CLIT
DORONIC.
DORONICUM MAXIMUM, fois caulem amplexantibus; Bauhin, Tiva£ ,
. lib. 5, sect. 4; — Tournefort, clas. 14, radiées. Lin Ms ! LP ... .} DoRoNICUM PARDALIANGEES, foliis cordatis, obtusis, denticulatis , radicalibus petiolatis, caulinis amplexicaulibus ; — Linné, clas. 19, syngénésie polygamie superflue; — Jussieu, clas. 10, ord. 3, corymbifères.
RS 2 DORONICO.
Espagnol... ...... DORONIGO.
Français, , ... ‘... DORONIC.
Anglais. AE: 27," 4e Ces LEOPARD'S-BANE, Allemand. . ...... GEMZENWURZ.
- Hollandais. . ..... SCORBIOENWORTED ; REEBOKKRUID.
Le doronic se reconnaît à ses belles fleurs jaunes, radiées, de la grandeur de celles du souci de nos jardins, dont elles pourraient faire l’ornement , comme elles font celui des forêts sur les montagnes des Pyrénées et des Alpes. Placé parmi les fleurs composées , le doro-
. mic se caractérise par un calice à plusieurs folioles égales ; une corolle radiée ; les fleurons hermaphrodites; les demi-fleurons femelles . et fertiles; cinq étamines syngénèses; les semences des fleurons couronnées par une aigrette simple; celles des demi-fleurons nués, ainsi que le réceptacle. — Sa racine est un peu épaisse, rampanñte et fibreuse :ses tiges droites, simples, un peu rameuses vers leur sommet, cyhndriques | médiocrement pileuses, longues de deux ou trois pieds. — Les feuilles radicales et inférieures, longuement pétiolées, les supérieures sessiles, amplexicaulés, articulées à leur base, toutes ovales ,en cœur, assez grandes, presque glabres, où un peu velues , crénelées à leur contour, légèrement ciliées. — Tes fleurs sont axillaires et terminales, portées sur des pétioles simples, allongés, uniflores.
Les propriétés physiques du doronic sont beaucoup plus développées dans la racine que dans aucune autre partie de ce végétal. C’est aussi la seule qui ait été employée en médecine. Lorsqu'elle est récente, son parenchyme est blanc et charnu ; en se desséchant, elle devient dure et friable. Dans l’état frais, elle présente une faible
D h. ci 4.
+ Lie
DORONIC. ÿ odeur aromatique et une agréable saveur douce, subastringente et légèrement aromatique. Neumann en a retiré un extrait aqueux très-
abondant , et une petite quantité D. .2 qui retient à
saveur et l’odeur de la plante.
Les auteurs de matière médicale ont porté les ju emens les N. . contradictoires sur les propriétés médicinales du nie. Maranta, Ghinus, Costæus, Mathiole l’accusent d’être délétère : opinion qui tient , suivant Spielmann , à ce qu’on a faussement rapporté le doronic à l’aconit pardalianche des anciens, lequel est réellement un poison pour plusieurs animaux. Cortusus et Dessénius racontent que des hommes et des chiens ont succombé à son action. Toutefois on peut opposer à ces faits des observations également authentiques et qui tendent à constater l’innocuité de cette plante. Après avoir avalé lui-même deux drachmes de racine de doronic, Conrad Gessner n’a éprouvé d’autres accidens qu'un certain gonflement de l’épigastre et une faiblesse générale qu’un simple bain tiède fit cesser. Cet illustre naturaliste a souvent mangé, sans en éprouver aucun accident, des feuilles de cette plante, soit fraîches, soit préparées avec le miel. Johnson en a également mangé et même en très-grande quantité, sans aucun inconvénient. Mathiole lui-même avoue qu'il a vu un chien ; jouir d’une fort bonne santé après avoir avalé deux onces de. la racine de cette plante. Toutefois Linné la tient pour suspecte ; et peut-être est-il rationnel d'adopter Praysoiement l'opinion de ce grand homme. 1. "200
En effet, cette plante a été si rarement employée par les médecins modernes, que nous sommes réduits à des connaissances trèsvagues et très-bornées sur ses effets dans les maladies. Gessner l’em- . ployait quelquefois contre les vertiges et l’épilepsie ; Albinus en a fait usage dans un cas de ce dernier genre. En infusion , soit dans le vin, soit dans la bière , elle a été administrée en Angleterre pour ramener l’écoulement menstruel.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La plante est de grandeur M )— 1. Racine. — 2. Feuille radicale au trait. — 3. Fleuron hermaphrodite au centre. — 4. Fleuron ligulé, femelle, de la circonférence. — 5. Fruit provenant d’un fleuron hériheprodile: — 6, Fruit provenant d’un fleuron de la circonférence.
Observ. L’ovaire de la fleur ligulée est glabre, et le be de la corolle Ÿ à du centre est velu.
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DOUCE AMERE
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DOUCE-AMÈRE
RE lin. - : VAUXUTIRP OC.
SOLANUM SCANDENS, S@U DULCAMARA; Bauhin, IlsvaË, lib. 5, sect. r ;
— Tournefort, clas. 2, irfondibuliformes.
Le EN eee SOLANUM DULCAMARA, caule inermi, frutescente, flexuoso , foliis superioribus hastatis, racemis cymosis ; Linné, clas. 5, pentandrie monogynie; — Jussieu, clas. 8, ord. 8 , solanées.
haken\V] HE LG AMARA-DOLCE; DULCAMARA.
Espagnol. . ...... SOLANO DULCIAMARGO; Ortega.
Sn... .. DOUCE-AMÈRE ; MORELLE GRIMPANTE.
P'aais). DIM, BITTER-SWEET, Allemand. . ...... BITTERSUESS; ALFRANKEN.
. Hollandais... .... : BITTERZOET; ALFS-RANKEN.
LA douce-amère, en fixant son séjour parmi les buissons stériles, leur paie , par l'élégance de ses bouquets , l'appui qu'ils prêtent à ses tiges faibles et grimpantes : souvent l'œil, trompé par l'apparence, prête au protecteur l'éclat de la plante protégée. Les fleurs de la douce-amère la placent parmi. les morelles (so/anum, Lin.). Elles sont composées d’un calice à cinq divisions, d’une corolle en roue, le tube court, le limbe plissé, étalé, à cinq lobes; cinq étamines; les anthères rapprochées, s’ouvrant au sommet par deux pores; un slyle; une baie succulente à deux ou plusieurs loges : l'embryon roulé en spirale. — Ses racines sont grêles, fibreuses, ramifiées : elles produisent une tige cylindrique, glabre, quelquefois pubescente, haute de quatre à cinq pieds, sarmenteuse et grimpante. — Ses.feuilles sont ovales, en cœur, alternes, pétiolées , entières, aigués, glabres à leurs deux faces, quelquefois molles et pubescentes en dessous; les supérieures souvent découpées en lobes à leur base. — Les fleurs sont disposées vers le sommet des tiges en petites grappes courtes, latérales, pendantes; le calice à cinq divisions obtuses; la corolle violette, quelquefois blanche, à cinq lobes ou peu étroils , aigus, rabattus en dehors; les anthères d’un beau jaune. — Le fruit est une baïe glabre, arrondie, de couleur rouge à l’époque
de sa maturité. | Er 41€ Livraison, £,
DOUCE-AMÈRE
Les racines, les tiges et les rameaux de la douce-amère, exhalent, quand on les froisse, une odeur nauséeuse. Les feuilles, au rapport de M. Guersent , répandent aussi quelquefois celle du musc; mais toutes ces parties, sèches, sont entièrement inodores. Lorsqu'on Îles mâche, elles présentent d’abord une saveur fade et sucrée, et bientôt après une amertume remarquable. Toutefois ces qualités physiques sont si peu prononcées dans les jeunes pousses, qu'on les emploie en différentes contrées aux usages culinaires. Une matière extractive et une huile volatile sont les seuls matériaux immédiats que les procédés imparfaits de l’ancienne chimie aient constatés dans cette solanée. On y reconnaît cependant, au simple goût, un principe sucré et un principe amer , dont la nature chimique n’a pas encore
été dévoilée , mais que M. Guersent croit résider , le premier dans la »
partie ligneuse de la plante, le second dans la partie corticale des vieilles tiges.
Cette plante a été libéralement décorée de qualités anodine, vomitive, purgative, sudorifique , diurétique, béchique, emménagogue, apéritive , etc. Floyer , ayant trouvé trente baies de douce-amère intactes dans l’estomac d’un chien mort après les avoir avalées, en à conclu que ces fruits étaient délétères, et tous les auteurs de matière médicale sont partis de ce simple fait pour leur attribuer une qualité vénéneuse. Cependant les expériences de M. Duval prouvent évidemment l’innocuité de ces fruits, au moins pour les chiens, puisqu'il en a administré jusqu’à cent cinquante en une seule dose à plusieurs de ces animaux, sans produire aucun accident, ni le moindre effet appréciable. Toutefois les effets immédiats de la douceamère sur l’économie animale, décèlent dans les différentes parties de cette plante une qualité vireuse, analogue à celle qu'on retrouve dans toutes les solanées, et susceptible de produire une excitation plus ou moins vive. Des nausées, des vomissemens, l’anxiété précordiale, des picotemens dans certaines parties du corps, ont été souvent le résultat de son administration. D'autres fois elle a donné lieu au prurit des organes génitaux , à des crampes et même à des mouvemens convulsifs de la face. Dehaen a vu le délire ainsi que les
convulsions , et Gouan , la paralysie de la langue, être le résultat des
son action. L'influence de la douce-amère sur les fonctions nutritives 2 e [4 e e 0 per.
se manifeste par des évacuations alvines , l'augmentation de la trans-
DOUCE-AMÈRE
piralion , une abondante sécrétion d'urine. Elle augmente en outre le produit des sécrétions muqueuses, et facilite aussi quelquefois l’expectoration. Cette double action sur les fonctions organiques et sur les fonctions de relation, a porté M Guersent à admettre dans cette plante la coexistence d’un principe excitant et d’un principe vireux ; qui, quoique unis ensemble, peuvent agir séparément. Mais il ne faut pas croire, ajoute cet observateur, que ces propriétés médicinales soient aussi prononcées dans la douce-amère qu’elles le sont dans la belladone et autres solanées; M. Guersent a pris lui-même jusqu’à une demi-once d'extrait de douce-amère, sans en éprouver la moindre influence.
Quoique les effets consécutifs ou l'influence de cette solanée sur la marche des maladies soient beaucoup moins connus que ses effets immédiats , elle n’en est pas moins préconisée dans une foule d’affections soit aiguës, soit chroniques. Boerhaave et Linné en conseillent l'emploi dans la péripneumonie et dans la pleurésie. Werlhoff et Sagar ont vanté son efficacité contre la phthisie pulmonaire, et de serviles imitateurs de la polypharmacie galénique ont fait entrer cette plante dans une foule de préparations compliquées et dégoûtantes dont les médecins routiniers ne cessent de fatiguer l’es-
tomac des malheureux phthisiques. Dehaen s’est bien trouvé de son usage dans le traitement des convulsions et autres maladies spasmodiques. Sauvages lui attribue la guérison d'une vérole constitutionnelle. Murray, d’après l'illustre Linné, parle de douleurs ostéocopes, de suppressions menstruelles, d’ictères merveilleusement guéris par l'administration de cette plante. Razoux et autres praticiens ont préconisé ses vertus contre l’hydropisie, les chancres, la cacochymie. Au rapport de M. Guersent, la douce-amère paraît avoir été quelque-
fois utile dans certains catarrhes avec atonie et sans fièvre, et dans plusieurs cas de blennorrhagie et de leucorrhée. Les succès de cette solanée contre les rhumatismes sont attestés par un grand nombre d'auteurs. Les faits observés par Carrère tendent même à établir, comme sur une base mébranlable, son efficacité dans les affections de ce genre. Mais le judicieux Cullen avoue qu’elle n’y a produit
- aucun effet. Les observations de Razoux, Carrère et Bertrand de Lagresie semblent également constater les bons effets de la douce-amère contre les dartres. M. Guersent pense même que si elle n’y réussit
DOUCE-AMÈRE
pas plus souvent, cela tient à ce qu'on l’emploie à trop faible dose. Cependant M. Alibert, qui, mieux que personne, a pu juger sainement de linfluence de cette plante sur les maladies herpétiques par l'usage multiplié qu’il en a fait, déclare qu’il n’en a obtenu qu'un succès médiocre. À l'extérieur, Fuller faisait de fréquentes applications topiques de la douce-amère : il en préconise l’infusion comme une sorte de spécifique contre les chutes , les contusions et les ecchymoses. Sebizius attribue aux cataplasmes qu’on en prépare, la propriété de calmer les douleurs, et de résoudre les engorgemens des mamelles. D’après une semblable masse de faits, ce serait pousser le scepticisme trop loin, que de refuser à la douce-amère une action plus ou moins énergique dans le traitement de plusieurs maladies ; mais il faut convenir que les cas dans lesquels elle a eu des succès ne sont ni assez pécis ni assez exactement déterminés pour fixer irrévocablement les idées sur ses propriétes médicinales.
On l’administre ordinairement en décoction de quinze à trente orammes (environ quatre à huit drachmes) pour un kilogramme (deux livres) d’eau réduite aux deux tiers. On fait prendre cette dose en vingt-quatre heures, soit seule, soit associée au lait ou convenablement édulcorée. On a rarement recours à son infusion aqueuse: Sa décoction vineuse n'est pas d’un usage plus fréquent. L’extrait alcoolique et l'extrait aqueux qu'on en prépare se donnent à la dose d'un à deux grammes { dix-huit à trente-six grains ) par Jour , et on peut en augmenter successivement la quantité. On pourrait également administrer la deuce-amère en substance, soit en poudre, soit sous forme pilulaire; mais on en fait rarement usage. Les feuilles et les jeunes pousses servent à faire des cataplasmes émolliens. Le suc des semences , au rapport de Mathiole, était jadis employé à la composition d’un fard en honneur parmi lié femmes de la us pour dissiper les taches de la peau.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La plante est de srandeur naturelle.) — x. Calice, étamines et pistil. — 2. Corolle ouverte. — 3. Étamine isolée pour faire voir que l'émission du pollen a lieu par deux ouvertures qui se trouvent au sommet. — 4. Pisül.
(Ces quatre figures sont grossies. )
5. Fruits de grosseur naturelle. — 6. Fruit coupé longitudinalement pour faire voir de quelle ” . 0 . A Ld manière les graines s’imbriquent du haut en bas dans chaque loge. — 7. Le même, coupé horizontalement, dans lequel on distingue deux loges. # * * *
Zurpin P. ; Eu ; 7 AG soupe.
RIGTNNAMLER".