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constitué par son point d'attache. La partie supérieure et ordinairement plus élargie du pétale se nomme /ame : elle correspond au limbe de la corolle monopétale. >.
La corolle polypétale prend un nom particulier d’après Ja forme et la disposition des pétales : 1°. on la dit cruciforme lorsqu’elle est composée de quatre pétales réguliers, placés en, croix, comme dans le chou, la giroflée, etc. (pl. 19, fig. 6). 2°. Elle est rosacée quand les pétales, au
nombre de cinq, ont des onglets tres-courts, et sont disposés comme dans la rose à fleurs simples, le fraisier, la renoncule, etc. (pl. 20, fig. 2). 3°. La corolle est caryophillée quand ces cinq pétales réguliers sont pourvus d'onglets très-longs, renfermés dans un calice tubulé : l'æillet, le lychnis, le silené, etc. (pl. 15, fig: 5). 4°. On a donné le nom de papilionacée à toute corolle composée de cinq étales très-irréguliers, et qui ont recu des noms particupo (pl. 20, fig. 4). Le pétale supérieur, ordinairement plus grand et relevé, se nomme l’étendard ou le pavillon; ie deux latéraux forment les ailes ; les deux inférieurs, ou. séparés , ou soudés ensemble par leur bord antérieur, portent le nom de carène, dont ils ont la forme : telles sont les fleurs des pois, des haricots. et de la plupart des légumineuses.
On peut encore ajouter à ces formes la corolle Z'eulée ou le demi-fleuron , composé d’un tube grêle, très-court, dont le limbe se prolonge d’un seul côté en une sorte de languette, comme dans la chicorée, le pissenlit, ete. (pl. 19, fig..r ). Le fleuron : c'est une corolle monopétale, régulière, infundibuliforme, ayant cinq divisions à son limbe (pl. 19, fig. 2) : elle ne porte ce nom qu’autant qu’elle appartient aux fleurs composées, syngénèses, ainsi que le demi-fleuron : d’où vient que ces sortes de fleurs, réunies dans un calice commun, se nomment //osculeuses lorsqu'elles sont uniquement composées de fleurons (pl. 16, fig. 3); semu-flosculeuses , quand elles n’ont que des demi-fleurons; radiées, lorsque leur disque ou centre est occupé par des fleurons, et leur circonférence par des demi-fleurons (pl. 16, fig. 4).
Telles sont les formes les plus générales de la corolle, parmi lesquelles il y a beaucoup d’intermédiaires qui ne peuvent être rigoureusement désignées que par des descriptions particulières : Tournefort y ajoute les fleurs Ziliacées,
monopétalées, à six divisions, où composées de six pétales. Elles n’ont point de calice; presque toutes appartiennent aux monocotylédones, telles que “ lis, lornithogale, les iris, etc. ( pl 21, fig. 6); les autres corolles, tant monopétales que polypétales, qui ne peuvent être classées ou rapprochées des formes que nous venons d'indiquer, sont anomales , telles que la violette, la capucine, le pied d’alouette, les orchis, etc. (pl. 20, fig. 8).
La corolle, considérée d’après son insertion, est placée sous lovaire : alors elle est Aypogyne, comme dans la giroflée, le liseron, etc.; autour de l’ovaire, périgyne , sux la paroi interne du calice (du tube du réceptacle, selon moi), comme dans le myrte, le rosier, la campanule : elle est placée au sommet de l’ovaire, épigyne, dans les ombellifères, les rubiacées et dans toutes les fleurs syngénèses. Ces différentes insertions, en les combinant avec celles des étamines, ont fourni, à M. de Jussieu, des caractères généraux pour la distinction de ses familles naturelles, et pour établir les rapports entre ces mêmes familles. On peut admettre, comme un principe assez général, que les filamens des étamines sont soudés par leur partie inférieure sur les corolles monopétales, tandis qu’il est très-rare que les pétales, dans les corolles polypétales, portent des étamines. | |
La corolle est quelquefois pourvue d’appendices particuliers sans que sa forme en soit sensiblement altérée : telles sont ces écailles placées à l’orifice des fleurs de la bourrache; ces lames dentelees, saillantes qui garnissent celle du laurierrose ; ce tube en forme de couronne qui occupe le centre des divisions dans la fleur du narcisse : ailleurs ce sont des fossettes, des enfoncemens en forme de godets ou de cuillers, des sillons tels qu’on en voit sur les pétales du lis, des bosses, des cornets, des éperons. Lorsque ces sortes de cavités sont remplies d’une liqueur particulière, elles prennent le nom de nectaires, et doivent être distinguées des appendices proprement dites. x
La disposition de la corolle dans le bouton, ou la manière dont les pétales sont placés, ainsi que les autres parties de la fleur avant son épanouissement, mérite d’être observée : elle ne la encore été qu'imparfaitement. Les pétales sont chiffonnés dans le grenadier, Le ciste, le pavot, etc.; ils
( 173 ) sont roulés en spirale dans l’oxadis, l’hermannia, etc.; imbriqués, se recouvrant les uns les autres dans la rose, etc. Dans É fleurs légumineuses, il en est qui embrassent tous les autres ; la corolle du liseron est plissée. En examinant le développement de la fleur du cobæa, j'ai remarqué que la corolle dans le bouton était à peine sensible, qu’elle se présentait sous la forme d’un anneau fort court, tandis que les filamens étaient déjà très-saillans , les anthères très-grosses, et à leur état de perfection; le calice long d’un pouce, d’une seule pièce; les cinq grandes folioles qui le composent ne se séparant que lorsque la corolle est développée. Les filamens ont d’abord une forme cylindrique; ils sont fortement recourbés au sommet, puis se redressent, s’allongent, se déroulent en spirale, ont alors leurs anthères vacillantes, mais flétries; le style est très-court, les divisions du stigmate peu apparentes; mais, à mesure que les filamens se déroulent, le style s’allonge proportionnellement, et le stigmate se présente avec ses trois grandes divisions : alors les anthères ont déja lancé leur pollen. Il est peu de fleurs dont la position et la forme de toutes les parties soient plus changeantes que celle du cobœa pendant le cours de son
développement : le pédoncule est d’abord droit etfcourt; il
s’allonge et se courbe fortement quand la fleur est épanouie, se redresse après la fécondation, se recourbe de nouveau, et forme une demi-spirale après la chute de la corolle; il reste tel et pendant jusqu’à 1 maturité et la chute des fruits. Cette variété de mouvemens et de positions a un but bien déterminé qui n’échappera pas à un bon observateur. Quelque frappant que puisse être l'éclat admirable des couleurs dans la cols comme elle éprouve quelquefois des changemens très-remarquables dans les individus de la même espèce, Linné a presque généralement exclu la couleur du nombre des caracteres spécifiques." En effet, nos parterres nous prouvent tous les jours combien elle est variable dans la plupart des fleurs que nous cultivons ; comme, d’un autre côté, le cultivateur ne peut produire ces variétés à volonté, qu’elles tiennent à des circonstances qui nous sont encore inconnues, on en a conclu avec assez de raison que ce qui arrive dans nos jardins pourrait bien arriver dans la nature iuculte. Pallas, herborisant sur les bords du Volga, a rencontré l’anemone patens à fleurs blanches, bleues ou
jaunes. Il faut avouer cependant que ces changemens sont assez rares, et qu'il existe, même en très-grand nombre, des espèces où la couleur est invariable. Pourquoi ne seraitelle pas employée comme un caractère distinctif quand l'observation nous a confirmé sa permanence, et qu’elle se joint d’ailleurs à d’autres caractères plus marquans? Du moins il sera toujours bon de la citer. Tandis qu’elle est constamment jaune dans les inules, les épervières, le cytise des Alpes, alle est blanche dans le lis, le cerfeuil, la cicutaire, etc.; enfin, il est un grand nombre de plantes, cultivées ou sauvages, dans lesquelles on n’a jamais remarqué aucune altération dans les couleurs; d’autres nous offrent dans leurs changemens des phénomènes assez curieux ; quelquefois la même plante change la couleur de ses fleurs à mesure que celles-ci se développent, ou ne approchent du terme de leur existence. Le calice coloré de l’hortensia est d’abord d’un vert clair, passe ensuite au rose, au bleu, puis se teint de violet, et se termine par un blanc sale : la couleur rouge du Zathyrus sylvestris et de plusieurs borraginées passe du rouge au bleu. Le fait le plus remarquable dans cette variation de couleurs est celui cité par Andrews
our le gladiolus versicolor. Le matin, sa couleur est Eautés mais elle s’altère pendant la journée, tellement que, vers le soir, la fleur est d’un bleu clair : elle reprend, pendant la nuit, la couleur qu’elle avait la veille, et, pendant les huit à dix jours de son existence, ce changement s’exécute régulièrement chaque jour, excepté vers la fin, où la couleur brune l'emporte et reste seule. Cet exemple est peut-être leseul que nous ayons d’une fleur qui reprenne la couleur et Péclat qu’elle a une fois perdus *.
1 Mirbel, Elem.