‹ Flore médicale (volume 3)Chapitre 29 sur 201 · DATURA épineux (datura stramonium, Lin.). Fruit · texte numérisé non relu

DATURA épineux (datura stramonium, Lin.). Fruit

( 70 } réduit au même état que la feuille représentée par la figure précédente.

Obs. Les figures 4, 5 et 6 donnent une idée de l'aspect que présentent, à l’intérieur, les diverses combinaisons des üssus dans les trois grandes divisions des végétaux , les acotytédones, les monocotylédones et les dicotylédones, A est aisé de voir dans ces trois figures, malgré que les exemples aient été pris sur des points très-éloignés les uns des autres, dans la série naturelle, qu’elles n’offrent pourtant que de simples modifications, diversifiées seulement par l’arrangement divers des deux tissus. Il est bon de remarquer que si, dans la figure 5, le canal médullaire occupe tant d’espace, on y aperçoit en même temps des trainées de tissu cellulaire qui annoncent, dans ces végétaux, une tendance à la formation des rayons médullaires. Comme je l'ai déja dit, ces trois exemples sont pris au milieu et aux extrémités du règne végétal : on doit, en raison des immenses intervalles qui les séparent, être étonné de retrouver encore de l'analogie entre eux. Que serait-ce si,.partant du champignon, qui n'offre que le seul tissu cellulaire, nous suivions toutes les nuances établies par la nature dans le tissu organique des végétaux ? Nous reconnaîtrions que la, comme partout ailleurs, il faut se défier de ces définitions arbitraires, par lesquelles on prétend assigner à chaque objet des caractères nettement tranchés ; que les livres seuls s’'accommodent de toutes ces divisions entièrement désavouées par la nature; qu’elles se détruisent, au moyen des nuances qui les lient, sous les yeux de quiconque les soumet au creuset de l’observation comparée, et qu'en disparaissant elles-entraînent avec elles les prétendues anomalies, fruits de notre ignorance.

TABLEAU I (bis).

Dans ce tableau , on a représenté deux phénomènes de végétation : lun (fig. 1) tend à prouver que la fleur, toute entière, n’est qu'un bourgeon terminé; que ce bourgeon, comme ceux dont résultent les branches, se compose d’un axe et d'organes appendiculaires ou feuilles de la. fleur; et que cet axe, terminé par une sorte d'épuisement nécessaire au développement des embryons, peut, aux dépens des

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graines, lorsque les sucs nourriciers abondent en cette partie,

| continuer de s’allonger, et, en quelque sorte, reprendre des

droits qu’il n’avait cédés qu’en faveur de la fructification. Rien n’est plus commun que ces sortes de végétations, et

| rien en même temps n’est plus propre à nous éclairer sur la

physiologie végétale. C’est surtout parmi les plantes cultil'E à À j ; | vées et souvent nourries avec profusion , que l’on voit le plus

communément ces petits rameaux abrégés ou épuisés, que

| l'on nomme fleurs, continuer de s’allonger au-delà de leur

terme ordinaire; c’est encore à cette tendance naturelle des végétaux à continuer de s’allonger, que nous devons ces roses etre que tout le monde connaît, et qui, du sein de eurs pétales, donnent naissance, par prolongement de l'axe, à un autre rameau florifère, ou, pour être mieux entendu, à une autre fleur.

Cette poire, figurée et réduite à la moitié de sa grandeur naturelle , a été observée, par mon ami M. Poiteau, au potager de Versailles, en 1817. En la comparant aux autres fruits de l'arbre, naturellement développés, sa forme générale n’était point altérée, son volume était à peu près le même, l’aspect et la saveur de sa chair présentaient peu de différence; mais ce qui était très-remarquable, c’est que l’endocarpe ou partie cartilagineuse des loges, de même que

| les graines, avaient entièrement disparu (fig. 2).

Fig. 1, a, folioles calicinales ; b, nœuds-vitaux; ce, embryons-fixes émanant des nœuds-vitaux.

L'autre phénomène (fig. 3 ) a pour but de faire connaître, 1°. que l’état de repos ou d’intermittence des embryons sous les enveloppes de la graine et du péricarpe n’est dû qu'aux circonstances environnantes ; 2°, que , dans les climats chauds et humides où la végétation est sans cesse favorisée, les em. bryons, en continuant de se développer, sans interruption, depuis le moment où ils en ont recu le pouvoir, par la fécondation, jusqu’à celui où ils terminent leur vie, il arrive assez souvent de rencontrer, sur certains végétaux, des fruits de

l’intérieur desquels s'échappent des embryons, qui, quoique

chargés de feuilles, de fleurs et de fruits, restent malgré cela fixés, en vrais parasites, sur celui qui leur a donné nais-

| sance,

Plusieurs autres végétaux offrent également des embryons RE C : L qui naitendent point, pour continuer de se développer,

(72) qu'ils soient éloignés de leur mère et confiés au sol : ceux du crinum asiaticum vVégètent, pour la plupart, dans l’intérieur du fruit ; pareille chose arrive dans les oranges, les citrons, et surtout dans le fruit que l’on nomme avocat aux Antilles (laurus persea); mais l’un des plus curieux de ces sortes de développemens, est celui que présente le rizophora mangle (Tabl. xxx v1, fig. 6, 7 et 8). Cet embryon vivipare perce sa tunique propre et le péricarpe dans lequel il est contenu ; restant ensuite simplement engagé, par ses quatre feuilles cotylédonaires, dans intérieur du fruit, il continue en cet état de s’allonger en une massue radiculaire, pendante, et -qui, avant de se détacher de la mere et de s’enfoncer, par son propre poids, dans la terre, acquiert quelquefois une longueur de quinze pouces. |

Racines.

La racine ou le système inférieur du végétal, étant beau- ‘coup moins intéressante que le système supérieur , qui s'élève resque toujours dans l'air, a été long-temps négligée par les TS On a donné le nom de racines à tout ce qui végétait sous terre; de sorte que l’on confondait avec elles les tiges horizontales de la plupart des fougères, de quelques raminées, des nénuphars et de beaucoup d’autres plantes ; fe productions mixtes et laciniées des utriculaires, du trapa natans (chätaigne d’eau ), de quelques renoncules aquatiques, productions qui ne doivent leurs formes atténuées qu’au milieu dans lequel elles se développent ; le bourgeon bulbeux de l’oignon ; le tubercule du cyclamen, ceux des orchidées terrestres ; et enfin un grand nombre d’autres que je ne puis faire connaître ici furent long-temps, faute d’observation comparée, rangées parmi les racines.

Le végétal, comme nous l'avons dit, se composant de deux sysièmes d'organes, celui de ces systèmes qui, à partir de la ligne médiane , se développe et s'enfonce le plus ordinairement dans le sol, a reçu le nom de racines : ce système inférieur produit, comme le supérieur, des axes plus où moins rameux: mais toujours, tant qu'ils sont prives de lumière, ces axes restent depourvus d'organes appendiculaires;

TABLEÆAU 1.

Racines.

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le chevelu, que l’on a Us comparé à des feuilles

étiolées, n’est lui-même que la partie la plus terminale des axes radiculaires, et le produit des embryons-fixes ou bour-

| geons des racines.

Le pivot principal du système inférieur des plantes monocotylédones, qui est d’abord contenu dans une sorte d'étui (coléorhize, Mirb.), ainsi que toutes les radicelles qui en émanent, n’a qu'une très-courte durée, et subit, presque aussitôt qu'il est né, une sorte de couronnement ; mais il est suppléé par un ample faisceau de racines latérales qui alimentent le végétal et persistent pendant toute sa durée.

Lorsque des racines se développent dans l'air, au-dessous des nœuds-vitaux, elles sont toujours grêles et presque entièrement dépourvues de rameaux articulés. Ce genre de production nuït à l'accroissement en grosseur du végétal, parce que ces fibres radiculaires, destinées à s'étendre entre l’écorce et le bois, se trouvent détournées de leut direction intérieure et appelées au dehors.

T1. RAVE (raphanus sativus, Lin.). Racine fusiforme, pivotante : &, oreillette produite par excoriation au moment où la tigelle prend de l'accroissement ; b, produit de la tigelle.

2. POIRIER (pyrus communis, Lin.). Racine pivotante avec des rameaux articulés.

3. RADIS ROSE (raphanus rotundus). Racine pivotante, napiforme : &, oreillettes semblables à celles que présente la figure 1 ; 2, produit de la tigelle. fl ne faut pas perdre de vue que toute la partie renflée de cette prétendue racine appartient au système supérieur.

4. FROMENT cultivé (triticum vulgare, Willd.). Racine fasciculée, capillaire, à pivot tronque.

D. ASPERGE COMMUNE ( aSparagus officinalis, Lin.). Racine fasciculée, à pivot tronqué.

6. scaietse tronquée (scabiosa succisa, Lin.). Racine mordue ou tronquée, au pivot de laquelle su ppléent des racines latérales, articulées : &, troncature du pivot.

7: SAXIFRAGE granulée (saxifraga granulata, Lin.). Racine chevelue, bulbifère, à bulbilles ou bourgeons écailleux (voyez en a).

8. oncH1s mâle (orchis mascula, Lin.). Racine scrotiforme ou didyme : &, tubercule nouveau ; b, tubercule de

* 7 » LRET ( 74 ) l’année précédente; c. racines proprement dites ; d. base de la hampe.

9. oncuis à larges feuilles (orchis latifolia, Lin. ). Raeine palmée : a, tubercule nouveau ; D, tubercule de l’année précédente; c, racines; d, turion ou bourgeon comparable à celui que forment les tuniques de l'oignon.

10. scEAU de Salomon (polygonatum vulgare, Desf.). Racine horizontale, progressive, articulée, fibreuse, comme sais : a, impressions produites par les vieilles hampes

étachées; D, hampe nouvelle accompagnée de quelques

écailles; c, racines articulées, latérales.

Obs. La prétendue racine du sceau de Salomon me paraît avoir de grands rapports avec celles'des figures 8 et 9. Toutes les trois sont de vraies tiges ; mais, dans celle de la figure 10, les pousses annuelles persistent long-temps à la suite les unes des autres, tandis que, dans les deux autres, elles se détruisent chaque année; de sorte qu’on n’en, voit jamais que deux. Dans toutes, la racine pivotante a disparu et est suppléce par, des racines latérales, qui partent immédiatement de la base du nouveau bourgeon.

11. ASPHODÈLE rameux (asphodelus ramosus, Lin.). Racine fasciculée, noueuse, à pivot tronqué.

12. MONOTROPA wflora, Lin. Racine grumeleuse. Les racines de l’epipactis nidus-avis sont de ce genre.

13. CLUSIER ROSE, FIGUIER MAUDIT ( clusia roseu, Lin.). Racine funiliforme, aérienne. |

Obs. Une chose fort remarquable, c’est que ces longues fibres radicales, filiformes, qui naissent à l’extérieur d'une plante parasite (jamais sarmenteuse), et qui descendent jusqu’à terre d’une élévation de quatre-vingts à cent pieds, ne croissent en grosseur que lorsqu'elles ont atteint le sol : dès qu’elles y sont fixées, elles développent dans la terre des racines latérales, et, dans l'air, des rameaux ; leur accroissement devient alors si rapide, qu’elles ne tardent pas, en s’entregreffant, à étouffer leur protecteur, et à lui former “une sorte de cercueil, dans lequel il demeure enfermé, sans s’altérer, pendant plusieurs siecles.

Cette plante parasite, qui, pendant quelques années, placée sur la branche d’un grand arbre, représente assez bien, par sa masse arrondie, notre gui, devient, au moyen % la soudure des longues racines aériennes dont je viens de parler,

Tubercules. Bulbes. Hampes : Chaumes .Troncs. Süpes.

* Oayard veuf

syst

Teri pure et drext

| (75) un arbre du premier ordre. En cet état, on est presque toujours certain que son noyau est formé par le grand arbre sur equel elle a d’abord vécu, qu’elle a orné de ses belles et grandes fleurs rosées, de ses fruits étoilés, lorsqu'ils sont ouverts, et des graines couleur de feu qu'ils contiennent. Lorsque j’habitais ile de la Tortue, près Saint-Domingue, où j'étais allé pour y étudier la végétation, je fus témoin du fait suivant : M. de Labatu, propriétaire de l’île, et chez lequel je demeurais, avait devant sa porte un clusier rose d’une grosseur et d’une beauté prodigieuses; cet arbre, qu'un curieux aurait payé au poids de l'or, fut condamné à être coupé, parce qu’il donnait trop d’ombrage et qu’il attirait un grand nombre d'insectes. Les nègres charpentiers, après avoir enfoncé leurs cognées dans le bois blanc, tendre et poreux du clusier, furent tout à coup étonnés d’éprouver une grande résistance : au centre se trouvait, sans qu il soit possible de dire depuis combien d’années, un très-gros acajou moucheté (swietenia mahogoni), que M. de Labatu fit débiter, et qui se trouva d’une très-bonne et belle qualité.

Tubercules, bulbes, hampes , chaumes, troncs, stipes.

1. CYCLAMEN d'Europe (cyclamen Europæum, Lin.). Cette masse charnue, homogène, à laquelle les botanistes ont donné le nom de tubercule, et qu’on nomme vulgairement pain de pourceau, dans la plante dont il s’agit, est une üge raccourcie et déprimée : les racines sont situées sur les côtés de la partie inférieure; l'assemblage de feuilles et de fleurs que l’on voit au-dessus, est le produit d’un bourgeon tout à fait semblable à celui que forme l’assemblage des tu-: niques placées sur le plateau de l'oignon (voyez la fig. 2).

2. o1GNON ( allium cepa, Lin.). Racine bulbeuse, tuniquée. L’oignon consiste en uu gros bourgeon dont les premières feuilles à base charnue, formant gaîne, et se recou- . vrant les unes les autres, naissent du sommet conique d’une tige réduite à l’état rudimentaire, tronquée inférieurement, et laissant Ne latéralement des racines. Cette tige, indiquée par la lettre &, est analogue à la masse charnue re présentée dans la figure précédente.

| (76) . 3. 118 blanc (lilium candidum , Lin.). Racine bulbeuse, écailleuse. Cette prétendue racine n’est qu’une modification compliquée de la précédente structure; elle offre, comme elle, une tige rudimentaire, tronquée inférieurement, et donnant naissance à des racines latérales ; mais au lieu d’un peut nombre de bourgeons latéraux, renferméstous ensemble dans des gaînes pétiolaires, celle-ci en produit un grand nombre libresentreeux et placés les uns au-dessus des autres, .comme les tuiles d’un toit. La lettre a indique la partie inférieure de la tige.

4. BANANIER figue (musa sapientum , Lin. ). Cette figure représente ce que les botanistes ont désigné sous le nom de hampe. Cette hampe, qui n’est autre chose qu’un pédoncule où un rameau florifere, tout à fait semblable au support des fleurs de la jacinthe ou de toute autre liliacée, est naturellement renfermée au centre d’un oignon co/omniforme, que on a quelquefois, faute d'attention, pris pour une tige. Nous avons enlevé à dessein cette fausse tige produite par l’enroulement des gaines pétiolaires des feuilles, afin de bien faire connaître la véritable structure de ce végétal et son analogie complette avec loignon : comme, dans celui-ci, on voit, en a, la tige convexe, supérieurement trouquée, et portant des racines latérales inférieurement ; en b, les bases pétiolaires des feuilles (tuniques de l’oiguon), et enfin la hampe (rameau florifère), sur laquelle on distingue une feuille rudimentaire, des fruits; et, en €, un bourgeo (popote des créoles) contenant, sous chacune des grandes écailles colorées qui le composent, de petits rameaux florifères. à

La hampe est un rameau terminal ou le plus souvent axillaire, uniflore ou multiflore, qui se développe sur les plantes dont la tige principale est déprimée et, pour ainsi dire, cachée sous la terre : l'oignon et le pissenlit en offrent des exemples. Ces sortes de rameaux sont remarquables , en ce que leur premier mérithalle, où entre-nœuds , est ordinaire- - ment très-long ; ce qui a fait croire à quelques botanistes que le caractère de la hampe résidait dans l'absence des feuilles ; ces botanisies peu versés, sans doute, daus la Dore : ou connaissance des parties qui constituent le vegetal en général, ignorant que, dès qu'il naît plus d’une fleur sur une hampe, elle cesse d’être uui-axifére ; que toutes les fleurs,

(290 | à l'exception de la terminale, représentent des rameaux ter- | minés; et que chacune d'elles émane d’un 2œud-vital, qui | toujours ou presque toujours est bordé par une feuille plus | ou moins développée. | | 5. rosrau à quenouille ( arundo donax, Lin. ). Chaume | des botanistes. Le chaume des graminées n’est au fond | qu’une vraie tige, qui ne diffère point essentiellement de | celles des autres végétaux. Si on compare le chaume à une | tige de dicotylédones, on voit que, comme elle, il produit a la suite de la germination, de distance en distance, des nœuds-vitaux, qui ne sont que la süite de celui qui portait

| les feuilles cotylédonaires ; que sur ces uœuds-vitaux, dont | la disposition alterne et distique est invariable dans les gra- | minées, naissent les feuilles ainsi que les bourgeons qui re- | posent dans leurs aisselles ; que ces bourgeons, nuls où pres- | que nuls dans la famille des cypérées, manquent rarement

| dans celle des graminées; qu’ils se développent en rameaux | dans un grand nombre d’espèces des climats chauds (les | bambous et autres ), et produisent, par ces développemens,

un accroissement en grosseur dans ces végétaux.

Le vide que l’on remarque dans l'axe de la tige des graminées est un canal médullaire dont la moelle ou tissu cellulaire est détruit.

La canne à sucre, dans laquelle cette lacune n’existe pas, fournit, ainsi que beaucoup d’autres, une preuve de ce que j'avance. La lettre a de cette figure montre les bourgeons et leur situation alterne et distique; D, quelques diaphragmes ou débris de la moelle; c, sorte de bride, formant un nœudvital, qui détermine la naissance d’un nouvel être. |

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