‹ Flore médicaleChapitre 4 sur 82 · CIGUE AQUATIQUE · texte numérisé non relu

CIGUE AQUATIQUE

SIUM PALUSTRE ALTERUM FOLIIS SERRATIS; Tournefort, clas. 7, ombel-

lifères.

cICUTA viROsA , wmbellis oppositifoliüis, petiolis marginatis, obtusis ; D 2 7: Linné , clas. 5, pentandrie digynie.

CICUTARIA AQUATICA , foliis duplicato-pinnatis, foliolis serratis , involucellis umbellulä longioribus ; Lamarck, Encycl, méth.; — Jussieu, clas. 12, ord. 2, ombellifères.

Halien nn) LUN CICUTA AQUATICA,

Espagnol... ...... CICUTA AQUATICA,

2 CIGUË AQUATIQUE ; CICUTAIRE AQUATIQUE , Lamarck ; CIGUË VIRULENTE, Gilibert.

Anglais. |. 11... WATER-HEMLOCK.

Allemand... ...... WASSERSCHIERLING ; WUETTERICH ; WUETSCHERLING.

Hollandais. . . .... WATER-SCHEERLING.

RL. out. SPRANGORT,

IL a déjà été fait mention de cette plante à l’article de la grande ciguë , avec laquelle elle ne peut être confondue. Elle est tout aussi dangereuse. Ce sont sans doute ses qualités délétères qui lui ont fait impropremént donner le nom de ciguë, et son habitation sur le bord des étangs et des fossés aquatiques, celui de ciguë aquatique : on applique aussi très-souvent la même dénomination au phellandrium aquaticum, L., autre plante très-vénéneuse, et qui croit dans les mêmes lieux.

Ses racines sont épaisses, remplies d’un suc jaunâtre, creuses en partie, garnies de fibres nombreuses. — Ses tiges assez fortes, droites, glabres, fistuleuses et rameuses, hautes de deux ou trois pieds. — Ses feuilles amples , alternes , pétiolées, deux et trois fois ailées, composées de folioles sessiles , lancéolées, vertes, glabres, longues d’environ un pouce, dentées en scie, un peu aiguës. — Les fleurs sont blanches, disposées en ombelles, lâches, presque régulières; point d'involucre universel , excepté quelquefois une seule foliole étroite. — Les involucres partiels, composés de plusieurs folioles étroites, plus longues que les ombellules ; cinq pétales ovales,

32° Livraison, Le LA

CIGUÉË AQUATIQUE. ss

entiers, presque égaux, courbés au sommet; cinq étamines; deux styles. — Le fruit est un peu court, ovale , cannelé, composé de deux semences convexes en dehors, à cinq petites côtes très-entières, et non dentées ou tuberculeuses. |

Toutes les parties de la ciguë aquatique répandent, surtout dans l’état frais, une odeur analogue à celle de lache, quoique plus piquante et plus nauséeuse. Sa saveur, selon Peyrilhe, n’est point désagréable comme celle de la grande ciguë, et se rapproche un peu de celle du persil. Sa racine, plus âcre, plus vénéneuse que ses autres parties, contient une substance charnue, blanche , celluleuse, dont le goût se rapproche de celui du panais, avec lequel on l’a souvent confondue. Outre le suc äâcre, jaunâtre, que son écorce renferme, Wepfer a remarqué sur les blessures des grandes tiges, de petites agglomérations d’une matière bleuâtre, transparente, visqueuse , qui est d’une légère äcreté. |

D'après les expériences de Gadd, la ciguë aquatique fournit par la distillation un principe volatile narcotique d'une odeur très-désagréable, très-pénétrante, et un résidu à peu près inerte, qui ®a produit aucun accident chez un oiseau auquel il a été donné comme aliment. On a remarqué, en outre, qu’elle communique aux eaux stagnantes dans lesquelles elle végète, un liquide gras et huileux qui paraît fort vénéneux. |

Gunner rapporte que la racine de cette ciguë est employée en Norwège à la nourriture des chèvres, et comme remède pour les cochons. Gmelin pensait qu'elle n’était point vénéneuse pour les chevaux, mais les expériences de Gadd sont contraires à cette opinion. Elle est du reste extrêmement délétère pour l’homme et pour la plupart des animaux. Trois bœufs ont péri en Suède après en avoir mangé ; deux autres bœufs ont succombé en Finlande pour avoir bu seulement de l’eau chargée du liquide huileux qui émane de sa tige. Linné semble lui attribuer la grande mortalité qui eut lieu à Tornéo en Laponie, parmi les bestiaux. Wepfer a expérimenté qu'elle est extrêmement dangereuse pour les chiens. Ses feuilles, quoique beaucoup moins vireuses que sa racine fraîche, ont donné la mort à des oies; Boerhaave citait dans ses lecous l’histoire d’un jardinier. qui éprouva des vertiges pour en avoir coupé en certaine quantité. Wepfer, Schenck, Riedlin, et plusieurs autres observateurs, ont rapporté

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