‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 47 sur 84 · Graine isolée · texte numérisé non relu

Graine isolée

JOUBARBE fpeëte)

e. LL

2 | JOUBARBE (rErirr).

; SEMPERVIVUM MINUS, VERMICULATUM, ACRE; Bauhin, [ivaë » Liv. 7, sect. 5.

+ SEDUM PARVUM, ACRE, FLORE LUTEO; Tournefort, el. 6, Latin........{ sect. 6,gen. tr. nt à ? SEDUM ACRE ; fois subovatis, adnato-sessilibus gibbis erecliusculis alternis, cimd trifidä. Linné, décandrie pentagynie. Jussiea, cl. 14, ord. 1, famille des joubarbes.

Francais...... PETITE JOUBARPE.

alien. ...... SEDO.ACRE; PINOGHIELLA.

Espagnol... srvo ACRE; VERMICULAR.

OTÉUSAIS. ... VERMICULARIA. :

llemand..... MAUERPFEFFER.

Anglais... war PEPER; PEPER CROP.

ollandais ... muur reper.

uédois.. :... FETRNOPPAR.

SSC. :....+ MOTODILE.

D. cos... ECO Hixpoy , Théophraste.

dt $ … La petite joubarbe , que l’on nomme encore vermiculaire £ Lorpin brélant , etc. , n’appartient point au même genre que Das en ue : elle est rangée parmi les sedum, genre nom-

Wbreux en espèces, à fleurs blanches ou jaunes, beaucoup:

pus petites, moins brillantes que celles des sempervivum ; 11 se caractérise par un calice à cinq divisions (rarement de: Muaire à sept) ; cinq pétales ; dix étamines ; cinq ovaires, auant de styles courts ; cinq écailles à la base de l'ovaire ; cinq capsules.

. Ses racines offrent une souche grêle, rampante, garnie de quelques fibrés , d’où s’elèvent plusieurs tiges médiocre-

"ment rameuses , droites ou ascendantes , longues au plus de, “rois ou quatre pouces.

. Les feuilles sont nombreuses , éparses , serrées, droites Mourtes , épaisses , presque ovales, un peu aplaties en des- “ous, prolongées vers Le bas à leur point d'insertion; d’un Mert clair, quelquefois rougeàtres dans leur vieillesse, d’une #ayeur âcre et brûlante. :

«Les fleurs sont sessiles, d’an beau jaune vif, plactes le

Ong des rameaux d’une cime, souvent divisée en trois Branches.

55°, Livraison. a,

Les divisions du calice sont ovales-oblongues, obtuses ; les pétales ovales, landéolés » aigus.

Cette plante croît partout en Europe, sur les vieux murs ; | dans les lieux secs, arides , Exposés au soleil, (P.3% |

L’odeur de la petite joubarbe n’est pas plus marquée que | celle des autres plantes grasses : sa saveur est chaude, pi-! quante et âcre, ce qui lui a fait donner le nom de poivre des: murailles, sous lequel on la désigne vulgairement. Son! âcreté paraît essentiellement résider Re le suc qu’elle ren-! ferme, et qui jouit des mêmes propriétés que la plante elle-A même ; l'analyse chimique n’a point encore fait connaître sa composition. Bergius a remarqué toutefois que la décoc- | lion aqueuse, jaunâtre , inodore , Âcre et nauséeuse de cette plante, n’éprouve aucun changement par le contact du sul! fate de fer.

Deux chiens, auxquels M. Crfila à fait avaler quatre onces et demie de suc de sedum acre, et sur lesquels il a lié im médiatement après l’œsophage, ont éprouvé des efforts de vomissement , un accablement remarquable , une insensibi= lité absolue, des mouvemens convulsifs dans les pattes, et ont succombé dans l’espace de vingt-quatre heures. Après léur mort, on a trouvé la membrane muqueuse de l'estomac ! d’un rouge de feu, les poumons rougeîtres et plus denses que dans état ordinaire. Lorsque cette plante est introduite dans l’estomac de homme, elle se borne, pour l’ordinaire, à produire des vomissemens et unie purgation plus ou moins violente. Mais son action excitante peut s'exercer consécu= tivement sur différens apparéils organiques, et donner lien à différens phénomènes secondaires qui lui ont fait donnerk les titres de diurétique , apéritive , détersive, fébrifuge, etc. Sous ces différens rapports, on a vanté le sedum acre dans le traitement de plusieurs maladies, et particulièrement contrée . Fhydropisie, le scorbut, le scrofule, les fièvres intermittentes, l’épilepsié, lés ulcères sordides , les chancres , la gangrène , @b | même contre les cancers. Il ne faut cependant pas perdre de vue que l'irritâtion vive que lé sue de cette plante pro= duit sur lappareil digestif, est susceptible d’y déterminer l'inflammation et l’ulcération, et qu’elle peut même donner h la mort en opérant une lésion consécutive du système uer= h veux, Ce qui fait que, à l'exemple de Boerhaave, ou doit avoir beaucoup de méfiance sur son administration inté= rieure. ; ee

Au rapport de Murray, Bulow, médecin suédois, l’'admimislrait intérieurement contre le scorbut, en décoction dans le lait et dans la bière, Cette dernière décoction était asso=

. C6) | eiée par lui avec le miel rosat dans des argarismes dirigés contre le gonflement des gencives, et émployée au pansement des ulcères qui surviennent souvent dans, cette affection : il appliquait aussi la plante elle-même cuite , en cataplasme , sur les articulations, pour remédier à la contracture des membres chez les scorbutiques. Marquet prétendit, de son côté, que lesuc, ainsi qué la pulpe de celte joubarbe, avaient une grande efficacité contre les ulcères , les chancres et les cancers. Plusieurs faits publiés en Allemagne , et quelques observations faites en France, semblent annoncer que cette plante a été administrée avec succès dans quelques cas d’épilepsie. L'on doit entré autres à M. Péters cinq obseryations d’épilepsie et de chorée , dans lesquelles le sedum acre, administré en poudre de huit à dix grains par jour, pendant un certain temps, a guéri un malade, -et retardé ou affaibli les accès chez les autres. Le suc et la décoction de cette plante paraissent avoir guéri quelquefois les fièvres intermittentes. Enfin , son sue et sa pulpe jouissent de beau coup de vogue pour le traitement des cors et des durillons. Remarqnons, toutefois , au sujet des effets thérapeutiques, sans doute trop libéralement et trop légèrement attribués à la petite joubarbe , que-si ces applications ont paru quelquefois utiles pour remédier à certains symptômes du scorbut, nous De une foule de moyens beaucoup plus puissans, et

Caucoup plus certains contre cette maladie. Malgré les assertions de Marquet, peut-on d’ailleurs lui attribuer raison nablement contre les ulcères carcinomateux et les cancers , ! d'autre effet que celui de déterger leur surface fongueuse , et de diminuer la quantité et la puanteur de l’ichor infect qui découle parfois de ces affreuses ulcérations? Il en est de même à l'égard de la gangrène, contre laquelle nous possédons une foule de moyens dont les avantages sont beaucoup Mieux constatés. Quant aux succès qui sont attribués au Sedum acre contre l’épilepsie et Les fièvres intermittentes , les observations sur lesquelles ils reposent, sont en trop petit nombre pour qu’on puisse admettre définitivement son eff Cacité contre ces affections pathologiques , qui exigent, Comme on sait, des méthodes de traitement très-varices, et SOUYEnt même entièrement opposées les unes aux autres,

On administre cette plante sèche, sous forme pulvérulente, Puis vingt-cinqjusqu'à soixante-quinze centigrammes (cine % quinze grains). Son suc dépuré se donne à la dose d’une

emi ou d’une cuillerée , et sa décoction de trente-deux à Soixante centigrammes (deux à quatre onces), Elle entre dans La composition de l’'onguent populéum, On en préparait

jadis üne eau distillée qui a Joui, contre la gravelle, d’une réputation dont le temps afait justice , parce que , à l’exemple de tant de réputations usurpées , elle ne reposait que sur des illusions et des erreurs, F

(La plante est représentée de grandeur naturelle )

A Früit, MEL 49,514

2 Capsule coupée dans sa longneur, pour faire voir le point d'attache . … des graines.

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