‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 17 sur 71 · BOIS DE BRÉSIL · texte numérisé non relu

BOIS DE BRÉSIL

PSEUDOSANTALUM RUBRUM, SiVe ARBOR srAsteiA; Bauhin, Ilivuë , lib. 11, sect. 1.

CÆSALPINIA ECHINATA; caule ramisque aculeatis , folinlis ovatis, obtusis, leguminibus echinatis ; Lamarck: Linné, clas. 10, décandrie monogynie. Jussieu, clas. 14,

ord. 11, légumineuses.

Ltalien...... LEGNO DEL BKASILE.

Espagnol... LENO DEL BRASIL. à Français... BOIS DE BRÉSIL; BOIS DE FERNAMBOUC; PRÉSILLET. Anglais ..... RRASILETTO; RRASIL-WOOD:

Allemand... BRASILIENBAUM; BRASILIENHOLZ.

Hollandais... BRASILIEN-BOOM; BRASILIEN-HOUT-.

Latin: : Axe

Es

La dénomination de bois de Brésil est mauvaise, parce qu’elle convient à tous les végétaux ligneux de ce vaste pays: mais elle a, comme tant d’autres, le droit de figurer dans l’onomatologie botanique, puisqu'elle est consacrée par l’usage, quem penès arbitrium est et jus et norma loquendi (x).

Cet arbre, qui devient fort gros et fort grand, croît surtout parmi les rochers : il est ordinairement tortu, raboteux etrempli de nœuds. L'aubier qui couvre le bois est si épais, que lorsqu'on l’a enlevé, le tronc, auparavant de la grosseur du corps d’un homme , est réduit à celle de la jambe; il est pesant, très-sec, et pétille beaucoup dans le feu, où il ne fait presque point de fumée. L’écorce est brune, armée de pus courts et épars. Les rameaux sont diflus et d’une

ongueur considérable.

Les feuilles sont alternes, deux fois ailées , et portent des folioles ovales, obtuses, très-analogues à celles du buis.

Les fleurs, disposées en grappes simples, sont panachées de jaune et de rouge; chacune d'elles présente : un calice monophylle, à cinq divisions profondes , dont l'inférieure est plus ample; cinq pétales obtus, dix étamines libres, plus longues que les pétales ; un ovaire supérieur, surmonté d’un style de la longueur des étamines, et terminé par un stigmate simple, capité. F4

Le fruit est une gousse brune, oblongue, comprimée, hérissée à l'extérieur de nombreux piquans , recourbée à son sommet en une pointe oblique, contenant dans une seule loge plusieurs graines lissés, arrondies, brunâtres.

(1) Le nom générique cæsalpinia rappelle un juste hommage rendu par Plumier à la mémoire de immortel André Cesalpino, qui enrichit de ses dé couvertes Ja botanique, l'anatomie et la physiologie. :

19°. Livraison. b.

Une odeur agréable s’exhale des fleurs du brésillet, Son bois, dont la saveur est douce et comme sucrée, prend bien le poli, et convient aux ouvrages du tour, de la menuiserie et de l’ébénisterie. Toutefois, c’est à l’art tinctorial qu'il est particulièrement destiné. ['importation en Europe est immense, et la ville de Fernambouc est le principal entrepôt de ce commerce. Cependant le brésillet ne donne qu'une fausse couleur rouge : elle a besoin d’être fixée par le tartre et l’alun; encore ces substances salines ne la rendent-elles pas parfaitement solide et durable. Outre les étoffes, on teint avec ce bois les meubles, les cuirs, les œufs de Pâques, les racines de guimauve pour nétoyer les dents; on en.extrait une sorte de carmin à l’aide des acides ; on.en prépare des laques, en mêlant sa décoction avec de l'alun, et pré- Cipitant ce mélange par des alcalis; il forme la base des encres rouges , et de cette craie rougeâtre, nommée rosefte, qui sert pour la peinture (2); enfin , il. est regardé par les Hollandais comme un excellent moyen de colorer leurs ins : de jabrique.

“ La teinture de Fernambouc estemployée en chimie pour colorer des papiers qui, suivant Bergman, passent au bleu par les alcalis, et qui servent avantageusement pour reconnaître dans les eaux ces bases salifiables. Cette propriété peut être utilisée dans la matière médicale; mais il faut observer que le bois de Fernambouc qui se vend en France n’a point offert à Guyton-Morveau le changement en bleu indiqué par Bergman (3). » j 4 ‘

Les pharmacologistes ont rangé Je bois de Brésil parmi les astringens , et ont supposé son infusion fébrifuge, stomachique, antophtalmique. Placé par Dale sur la même ligne que le santal , il est, en effet, doué, comme lui, d one

très-faible vertu médicamenteuse, ettombé dans une désuétude encore-plus absolue.

(2) Lamarck, Encyclopédie méthodique : botanique ; tome 1, page 467.

Jaume Saint-Hiläire, dans le Dict. des sciences nat., tom.5, pag. 334.

Hagen, Lehrbuch der Apothekerkunst; 1592, page 248...

(3) Fourcroy, dans l'Encyclopédie méthodique : médecine ; tome 4, päge 28. :

( La plante est représentée de grandeur naturelle )

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