‹ Flore médicaleChapitre 81 sur 82 · LS · texte numérisé non relu

LS

LA FRÈNE FRENE.

. TL CE MENOPRNRREUE Pa penta, Homère.

FRAXINUS EXGELSIOR ; Bauhin, TlivaË , lib. 11, sect. 4; — Tournefort, ne NE clas. r8, arbres apétales.

FRAXINUS EXCELSIOR, foliolis serratis, floribus apetalis; Linné, cl. 23, polygamie diœcie; — Jussieu, clas. 8, ord. 4, Jasminées. Le FRASSINO.

Espagnol. ........ FRESNO. RHemis nn On FRÈNE.

clais... 2: . ASH ; ASH-VREE, Allemand......... xsoux; escaenBaum, Ù Hollandais... ..... rEssexroom.

Ponais 0 2 IESION.

ORNEMENT de nos forêts , le frêne y rivalise avec les arbres les plus élevés : il croît avec rapidité depuis le fond des vallées jusqu’au sommet des montagnes, dans les terrains légers, traversés par des eaux courantes : mais, voisin dangereux, son ombre est mortelle pour tous les végétaux qui en recoivent l'influence ; s’il est surmonté dans sa jeunesse par d’autres arbres, il ne tarde pas à les dominer, et dès-lors tout périt ou languit autour de lui, effet que l’on attribue aux émanations délétères de son feuillage; d’un autre côté, lui-même devient la proie des cantharides, qui, quelquefois, l’attaquent en si grand nombre, qu'elles laissent à peine à ses feuilles le temps de se développer.

Variable dans les différentes parties de ses fleurs, le caractère essentiel de ce genre est particulièrement établi sur son fruit, qui est une capsule allongée, comprimée, indéhiscente, terminée par une aile membraneuse, ne renfermant très-souvent qu’une seule, semence. — Ses fleurs sont polygames, dioïques ou hermaphrodites; le calice nul ou très-petit ; point de corolle ou quatre pétales ; deux à cinq étamines , un style, un ou deux stigmates.

L'espèce de frêne dont il est ici question s’élève fort haut. Son tronc est droit, élancé, très-uni, soutenant une cime d’une belle forme. Ses feuilles sont ailées avec impaire , composées de onze à treize folioles glabres, ovales, aiguës , dentées ; les bourgeons courts, ovales, constamment noirâtres. — Les fleurs sont polygames, les unes mâles, stériles; d’autres hermaphrodites, un peu paniculées : elle sont,

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FRÈNE.

dépourvues de calice et de corolle : l’ovaire est pyramidal dans les

fleurs hermaphrodites, accompagné à sa base de deux petites étamines.

M. Dureau pense que cet arbre est celui qui porte, dans Théophraste , le nom de Gouuwesuaæ; qu'il a ensuite reçu le nom d’ornus des Latins; que ce n’est pas le fraxinus ornus de Linné; qu'un autre frêne, mentionné dans Homère, Aristophane , Théophraste et Dioscorides, sous le nom de we, est le véritable fraxinus des Latins:

Ce frêne offre plusieurs variétés que quelques auteurs ont converties en espèces, telles que le fréne à une feuille, variété occasionée probablement par l’avortement des deux folioles inférieures, ou par leur réunion en une seule ; le fréne à bois graveleux ; celui à bois jaspe ; le fréne à rameaux pendans, etc.

Le frêne à manne est, d’après M. de Lamarck, celui qu'il a nommé fraxinus rotundifolia (Encyel. n°. 3), distingué par ses folioles pédicellées , ovales-arrondies , finement et régulièrement denticulées, inégales à leur base ; la terminale plus obtuse au sommet. M. Desfontaines assure ( Hëst. des arbres, vol. t, page r07 ) que le frêne à fleurs (fraxinus ornus , Lin.), et quelques autres espèces fournissent également de la manne, surtout dans les pays.chauds.: t:

L’écorce de frêne, grisätre à l’extérieur , d’un blanc jaunâtre intérieurement, est inodore, et présente une saveur amère: et austère: Au rapport de Murray , son infusion soit aqueuse ; soit alcoolique ; placée au devant de la lumière du soleil ou d’une bougie, paraît d’un jaune pâle ; tandis que, au devant d’un corps opaque ;-elle est d’un bleu d’azur. L'eau s'empare, au moyen de ébullition , de toute l’amertume de cette écorce, dont la décoction noireit par le sulfate de fer. Enfin on en retiré ‘un extrait aqueux et un extrait résineux amer et siyptique comme l'écorce elle-même. Les feuilles fraîches sont amères-et légèrement acerbes. Ses semences joignent à cette même amertume une odeur particulière. Le suc épais qui découle du tronc et des branches de cet arbre, qui se concrète quelquefois spontanément à la surface de’ses feuilles et de son écorce, constitue la manne. Quoique trèsdoux , ce suc ne contient que très-peude sucre. Ïl paraît formé-de trois principes; 1° l’un susceptible de se cristalliser, auquel-le professeur Thénard a imposé le nom de mannite, et dans lequel-réside la saveur sucrée; 2° l’autre incristallisable etrmuqueux; 3° un prineipe dont la nature chimique n’a pas encore été convenablement étudiée , et au-

FRÈNE.

quel la manne paraît devoir son odeur et sa saveur nauséabondes.

L'écorce de frêne, analogue au quinquina par ses qualité physiques , s'en rapproche encore par ses propriétés médicinales. Avant la découverte du Nouveau Monde, elle était regardée comme un puissant fébrifuge. D'après les témoignages de plusieurs praticiens cités par Edwig , elle aurait été employée contre les fièvres intermittentes avec le même succès que l'écorce du Pérou. Les essais plus récens de MM. Coste et Willemet ne sont point contraires à cette opinion, puisque sur douze malades atteints de fièvres intermittentes, auxquels ces médecins ont administré l'écorce de frêne, huit ont été guéris immédiatement. Cette substance se donne pendant l’apyrexie, de la même manière et avec les mêmes précautions que le quinquina, par doses fractionnées d’un gros , à des époques plus ou moins rapprochées, selon le type de la fièvre, et de manière que le malade en prenne une once ou une once et demie dans lintervalle de deux accès. Plusieurs observateurs distingués n'ont point, sur les effets de écorce de frêne, une opinion aussi favorable. L'illustre Torti l’a employée sans succès, et M. Chaumeton n’a pas été plus heureux. Mais le quinquina lui-même guérit-il toutes les fièvres intermittentes , qui cèdent ensuite avec facilité à d’autres moyens ? Cette écorce indigène a été préconisée en outre dans les hémorrhagies , les diarrhées et les dysenteries chroniques; et certes, si la médication tonique avec astriction pouvait être utile dans ces maladies, nul doute que cette substance n’y fût employée avec avantage : mais la vive lumière que M. Broussais a répandue sur la nature de ces redoutables phlegmasies, n’a-t-elle pas suffisamment appris à se méfier, dans leur traitement, de toute médication excitante? Glauber et Bauhin ont également préconisé les bons effets de l’écorce de frêne, dans le lithiasis et dans Ja néphrite; comme si les toniques et les astringens ne devaient pas en général être exclus du traitement de ces affections ! On peut croire , avec quelques auteurs, qu’elle a été employée quelquefois avec succès dans la goutte atonique, le scorbut, et contre les vers, On s'en est servi dans le traitement des obstructions et de la maladie vénérienne ; quelques auteurs lui attribuent même, sous ce rapport, une puissance égale à celle du gayac : mais il est permis de douter de ces assertions, aussi bien que des succès que le docteur Gilibert pense en avoir obtenus contre le scrofule.

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