qualités physiques, ne diffèrent pas sensiblement de celles de la citrouille. Comme cette dernière , le concombre est légèrement nourrissant, laxatif et rafraichissant. Hippocrate lui reconnaissait surtout ces deux dernières propriétés, et c’est sous ce rapport que les anciens paraissent lavoir employé dans plusieurs maladies fébriles accompagnées de chaleur et d’irritation. Oribase en recommandait le sue dans la phthisie pulmonaire. Schultz prétend qu'il est d’une grande efficacité dans la fièvre hectique. D’autres ont préconisé ses prétendus succès contre l’hémoptysie. Si le suc de concombre et le sirop qu’on en prépare peuvent avoir quelque avantage pour modérer la chaleur sèche qui consume certains phthisiques, ou celle beaucoup plus ardente qui à lieu dans le causus, dans la fièvre bilieuse, etc., on ne peut en faire long-temps usage sans s’exposer à affaiblir radicalement l’action de l’estomac; et à cause de son influence négative sur les propriétés.vitales de cet organe, on ne peut guère y avoir recours lorsque.les fonctions digestives sont languissantes.
CONCOMBRE
À l'extérieur on a quelquefois employé la pulpe de concombre, comme topique, sur la tête dans la phrénésie ; on pourrait en faire de pareilles applications dans certaines fièvres ataxiques, dans la céphalite et les inflammations des méninges, et s’en servir en cataplasmes dans certaines brûlures superficielles.
Les semences de concombre sont bien plus fréquemment employées en médecine que la pulpe de ce fruit. Elles constituent une des quatre semences froides majeures, et, comme telles, seules ou mêlées aux amandes douces, on les associe au sucre et à un liquide quelconque, et on en fait des émulsions calmantes, anodines , rafraichissantes, etc., fréquemment en usage dans les fièvres bilieuses et inflammatoires, dans les phlegmasies séreuses aiguës, dans les inflammations du foie, des reins et de l’appareil génito-urinaire, dans la blennorrhagie aiguë, etc.
L'art de la toilette retire du concombre plusieurs préparations cosmétiques qui ont joui et qui jouissent encore de beaucoup de vogue. Ce fruit, dit M. Biett, sans doute ne mérite point tous les éloges qu'on lui donne comme cosmétique; cependant il est certain qu'il fait disparaître avec assez de promptitude quelques-unes des éruptions qui se manifestent sur la peau. Cette propriété, qu’il partage avec quelques autres cucurbitacées, tient à un principe vireux qui se trouve uni dans ces plantes à un principe aqueux très-abondant. Toutefois il est important d'observer que l’application du suc de concombre, ou de la pommade à laquelle il sert de base, n’est point sans inconvénient dans les éruptions qui se lient à quelque mouvement dépuratoire. On ne doit la tolérer que dans les cas où ces exanthèmes sont accompagnés d'irritation , de prurit, de tension à la peau , etc. C’est ainsi que les lotions faites avec l’eau de concombre procurent un soulagement marqué dans les dartres qui s’exaspèrent après les premiers jours de l'emploi des bains sulfureux.
- Pour les usages pharmaceutiques on exprime le suc du concombre, et on en prépare un sirop. La pulpe, qu’on emploie à l'extérieur en cataplasmes, sert à la composition d’une pommade en très-grand usage pour adoucir et calmer les démangeaisons de la peau. Le mucilage doux et huileux de ses semences entre dans la préparation de diverses émulsions et autres médicamens auxquels ces dernières servent de base.
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CONCOMBRE
Quoique peu sapide et peu nutritif, le concombre est recherché en été et dans les pays chauds comme aliment, à cause de sa saveur fraiche : crû, on le mange en salade, mais il a besoin d’être fortement assaisonné, et encore il ne convient guère qu'à des estomacs robustes. Plus souvent on le sert cuit, soit au gras, soit au maigre, et 1l s'associe assez bien avec les viandes roties. Comme laxatif et rafraîchissant , il constitue un aliment utile dans les climats brûülans, dans les saisons chaudes et sèches. Il convient aux tempéramens bilieux , aux jeunes gens; mais il ne convient nullement aux vieillards, aux individus faibles et délicats, aux personnes sédentaires, ni dans les temps et les pays froids et humides.
Les jeunes concombres, cueillis avant leur maturité et conservés dans le vinaigre avec différens aromates, deviennent plus compactes, acquièrent une saveur piquante, agréable, et plus ou moins appétissante, qui les fait généralement rechercher sous le nom de corrichons , et servir sur toutes les tables comme condiment.
8ALDINI (saccio), Tractatus de cucumeribus , in-4°. Florentiæ , 1586. WEDEL ( ceorge-wolfgang), De usu cucumerum innoxio , Progr., in-4°. Ienæ , 1686.
EXPLICATIONS. — PLrancme 129. — ( La plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle.) — x. Pisül de grandeur naturelle, composé d’un ovaire allongé, cannelé, hispide, couronné d’un disque obscurément trilobé, indiquant l'avortement de trois étamines, au centre duquel s’élève un style court, terminé par trois gros stigmates cordiformes bilobés. — 2. Trois étamines réunies , dépourvues de filamens à anthères allongées , sinueuses ou en zigzag. — 3. Fleur mâle. — 4. Fleur femelle.
PLANCHE 129 bis. ( Ce fruit est réduit au tiers de sa grandeur naturelle.) — x. Fruit enter. — 2. Le même coupé horizontalement. — 3. Graine de grosseur naturelle. — 4. La même , dont on a enlevé une partie du tégument , afin de mettre l’amande à découvert. — — 5. Embryon.
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