‹ Flore médicaleChapitre 76 sur 82 · FIGUIER · texte numérisé non relu

FIGUIER

lesquinancie, contre les fluxions aiguës des gencives, lorsqu'il y à tension, gonflement , douleur. On en fait des cataplasmes émolliens que l’on applique avec avantage sur les tumeurs inflammatoires. En un mot, dans toutes les affections pathologiques contre lesquelles on veut diriger une puissance médicinale émolliente, on peut , avéc confiance , se servir de figues. »

Le suc âcre et lactiforme du figuier a des propriétés médicinales entièrement opposées. Les anciens paraissent l'avoir employé à l’extérieur, comme irritant, dans le traitement de la lèpre et autres exanthèmes chroniques. Plusieurs auteurs recommandent d'en frotter les cors et les verrues pour faire disparaître ces excroissances gênantes et parfois très-douloureuses. |

À cause de leur action relâchante, les figues, comme aliment, sont peu convenables aux personnes faibles, aux cachectiques, aux femmes chlorotiques, aux vieillards décrépits. Les sujets dont les forces digestives sont entravées par des chagrins profonds; la vie sédentaire, des excès d'étude; les individus d’un tempérament lymphatique, ceux qui habitent des contrées froides et pluvieuses, des pays bas et humides , en général, les digèrent mal. En revanche leur usage est très-salutaire aux hommes secs et ardens, surtout dans les pays chauds, où l’on éprouve sans cesse le besoin des alimens doux, sucrés et acides. Les figues sont surtout un excellent aliment pour les estomacs robustes. Comme elles abondent en principes assimilables , elles donnent beaucoup de force et augmentent l’embonpoint : aussi formaient-elles chez les anciens la plus grande partie de la nourriture des athlètes. Lorsqu'on en mange modérément, leur digestion , exempte de l'irritation générale qui accompagne l’assimilation des matières animales , et n’exigeant point le travail organique que nécessite la digestion des matières fibreuses et extractives des végétaux, laisse au cerveau toute son activité, à la pensée toute sa force , aux facultés intellectuelles toute leur énergie, et à la raison toute sa puissance; de sorte que plusieurs grands hommes de l’antiquité ont regardé les figues comme un des alimens les plus propres aux méditations philosophiques, et les plus convenables à ceux qui veulent pénétrer dans la profondeur des sciences, ou régler leurs mœurs sur les principes éternels de la morale. Aussi les pythagoriciens en faisaient beaucoup de cas, et Zénon Île stoicien s'en nour-

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