‹ Flore médicale (volume 3)Chapitre 120 sur 201 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

Organes extérieurs des végétaux. Du tissu cellulaire et rétieulaire.

Tour est jouissance pour l'observateur de la nature. A peine initié dans ses mystères, mille objets auxquels il était en quelque sorte étranger, lui deviennent intéressans. Il n’est pas une plante, pas une feuille, pas un seul brin d'herbe, qu’il ne veuille examiner. Une curiosité jusqu'alors inconnue éveille son attention, l'excite par ses puissans aïguillons. Quelle ressource pour l'exercice de: la pensée qu’une science qui place habituellement autour de nous des objets si dignes de nos recherches! Ce bois couvert de lichens et de mousses, destiné à être dévoré par les flammes, ne leur sera livré qu'après que l’organisation en aura été observée. On se demande : Qu'est-ce que ces couches concentriques tracées sur sa coupe horizontale, ces rayons divergens qui partent du canal médullaire, et vont se perdre dans les couches corticales de la circonférence? Qu'est-ce que ces mêmes couches appliquées les unes sur les autres en feuillets minces, réticulés? Quelles sont ces liqueurs qui les abreuvent, cette mucosité qui les empâte, cette pellicule mince et diaphane qui les recouvre? Qu'est-ce que cet élégant réseau quise développe dans les feuilles au milieu de leur substance molle et verdâtre? Telles sont les questions qui se présentent d’elles-mêmes dès que notre esprit est dirigé vers l'observa-. tion, questions que nous essaierons de résoudre à mesure que nous traiterons des différentes parties des végétaux, Mais que nous ne pouvons considérer ici que d’une manière générale.

Il est évident que ce que nous venons d’apercevoir à la simple vue constitue les organes primaires des végétaux, mais ils ne se présentent que dans une sorte de confusion qui nous dérobe leur forme et leur action. Tout est mystère aux yeux de l’homme; et lorsqu'il veut passer, des effets qu'il admire, aux causes qui les produisent, il ne parvient qu'avec peine à en soupconner quelques-unes à travers le

3°. Livraison. :

voile qui les couvre; les autres, il les devine d'après le peu qu'il a pu observer; et c'est alors que l'esprit de sysième l’écarte souvent des routes de la vérité, que les opinions s’entre-choquent, surtout uand il s’agit de ces observations délicates fondées sur à perfection de ces instrumens qui viennent au secours de notre vue. Des qu’une fois L'on a établi les bases d'une opinion sur quelques faits particuliers, on ne voit plus ce que les autres disent avoir vu, et comme l'usage du microscope exige une longue habitude, beaucoup d’adresse dans la préparation des objets; une perfection dans cet instrument, qui n'existe pas également dans tous, il s’ensuit qu'il est souvent bien difficile de vérifier ce que les autres disent avoir observé; il faut alors , si l’on veut sortir de l'incertitude, admettre avec confiance ce qu'ils n’ont dns vu qu'avec doute, ou tracé avec un crayon infidele, entraînés par l’ascendant de leurs premières idées. On conçoit combien ilest difficile de se décider au milieu de ces discussions épineuses : mais que ces difficultés ne nous rebutent point ; en écartant tout ce qu'il west pas donné à l'œil de saisir, ne nous attachant qu’a ce que nous VOyONS, NOUS aUrONS encore beaucoup à voir, Surtout si, nous arrêtant aux points les moins contestés, nous laissons les hommes se débattre avec leurs systèmes.

Les organes des plantes, comme ceux de tous les êtres vivans, sont composés de solides et de liquides. Les solides forment un tissu organique, dans lequel on distingue, du. moins en apparence, deux sortes d'organes diversement modifiés. Les premiers sont formés de filamens allongés qui se croisent en différens sens, s’entremélent, se ramifient , s'anastomosent, s'appliquent par couches les uns sur les autres, et présentent un réseau à mailles très-inégales, plus où moins serrées ; on le nomme éissu vasculaire où réticulaïre (PL2;, fig. 7, 8, représentant une feuille de chène et le fruit du datura stramonium ) : i] est facile à distinguer dans les feuillets de lécorce des végétaux ligneux. Ces feuillets s'enlèvent et se séparent très-aisément dans Les vieux bois ou dans ceux que l'on a fait macérer dans l'eau : ce sont ces mêmes feuillets qui, dans le tilleul, fournissent n0$ cordes à puits; dans l'arbre dentelle, ce joli réseau que l'élégance de ses mailles a fait comparer à une belle gaze : les filamens du chanvre et du lin, que L'industrie a su employer pour la

fabrication des toiles et des cordages, appartiennent encore aux mêmes organes. Le tissu vasculaire existe également dans la masse du bois; mais il est beaucoup plus serré et plus dur : il y forme ces veines que lon aperçoit sur les coupes longitudinales, et qui donnent tant d'agrément à nos meubles. On a donné à ces filamens le nom de f£bres végétales, nom très-impropre, sans doute, ces organes ne pouvant être assimilés aux fibres des animaux, dont ils s’éloignent également par leur caractère et leurs fonctions. Ces prétendues fibres ont été reconnues pour une réunion de vaisseaux tellement fins, qu'ils s'offrent très-souvent à l'œil nu comme un seff filament, tels que dans le chanvre et le lin, mais qui se séparent quelquefois d'eux-mêmes, surtout à leur sommet, où ils se divisent en aigrettes : ainsi séparés, ils conservent le nom de vaisseaux *. Ces mêmes fibres s'étendent et se ramifient dans le corps des feuilles en un réseau à mailles beauconp plus larges : les plusgrosses fibres portent le nom de nervures, les plus fines celui de veines. C'est toujours le même organe, dont les dernières ramifications sont beaucoup plus menues. : 2: HAN CELL Les organes dela seconde Sorte occupent l'intervalle des fibres et des mailles : ce sont de petites vésioules, également désignées sous les‘noms d’utricules, de cellules, ét leur ensemble sous-celui de tissu cellulaire (pl. +, fig: 1,2, 3). Vu à une forte loupe, il se présente comme une mousse:savonneuse ; selon l'expression ingénieuse de Gien he petites arniq extrêmement minces constituent les parois des cellules, et ont recu le nom de tissu membrancux : les unes sont vides, les autres occupées par une substance molle, souvent verdâtre, quelquefois blanche, jaune ou rougeûtre, selon la nature des sucs propres. Dans les feuilles, ce tissu forme le parenchyme la pulpe dans les fruits. On attribue encore aux parois exterues de ce même tissu la formation de l’épiderme , membrane très-mince qui recouvre extérieurement toutes les parties des plantes. Il est aussi très-probable que lamoelle ; renfermée dans un canal central ou répandue/ dans les autres parties des plantes, appartient également au tissu cellulaire. 2:

: J'ai cru, pour ne point m’écarter du langage reçu, devoir conserver le nom ae aux vaisseaux réunis en paquets. Il me suffit, pour être entendu, d’en avoir déterminé le-sens: ù

Voilà à peu pres tout ce que la simple vue nous apprend sur lesorganes mtérieurs des végétaux, désignéssousles noms de tissu vasculaire et de tissu cellulaire. On conçoit que ces connaissances sont trop imparfaites pour nous conduire à une explication satisfaisante des fonctions et des produits des végétaux. Si-nous voulons acquérir des idées un peu plus étendues, nous serons forcés, malgré ce que j'ai dit plus haut, d'entrer pour un instant dans un monde presque invisible ; nous pourrons y vérifier ce que l'œil n’a fait que soupconner ; surtout étant guidés par les savantes lecons de M. le professeur Mirbel, d'autant plus dignes de confiance, qu’elles sont fondées sur des observations faites avecäle plus grandsoin, et souvent répétées. J’emprunterai ici les expressions de l’auteur, qui réunit à un excellent esprit d’ob+ servation le talent de rendre ses idées avec beaucoup d’élégance et de clarté. | À |

«La substance-des végétaux est formée d’un tissu:membraneux , cellulaire et continu, plus ou moins transparent, dit M. Mirbel :. La membrane qui constitue le tissu membraneux est d’une épaisseur variable, selon la nature particulière des espèces,et l’âge des individus; elle:est pourvue de pores, les uns visibles, les autres invisibles. Ces ouvertures sont Lt bordéés de petits:bourrelets Le et calleux, qui se détachent en ombre quañd on oppose le tissu membraneux à la lumiere. F, 108 é "15

«Pour rendre plus évidentes les-diverses modifications du tissu membraneux, je le diviserar systématiquement en deux organes élémentaires : 1°. le tissu cellulaire ; 2°. le tissu vasculaire. Le premier est composé:de cellules contiguës les unes aux autres, et dont les parois sont communes (plz, fig. 1, 2, 3). Ces cellules tendent d’abord à se dilater dans tous les sens ; mais chacune d'elles étant comprimée par les cellules adjacentes, et souvent aussi par les parties dures du végétal ,ilarriveque leur forme dépend surtout des résistances qu’elles éprouvent. Lorsqu’elles n’en éprouvent d’autres que celles qu’elles: s’opposent mutuellement , ce qui a lieu d'ordinaire au centre de la moelle, et dans les racines et les fruits charnus ou pulpeux, leurs coupes hori-

1 Elemens de physiologie vegetale, ete. , tom. I, Page 27-

(HET) zontales et verticales offrent fréquemment des hexagones r€guliers, comme les alvéoles des abeilles.

« Les parois des cellules sont très-minces et aussi transparentes que du verre : elles sont quelquefois criblées de pores (pl. 1, fig. 1) dont l'ouverture n’a peut-être pas pour diamètre la trois centième partie d’un millimètre; plus rarement elles sont coupées de fentes transversales Cle fig. 2), si multipliées dans quelques espèces, que les cellules ÿ sont transformées en un vrai tissu réticulaire, tel que la moelle du relumbo. ;

« Îlest à remarquer qu’en général les pores sont nombreux et rangés en séries transversales lorsque les cellules sont très-allongées, et qu’au contraire ils sont épars et peu nombreux lorsque le diamètre des cellules est, à peu de chose pres, égal dans tous les sens. |

« Le tissu cellulaire ne recoit les fluides et ne les transmet que très-lentement.

« Le tissu cellulaire régulier et peu poreux compose ordinairement toute la moelle; il forme aussi presque toute l'écorce. On l’observe en grande abondance dans les cotylédons épais, dans les racines charnues, dans les fruits pulpeux, etc. Macéré dans l’eau, il s’altère et se détruit facilement.

« Les couches ligneuses des dicotylédons, et les filets ligneux des monocotylédons, sont formés en grande partie de tissu cellulaire; mais les cellules y sont très-allongées, et y paraissent comme de petits tubes parallèles les uns aux autres : de la le nom de tissu cellulaire allongé (pl. 7, fig. 4). Leurs parois sont épaisses, à demi-opaques, quelquelois percées de pores très-fins; leurs cavités s’obstruent dans les anciennes couches des arbres. Ce tissu, qui consütue la partie la plus solide des végétaux, ne se dissout point dans l’eau.

« Les rayons médullaires, qui marquent la coupe transversale des tiges des arbres dicotylédons de traits semblables aux lignes horaires d’un cadran, sont presque toujours des séries de cellules allongées du centre à la circonférence, et dont par conséquent la direction coupe à angles droits le fil du bois. Les cellules des rayons médullaires rencontrent,

chemin faisant, les vaisseaux du bois, et s’abouchent avec eux par le moyen des pores. |

« Le tissu. cellulaire régulier a peu de eonsistance ; aussi arrive-t-il quelquefois qu'il se déchire, et laisse, par sa défection , des vides plus où moins considérables dans le COrps du végétal : ce sont des Zacunes (pl. 2, fig. 3). Elles se montrent surtout dans les plantes aquatiques, et elles y sont distribuées avec tant de symétrie, que les botanistes, étrangers aux recherches anatomiques, les ont considérées comme représentant Ja structure primitive du végétal. On peut reconnaître leur existence, à la simple vue, dans le typha, le nymphæa, etc. Elles se forment dans un ordre de choses si sagement combiné, qu’elles n’apportent aueun préjudice à la végétation. Le plus ordinairement elles ne contiennent que de l'air; ce qui, peut-être, les rend très-utiles aux plantes aquatiques » dont le tissu, pénétré par une trop grande quantité d’eau , s’altérerait en peu de temps.

€ Le tissu vasculaire est composé des tubes ou vaisseaux des plantes : ils en parcourent les différens organes, s'unissent par de fréquentes anastomoses, et forment ainsi une sorte de réseau. Leur calibre est cylindrique, ou ovale, où anguleux : ils distribuent, dans toutes-les parties, l'air et les fluides nécessaires à la végétation. Leurs parois sont fermes, épaisses, peu transparentes. Ces vaisseaux sont de très-longues cellules unies au reste du tissu, et percées d’ouvertures latérales, qui permettent aux fluides de se répandre de tous côtés.

« On distingue six modifications principales dans les vaisseaux des plantes : 1°. les vaisseaux en chapelet ou moniliformes ; 2°. les vaisseaux poreux ; 3°. les vaisseaux fendus, ou fausses trachées; 4°. les trachées ; 5°. les vaisseaux mixtes; 6°. les vaisseaux propres. |

« 1°. Les vaisseaux en chapelet( pl. x, fig. 13 ) sont des cellules poreuses placées bout à bout , ou, si l’on aime mieux, des tubes poreux resserrés de distance en distance, et coupés de diaphragmes percés à la manière d’un crible. On les trouve fréquemment dans les racines, et à la naissance des - branches et des feuilles : ils servent d’intermédiaires entre les gros vaisseaux des tiges et des branches, et c’est par leur moyen que la sève passe des unes dans les autres.

«2°, Les vaisseaux poreux (pl 1, fig. 5, 6) sont criblés de pores rangés en séries transversales ; ils existent dans toutes les parties du végétal où la sève circule avec

uelque liberté : ainsi on les trouve dans Le corps des racines, le bois des tiges et des branches, les grosses nervures des feuilles, etc. Îl-ne faut pas se les représenter comme des tubes continus depuis la base du végétal jusqu’à son sommet, ils se joignent, se séparent, se rejoignent encore, disaraissent quelquefois, et se changent toujours en tissu celae Le extrémités. Les pores qui les couvrent sont, un sont plus durs et

en général, d'autant plus fins, que les . d’un grain plus serré.

« 5. Les fausses trachées ( pl. x, fig. 7,8) sont des tubes coupés de fentes transversales, ou , si l’on veut, des tubes à larges pores. Ces vaisseaux ne diffèrent donc des tubes poreux que par une nuance légère : on peut les observer dans le bois, et particulièrement dans celui d’un tissu mou et lâche. Ce sont , aussi bien que les trachées, les principaux canaux de la sève : 1ls la portent d’une extrémité du végetal à l'autre, et la répandent, à la faveur des pores, dans toutes les parties latérales. Lorsque les fentes des fausses trachées sont tresprolongées, chacun de ces vaisseaux paraît composé d’une suite d’anneaux placés audessus les uns des autres. |

« 4. Les trachées (pl.1, fig. 9, 10) sont des lames étroites, argentées, ordinairement élastiques, roulées en tire-bourre ; et bordées souvent de petits bourrelets calleux : elles sont comme passées à travers le tissu qui leur sert de gaine; elles n’y adhèrent que par leurs extrémités; néan* moins , il est évident qu’elles ne sont que des modifications des fausses trachées. On les trouve dans les tiges dicotylédones, autour de la moelle et dans les tiges monocotylédones, ordinairement au centre des filets ligneux. Elles se développent, en général, dans les parties jeunes et tendres, dont la croissance est rapide. L'âge ne les fait point disparaitre; mais elles s’obstruent à la longue par l'effet de la nutrition. L’écorce et les ceuches annuelles du bois n’en contiennent jamais, les racines en offrent rarement. Le procédé le plus simple pour les observer est de briser une jeune branche, ou de déchirer une feuille, ou même-un petale, sans secousses violentes; comme les trachées se déroulent en restant attachées par leurs extrémités aux deux portions de la partie qu’on a divisée, il est aisé d’en reconnaître la structure. Ï y a des trachées à hélice double ( pl: 1, fig. ro), triple, quadruple, etc. Les trachées sont si abondantes dans.

us (54) Hd le bananier, qu’on a proposé de les extraire pour en fabriquer des étoffes : elles sônt encore très-faciles a observer dans les feuilles du plantain , de la scabieuse, etc. / « 5°. Les vaisseaux mixtes (pl: 1, fig. 11) sontalternativement, dans leur longueur, percés de pores, fendus transversalement , et découpés en tire-bourre; ce qui prouve que les quatre espèces précédentes ne sont que de modifications les unes des autres. Telle est la simplicité de Porganisation végétale, que souvent un même tube revêt successivement toutes les formes que je viens de décrire en parcourant les différens organes. Ainsi, une trachée de la tige peut se terminer dans la racine en vaisseau en chapelet, devenir fausse trachée dans le nœud situé à la base de la branche, parcourir celle-ci sous la forme de tube poreux, et reprendre, dans les nervures des feuilles, ou dans les veines des pétales, où dans les filets des étamines, la forme de trachées. Les trachées marchent presque toujours en ligne droite et sans déviation ; les autres tubes, au contraire, se courbent de côté et d'autre : tous se métamorphosent, vers leurs extrémités, en tissu cellulaire; en sorte qu'aucun n’arrive jusqu’à l'épiderme sous la forme de vaisseau.” | « 6°. Les vaisseaux propres (pl. 1, fig. 4) ont des parois sur lesquelles on ne découvre ni fentes ni pores : ils contiennent des sucs huileux, résinenx, etc., propres à chaque espèce de plantes. On les observe dans les écorces, la moelle, les feuilles, les corolles, etc. Ils se distinguent en deux espèces : 1°. les solitaires, qui, peut-être, ne devraient être considérés que comme de simples réservoirs de sucs propres; 2°. les fasciculaires formés par la réunion de plusieurs petits tubes placés à côté les uns des autres, distribués dans le tissu cellulaire de l'écorce (pl. 2, fig. 1) ayec plus où moins de symétrie. Les vaisseaux propres du chanvre et de l'asclepias syriaca afpartiennent à cette sorte de vaisseaux. La filasse que lon retire de l'écorce de ces plantes est formée par le déchivement longitudinal des mêmes vaisseaux. Toutes les plantes ne semblent pas être pourvues dé vaisseaux propres. Ces vaisseaux, très-visibles dans les jeunes pousses, disparaissent souvent dans les vieilles tiges et les branches, parce que, dans certains VÉgé” taux , ils sont constamment repoussés à la circonférence, et

finissent par se dessécher, et que, dans d’autres végétaux ,

LE (Fast) do ils sont recouverts et oblitérés, après un laps de temps plus. ou moins long, par les nouvelles couches , qui augmentent la masse du bois. » | Pour suivre avec quelque intérêt la disposition de ces oxganes, que la simple vue nous a fait à peine entrevoir ; pour les distinguer avec plus de facilité et en concevoir les fonctions, il a fallu nécessairement nous aider des découvertes que le microscope a offertes à nos meilleurs observateurs. Ils y ont retrouvé ces deux sortes d'organes, désignés sous les noms de üssu vasculaire et de tissu cellulaire, que M. Mirbel a considéré très-judicieusement comme une simple modification d’un organe unique, le tissu membraneux composé de cellules, tres-petites dans le tissu cellulaire, allongées et prenant la forme de vaisseaux dans le tissu vasculaire (pl. 2, üg. 1, tranche horizontale de l’asclepias fruticosa ; fig. 2, coupe verticale d’un jeune rameau du salvia hispanica ). Ces deux sortes d'organes ne paraissent différer en effet que par leur forme : leurs parois sont de même nature, com Munes avec celles qui les avoisinent, la plupart percées de pores où coupées par des fentes transversales. Les vaisseaux ne sont donc pas des organes isolés, détachés du tissu; mais ils font corps avec lui; leurs parois sont communes avec celles des cellules qui les touchent; en un mot, un vaisseau u'est rien autre qu’une cellule très-allongée, tubulée, et non Un Vaisseau proprement dit, enfin un véritable tube, expression que M. Mirbel. préfère à celle de vaisseau. Les fâres ne sont également que ces mêmes tubes ou vaisseaux obstrués, durcis par le dépôt des molécules alimentaires : ajoutons enfin que les cellules, communiquent aux tubes, les tubes aux cellules par les pores dont on ne peut raisonnablement nier l'existence, prouvée par latransfusion des fluides colorés d’une cellule dans l’autre, et des tubes dans les cellules. se | “Lorsque lon plonge, dit M. Mirbel; le bout-supérieur où inférieur d’une jeune branche:chargée de feuilles dans une liqueur colorée, la liqueur est as irée, el son pas sage dans Ja branche est marqué par la 1 as des vais- Seaux ; on voit même quelquefois le tissu voisin se teindre d'une auréole, qui s’affaiblit en s’éloignant du centre de:coloration, Cette expérience concourt à prouver que lasève, aspirée par, les racines où les feuilles > Monte ou descend

(56) par les grands tubes, et s’épanche latéralement par les pores. »

- Avant d'aller plus loin, arrêtons-nous encore un instant sur une grande division des végétaux, qui, à la vérité "doit trouver place ailleurs, mais dont il faut donner ici quelque connaissance : il s’agit de la division des plantes en monocotylédones et dicotylédones. Si, après avoir fait macérer dans l’eau, pendant quelque temps, la semence d’une fève, d’un haricot, etc., a dépouillons de ses enveloppes, nous trouverons deux corps charnus, farineux, appliqués Pun sur l’autre, qui se séparent d'eux-mêmes, et ne tiennent ensemble que par le point où se trouve le germe ou le rudiment de la jeune plante, la plantule, dont la partie inférieure, la radicule, est saillanté en dehors, tandis que la partie supérieure, la plumule, est renfermée dans les deux corps charnus , que lon a nommés lobes ou cotylédons. Les plantes dont les semences sont pourvues de ces deux lobes, et c’est le plus grand nombre, se nomment dicotylédones ou bilobées : celles ,en bien plus petit nombre, qui n’en ont qu'un, portent le nom de monocotylédones où unilobées, telles que les semences du blé, de J'avoine, etc., en général celles de toutes les graminées, des palmiers, des liliacees. Je donnerai ailleurs des détails-plus étendus sur les propriétés et Les fonctions de cet organe. | RATER

Je n’en ai parlé ici qu'à cause de l'influence remarquable de ces lobes ‘ou cotylédons sur toutes les autres parties de la plante. Cette influence est télle,, qu'il est facile, au seul port d'une plante, de juger; même sans l'inspection des cotylédons , si elle appartient aux monocotylédons où aux dicotylédons : je ferai connaître ces différences en traitant de Vorganisation interne et des parties extérieures des plantes. Je ne parle pas ici d’une troisième division, les acotylédons, dans laquelle on range les plantes que Jon regarde comme privées decotylédons : ce sont les plus simples des végétaux. Ils ne sont guère composés que de tissu cellulaire, sans au eune apparence de vaisseaux ; On les a nommées, par cette raison, végétaux cellulaires : la fruetification n’est encore, dans Ja plupart, que très-imparfaitement connue. Linné les a caractérisés par le nom de cryptogames (plantes dont le-mode de fécondation est inconnu ). Les champignons , les plantes marines, les conferves, les lichens , les mousses, etc,

me - cuil Sénat

(57) appartiennent à cette division. J’ÿ reviendrai lorsque je traiterai des familles naturelles. X

Nous allons maintenant nous occuper de la coupe horizontale de ce bois dont nous avons suspendu la combustion (pl. 2, fig. 6). Il nous offre dans son centre un axe plus ou moins épais, plein ou occupé par une moelle desséchée (fig. 6, d); autour se dessinent des cercles concentriques (fig. 6, b, ©, d), traversés par des lignes divergentes qui partent du centre et vont se perdre dans la circonférence (fig. 6, d). Ces cercles ou plutôt ces couches annulaires sont d'autant plus dures et plus serrées, qu’elles sont plus intérieures. Essayons maintenant de diviser ces couches dans leur longueur, nous en viendrons aisément à bout pour les couches extérieures, surtout si le bois est humide, s’il a été macéré dans l’eau. Les premières, celles qui appartiennent à l'écorce, nous fournissent des lanières minces, réticulées ; celles qui suivent ont leurs mailles beaucoup plus petites ; elles le sont encore davantage dans l’aubier , qui vient après et entoure le bois : celui-ci, dans sa coupe longitudinale, ne présente plus que des veines prolongées en différentes directions.

Tels se montrent les végétaux ligneux dans leur état de perfection ; mais, avant d’y parvenir, ils ont éprouvé plusieurs degrés d’accroissement, qu il faut chercher à connaître, pour nous rendre compte de ce que nous venons de voir. En soumettant à notre examen de jeunes rameaux , nous nous mettrons à même d'observer par quels moyens la nature est parvenue à former ce corps ligneux, épais et très-dur qui occupe la presque totalité du tronc des arbres. Considérons une jeune branche en pleine végétation, nous retrouverons sur sa coupe horizontale toutce quenous avons vu plus haut (pl. 2, fig. 1, 6), mais dans un état de fraicheur et de vie qui nous donnera l'explication de cette organisation intérieure, altérée et masquée par la vieillesse. La moelle, renfermée dans son canal médullaire, en occupe le centre; viennent ensuite le bois et l’aubier, peu distingués l’un de l’autre dans le premier âge; enfin les couches corticales , recouvertes par phone Nous allons examiner chacune de ces parties 1s0ément.

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