‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 46 sur 84 · JOUBARBE · texte numérisé non relu

JOUBARBE

RGrec........ &eiÇwoy (x) LEY«. Théophraste.

SEDUM MAJUS VULGARE; Bauhin, Ilivyaë, liv. 7, sect. 5, } SEDUM MATUS ; ARBORESCENS ; T'ournefort, cl. 6, sect. 6, gr, Lalin......,.{ sempervivun TECTORUM ; folis cilialis , Propaginibus patentibus. Linné, dodécandrie, dodécagynie. Jussieu, : cl. 14, ord. 1, famille des joubarbes Français... jourARBE (2); GRANDE JOUBARBE ; JOUBARBE DES TOITS. lialien...... sempreyivo.

Espagnol... sIEMPREVIVA pr TEJADOS.

Porlugais ... sEmPREvIvA.

Allemand. .. HAUSWURZEL; GROSSER HAUSLAUCH, Anglais. .... common Housezrer.

Hollandais... nursrook.

Wuédois..... Huusrék.

ANOÏS.. .:.. HUUSLÔG.

Polonais..." rozcnonnir WIELRI.

Russe...) ‘mcHesnor DIKOI.

Hongrois. ... naz: 201.

Tandis que l'imagination s’entrettent d’idées mélancoli, ques , excitées par les effets de la vétusté, souvent une belle Yégétation ramène dans notre ame cette douce gaîté qu’ins- Pire la présence des fleurs : c’est ainsi qu’elle adoucit le tableau toujours affligeant de la destruction , en plaçant , sur les ruines et les vieux murs, ces jolies joubarbes à fleurs Purpurines, où, par un contraste avec ces arides localités, elles forment un parterre des plus agréables, ” Celle dont il agit ici, a des racines alongées, d’une grosseur médiocre, traçantes, fibreuses, peu ramifices. Leur : Collet est garni de rosettes de feuilles persistantes , serrées les unes-contre les autres.

Ces feuilles sont sessiles , imbriquées , tendres, charnues ,. » ovales, aiguës, glabres à leurs deux faces, ciliées à lears bords, souvent rougeûtres vers leur sommet. | De leur centre s’élève une tige droite , velue , longue d’an Lpied et demi, garnie de feuilles éparses. Elle se divise à son. mommet en rameaux étalés, courbés en dehors, sur lesquels

(1) De del, toujours, et w05,",0y , vivant.

(2) De Jovis barba, barbe de Jupiter. s 54°, Livraison, d, »

( 160 } sont je , en forme d’épi, des fleurs presque sessiles, purpurines, un peu velues, la plupart tournées du même côté, Elles offrent pour caractère générique : un calice profondément divisé en douze à quinze folioles aiguës, persistanies ; autant de pétales lancéolés ; vingt-quatre à trente étamines.

Les ovaires sont au nombre de douze à quinze , accompagnés chacun à leur base d’une écaille nectarifére ; les styles simples, courbés en dehors. Il en résulte autant de capsules uniloculaires , s’ouvrant longitudinalement à leur côté intérieur, renfermant des semences placées sur un seul rang à la suture de chaque capsule.

On trouve cette plante en Europe, sur Îles toits, les vieux murs et les collines pierreuses. | ‘ES

La joubarbe exhale une odeur à peine sensible. Sa saveur est aqueuse , fraiche , âpre , styptique , et comme salée ; ses feuilles succulentes renferment une grande quantité de suc aqueux, opaque , acidule et astringent, qui noireit avec le sulfate de fer, et forme, par le contact de l’alcool, un coagulum blanchâtre, dont l'aspect est analogue à celui de La crème de lait. l |

Les feuilles de cette plante grasse déterminent, lorsqu'on | les mâche, un sentiment de fraîcheur et une astriction re- | marquable , qui indiquent manifestement Les propriétés réfri- |

érantes , astringentes et détersives dont elles sont douées. | ‘À l'intérieur, on a fait usage de leur sue exprimé dans la | dysenterie , où nous en approuverions volontiers l'emploi, si f mous pouyions admettre l'utilité des astringens dans cette

hlegmasie. On lui a attribué de bons effets contre les ma- Lies convulsives. Les paysans, partout simples et crédules, s’en servent quélquefois contre les fièvres intermittentes qui ! Jes affligent, et sans doute quelques succès peuvent être at= tribués à ce moyen, tout aussi bien qu'a cette foule de prétendus fébrifuges préconisés avec emphase par les médicastres et les charlatans ;, mais il faut avouer qu'aucune obser- | vation exacte, ni aucune expérience positive, n’a constaté son elficacité contre ces diverses affections.

De nos jours, on ne fait*pluSuüsage de la joubarbe qu’à | l'extérieur. Galien l’employait sous ce rapport contre a

phlegmon et l'érysipèle. On en a recommandé l'application

‘contre la brülure. Scopoli et Rosenstein faisaient usage du

‘suc de joubarbe, associé au miel, dans les aphtes des en- |

fans, et Boyle contre l’angine. Van Swiéten en employait ’ } o P J

la pulpe au pansement des fissures des mamelles ; d’autres

ont vanté ses bons effets contre l’orgeolet ou phlegmon des

(161) paupières, et quelques auteurs se louent beaucoup de son application sous forme de cataplasme, sur les tumeurs hé-

morroïdaires, Dans certaines contrées le peuple croit à la

toute-puissance des feuilles de joubarbe pour guérir les coupures. Le coagulum, que l'esprit de vin opère dans le suc de cette plante ; a été vanté enfin comme propre à dissiper les éphélides ou taches du visage, mais cet ‘effet est plus que douteux. On sait, du reste, que la joubarbe, de même que tous les topiques, ne peut que s'opposer à la guérison des coupures , comme de toute autre plaie, et que le seul traitement eflicace de ces sortes de solutions de continuité consiste cans le rapprochement pur et simple des parties divisées. À l'égard des hémorroiïdes, les accidens graves qui peuvent résulter de lapplicatio des astringens sur les tumeurs auxquelles elles donnentlieu, doivent rendre extrêmement circonspect sur l'emploi de la joubarbe dans leur traitement. Cette plante réfrigérante peut être appliquée avec succès sur les fissures des mamelles, et employée contre Vangine et contre les aphtes, lorsque ces affections sont lentes, peu douloureuses, et d’un caractère muqueux ; fais

‘elle y serait plus nuisible qu’utile, si elles étaient accompa-

gnées de beaucoup de douleur et d’irritation , Où d’un état inflammatoire très-intense, Nous faisons la même remarque à l’occasion de la brèlure : à l'instant mème de cet accident, surtout dans les brûlures au premier degré, nul doute :que les applications de joubarbe pilée ne soient aussi avantageuses et même préférables à cette multitude de remèdes composés, absurdes ou intempestifs, qui ont usurpé une sorte de réputation populaire contre cette affection ; mais il est beaucoup de cas où cette plante n’y Convient pas mieux que les autres astringens. On sait, en outre, que l'érysipèle guérit beaucoup plus sûrement sans aucun topique, qu'avec la joubarbe, et que le phlegmon réclame en général des moyens beaucoup plus émolliens. PAU :

Le suc, exprimé et dépuré de cette plante, peut être administré intérieurement à la dose de soixan te-quatre grammes \(deux onces) et plus. On en prépare un sirop qui est souvent incorporé, ainsi que lee lui-meme, dans des collyres, des gargarismes el autres médicamens Styptiques et astringens. IL suffit d’écraser ses feuilles dans un mortier pour les disposer à former des cataplasmes rélrigérans, . Dans certaines contrées, la joubarbe est honoôrée d’une sorte de respect religieux ; les simples et crédules habitans des campagnes lui accordent la puissance de prévenir les enchantemens et les maléfices des prétendus sorciers. Elle croît

(162 ) | abondamment sur les toits et sert à affermir ou à assujettir les tuiles et le chaume sur l’agreste habitation du laboureur. Modeste ornement des chaumières, bienveïillante protectrice de humble cabane du pauvre, elle est ainsi, aux yeux du sage , préférable à cette foule de végétaux, que l ignorance , l'erreur, la crédulité ou limposture , ont fastueusement décorés des vertus Les plus mensongères, des propriétés Les plus contradictoires. Et elle est plus digne de nos hommages que tous ces monstres de végétation obtenus avec effort, en torturant la nature, et que le luxe assemble à grands frais, pour flatter,

par quelques sensations stériles et éphémères, les sens bla=

sés des oisifs et des oppresseurs,

(La plante est réduite à lu moitié de sa grandeur naturelle Fa

à NS :

1. Feuilles radicales. à 2. Fleur entière, de grandeur naturelle. | Le 3. Etamine. s AC 4. Fruit mulüple, à a:

5. Capsule isolée. L , 6. La même coupée dans sa longueur. tu

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