‹ Flore médicale (volume 3)Chapitre 126 sur 201 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

Les tiges, les branches et les rameaux.

L: tige est cette partie des plantes qui sort du collet de la racine, se dirige dans l'air, produit et soutient les branches,

| les rameaux, les feuilles et les fleurs ; c'est par elle que leur

arrivent les sucs nourriciers puisés par les racines dans le sein de la terre; c’est par elle que chaque espèce est placée dans la situation qui convient le mieux à sa constitution. Si les plantes ont besoin d’un air vifet pur, leur cime est portée presque jusque dans les nues par un tronc droit et robuste. Exigent-elles un air plus humide ou plus dense? leur tige s'élève peu, ou se courbe vers la terre. Doivent-elles couvrir les rochers, se répandre en guirlandes sur les autres arbres, pendre en festons de leurs rameaux ? elles ont alors des tiges grêles, souples, pliantes, constituées de manière à embrasser, par leurs circonvolutions, le tronc des grands arbres, à s’y cramponner par des vrilles ou par de petites racines sorties de leurs articulations. Îl.est d’autres plantes destinées à ramper sur la terre, à se glisser sous les broussailles : elles sont pourvues de tiges longues, flexueuses, trainantes, toujours attachées au sol qui les nourrit. Ainsi le but de, la nature se montre dans tous ses travaux. Si Les tiges sont longues ou courtes, ‘droites où rampantes , celte divection est la suite des fonctions qu’elles ont à remplir, étant chargées de-porter la cime des es dans la partie de l’atmosphère qui leur est la plus favorable.

Les tiges ont un port particulier qui n’est presque jamais sans élégance : les unes sont lisses, cylindriques, pyramidales; les autres creusées par de profondes cannelures, ou torses, anguleuses, quadrangulaires; d’autres divisées et fortifiées par des anneaux, par des nœuds habilement ménagés. Les unes, fières de leurs forces, bravent, par leur masse colossale, limpétuosité des tempêtes; d’autres semblent y céder, par leur souplesse : elles se courbent, mais

5e, Livraison.

(96 ) pour se relever victorienses et triomphantes. Presque toutes fournissent aux arts les modèles de la plus élégante, comme de la plus majestueuse architecture : elle y trouve ses plus # riches ornemens, et cette variété de formes propres aux divers genres de construction. Les pampres de la vigne s’étendent en guirlandes sur Les entablemens ; les amples feuilles de l’acanthe, quelquefois celles du dattier, couronnent les belles colonnes de l’ordre corinthien. Ainsi l’art se perfectionne, s’embellit par l'observation de la nature. " : Avant de faire connaître les différentes formes des tiges et leurs caractères respectifs, je m’arrêterai d'abord aux tiges ligneuses des dicotylédons (pl. 4, fig. 6), si intéressantes sous tant de rapports. Destinées à soutenir uné cime ample et touffue, à lutter contre l'impétuosité des vents, les tiges des végétaux ligneux devaient être nécessairement douées d’une force suffisante pour résister aux dangers auxquels les expose leur grande élévation. La nature a dirigé leur organisation vers ce but; elle les a rendues d’une dureté, d’une solidité admirables, en aceumulant couches:sur

couches, année par année, en les resserrant, les consolidant M

de plus én plus, à mesure que le végétal s'élève et qu'il a besoin de plus de force. : #4 «al

Pour concevoir cette opération, il faut examiner l'accroissement annuel des tiges tant en grosseur qu’en longueur. Si nous prenons la plante dès son origine, c’est-adire au moment où la jeune tige, sortie de la terre, commence à s'élever dans l'air, nous n’y remarquerons qu’un w tissu cellulaire on une moelle très-abondante, entourée de trachées, de fansses trachées, etc., premiers linéamens de Pétui médullaire. Leur développément se fait avec assez de rapidité, et l'on y distingue bientôt une première couche de liber, qui s'étend, s'allonge, se fortifie peu à peu, tandis qu’une couche plus intérieure forme de l’aubier. De nouvelles couches se joignent aux premières, les recouvrent; d’autres leur succèdént et s’allongent dans les mêmes proportions : l’ancien aubier, avec le temps, passe à l’état Hgneux ‘. Ces nouvelles productions se forment par une substance mucilagineuse, le cambium, qui transsude entre le liber et l'aubier ; la tige grossit , s’élève par ces additions : elle conti-

: Voyez la note suivante. “

nuerait ainsi sans interruption, si la végétation n’était pas suspendue par l’arrivée des frimas. ; | À cette époque, c’est-à-dire au moment où s'arréle la pousse d’une première année, la tige est alors revêtue d’une couche ligneuse; elle est terminée par un bouton qui doit, l'année suivante, la prolonger par son développement. Elle reste ainsi stationnaire pendant tout l'hiver ; mais, dès qe retour du printemps la végétation reprend son activité, le jet de l’annéeprécédente, qui a terminé sa longueur, n’augmente pts qu’en grosseur par une nouvelle couche de liber et d’aubier,, qui s'établit également sur le bouton à mesure qu'il se prolonge pour former un second jet : mais cette nouvelle pousse, cette pousse de l’année, n’est revêtue que d’une seule couche de liber et d’aubier, tandis que celle de la précédente année en a deux ; l’année suivante elle en aura trois, la seconde pousse deux: la derniere une seule, toujours avec un bouton terminal , ainsi successivement d’année en année *; d’où il suit que la tige s’accroit annuellement en longueur - par Le bouton terminal, et qu’elle grossit par les couches corticales et ligneuses. Ce sont autant de cônes durcis et convertis en bois : d’où il résulte que les couches étant plus nombreuses à la base du tronc qu'au sommet, ce sont | celles-là qu'il faut toujours compter, si lon veut connaitre les années de végétation d’un arbre.

Telle est l’idée que l’on peut se former de l’accroissement

| tant en longueur qu’en grosseur des végétaux ligneux : il est plus ou moins rapide, selon la nature des arbres, et selon qu'il est favorisé par toutes les circonstances propres à faciliter la végétation, telles que l'exposition , la nature du sol, une chaleur modérée, des pluies douces et bienfaisantes. ‘Cet accroissement serait indéfini si la nature n’y eût mis des bornes, mais elle a fixé, pour chaque espèce d’arbre, une élévation relative à sa constitution. Le tronc, parvenu à la hauteur qu'il doit avoir, ne produit plus de bouton termi-

1 En avançant que les tiges ne produisent chaque année qu’une seule couche de liber et d’aubier , je n’ai parlé que de celles que l’on peut apercevoir ; car il est reconnu que chacune de ces couches est composée de plusieurs autres formées dans ja même année, mais appliquées Le unes sur les autres en feuillets si minces, qu'il est presque impossible de les séparer, et qu'il n’y a que l'interruption de la végétation d’une année à Vautre, qui nous rende sensible la succession des couches annuelles, leur séparation étant marquée par une teinte facile à distinguer.

nal, ou bien celui-ci reste stérile; les sucs propres à le dés velopper se répandent dans les branches et les rameaux

qui, eux-mêmes , ne se montrent sur le tronc, dans toute leur vigueur, qu'à une hauteur déterminée; les branches inférieures et très-basses qui nuiraient par leur développemebt à l'élévation du tronc, se dessèchent et périssent; les sucs nourriciers les abandonnent pour se porter en abondance dans les branches supérieures ‘ : c’est alors que les arbres se montrent dans toute leur beauté, chargés de branches, de rameaux et de feuilles.

D’après ce qui vient d’être exposé sur l'accroissement des tiges, et ce que j'ai dit ailleurs sur les boutons, il me reste peu à dire sur les branches dont l'accroissement est éxactement le même que celui du tronc : ce qu'il y a de plus remarquable, est leur disposition et leur direction constantes et régulières. Les unes sont alternes, d’autres opposées , éparses où verticillées, et très-ordinairement le même ordre se retrouve dans les rameaux; mais il n’en est pas toujours de même de leur direction: il arrive quelquefois que les branches sont horizontales ou presque verticales, tandis que les rameaux sont pendans ou redressés , étalés ou très-rapprochés ; enfin, la disposition et la direction des branches sont telles, qu’elles nous font reconnaître, même de loin, les differens arbres qui forment, par leur agréable variété, l’ornement des paysages. Qui pourrait, en effet, méconnaître, à sa longue et Yelle cime pyramidale , le peuplier d'Italie, tandis que, par un contraste frappant, les souples et nombreux rameaux du saule-pleureur pendent tous vers la terre? les uns, tels

* Quelle est donc cette cause secrette, inconnue , qui arrête les arbres dans leur accroissement, bornant les uns à une hauteur de quinze ou vingt pieds, permettant aux autres de parvenir jusqu’à celle de cent pieds et plus? Faudra-t-il la chercher dans l'abondance et la force de la sève proportionnée à la grandeur relative que l'arbre doit acquérir, ou bien à une organisation originelle et particulière qui en détermine et en fixe le développement. Questions jusqu'alors insolubles, quoique l’expérience nous apprenne qu'il est, souyent au pouvoir de l’art de modifier les proportions naturelles des plantes ligneuses. C’est ainsi que, la serpe en main , Je cultivateur est parvenu à sonvertir en nains plusieurs de nos arbres fruitiers , ou bien à donner à d’autres une plus grande élévation, en retranchant les branches inférieures, opérations qui, à la vérité, dépaturent l'individu, mais en même temps le rendent plus propre aux services que l’on veut en retirer. I] se rencontre également dans la nature

tine foule de circonstances qui changent le port des plantes, quelquefois …

au point de les rendre méconnaissables.

(99 ) quele cèdre du Liban, étalent horizontalement leurs branches | robustes, comme autant d'arbres implantés sur un tronc gl- | gantesque; dans les autres, les branches, dirigées vers le ciel, forment , avec le tronc, des angles De ou moins ouverts. Le double accroissement des tiges ligneuses en longueur et en grosseur peut également s'appliquer aux tiges herbacées , avec cette différence que celles-ci croissent avec bien | plus de rapidité, ayant à parcourir, dans le court espace d'une même saison, tous les périodes de! leur existence. Comme il n’y a point d'interruption dans leur développement, elles n’ont et ne peuvent avoir qu’une seule couche, un tissu cellulaire plus abondant. Si ces plantes duraient plusieurs années, cette couche passerait, comme dans les arbres, à l'état ligneux , ainsi qu'il arrive en effet aux arbris- | seaux et sous-arbrisseaux. :

Les tiges offrent entre elles des différences importantes qui peuvent fournir de très-bonnes notes pour la distinction | des espèces, et qui entrent même comme caracteres dans “plusieurs grandes familles naturelles, telles que celles des | ‘plantes monocotylédones et dicotylédones. Ces différences dépendent : 1°. de leur consistance et de leur durée; 2°. de

‘leur direction; 3°. de leur forme; 4°. de leur composition. : 1°. Considérées dans leur consistance, elles sont herbacées, lorsqu'elles sont tendres et ne durent pas plus d'un an : on les nomme plantes annuelles : le pavot, le mouron; sous-lisneuses, lorsque leur base subsiste pendant l'hiver, porte des bourgeons, que le reste de la tige périt dans l’année, ainsi que les branches : ce sont les plantes bisannuelles vivaces : la giroflée des murs, la douce-amère (so/anum dulcamara); elles sont Zigneuses, quand leur partie herbacée se convertit-en bois d’une année à l’autre. Lorsqu’elles s'élèvent peu, et poussent des branches dès leur base, ce sont des arbustes; plus d’élévation et de force en font des ‘arbrisseaux. Lorsqu’elles subsistent pendant de longues années, qu’elles s'élèvent fort haut, qu’elles ne se divisent en branches qu’a une certaine hauteur, ce sont des arbres ; ‘leur tige porte le nom de #ronc. Ces trois sortes de tiges ligneuses passent de l’une à l’autre par des ntiances si insensibles, qu'il est presque impossible de les bien caractériser. ‘On distingue la tige solide ou pleine, de la tige fistuleuse, creuse où tubulée dans son intérieur : elle est spongreuse

( 100 ) quand elle est. remplie d’une substance tres-poreuse, ou

qu’elle est revêtue d’une écorce molle, flexible, élastique, comme celle du liége.

2°. Considérées suivant leur direction, les tiges sont ver-

ticales ou dressées, lorsqu'elles s'élèvent perpendiculaire-

ment au plan de l’horizon; obliques, lorsqu'elles s’écartent de la ligne perpendiculaire; inclinées, courbées, lorsqu’elles forment une courbe ou un arc plus ou moins marqué; pen-

chées, quand leur sommet s'incline vers la terre; ascen- N

dantes, lorsque, coudées à leur base, elles se relèvent ensuite vers le ciel; couchées, quand elles sont étendues sur Ja terre sans y jeter de racines ; rampantes, lorsque, étendues sur-la terre, elles s’y enracinent; traçantes où stolontfères, lorsqu’elles jettent çà et là des drageons, qui s’enracinent et produisent de nouvelles tiges ; grimpantes , quand,

trop faibles pour se soutenir par elles-mêmes, elles cherchent un appui, et s'élèvent le long des corps qui les avoi- s sinent : elles sont radicantes , quand elles s’y attachent par

des racines (le lierre ); entortillées ou wolubiles , lorsqu'elles

montent en spirale sur les corps qui leur servent d'appui : elles sont droites, lorsque, quelle que soit leur direction, elles s’allongent en ligne droite; f/exueuses, quand .elles sont courbées en zigzag ; tortueuses., quand elles sont cour- -bées irrégulièrement dans différentes directions. |

3°, Les tiges présentent dans leur forme un grand nombre de caractères, la plupart faciles à distinguer, sans qu’il soit nécessaire de les définir ; je ne citerai que ceux qui pourraient offrir quelques difficultés. Les tiges sont grosses, moyennes, grêles, effilées, filiformes, capillaires, cylindriques, comprimées , à demi-cylindriques, anguleuses, à deux tranchans où à deux angles opposés, triangulaires, quadranguluires où tétragones ; à cinq, six ou plusieurs angles : elles sont striées ou rayees, lorsqu'elles sont marquées de petites lignes longitudinales, peu profondes; cannelées où sillonnées, quand ces lignes sont beaucoup plus profondes et plus larges : elles sont Zisses, ou également unies partout ; dpres, chargées de points rudes, saillans, accrochaus ; velues, quand elles sont couvertes de poils un peu fermes; pubescentes, ces poils sont faibles, courts et mous; cotonneuses où tomenteuses, quand ces poils sont fins, entrelacés, d’un aspect blanchâtre. |

2 M en

( 101.) | 4°. La composition des tiges porte particulièrement sur | leurs divisions en branches et en rameaux. La tige est stm- | ple, lorsqu'elle n’a aucune ramification, ou qu'elle n’en a que de très-faibles : elle est fourchue ou bifurquée, quand el se divise à son sommet en deux branches simples; elle est dichotome ou plusieurs fois hifurquée , lorsque ses deux | premières divisions se divisent elles-mêmes une ou plusiears | fois. j Les branches et les rameaux se distinguent en partie | par les mêmes caractères que ceux que nous venons d’expo- | ser pour les tiges ; ils se distinguent encore par leur attache et leur direction sur ces mêmes tiges. Ils sont épars, placés sans ancun ordre déterminé; opposés, lorsqu’ils naissent par paires de deux points opposés; alternes, situés l’un audessus de l’autre, à des distances à peu près égales; distiqués où rangés en deux séries opposées, croisés (decussati), quand, étant opposés, les paires se croisent à angles droits ; werticillés, lorsqu'ils forment, par leur insertion , un anneau autour de la tige. | | … Comparés dans leur direction avec la tige, les rameaux | sont fashigiés (fastigiati, appressi), lorsqu'ils sont appliqués contre. la tige, et parviennent presque tous à la même EE. quelquefois ils affectent une forme pyramidale; dressés, quand'ils s’en écartent peu; ouverts, très-ouverts, divergens ; quand ils forment un angle presque droit avec la tige; divariqués, lorsqu'ils s’étalent en différens sens, et diffus, lorsqu'ils n’ont aucune direction déterminée ; enfin ils sont réfléchis ou recourbés | formant une courbe plus ou moins marquée; pendans , quand ils tombent perpendiculairement vers la terre. Dans quelques espèces, les rameaux sont terminés par une épine au lieu de l'être par un bouton. | … Nous avons observé dans les tiges des plantes monocotylédones un ordre d'organisation différent de celni des plantes dicotylédones. On les a distinguées par des noms particuliers ; la tige des graminées porte celui de chaume Cpl4, Ag. 5) : c’est un long tuyau creux ou rempli de moelle dans son centre, divisé de distance en distance par des nœuds épais, solides, de chacun desquels part une feuille roulée en gaine à sa partie inférieure. L'intervalle d’un nœud à autre se nomme entre-nœud. Ces chaumes sont simples ou

( 102 ) ramifiés ; les rameaux sont axillaires et ont le même point d'insertion que les feuilles. Dans la plupart des cypéroides, les chaumes sont dépourvus de nœuds (enodes).

La tige des palmiers ‘, que l’on désigne plus vulgairement sous le nom de tronc, parce qu’en effet elle offre souvent les grandes proportions des arbres dicotylédons les plus vigoureux, est distinguée par le nom de stipe, caractérisée par un mode particulier de végétation (voyez page 65). La tige des yucca, des aloès, des dracœna, prend aussi le nom de stipe, quoique modifiée autrement que celle des palmiers. Outre son accroissement en longueur par les fibres centrales, elle croît aussi en grosseur par le développement de celles de la circonférence, d’après les observations de M. du Petit-Thouars. Les tiges des smilax, des tumus , des dioscorea, quoique appartenant à des plantes monocotylédones, se rapprochent de celles des dicotylédones; elles augmentent en longueur et en grosseur, se ramifient , et sont

revêtues d’une écorce. Que de subtilités employées pour

ramener ces sortes de tiges aux principes établis pour celles des monocotylédones! On est tout étonné que la nature ne veuille point se soumettre à des coupes aussi trauchées que uos divisions, et qu’elle se permette de mettre toutes nos méthodes en défaut. Je renvoie le lecteur aux savantes dissertations publiées à ce sujet.

Des difficultés plus nombreuses encore se présentent lorsw’il s’agit de fixer l'idée qu’on doit se former d’une Aampe. £ile. semble tenir le milieu entre le pédoncule et la tige :

elle diffère du premier, en ce qu’elle part immédiatement du collet de la racine, de la seconde, en ce qu’elle porte les fleurs et non les feuilles; elle offre beaucoup d’embarras dans son application. Les uns n’admettent la hampe que pour les plantes monocotylédones. Elle est facile à reconnaître dans la jacinthe, la tulipe, le narcisse, le muguet, etc. On a été la chercher également dans le bananier, parce qu'on a remarqué que la tige de cette belle plante n'était formée que par les bases élargies des feuilles roulées sur elles-mêmes , et que cette tige apparente était traverse inté-

| . PL LA 1 Voyez pl. 4, fig. 7, tronc d'un palmier d'Amérique, en'ouré s la tige d’une plante grimpante qu'on soupçonne él se bauhinsa. Al est placé sur l'escalier de la galerie botanique au Jardin du roi.

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rieurement dans toute sa longueur, à partir du collet de sa

acine, par un long pédoncule qui ne devient visible qu'a l'extrémité de la tige, d’où il pend entre les feuilles, et se

termine par une grappe de fleurs (voyez pl. 4, fig. 4, où ce

pédoncule est représenté dépouillé des feuilles qui lentou-

| rent). On cite encore, pour exemple de la hampe, le plan-

tain, le pissenlit, ete. ; d’autres refusent de l'y reconnaître, prétendant que ces plantes ont une véritable tige, et que c’est d'elle, et non du collet de la racine, que part cette hampe. J'abandonne ces discussions qui m’écarteraient trop de mon principal objet, persuadé d’ailleurs que quelque nom que l’on donne aux soutiens des fleurs, il ne sera pas moins facile de les reconnaître.

Je suis très-porté à donner le nom de souche aux prétendues racines allongées et presque ligneuses des fougères : ce sont de véritables tiges enracinées qui coulent entre deux terres, fournissent des pousses annuelles, se développent par leur extrémité antérieure, d’où s'élèvent des feuilles sessiles ou pétiolées, ainsi qu'il s’en élève de distance en distance de leur surface supérieure (pl. 4, fig. 8). On trouve, dans l'Amérique méridionale, des fougères, qui, au lieu d’une souche ou tige souterraine, offrent une tige verticale, atborescente, assez semblable au stipe des palmiers; elle rs formée par la réunion des nombreux pétioles dont es fibres se dirigent vers les feuilles : elle présente, dans son ensemble, des masses de bois compactes, ou des lames

ligneuses bizarrement contournées (pl. 2, fig. 4).

Quelques auteurs ont encore considéré comme tige, dans les liliacées, ete., ce plateau orbiculaire et souterrain qui sépare les véritables racines, de cette partie, qui, sous la forme d’un oignon ou d’une bulbe, fournit les feuilles et les fleurs (pl 4, fig. 2, 3,9); mais n’est-ce pas abuser des termes,

que de signaler comme tige cette portion de la plante, qui souvent n’a pas plus d'épaisseur qu’une feuille de papier,

tandis que la plante entière s'élève à la hauteur de plusieurs pieds ; dès lors la tige du lis, bien garnie de feuilles dans toute sa longueur , ne sera plus qu’une hampe, et le plateau qui soutient l'oignon, la véritable tige. Dans ce cas, pour prouver l'existence de la hampe qui ne doit point supporter de feuilles, on dira sans doute que ces feuilles ne sont que des écailles foliacées, des bractées ou des spathes, ou bien

(of )

on aura TEGOUTS aux avortemens. Ainsi tout s'arrange selon le système que l’on adopte; on a, pardessus, l'avantage de présenter des idées nouvelles, et de plus la persuasion d’avoir Hs fait pour la perfection de la science, et surtout pour cet amour de la renommée, qui trop souvent nous aveugle dans nos opinions. Je ne m’appesantirai pas davantage sur ces détails, et je ne présente ici ces réflexions que

our faire sentir combien, à force de vouloir subtiliser sur ba mots, on jette de doutes, de difficultés et d’embarras, dans l’étude des productions de la nature.

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