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CAMELINE ."
LXXX VII CAMELINE. ,
Grec....... ([AU&ypos; HUaT/po}.
j MYAGRUM SATIVUM; Bauhin, Iivaë, lib. 3, sect, 2. ALYSSON SEGETUM, foliis auriculatis, acutis ; Tournefort, Latin........4 clas. D, cruciformes.
MYAGRUM SATIVUM; siliculis obovatis, pedunculatis, polyspermis; Linné, clas. 15, tetradynamie siliouleuse. Jussieu, clas. 138 ord. 3, cruciféres. , Îtalien...... MIAGRO.
ÆEspagnol.... MIAGRO.
Français .... CAMELINE; SÉSAME L’ALLEMAGNE,
Anglais..... GOLN OF PLEASURE:- Allemand... FLACHS-DOTTER; LEIN-DOTTER.
Hollandais... VLAS-DOTTER. ,
Cette plante annuelle croît dans presque tous les climats, et se plaît au milieu des moissons.
La racine, fibreuse, dure, blanchâtre, s’enfonce assez profondément dans le sol.
La tige, droite, cylindrique, s'élève jusqu’à la hauteur de deux pieds ; elle produit supérieurement des rameaux lisses, remplis d’une moelle spongieuse.
Les feuilles, vertes, molles, quelquefois légèrement velues, alongées, pointues, garnies de dentelures distantes et peu sensibles, embrassent la tige par leur base auriculée.
Les fleurs sont jaunâtres, pédonculées, et disposées, au sommet de la tige et des rameaux, en corymbes qui s’alongent en grappes ou en panicules à mesure que les dernières fleurs se développent. Chacune d’elles présente un calice de quatre folioles ovales, concaves, caduques ; quatre pétales en croix; six étamines, dont deux plus courtes; un ovaire supérieur , chargé d’un style, que termine un stigmate obtus. /
Le fruit est une silicule pyriforme, biloculaire, couronnée par le style, et renfermant de dix à douze petites semences ovoides, jaunes ou rougeâtres.
Dans plusieurs départemens de la France, et surtout dans ceux de la Somme et du Pas-de-Calais, on cultive la cameline sous le nom vulgaire de camomen. Elle s'aperçoit dans tous HS lins, dit Parmentier (1) : les cultivateurs ne se plaignent pas du dommage qu’elle leur cause, parce qu’on peut la rouir, la filer
(1) Nouveau Dictionaire d'histoire naturelle; tome 4; 1803, page 162.
25°. Livraison. c
avec le lin (2), ettirer également l'huile de sa graine (5). Destinée à remplacer le lin, le colsa, les pavots, que l’int frie des saisons a détruits ? la cameline ne trom d ne de l’agronome ; car pouvant êtr FL ae SE
agr ; »P nt être Semée beaucoup plus tard, et n'exigeant que trois mois au plus pour parcourir tous les périodes de sa végélation, elle n’est pas exposée aux RÉMOe convéniens. ;
Dans les environs de Montdidier, on sème la cameline sur les parties des pièces de froment où ce grain à manqué. On est encore à temps de profiter de la ressource qu'offre cette plante pour rer parti de ces places videS dans le courant d'avril. mi mois après l’ensemencement , la graine est mûre ; mais pour la récolter , il ne faut pas attendre que les capsules soient parfaitement sèches ; 1] suflit qu’elles commencent à jaurir. d
Lorsque la graine est vannée, on en retire, par la pression, une huile dont les usages sont aussi variés qu'importans. Fraîche, elle sert à la nourriture des pauvres (4). Destinée surtout à l'éclairage, elle a moins d’odeur que l'huile de colsa et ne donne pas beaucoup de fumée. On l’emploie aussi dans la peinture, et pour la confection du savon. Elle est prescrite par les médecins à l’intérieur, comme relâchante dans la constipation, et à l'extérieur , pour adoucir, amollir et faire disparaître les aspérités, les gerçures et les brûlures. Un cataplasme fait avec la plante tonte entière a plus d’une fois calmé des inflammations locales assez graves.
Les chevaux, les vaches, les moutons, les chèvres et une foule d’oiseaux recherchent avidement la graine de cameline. On peut la moudre et en mêler avec la farine ordiriaire dans les“ années de disette (5). | :
Quand la tige de cette plante’ est baitue, dépouillée de sa graine et séchée, on la conserve pour se chauffer et pour couvrir les chaumieres des paysans.
(2) L’illustre agronome Parmentier, qui m’a fourni presque tons les détails économiques relatives à la cameline, observe que la filasse de cette plante est d’une qualité inférieure, et peut être négligée. =
(3) La plante doit à cette analogie le nom de cameline, qui signifie exactement pelit lin : Xe44tt, bas, AIVOY, lin. Le terme générique myagrum, formé de f{4UIæ , mouche, et 47yp« , prise, capture, chasse, est tellement impropre ‘que je suis infiniment, «tonné de le voir consacré par le savant et judicieux Linne. En effet, le titre de attrape-mouche, qui conviendrait par faitement à la dionce, à certains asclépiades et gouelts , n'appartient en aucune manière à la cameline.
\ (4) Bœcler, Cynosuræ mat. mel. conlinuatio 3; 1931, pag. 134.
(5) Willemet, Phytographie encyclopédique; 1805, tome 2, page 76o.