COSTUS
aromatiques, ce qui a pu raisonnablement la faire regarder comme stimulante, diaphorétique, diurétique et emménagogue. L'impression tonique et excitante qu’elle exerce sur le système digestif et sympathiquement sur tous les organes, la rend en effet très-utile dans l’atonie du canal intestinal, dans les faiblesses d’estomac, dans les catarrhes chroniques , dans les fièvres adynamiques et autres maladies accompagnées de débilité et de relâchement. Elle est également propre à exciter la transpiration cutanée et à provoquer la sécrétion des urines chez les individus dont la peau et l'appareil urinaire manquent d'énergie ; elle a pu aussi favoriser l’irruption des règles, lorsque l’aménorrhée était le résultat d’une faiblesse soit générale, soit locale. On l’a encore placée au rang des expectorans, on la préconisée dans la colique venteuse, dans l’apoplexie, la paralysie et dans les fièvres malignes ; mais il est facile de voir qu’il n'appartient qu’à un médecin expérimenté de déterminer , dans ces différentes maladies , les cas où cette substance stimulante peut être utile , et ceux dans lesquels il serait dangereux de l'employer. Elle a joui , en outre, pendant long-temps , d’une grande réputation comme prophylactique, contre les maladies contagieuses. Quelques apothieaires même vendent encore le costus arabique comme antidote; mais on sait à quoi s’en tenir sur une semblable vertu!
La dose ordinaire de cette racine est de deux à huit grammes (demi à deux gros) en poudre, et jusqu'à soixante-cinq grammes (environ deux onces ) en infusion. La thériaque d’Andromaque, le mithridate de Damocrate, le grand philonium, les électuaires maryocostin et caryocostin , les trochisques d’hédichroon, l’orviétan de Charas , préparations monstrueuses, et pour la plupart inusitées, sont autant de médicamens dont le costus fait partie. Quoique puissante et digne de l’attention des praticiens , cette plante est rarement en usage, et on lui substitue souvent l’angélique , le zédoaire, l'iris, l’'aunée ou toute autre racine aromatique.
Les anciens brûlaient le costus sur les autels des dieux, et s’en servaient aux jeux solennels pour parfumer les temples, dans les cérémonies religieuses. Mais il est à croire qu’ils employaient sous le nom de costus , une plante très-différente de celle qui porte ce nom parmi nous, laquelle n’est point propre à répandre le parfum que les anciens obtenaient du leur.
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