‹ Flore médicaleChapitre 40 sur 82 · LE · texte numérisé non relu

LE

LT CXLIH.

CULILAWAN.

* LAURUS GULILABAN , foliis triplinerviis, oppssitis ; Linné, clas, 9, eu- 2 LTÉE SRE CRRRCOE { z : : - .

néandrie monogynie ; — Jussieu, clas. 6, ord. 4, lauriers.

Helen. |... # ... CULLILAVAN.

Éspasnol .. . =... CULILAVAN.

PRES. T4 CULILAWAN.

dnclaisn. 5 A3 : CULILAWAN. LS Allemand. . =. .... KULILABANBAUM.

Hollandais... ..... CULILAWAN; COELILAWAN ; GULILABAN.

JE n’ai trouvé dans les herbiers de Paris que j'ai parcourus aucun exemplaire de cette plante : Linné lui-même ne l'avait pas vue; il ne l’a mentionnée parmi les lauriers que sur la foi de Rumphius, qui en a donné Îa figure : je n’en parlerai également que d’après lui, en faisant néanmoins observer avec M. de Lamarck, que cet arbre pourrait bien n'être qu’une variété du laurier-casse, laurus cassia, L.

Son tronc s'élève fort haut ; il se termine par une cime ample, étalée, fort touffue. — Ses feuilles sont alternes , mais si rapprochées qu’elles paraissent opposées , fermes, glabres, très-entières , ovales, acuminées, traversées par trois nervures saillantes ; les pétioles trèscourts. — Les fleurs sont disposées en petites panicules läches; les unes terminales et deux à deux, d’autres latérales, solitaires, axillaires. Quoique les détails de la fleur soient peu connus, il est trèsprobable, d’après les fruits, qu’elles ont les mêmes caractères que celles des lauriers. — Son fruit est un drupe de la forme d’un gland, inais plus petit, renfermant un noyau d’un rouge pourpre, à une seule semence. Ce drupe est entouré à sa base par le calice persi-

stant, à six découpures. |

Le culilawan croît dans les Indes Orientales et aux îles Moluques. — Les écorces qui se présentent dans les boutiques sous le nom de culilawan , diffèrent singulièrement de texture, d’épaisseur, de couleur , d’odeur, etc. , selon les contrées où on les recueille, et selon la partie de l'arbre d’où elles proviennent. En général, elles sont en morceaux épais de plus d’une ligne, larges , planes ou légè-

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rement courbes, d'une couleur brune ou rougeätre; des parcelles

1 À in

| CULILAWAN. sd , d'épiderme gris, rugueux, assez glabres, les recouvrent. El ont. une certaine consistance sans être dures. Leur odeur suave et fragrante est analogue à celle du sassafrass et leur saveur âcre, aromatique , chaude, se rapproche de celle de lécorce de Winter.

On en obtient une eau distillée lactescente , âcre , aromatique , un peu amère, sur laquelle surnage une ne quantité d'huile v tile, limpide, d'un jaune pâle, d’une saveur analogue à celle de l'écorce elle-même. Cette huile exhale une odeur de sassafras selon les uns, et de muscade selon d’autres. L’extrait alcoolique du culilawan a l’odeur et la saveurdu gérofle ; son extrait aqueux est en outre un peu amer. L'un et l’autre ont quelque chose de mucilagineux.

Placée au rang des toniques diffusibles par ses qualités physiques et chimiques, il est probable que la manière d’agir de cette écorce est analogue à celle de ces médicamens. Sous ce rapport, on peut la regarder comme échauffante, stomachique , stimulante, etc. Linné l’a conseillée dans la colique venteuse, et elle peut être avantageuse dans les différentes maladies qui nécessitent les médications toniques. Les habitans de l'ile d’Amboine attachent beaucoup. de prix à son huile essentielle dans le traitement de la paralysie, de la goutte et de la rétention d'urine. Dans cette dernière affection ils l’administrent de cinq à six gouttes dans de l'alcool, deux fois le jour. Mais il est probable que si elle y a eu du succès, ce ne peut être que dans les cas où cet accident était dû à la paralysie de la vessie.

A l'extérieur, les habitans de Java, d’Amboine et autres îles voisines , en font un fréquent usage contre les contusions et les luxations. Elle peut être avantageuse dans ces sortes de cas, lorsqu'il n'y a pas d’inflammation ni beaucoup de douleur, ou bien lorsqu’à la suite de ces accidens il reste quelque engorgement pâteux, indolent à résoudre.

Cette écorce peut être administrée en poudre de six à dix-huit décigrammes (douze à trente-six grains), et son huile essentielle d’une, à six gouttes. Mais les doses aussi bien que l’action de ce médicament ont besoin d’être soumises à de nouvelles expériences. Elle entre dans la composition d’un onguent qui, sous le nom de bobort, jouit d’une grande célébrité dans les contrées où croit le culilawan.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. Cette plante ne se trouvant dans aucune collection, la figure a été faite d’après celle de Rumphius.

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CUMI

æ CUMIN.

ne ee re Eu. HURAIVOV ; HUJXIVOY ærBromiroy , Hippocrate ; KUJAIVOY nuepoy, Dioscorides.

CUMINUM SEMINE LONGIORE ; Bauhin, Tlivaf, lib. 4, sect. 4.

FOENICULUM ORIENTALE , CUMINUM D1CTUM ; Tournefort , clas. 7, ombel- PM ne. 03. lifères.

CUMINUM CymiNum ; Linné, clas. 5, pentandrie digynie ; — Jussieu , clas. r2, ord. 2 , ombellifères.

nn nu, CIMINO ; COMINO; CUMINO.

Espagnol. .. *.... COMINO.

ne . -.. CUMIN.

Annlaëse 2e see CUMMIX.

le = - ... ROEMISCHER KUEMMEL.

Hollandais. ...... KOMYN ; KUMYN.

L'opeur vive et pénétrante des semences du cumin , leur saveur aromatique, ont fixé l'attention des premiers botanistes ; cette plante est mentionnée avec distinction dans les ouvrages de Théophraste et de Dioscorides. Ce dernier la nomme xuwivoy yuepor : elle était déjà cultivée de leur temps, et se rencontrait très-fréquemment dans l'Égypte et l’Asie Mineure , où elle croît encore aujourd’hui. Matthiole en a donné une très-bonne figure dans ses Commentaires sur Dioscorides; il ne faut pas la confondre avec une autre plante qui n’est pas du même genre, quoiqu'elle porte le nom de cuminum sylvestre , eten grec celui de xyuivoy aypioy (Dioscorides ). |

Rapproché du fenouil par ses feuilles, du buwbon par ses fruits, ce genre se distingue par ses semences ovales, striées , par ses cinq pétales presque égaux , courbés en dedans, échancrés au sommet ; cinq étamines , deux styles. — Ses racines sont grêles, allongées, presque simples, fibreuses et blanchâtres; elles produisent une tige droite, glabre , rameuse , striée, longue de huit à dix pouces. — Les feuilles sont alternes, distantes, très-glabres, menues, découpées en lanières presque capillaires; bifides , ou plus souvent trifides. — Les fleurs sont blanches ou un peu purpurines, petites , soutenues par des pédoneules opposés ax feuilles , disposées en une ombelle universelle

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CUMIN à quatre rayons , ainsi que les ombellules , accompagnées d’un invoquere à trois ou quatre folioles bi ou trifides, capillaires. — Le fruit est glabre, quelquefois un peu velu dans une variété, composé de deux semences appliquées l’une contre l’autre , striées sur leur dos.

L’odeur forte et fatigante qu’exhalent ces semences, leur saveur piquante, âcre et désagréable, l'huile essentielle très-odorante qu’elles fournissent à la distillation, l'extrait aqueux et l’extrait spiritueux aromatique qu’on en retire, les rapprochent beaucoup des semences . de l’anis, du fenouil, du carvi et: autres plantes ombellifères avec lesquelles elles ont du reste beaucoup de rapport par leur manière d'agir.

Placées avec raison par les anciens pharmacologistes au rang des quatre semences chaudes, elles sont en effet toniques et stimulantes, et c’est à ces propriétés médicinales qu’elles sont redevables des vertus stomachique, carminative, diurétique, sudorifique, emménagogue, résolutive, dont on les a décorées. On les a vantées avec exagération dans la flatulence, la coliqne venteuse et la tympanite. Cullen, qui les regarde comme un carminatif plus puissant qu'aucun autre médicament de ce nom, les croit même un très-bon antispasmodique. Selon Desbois de Rochefort, elles constituent un sudorifique excellent. Quelques auteurs les ont préconisées contre les vertiges, d’autres contre l’aménorrhée et les flueurs blanches. On a également attribué à leurs applications extérieures la propriété de résoudre les engorgemens des mamelles et des testicules , ainsi que les apostèmes froids et indolans. Mais ces assertions reposent sur des faits trop vagues et trop mal observés, pour qu’on puisse les adopter sans, discernement. Tout ce qu’on a dit des vertus des semences du cumin pour expulser les vents, pour calmer les coliques et pour remédier à la dureté de l’ouie, ne doit s'entendre que de certains cas partieuliers, où ces affections, purement symptomatiques, étaient le résultat d’un embarras muqueux ou de l’atonie des premières voies. Si leur infusion prise très-chaude a quelquefois provoqué la transpiration cutanée, excité la sécrétion des urines, et favorisé l’écoulement menstruel, ce n’a pu être que dans les circonstances où la peau, les reins et l'utérus étaient dans un état de débilité, et avaient besoin d'être stimulés pour remplir convenablement leurs fonctions. On sent, du reste, qu'appliquées en sachets sur la peau ui” semence

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