‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 18 sur 71 · Graine isolce · texte numérisé non relu

Graine isolce

BOTRIS .

LXXIIT.

BOTRYS.

Ére6 seit opus. :

BOTRYS AMBROSIOIDES VULGARIS; Bauhin, IlivaË tHb. 43 sect: 2. ; CHENOPODIUM AMBROSIOIDES, folio sinuato ; Tournefort, ) HAN MONO clas. 15, fleurs apétales, Fe e . \ CHENOPODIUM BOTRYS; foliis oblongis, sinuatis, racemis nudis, multifidis; Linné, elas. 5, pentandrie digynie. Jussieu, clas. 6, ord. 6, arroches. ù italien. ....., BOTRI.

Æspagnol.... BIENGRANADA.

@Francais..... BOTRYS; PIMENT; ANSERINE BOTRIDE, Lamarck. Anglais. .... YJERUSALEM-OAK.

Allemand. .. pornyskrAUT, Hermann; TRAUBENKRAUT; MOTTENKRAUT ; LUNGENKRAUT. . -

On ne trouve point cette plante annuelle parmi les anserines assez nombreuses des environs de Paris; elle se plait sur les terrains secs, sablonneux , chauds, de la Grèce, de l’'Itahe, de la Provence.

La racine, peu volumineuse , charnue, grisâtre extérieurement, blanche à l’intérieur, s'enfonce perpendiculairement dans le sol, en s’amincissant par degrés, et jette quelques radicules déliées.

La tige, droite, ferme, rameuse, légèrement striée et tomenteuse, parvient jusqu'à la hauteur d’un pied.

Les feuilles , alternes, pétiolées, oblongues, sinuées, et pour ainsi dire semi-pinnées, ont quelque ressemblance avec celles du séneçon.

Les fleurs sont disposées tout le long de la tige, et jusqu’à son sommet, en petites grappes axillaires nues, verdâtres, qui se divisent et se subdivisent (x).

Le fruit est une graine lenticulaire, placée sur le réceptacle, dans le calice qui s'est refermé en devenant pentagone.

Des médecins recommandables par le talent de l’observation (2) pensent que le botrys méritcrait d’être employé beaucoup plus fréquemment dans l’art de guérir; ils disent que les qualités physiques de cette plante annoncent évidemment ses propriétés médicamenteuses. En effet, le botrys

(r) Tout le monde sait que les Grecs désignent une grappe sous le nom de Corpus, adopté par les Latins, botrus, botrys. À le ee A medicaminum , tome 4 ( 1787); page 272. cyrühe, Zableau méthod. d'un cours d’hist. nat. méd., 1804 , page 119. Biett, dans le Dictionaire dés sciences médicales ; tome 3, page 257.

é de 19°. Livraison. C,

(54) distille en quelque sorte le baume par tous ses pores. Frappées des rayons bienfaisans du soleil, ses feuilles sécrètent abondamment le suc balsamique qui les rend visqueuses brillantes , aromatiques (3). On voit en outre effleurir à leur surface des petits cristaux blancs comme le nitre, et qui comme lui, fusent, s’enflamment et détonnent sur les charbons ardens. Le botrys se rapproche encore des résines odorantes par une saveur légèrement âcre, piquante , amère;

aussi le docteur Wauters n’hésite-t-il point à lui décerner.

la prééminence sur le baume du Pérou, de la Mecque , de Tolu, de Copahu, la térébenthine, la myrrhe et le styrax. J'avoue qu'il m’est impossible d’accorder une confiance aveugle aux assertions du médecin de Gand, bien qu'il invoque à leur appui une expérience de trente années, « N’a-t-il pas été beaucoup trop loin en assurant avoir guéri des phiisies confirmées, par l’usage du botrys? En examinant les faits sur lesquels il se fonde, on trouve que ces prétendues phtisies ne sont autre chose que des catarrhes pulmonaires dégénérés : le botrys agit dans ces cas d’une manière analogue à celle des baumes et des résines. C’est assez dire quil ne faut jamais l’employer ni dans la phtisie tuberculeuse, n1 dans celles où il est dangereux d’exciter une sorte d'irritation vers la poitrine; on doit se borner à l’administrer dans les catarrhes pulmonaires chroniques désignés improprement par plusieurs pathologistes sous le nom de phtisie muqueuse, dans l’asthme humide, etc. » |

En adoptant ces réflexions judicieuses de M. Biett, j'ajouterai que Dioscoride avait déja reconnu l’efficacité du botrys dans les maladies de la poitrine, et surtout dans l’orthopnée. Cette vertu béchique et antispasmodique semble confirmée par des praticiens célèbres, Mattioli, Foreest, Hermaun, Vogel, Peyrilhe. Quelques hypocondriaques, dit Gihbert, ont trouvé un soulagement à leurs maux en prenant tous les matins une infusion théiforme de piment : il n’est pas moins utile dans les coliques venteuses, et l’anorexie due à la faiblesse de l'appareil gastrique. Les Vénitiennes l’emploient souvent à l'intérieur et à l'extérieur, pour combattre les affections hystériques. On peut faire digérer les feuilles et les sommités de botrys dans le vin, en préparer une eau distillée, une poudre, un électuaire, un sirop , des juleps, des lochs; on la donne en substance, à la dose d'un gros.

L’arome que répand le botrys a le double avantage de flatter notre odorat, ét de préserver les étoffes de la piqûre

(3) Wauters, Repertorium remediorum irdigenorume, 1810, page 22.

R (553 des teignes,, ce qui lui a valu le nom de mottenkrauf, tandis

que celui de ungenkraut indique ses propriétés pectorales. Comme Foccasion ne se représentera plus de parler des chénopodes où ansérines, je crois devoir signaler quelques espèces dont il serait injuste de ne pas faire du moins une légère mention. (J'ai consacré un article à l’ansérine anthelmintique, tome 1, page 99). 7.

vo. Le bon Henri, ou l’ansérine sagiltée, chenopodium

- bonus Henricus, L. ne mérite point l'oubli auquel il paraît

condamné en France. Les habitans du Nord savent mieux apprécier cette plante tout à la fois potagère et médicamenteuse; ils mangent les jeunes tiges comme les asperges, et les feuilles en guise d’épinards : celles-ci partagent les qualités émollientes et dépuratives des feuilles de bette (4).

2°. L’ansérine rouge, chenopodium rubrum, L., produit un joli effet dans les jardins d'agrément , par le contraste de sa couleur avec celle des autres plantes (5). On ne sait pas trop pourquoi Linné la place dans sa Matière médicale, puisqu'elle est, selon lui, douteuse et superflue.

5°, L’ansérine du Mexique, ou ambroisie, chenopodium ambrosioides, L. est encore appelée /ié du Mexique : elle doit ses dénominations à l’odeur agréable qu’elle exhale et à ses usages économiques. Son action thérapeutique est égale, peut-être même supérieure à celle du botrys (6).

4°. L’ansérine fétide, arroche puante, ou vulvaire, chenopodium »ulyaria , L., est ainsi nommée à cause des émanations véritablement animales qui s’en échappent. Ces émanations ne déplaisent point aux femmes hystériques, aux personnes hypocondriaques; elles contribuent même à soulager leur malaise habituel, à diminuer les pandiculations, à calmer les spasmes dont ces individus sont si souvent et si douloureusement tourmentés : je parle ici d’après ma propre expérience!

5°. L'ansérine à balais, chenopodium scoparia , L., sert effectivement, en Italie, à nétoyer les meubles; on la cultive aussi dans Les jardins : elle ressemble à un cyprès pyramidal, et reçoit le nom de belpédere.

(4) Murray, Opuscula, tome 2, page 392.

(5) Delauvay, Le bon Jardinier, 1814, page 291.

(6) Goritz, De thed romand, seu botry mexicanä.— In Ephemer. natur. curios., Centur. 7 et8, obs. 15. — Et in Manget, Biblioth. script. medic. part. 2 (1731), pag. 496. .

Lochner, De novis et exoticis theæ et coffeæ succedaneis , botry mexicand ambrosioide, ambrosid artemisiæ folüs , etc. Norimbergeæ , 1517.

veNvsGu (rhéophile chrétien), De bono Henrico, Dis: inaug. præs. Joan. Phil. Eysel; in-4°. Erfordiæ, 1714.

CARTHEUSER ( Jean rréderic), De chenopodio ambrosioïde, Diss. inaug. resp. Martini; in-4°. Francofurti ad Pain 1757.

( La plante est de grandeur naturelle )

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