‹ Flore médicaleChapitre 62 sur 82 · CA A · texte numérisé non relu

CA A

CLVIT

EUPATOIRE À 2 re EUPATORTUM CANNABINUM, Bauhin, TivaË , lib. 8, sect. 5; — Touron nefort, clas. 12 , flosculeuses.

| EUPATORIUM CANNABINUM , fois digitatis ; Linné, clas. 19, syngénésie polygamie égale; — Jussieu, clas. ro, ord. 3, corymbifères. F "SEA ESA EUPATORIO. ”s Espagnol. ........ EUPATORIO.

PPS >. 0. EUPATOIRE ; EUPATOIRE COMMUN ; EUPATOIRE À FEUILLES DE CHANVRE ; EUPATOIRE D’AVICENNE ; EUPATOIRE DE MÉSUÉ.

F7." ICVIRERTÉE HEMP-AGRIMONY.

Le] Allemand......... WaASSERHANF ; WASSERDOST ; KUNIGUNDENKRAUT. Hollandais... ..... KRONINGINNE-KRUID ; BOELKENS-KKUID. EL L AU 2 FLOKS.

Parmi les plantes qui embellissent le bord des eaux tranquilles, s'élève l’eupatoire à feuilles de chanvre, vulgairement connu sous le nom d’eupatoire de Mésué , facile à distinguer par la hauteur de ses tiges, par ses belles fleurs nuancées de pourpre, de blanc et de rouge, réunies en un corymbe ample et touffu. Ces fleurs sont à fleurons , toutes hermaphrodites , réunies en petit nombre dans un calice oblong , cylindrique, imbriqué : cinq étamines syngénèses ; un style très-saillant, profondément bifurqué : le réceptacle nu , les semences surmontées de poils capillaires simples ou plumeux : tels sont les attributs qui caractérisent le genre des eupatoires : très-nombreux en espèces, mais dont celle qui nous occupe ici est la seule connue en Europe. — Ses racines sont obliques,un peu épaisses, garnies de fibres blanchätres : elles produisent une tige droite, haute de trois où quatre pieds et plus, un peu velue, d’une teinte rougeâtre, pleine de moelle, un peu rameuse : les rameaux opposés et axillaires. — Les feuilles sont médiocrement pétiolées, opposées, divisées en trois lobes lancéolés, longs de trois à quatre pouces , dentés à leurs bords, d'un vert cendré, un peu pubescens en dessous ; quelquefois les feuilles supérieures sont simples. — Les fleurs sont nombreuses, disposées en corymbe à l'extrémité des rameaux et des tiges : leur calice composé d’écailles oblongues , obtuses, imbriquées, un peu colorées

42e Livraison, se

EUPATOIRE.

à leur sommet; chaque calice ne renferme ordinairement que cinq fleurons tubulés, à cinq lobes, peu saillans hors du calice : les semences surmontées d’une aigrette sessile, pileuse.

Ainsi que l'observe M. Guersent, « les racines et les tiges d’eupatoire d’Avicenne répandent, lorsqu'on les coupe ou qu'on les écrase

dans ‘état frais, une odeur qui se rapproche de celle de quelques ombellifères, et particulièrement de l'odeur du panais sauvage. Toutes les parties de cette plante , les racines surtout, ont une saveur amère, aromatique et piquante, un peu analogue à celle du poivre d’eau, polygonum hydropiper. Y/amertume domine principalement dans les feuilles : les fleurs sont à peu près dépourvues de propriétés. » À l'exemple de toutes les corymbifères, cette plante renferme une petite quantité de résine qui s’y trouve unie à un mucilage àâcre , amer, très-abondant, dissoluble dans l’eau bouillante, tandis que la partie résineuse est soluble dans l’alcool. M. Boudet, à qui l’on doit la séparation de ces deux principes, a reconnu, par une analyse exacte, que l’eupatoire renfermait en outre beaucoup de fécule amilacée, une matière de nature animale, de huile volatile qu'on obtient par la distillation, et plusieurs sels.

Gessner , voulant expérimenter sur lui-même les Uffets de la racine d'eupatoire, la fit infuser dans le vin , et, après avoir bu une certaine quantité de cette infusion, il éprouva des vomissemens et d’abondantes évacuations par les selles et par les urines. M. Boudet a été purgé avec énergie par une très-petite quantité d'extrait alcoolique de cette plante. Boerhaave avait également observé que le suc qu'on en retire détermine le vomissement et la purgation. Il est vrai que la même racine, administrée jusqu'à une once en infusion dans le vin, n’a pas eu les mêmes résultats entre les mains de Chomel ; mais, selen la remarque judicieuse de M. Guersent, cette différence tient probablement à ce que la racine employée par cet auteur avait été récoltée à une époque trop avancée. On sait, en effet, qu'après la maturation des semences , les racines des plantes les plus actives sont dénuées de presque toutes leurs propriétés. Quoi qu'il en soit, ces faits établissent d’une manière incontestable la propriété purgative de la racine d’eupatoire, et les tiges, ainsi que les feuilles de cette plante, à en juger au moims par leur saveur, agissent, selon M. Guersent, à la manière des toniques et des amers.

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EUPATOIRE.

Toutefois les effets secondaires de l’eupatoire sont loin d’être aussi exactement constatés que ses effets primitifs. 11 faut même avouer que l'influence qu'on lui à attribuée sur la guérison de diverses maladies ne repose que sur des assertions vagues ou sur des faits mal déterminés. Il est très-probable qu'à raison de son action purgative et tonique, elle a pu être quelquefois utile dans le traitement de lhydropisie et de certains engorgemens du foie et autres viscères abdominaux; mais peut-on raisonnablement lui reconnaître d’une manière générale la propriété de guérir l’ascite et les obstructions suite des fièvres intermittentes? où sont les expériences comparatives qui prouvent qu’elle a été employée dans les catarrhes , la chlorose, l'œdème , le scorbut, la cachexie , etc., avec plus de succès qu’une multitude de substances pompeusement et vainement décorées des mêmes vertus? Les effets emménagogues de l'eupatoire ne paraissent pas avoir été mieux constatés que ses pretendus avantages dans le traitement des maladies chroniques de la peau. Les éloges qu’on a prodigués à ses applications externes pour la guérison de l’hydrocèle, de la leucophlegmatie et des ulcères de mauvais caractère, ne sont-ils pas exagérés? Ce qu’on rapporte de l'avantage du suc de cette plante, surtout associé au vinaigre et au muriate de soude, dans le traitement de la gale, paraît plus conforme à l'observation journalière , lorsqu'on réfléchit que les lotions faites avec la décoction de presque toutes les plantes amères et aromatiques suffisent pour guérir cette affection. nue

Les feuilles d’eupatoire desséchées peuvent être administrées en infusion théiforme. On a plus souvent recours à leur suc, dont la dose est de soixante à cent trente grammes (environ deux à quatre onces). Leur extrait, ainsi que celui des tiges, se donne seul ou uni au sucre, depuis quatre jusqu’à huit grammes (un à deux gros) et plus. La racine est ordinairement administrée de trente à soixante-

cinq grammes ( une à deux onces ), soit en décoction dans l’eau , soit en infusion dans le vin ou dans la bière.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La plante est de grandeur naturelle. ) —- 1, Fleur

détachée d’un corymbe , composée d’un calice commun , dans lequel se trouvent quatre à cinq fleurons hermaphrodites, — 2. Fleuron isolé. — 3. Graine aigrettée.

( Ces trois détails sont le double de la grandeur naturelle.)

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