‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 35 sur 84 · IMPR · texte numérisé non relu

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IMPÉRATOIRE.

tMPERATORTA; Bauhin, [lupaË.

IMPERATORIA ALPIN A MAXIMA; l'ournefort, cl.7, sect, 4, gen.r. Laun. .. ..,,. IMPERATORIA OSTRUTHIUM; foliis ternatis, foliolis trilobis.

Linné, pentandrie digyÿnie. Jussieu , clas. 12, ord, »!, famille des ombellifères

Français. .... 1mPÉRATOIRE.

Lialien...... « IMPERATORIA.

Æspagnol..... 1mPERATORrA,

Porlugais .... 1MPERATORIA.

Allemand .... mEersrerwurz.

Anglais. ..... MASTER-wWorr. , Hollandais ... mMEEsTERwoRTEL.

Danois ..... « MESTERURT. , Suédois. ....: MASTEROT.

L’impératoire ne diffère de langélique que par l'absence de la collerette à la base de l’ombelle générale : elle offre d’ailleurs le même port ; son caractère essentiel est le méme: Il consisie en un calice très-court, entier , peu apparent ; cinq pétales presque égaux, courbés, échancrés en cœur à leur sommet ; cinq étamines de la longueur de la corolle; deux Styles très-ouverts ; deux semences bordées d’une aile mem. braneuse , munies sur le dos de trois petites côtes,

Sa racine est grosse, noueuse, presque tubéreuse , garnie de fibres longues et rampantes : elle produit une tige creuse; épaisse , glabre, cylindrique, longue d’un à deux pieds.

Les feuilles sont pétiolées , composées de trois folioles élargies, trilobées et dentées ; les pétioles membraneux à leur partie inférieure,

Les fleurs sont disposées en une grande ombelle privée de collerette, soutenant des ombellules qui ont pour collerette quelques folioles très-étroites ; à peine de la longueur des ayons ; la corolle est petite et blanchitre.

Gette plante croît aux lieux ombragés ; dans les pâturages des montagnes en France, et dans les contrées tempérées de l’Europe. : CP)

La racine d’impératoire est noueuse, comme annelée, un brun grisâtre à l'extérieur, blanche intérieurement; Dans l’état frais, elle exhale une odeur forte aromatique ; sa Saveur est Âcre, amère , désagréable, et ; quand on la mâche, elle pique la langue et détermine une sensation de

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chaleur jusque dans l’arrière-bouche, Lorsqu'on l’incise , il en découle un fluide lactescent d’un blanc jaunâtre, amer, et d’une âcreté presque aussi forte que celle du suc des tythymales, Un peu d'huile volatile très-odorante, un extrait spiritueux amer et très-âcre, évalué à un cinquième par Neumann , et un extrait aqueux, amer et nauséeux, qui va au-delà de la moitié selon Lewis: Tels sont les principes que analyse chimique a démontrés dans cette racine.

Des propriétés physiques aussi prononcées, assignent à l’impératoire up rang distingué parmi les plantes stimulantes; et si elle n'est pas d’un usage plus fréquent dans les pharmacies , cela tient moins à son peu d’énergie qu’à la grande quantité de substances analogues que nous possédons. Cette racine , en effet, excite vivement la plupart des sysièmes de l'économie animale. Lorsqu'on la mâcbe, elle agit sur les glandes buccales et parotides, et provoque la sécrétion de la salive. Introduite dans l'estomac, elle excite l’action de ce viscère, active la digestion, et irrite même l'intestin au point de provoquer la sécrétion et l’excrétion d’une grande quantité de gaz. Son inflience sur les proprittés vitales des reins, se fait sentir par l’émission d’une plus grande quantité d'urine. Dans certains cas, son action se porte spécialement sur les exhalans cutanés , et il en résulte une augmentation de transpiration. Elle augmente ainsi Paction de la membrane muqueuse des bronches, active la sécrétion mu queuse dont elle est le siége, et favorise l'expectoration. Quelquefois elle agit sur l'utérus, et provoque l'écoulement menstruel. Enfin, appliquée à Pextérieur sur des surfaces dénudées ou ulcérées, elle avive les plaies blafardes, et dé-

terge les ulcères atoniques. De ces effets découlent les ver—

tus sialagogue, stomachique, diurétique , diaphoretiqüe , expectorante, emménagogue , détersive , elc., qu’on a accordées à la racine d’impératoire. Toutefois, comme cette racine aromatique n’agit, comme tous les toniques, qu’en augmentant l’action des organes, il en résulte que ses propriétés ne sont que relatives à l’état d’atonie et de relâche-= ment, dans lequel on suppose ces derniers ; ce qu’il ne faut jamais perdre hs vue , quand on examine les effets conséculifs que les auteurs lui attribuent dans les maladies.

Ainsi , les éloges qui lui ont été prodigués par Hoffmann et plusieurs autres médecins, contre les flatuosités , les coliques venteuses, l’inappétence, et dans les affections obscures qu'on rapporte vaguement aux obstructions viscérales ; les avantages que Chomel lui attribue dans la rétention d'urine et la néphrite ; son eflicacité, selon certains auteurs, contre

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Pasthme et l’hystérie ; la réputation dont elle à joui comme expectorante dans certains embarras du poumon attribués à la pituite, ne peuvent point être admis d’une manière absolue, et doivent s’entendre uniquement des cas où ces maladies , exemptes d’inflammation et d’irritation manifestes , exigent les médications toniques. L'on sait aujourd’hui parfaitement que si la gêne de la respiration , la rétenton d'urine ou la suppression des règles, par exemple, étaient dues à un état de phlogose ou à une pléthore , soit générale, soit locale, la racme d’impératoire ne ferait qu'augmenter Le mal. Les effets immédiats de cette racine paraissent donc spécialement applicables aux maladies atoniques. Forestus rapporte que, mâchée, elle a fait cesser l’hystérie ; Cullen la considère comme un masticatoire très-utile dans Vodontalgie et dans les fluxions dentaires. En poudre , elle a “été administrée avec succès, par Decker, contre la paralysie de la langue. Lange lui attribue la même efficacité qu’au quinquina dans le traitement des fièvres intermittentes’ rebelles, et particulièrement dans celni des fièvres quartes. L'on peut croire, en effet, qu’elle à pu être quelquefois utile contre ces affections. Mais il faut à-peu-près reléguer au rang des fables , tout ce qu’on a débité sur Les propriétés alexitères et alexipharmaques de cette plante , et sur sa yertu contre les venins. S. Pauli composait, avec cette racine et l’axonge, un onguent dont il sesservait pour le traitement de la gale. On en saupoudre quelquefois les ulcères sordides et atoniques pour activer leur cicatrisation.

Cette racine est administrée intérieurement en substance de treize décigrammes à quatre grammes (un scrupule à un gros), et en infusion , à dose double. Elle entre dans la composition de l’orviétan de Charas, de la thériaque et du vinaigre thériacal. 11 ne faut pas oublier que Ja racine d’im- 5 a beaucoup plus d'énergie lorsqu'elle végète sur les montagnes, que lorsqu'elle croît dans les plaines, ou qu’elle est cultivée dans l’étroite enceinte de nos jardins,

vi ( La plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle)

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