‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 2 sur 71 · EX · texte numérisé non relu

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BECCABUNGA

Grec... evayanms evud'pe, C. Er ” ANAGALLIS AQUATICA MAJOR FOLIO SUEROTUNDO ; Bauhir ;.

Iluivaë, lib. 7, sect. 1. * VERONICA AQUATICA MAJOR, FOLIO SUBROTUNDO; Tourne Latin........{ fort, clas. 2, infondibuliformes. * … Àvrrowica BEccARuNGA; racemis lateralibus » Joliis ovatis planis, caule repente; Linné, clas. 2, diandrie MONO gynie. Jussieu, clas. 8, ord. 2, pédiculaires. Italien. ..... ANAGALLIDE ACQUATICA; BECCABUNGIA. -, Espagnol. ... BECABUNGA. É . me Francais. ‘.. BECCABUNGA; BECCABONGA; VERONIQUE AQUATIQUE, Gilibert; VÉRONIQUE CRESSONNÉE, Lamarck.

ÆAnglais..... BROOKLIME; GREATER WATER SPEEDWELL. Allemand... BACHBUNGEN; WASSERBUNGEN ; BACHBONEN. Hollanduis . .' nEEKEBOOM.

On trouve éette plante vivace sur le bord des ruisseaux et des fontaines, quelquefois même plongée dans leur onde limpide (1). Elle habite à la fois les ardentes régions de l'Afrique, le climat tempéré de la France, et les froides contrées de la Lithuanie.

La racine est blanche-verdâtre, fibreuse , traçante.

La tige cylindrique, couchée, rougeâtre et stolonifère inférieurement, se redresse ensuite, prend une teinte verte, et parvient jusqu’à la hauteur de huit à douze pouces. ,

Les feuilles opposées, soutenues par de courts pétioles, sont ovales, glabres, un peu charnues, denticulées à leur contour.

Les fleurs sont disposées en grappes latérales axillaires

étalées. Chaque fleur, portée sur un pédicelle très-grèle et garni à la base de deux bractées, étroites, présente : un calice persistant, à quatre divisions, une corolle bleue mo-

- nopéiale en roue, dont le limbe est partagé en quatre lobes

: ovales; deux étamines insérées au tube court de la corolle, et dont les filamens sont terminés par des anthères oblongues, subsagittées; un ovaire supérieur, comprimé latéralement , surmonté d’un style filiforme , et d’un stigmate simple , comme tronqué.

Le fruit est une capsule presque cordiforme, à deux loges, renfermant beaucoup de petites graines arrondies et noirâires.

(1) Telle est l'origine du mot beccabunga, imité de Bachbungen et de

beekeboom, qui désignent une plante rivulaire. Bach, en allemand , et beek , en hollandais , signifient ruisseau.

16°, Livraison. b.

Pierre Foreest, Herman Boerhaave, Simon Pauli , Rodolphe Augustin Vogel, célébrent à l’envi les propriétés du beccabunga. Le prudent Murray n’ajoute pas grande confiance aux vertus de cette plante (2), et plusieurs thérapeutistes modernes lui accordent, pour ainsi dire, à regret une place parmi les substances médicamenteuses (3). Je partageais cette dernière opinion; le beccabunga , que j'avais constamnient trouvé sans odeur et presque sans saveur, me semblait pouvoir être banni des officines pharmaceutiques ; Je pensais qu'il figurerait mieux surnos tables , où il semange cru et cuit, de même que le pourpier, le cresson et les épinards; enfin je le rangeais, avec Willemet, au nombre des plantes fourragères. Les observations du docteur Guersent tendent à rétablir La réputation vacillante du beccabunga.

« Dès le premierprintemps , lorsqu'il commence à pousser, et vers la fin de l’été pendant la fructification, le beccabunga est seulement aqueux ou astringent et peu sapide; muis lorsque la plante est développée et prête à fleurir, elle offre dans toutes ses parties une saveur légèrement acerbe et amère, puis âcre et piquante comme celle du cresson, d’où lui est venu le nom de »éronique cressonnée, Ces qualités physiques sont beaucoup plus prononcées, dans les plantes qui croissent sur le bord des ruisseaux et exposées au soleil, que sur les individus qui plongent en entier dans l'eau et qui végètent à l’ombre. Quelle que soit au reste son exposition , le beécabunga a bien moins d’analogie, sous le rapport médical, avec les véroniques qu'avec la famille des crucifères ; 1l lui appartient par son principe huileux, piquant et volatil, et il ne diffère des autres plantes de cette même famille que parce qu'il est moins âcre et un peu astringent: c’est par cette raison qu’on le préfère quelquefois à des stimulans plus actifs, lorsqu'on craint qu'ils ne portent trop d'irritation et de chaleur, et qu'alors on l’ajoute aux sucs des crucifères, pour en modérer les effets. Le beccabunga: agit néanmoins de la même manière que ces végétaux qu'on désigne en général sous le nom d’antiscorbutiques , quoiqu'il ne paraisse pas posséder plus particulièrement cet avantage que beaucoup d’autres. C’est à cause de ses propriétés excitantes et légèrement toniques qu'il convient dans certaines affections dartreuses et scorbutiques ; 1l a paru être utile aussi dans quelques espèces de phtisie pulmonaire et

(2) Titubare incipit hujus herbæ laus, nec immerito. : Apparat. medic., tome. 2 (1794), page 247.

(3) Cullen, Swediaur, Schwilgué, Peyrilhe,

Ÿ Gi) à

dans des engorgemens atoniques des viscères abdominaux, qui avaient succédé à la goutte irrégulière C)henhoE

On recommande le beccabonga pilé pour mondifier les ulcères de mauvaise nature, dissiper les engorgemens he . morroïdaux , guérir les panaris et les brûlures (5). Intérieurement, on administre pour l'ordinaire le suc exprimé à la dose de deux à quatre onces, soit seul, soit mêlé à ceux de cresson, de cochléaria, soit uni au lait ou au petit-lait. La conserve et le sirop de beccabonga sont aujourd’hui complétement abandonnés. |

(4) Dictionaire des sciences médicales , tome 3, page GG. 5) Willemet, Phytographie encyclopédique, tome 1 1805), page 20. ) LRUOS OT Y F que; D

EXPLICATION DE LA PLANCHE 6o.

(La planté est de grandeur naturelle ) \

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