‹ Flore médicaleChapitre 75 sur 82 · CLX VE · texte numérisé non relu

CLX VE

Fa | FIGUTER. ee. œuxyn ; epivece, Homère.

FICUS COMMUNIS; Bauhin , IlivaË , lib. 12, sect, 1 ; — Tournefort, FRS clas. 19 , arbres amentacés.

vlan sie ce leon,

FICUS CARICA , foliis palmatis ; Linné, clas, 23, polygamie triæcie ; — Jussieu, clas. 15, ord, 3, orties.

a 1. |: FICO'; FIGO.

Eesnel... . |. HIGUERA.

Francais... ...... FIGUIER.

Anais 3.1... FIG-TREE, Allemand. . ...... FEIGENBAUM.

Hollandais. . ..... vyceneoom.

Suédois. ........ FIKON-TRÆ.

Uxe cime étalée et touffue, d’amples et larges feuilles rendent le figuier, surtout dans les contrées du Midi, un arbre précieux pour l'ombrage et la fraicheur; mais son principal mérite consiste dans la bonté et la saveur délicieuse de ses fruits. C'est à ce titre que les Athéniens le regardaient comme un présent des dieux ; ils l’avaient consacré à Mercure : les Cyrénéens couronnaient de figues fraîches les statues de Saturne; les Lacédémoniens pensaient que le premier figuier de leur territoire avait été planté par Bacchus.

Le figuier n’est pas moins remarquable aux yeux du naturaliste, par la singularité de sa"fructification. Elle est tout-à-fait cachée dans ce réceptacle charnu , en forme de poire, que l’on prend ordinairement pour le fruit, mais dont il n’est que le support. Il est percé à son sommet d’une ouverture en forme d’ombilic, et entouré de petites écailles disposées sur plusieurs rangs. Les fleurs sont nombreuses, monoiques , attachées à la surface interne du réceptacle; les fleurs mâles occupent la partie supérieure voisine de lombilic , et sont souvent mêlées inférieurement avec les femelles : elles ont un calice à cinq divisions profondes, en alène, point de corolle; trois à cinq étamines, les anthères à deux loges ; dans les fleurs femelles, un ovaire supérieur , un style, deux stigmates. Les semences sont petites, recouvertes par le calice presque à moitié, entourées d’une

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FIGUTIER.

enveloppe charnue : elles constituent le véritable fruit. — Le figuier est un arbre qui s'élève à la hauteur de quinze à vingt pieds et plus, sur un tronc lisse, souvent tortueux ; les rameaux chargés de poils rudes, très-courts; le bois spongieux et blanc; le suc propre laiteux, très-âcre. — Les feuilles sont grandes, pétiolées , alternes, épaisses, rudes et couvertes de poils courts, profondément divisées en trois ou cinq lobes obtus, sinueux. — Les figues, dans lesquelles sont renfermées les fleurs et les semences, sont presque sessiles, placées le long des rameaux de l’année. Elles se montrent, surtout les premières , avant les feuilles : on en distingue un très-grand nombre de variétés ; la plus délicate est celle connue sous le nom de figue marseillaise.

Toutes les parties tendres du figuier, lorsqu'elles sont fraiches, renferment un suc laiteux, amer et très-âcre. C’est même à ce suc blanc et corrosif que les réceptacles charnus, auxquels on donne le nom de figues, doivent l'odeur nauséeuse et la saveur repoussante que ces productions offrent avant leur maturité. À cette époque, la figue éprouve un mouvement interne , une sorte de fermentation latente qui y développe une grande quantité de sucre , change son goût vireux en une saveur douce extrêmement agréable, et convertit son parenchyme amer en une pulpe succulente d’excellent goût.

La grande quantité de matière saccharine et de mucilage que renferment les figues bien müres, en fait un des alimens les plus nutritifs et les plus savoureux que l’homme puisse trouver dans la nature. L’abondance de ce dernier principe assure en outre à ce fruit un rang distingué parmi les médicamens émolliens, adoucissans , lubréfians, relächans, etc., et le rend d’une utilité incontestable dans le traitement de la plupart des maladies inflammatoires. La figue, ainsi que le remarque M. Barbier, « affaiblit la tonicité des fibres vivantes, elle relâche les tissus organisés, elle diminue lénergie, la vigueur des mouvemens des organes. Cet effet rend utile dans les phlegmasies aiguës la décoction légère de figues. On les recommäande dans les toux sèches avec irritation, et même dans les pleurésies et les péripneumonies. Elles produisent de bons effets dans les douleurs néphrétiques, dans le premier temps du catarrhe vésical, dans les ardeurs d'urine. On s’en sert aussi dans la petite vérole, dans la rougeole. On conseille la décoction de figues dans le lait, contre

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