LT LOC DICTAME; DICTAME DE CRÈTE
a DITTANY ; DITTANY OF CRETE.
Allemand. . ...... DIPTAM; KRETISCHER DIPTAM.
Hollandais... ...% DICTAMNUS; DIPTAM; KRETISCHER DIPTAM.
À L'ASPECT de la fourrure tomenteuse et blanchätre qui revêt ses feuilles et ses tiges, cette plante s'annonce comme une étrangère qui se dérobe au froid des montagnes pour venir habiter nos jardins, parée de ses longs épis quadrangulaires, de couleur purpurine : mais un intérêt bien plus vif nous attache à sa contemplation, lorsque nous la reconnaissons pour ce fameux dictame de Crète tant vanté par les poètes ‘, et si célèbre dans les temps héroiïques de l’ancienne Grèce; une imagination active nous transporte aussitôt à l’époque de sa plus haute réputation. Nous la voyons recueillie sur les montagnes de Crète?, et appliquée par les mains des Nymphes sur les plaies récentes des héros; elle nous rappelle le fils de Vénus et d’Anchise, frappé d’une flèche meurtrière, guéri avec, le dictame par le secours invisible de sa mère. Mais si nous
Hic Venus, indigno nati concussa dolore,
Dictamnum genitrix Cretæd carpit ab Ida,
Puberibus caulem foliis et flore comantem
Purpureo : non illa feris incognita capris
Gramina, quum tergo volucres hæsere sagittæ.
(VirGir., Æneid,, lib. x1x, v. 413.)
2 Et notamment sur celle qui porte le nom de Dicté, d’où vient le mot dictame.
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aimons à nous égarer un moment parmi les aimables fictions de la mythologie, bientôt l'observation sévère de la nature nous ramène à des idées plus conformes à la vérité, et dès-lors le dictame, dépouillé de ses chimériques vertus, rentre dans la classe des simples vulnéraires. Nous ne dirons point, avec Dioscorides, qu'il wa ni fleurs , ni fruits ; aucune plante n’en est privée. Celle-ci appartient à la famille des labiées, et Linné l’a placée parmi les origans, distinguée des thyms par les bractées colorées qui entourent les calices, et forment un épi imbriqué, quadrangulaire.
Ses racines sont grêles , d'un blanc grisätre, composées de fibres nombreuses, filiformes, ramifiéés. Elles produisent une tige velue, tétragone , rameuse, haute d'environ un demi-pied. — Ses feuilles sont médiocrement pétiolées , opposées , arrondies ou un peu ovales en cœur, épaisses, entières, blanches et tomenteuses à leurs deux faces, parsemées de petites vésicules noirätres. — Les fleurs sont réunies à l'extrémité des rameaux en épis touffus, quadrangulaires ; les bractées larges, ovales, glabres, purpurines ainsi que la corolle. — Le calice est cylindrique, à cinq dents, dont une prolongée en languette : la corolle labiée; le tube un peu comprimé à son orifice, en poche à sa partie postérieure; la lèvre supérieure échancrée, l’inférieure à trois lobes : quatre étamines, dont deux plus longues. Un ovaire à quatre lobes , surmonté d’un style simple et dun stigmate légèrement bifide : quatre semences ovales, renfermées dans le fond du calice. |
Les feuilles et les sommités du dictame joignent à uné odeur fragrante, une saveur chaude, aromatique et amère. Par la distillation, on en retire une petite quantité d'huile volatile d’un jaune rouoeâtre, d’un goût âcre-aromatique, et d’une odeur très-pénétrante qui passe presque en totalité dans la teinture alcoolique qu'on prépare avec cetté plante. Selon M. Virey, elle recèle probablement du camphre, à l'exemple des autres labiées.
Le dictame a été célèbre dès l’antiquité la plus reculée. Au récit de la plupart des écrivains grecs et romains, ses vertus tiennent du prodige. De graves auteurs rapportent sérieusement que les chèvres vont brouter cette plante sur les montagnes pour se guérir de leurs maladies , et qu'il suffit aux cerfs blessés d’en avaler quelques feuilles pour être délivrés à linstant des traits dont ils sont percés par les
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chasseurs. Les modernes ont répété ces fables, et n’ont pas craint de les présenter comme un exemple de l’instinet conservateur des animaux , et comme une preuve de leur admirable sagacité pour trouver les remèdes qui leur conviennent. Heureusement, une semblable erreur n’a aucun danger. Il n’en est pas de même, selon Murray, de l'opinion, non moins ancienne, qui attribue au dictame la propriété d'accélérer les accouchemens difficiles, de favoriser l’expulsion du placenta, et de provoquer l’écoulement des règles. En effet, Peyrilhe. remarque judicieusement que cette plante jouit de propriétés beaucoup plus énergiques dans les pays où elle croît spontanément que dans nos climats , et, sous ce rapport, son administration coupable ou imprudente a pu, quelquefois, n'être pas sans danger. Hippocrate cependant paraït en avoir fait un fréquent usage, soit contre l’aménorrhée , soit pour déterminer l'expulsion du fœtus. Le dictame était encore en usage parmi les anciens pour calmer certaines douleurs : on lappliquait aussi en cataplasmes sur les plaies, les ulcères et les contusions, comme un puissant résolutif.
L'action manifestement stimulante que cette plante exerce sur l'estomac , sur l’utérus et sur les fonctions du système nerveux , peut la faire employer avec succès, à la manière de la plupart des substances aromatiques, comme stomachique, cordiale , nervine, céphalique , emménagogue, sudorifique , etc. , dans les cas où la sensibilité et la contractilité de nos organes ont besoin d’être mises en jeu. Mais il ne faut pas perdre de vue que le dictame, tel qu'il nous est livré par le commerce , a presque entièrement perdu son arôme, et avec lui la plus grande partie de ses vertus : ce qui fait qu’il est rarement employé en médecine, et qu'il ne mérite aucune préférence sur la plupart de nos aromatiques indigènes. |
Le dictame fait néanmoins partie du mithridate , du diascordium, de la thériaque , de la confection d’hyacinthe, etc. Ses feuilles et ses sommités sont administrées en poudre, depuis quinze décigrammes (environ un scrupule ) jusqu’à quatre grammes (un gros). Mais on a plus souvent recours à leur infusion théiforme, à la dose de quatre à seize grammes (un à quatre gros ) pour cinq hectogrammes ( unelivre) d’eau.
Ce végétal se multiplie par bouture. Il fructifie en Italie, et même dans quelques parties du midi de la France ; mais il ne supporte point les gelées. |
Li TB PLIS D 'RCRE | | GEIER (séanvanicl); aureprrypaque, hé RS dE é et Lipsiæ. , 1687. | Li | © L'auteur de La Léna Dhilélgico Miel eat rage d - tieuse, et cependant très-imparfaite ; non-seulement di u dictame e Crète me ais
tame plane, ou de] la fraxinelle. Du reste, L Dictam a neqe | 4 l’Académie des Curieux de la nature, dont Geier était mem re sous nu nom
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