‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 18 sur 84 · Racine · texte numérisé non relu

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GRATIOLE :

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CLXXXVIIÉ GRATIOLE.

GRATIOLA CENTAURUÏDES; Bauhin, [IipaË, 270:

Zatin.......,,{ GRATIOLA OFFICINALIS ; foliis lanceolatis serralis , flori- ‘) bus peduneulatis. Linné, diandrie monogynie. Jussieu , clas. 8, ord. 7, famille des scrophulaires.

Francais ..... GRATIOLE OFFICINALE ; HERBE À PAUVRE HOMME. - Lialien..,.... GRAZ10LA; GRAZIADEI.

Espagnol. ...." cracIoLA.

Porlugais .... GRACIOLA.

Allemand .... WIiLDAURIN; GOTTESGNADENKRAUT.

Hollandais. . .. GENADEKRUID; GODS GENADE.

Anglais ...... HEDGE-HYssors.

Danois ...... GUNES NAADES URT.

Suédois. ..... NADEORT ; JORDGALLA.

Polonais... KoNITRUD.

| HONOR LICHARODOTSCHNAJA TILAWA.

Hongrois. .... csiKorco-Füù.

Inconnue aux anciens , ou du moins méconnaissable dans leurs ouvrages, cette plante a recu, dans des temps plus modernes, le nom de grâce de Dieu, de gratiole, puis le nom xulgaire d'herbe au pauvre homme, à raison des puissantes vertus qu’on lui attribuait. Elle croit aux lieux aquatiques , sur le bord des étangs, en France, en Allemagne, etc.

angée. parmi les personées , elle présente, pour caractère £ssentiel, un calice à cinq folioles oblongues , accompagné de deux bractées; une corolle tubulée, à deux lèvres peu distinctes, la supérieure échancrée , l’inférieure à trois lobes égaux ; quatre étamines didynames, dont deux stériles ; un style; un stigmate à deux lames , une capsule ovale, divisée en deux loges par une cloison simple ; les semences petites etnombreuses.

Ses racines sont blanches, rampantes, horizontales , garmes de fibres qui s’enfoncent perpendiculairement dans la. terre, 1

Ses tiges sont droites, cylindriques, glabres, ordinairement très-simples, hautes d’environ un pied et plus, garnies de feuilles sessiles , opposées, glabres, ovales-lancéolces , Plus où moins dentées » Marquées de trois nervures longitu-dinales.

Les fleurs naissent solitaires dans l’aisselle des feuilles, Pédonculées , d’un blanc jaunêtre, quelquefois un peu pur-

49°. Livraison. à

purines à leur limbe, longues de six ou huitlignes ; le tube un peu courbé, la lèvre inférieure barbue intérieurement; les pédoncules presque aussi longs que les fleurs. * (P.)

Quoique inodore, la gratiole est douée d’une saveur amère, . un peu nauséeuse; elle imprime aussi une légère astriction sur la langue ; mais la dessiccation lui enlève une partie de ses qualités physiques et de ses propriétés médicales. Suivant Marcgraf, l'extrait aqueux qu’on en retire est beaucoup plus amer, mais Surtout beaucoup'plus abondant que l’extrait résineux ‘qu’elle fournit, D’après l'analyse de cette plante, “par M. Vauquelin, les propriétés actives dont elle jouit paraissent résider dans une substance très-amère qui se rap=,# proche des résines par sa solubilité dans l'alcool, mais qui en diffère cependant én ce qu’elle est soluble, quoique moins facilement, dans une grande quantité d’eau chaude,

Les qualités émétique et purgative de la gratiole ont été connues des anciens, et, de nos jours, les habitans des, campagnes en font quelquefois usage pour se purger. Au rapport de Haller, los troupeaux rejettent celle qu’ils trouvent dans les prairies; les chevaux en mangent quelquefois de desséchée, mélée au foin, et l'on a remarqué qu’elle les ‘amaigrit et qu’elle les purge. PS

Toutes les parties de cette plante, son suc, son extrait €b la matière amère particulière qu’elle renferme, exercent une action très-énergique sur l’économie animale. Elle produit le yomissement, des selles abondantes , des coliques , la sus perpurgation. Ses eflets excitans s'étendent, dans certains} ‘cas, à l'appareil urinaire, au système dermoïde, aux glandes,h salivaites, à l’utérus, et, par fois, elle produit ainsi ‘diurèse, des sueurs, la salivation et l'orgasme génital. Cette action de la gratiole, sur divers appareils de la vie organiques justifie jusqu'à un certain point les vertus émétique , dras= tique , antelminthique, emménagogue qu’on lui a accors dées ; mais doit-on, avec Heurnius, Ettmuller, Hartmann; Joel, etc. , admettre son cflicacité dans l’anasarque!, Pascite et autres hydropisies? À l’exemple de plusieurs auteurs, péut-on croire aveuglément à $a toute-puissance contre les fièvres intermittentes , la goutte, le rhumatisme, et les ob= structions des viscères? Les éloges qhe Cramer, Bouldue et autres praticiens, ont prodigués à la racine de cette plantes administrée comme yomitive, én guise d’ipécacuanha dans la dysenterie, ne sont-ils pas dangereux, en autorisant des hommes peu réfléchis à employer une substance aussi activ@ dans une maladie qui repousse , en général, tous les irritans® Les succès que Kastrzewski attribue à l'usage intérieur de

gette même racine contre les ulcères vénériens ‘du mez, de.

: la gorge, du front, contre les chancres du énis, le phymo- ES

sis, les engorgeémens du testicule , suite de la blerinorrhagie répercutée, contre laleucorrhée , ete. » peuvent:ls être admis par un esprit sain comme des faits incontestables ? La lguérison de la gale,, obtenue, suivantle docteur Delavigrie, par l'administration ‘intérieure della décoction de gratiole, doit-elle être , avec plus de raison, attribuée à cette plante, quand on voit, suivant la remarque de M. Vaidy, longuent citrin d’une part, et les lotions avée la dissolution de sublimé -corrosif de l’autre , faire partie da traitement? Enfin,, les applications extérieures de cette plante , ‘préconisées contre’la. goutte et les rhumatismes , ne doivent-elles pas être sévèrement restreintes aux cas où ces affections se présentent à Pétat chronique ? Etcommele remarque encore judicieusement M. Vaidy, si Césalpin Matthiole ‘et plusieurs autres

‘de nos prédécesseurs , ont ‘eu ka faiblesse de croire que la

gratiole guérissait prompiement les plaies et les ulcères sur lesquels on l’applique , les progrès de la’ chirurgie permettent-ils d'adopter aujourd’hui, d’une maniere générale , une semblable opinion ? |

À raison de son action très-énergique sur l'appareil dig'esüf, la -graliole est, sans contredit, un médicament très-

2. propre à opérer la médication purgative avéc excitation gé—

nérale. Sous ce rapport , elle a pu être quelquefois adminisrée avec sucéès dans les Bydropisies essentielles du tissu cellulaire et du péritoine , exemples d’inflammations et ac- . Compagnées de pâleur, de flaccidité, et d’un relâchement : général des solides; elle à pu être avantageusement employée dans beaucoup de cas pour expulser Les vers des inlesiins, ainsi que l’attestent Sala, Tabernamontanus et Boulduc; comme drastique » SON usage a pu être encore utile dans le traitement de certaines affections chroniques rebelles, accompagnées ou produites par l’inertie et la torpeur du canal intestinal , telles que l’hypocondrie, la goutte alonique , Valiénation mentale ; et c’est ainsi qu’il faut expliquer la gucrison des trois maniaques dont parle Murray d’après Kostrzewski. Enfin des HRttau dites et d’une sensibilité ob tuse, comme le sont la plupart des ‘paysans ét des hommes livrés à des travaux pénibles, ont pu, dans certains cas, se purger avec la gratiolesans inconvénient ; mais Pactivité extrème de cette plante doit la faire rejeter dans toutes les Maladies aCCOMmpagnées d’inflammation locale, de chaleur : de soif ou d’irritation générale ; elle doit être en outre sévèrement proscrite comme dangereuse chez les personnes faibles et délicates, les enfans, les femmes grosses, les vieillards,

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de même que chez les sujets pléthoriques ou très-irritables. En général , la gratiole peut être remplacée avec ayantage par plusieurs substances purgatives d’un effet tout aussi éertain, sans être sujettes aux mêmes inconvéniens. Outre la superpurgation et autres accidens qui suivent, dans beaucoup de cas, l'administration de cette plante, les observations curieuses publiées par M. Bouvier en 1815, ont appris que la décoction de gratiole, prise en lavement, a donné lieu, chez plusieurs femmes, à une vive irritation de l'appareil sexuel, et à tous les symptômes de la nymphomanie la plus furieuse.

La racine pulvérisée peut être administrée comme vomitive, jusqu’à un scrupule. La plante elle-même se donne comme purgative, en substance, d’un à deux scrupules, ou en décoction dans l’eau, le lait et le petit-ait, ou bien en infusion dans le vin, à la dose de quatre à huit grammes (un à deux gros) sur un litre de liquide. Elle parait être la base de l’eau d'Husson, non moins fameuse qu'une foule d’autres arcanes bien moins propres à guérir les malades, qu'à faire là fortune des charlatans.

BuEnCKEL (1. 1.), De graliolé ; in-4°. Argentorali, 1738. KoSTRZEWSKL (sean), Dissertatio de gratiolä, cum figurä; in-40, Viennæ , 4

Z20nEL, De graliolé ejusqueusu, præsertim chirurgico ; in-4°. Erlangæ, sommer (2.), Devirtule el vi medicä gratiolæ officinalis; in-4°. Regio-w . monli, 1796. > . | ; DELAVIGNE (6. F.), Dissertalio de gratiold officinali ejusque usu in morbis cutaneis; in-4o. Erlangæ, 1799- “++ès Yi

(Laplante est représentée de grandeur naturelle)

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