CAMOMILLE
Grec......... dVDEUUIS; aVÈELOV; KALeLIHNAOP.
CHAMÆMELUM NOBILE, (Sive LEUCANTHEMUM ODORATIUS ; Bauhin, Ilivaë , lib. 4, sect. 1. Tournefort, clas. 14, radiées. .
ANTHEMIS NoBtis; foliis pinnalo-composilis, linearibus, acutis, subvillosis; Linné, clas. 19, syngénésie polygamie superflue. Jussieu, clas. 10, ord. 3, corÿmbiféres.
Lialien...... GaAMomILLA; CAMOMILLA ROMANA; CAMOMILLA NOBILE.
Espagnol... . MANZANTIULA. .
Français. ... GAMOMILLE; GAMOMILLE ROMAINE; CAMOMILLE NOBLE;
CAMOMILLE ODORANTE; ANTHÉMIS ODORANTE , Mordant.
Anglais. .... CGHAMOMILE; ROMAN CHAMOMILE; SWEET-SCENTED CHA—
MOMILE.
Allemand... KAMILUE; KOMEY; ROEMISCIE KAMILLE.
Hollandais... KAMILLE; ROOMSGHE KAMILLE.
Polonais. ... rumranek, Erndtel,
Date
La nature a, pour ainsi dire, semé cette plante utile avec une généreuse profusion. Tres-commune dans tous les climats chauds et tempérés , ‘on la voit croître de toutes parts sur le sol de notre belle France, dans les lieux secs, sabloneux, le long des grandes routes. Elle prospère merveilleusement, ainsi que le remarque M. Bodard, sur les rives délicieuses de la Loire, de l'Indre, du Cher et de la Mayenne.
La racine, vivace, est fibreuse, chevelue.
Les tiges, longues de sept à dix pouces, sont herbacées, rameuses, menues , faibles et penchées.
Les feuilles sont alternes, sessiles, composées, ailées, li-
néaires , algues, vertes.
- Les fleurs, solitaires, terminales, soutenues par de longs pédoncules, présentent : un calice commun, hémisphérique , embriqué d’écailles linéaires, serrées ; une corolle radiée, dont le disque, formé de fleurons jaunes, hermaphrodites, tubulés, à cinq dents, est entouré et comme couronné par des demifleurons blancs femelles, ordinairement tridentés, et posés, ainsi que les fleurons, sur un réceptacle conique, alvéolé, garni de paillettes lamelleuses.
Le fruit consiste en plusieurs petites grames oblongues, nues, situées sur le réceptacle commun , et environnées par le calice persistant. L |
IL s’exhale des fleurs de camomille un arome pénétrant qui
23°, Livraison. d,
(124) plait à l’odorat (1). Leur saveur est chaude et amère. L’analyse chimique en relire un principe gommo-résineux , du tanain, du camphre, et, par la distillation, une huile d’un beaw bleu.
Les médecins ont irrévocablement constaté l’action thérapeutique de la camomille, et son usage est devenu tellement général, qu’on s’est déterminé à la cultiver en grand. L’illustre agronome Parmentier (2) et le savant thérapeutiste Alibert (3) ont proclamé l'excellence de la méthode employée par M. Descroizilles dans ses plantations aux portes de la ville de Dieppe. La camomille se multiplie par marcottes enracinées au printemps. Les principaux soins qu’elle exige sont des sarclages, qu'il faut répéter jusqu’à ce que la-plante soit parvenue à étouffer l'accroissement des herbes parasites. Plantée au commencement de mars, la camomille fournit, des les premiers jours de juin, une récolte qui se continue jusque dans le mois de septembre (4). Les fleurs qui se développent d’abord sont semi- doubles ; mais, à mesure que le terme de la récolte approche , elles deviennent tout à fait doubles, et sont alors beaucoup plus recherchées dans le commerce, à cause de leur plus grande blancheur, acquise toutefois au préjudice de leurs vertus. L'épanouissement des fleurs influe notablement sur leur blancheur : on a observé cependant que, dans certains cas, il valait mieux'les cueillir aux trois quarts ouvertes, surtout quand on craint un orage. Pour les dessécher, on les expose, par couches minces, à l’ardeur du soleil, sur des châssis revêtus en toile, et à la surface desquels on a collé du papier gris. Quand la dessiccation est complette, il faut s'occuper de leur conservation. Le mieux serait probablement de comprimer les fleurs dans des tonneaux garnis intérieurement de papier bien collé, placés dans un lieu sec, frais et obscur. Un des avantages de la culture de la camomille en plein champ, est de n’être pas attaquée par les moutons et les autres bestiaux.
(x) Cette odeur qui, suivant la remarque de Samuel Herzog, est singulièrese rapproche tantôt de celle que ré-
ment modifiée par la nature du terrain, es de reinette : de là Pétymologie
pandent les coings, tantôt de celle des pomm des mots chamæmelum , chamomilla , camomille; X44&IANAUY ; peut pommier, petite pomme. Les Espagnols expriment la même chose par le terme manzanilla, diminutif de manzana , POMME.
(2) Bibliothèque physico-économique ; 1803, page 73.
Nouveau Dictionaire d'histoire naturelle ; tome 4; 1803, page 170-
(3) Wouveaux élémens de thérapeutique ; 1814, tome 1 , page 132.
(4) La camomille doit aux jolies fleurs dont elle est ornce pendant toute Lt
; 1 [2 S N ENT 1Ç: + Lt.
belle saison, sa dénomination générique anthemis : &VSE/40Y, fleur ; AVJEU,
fleurs: 4YŸe/408, fleuri. F
La matière médicale possède bien peu de substances dont les vertus soient plus eflicaces et plus variées que celles des fleurs de camomille. Bien qu’elles appartiennent plus spécialement aux remèdes appelés diffusibles, qu’à ceux désignés sous le titre de permanens, elles semblent réunir les avantages des uns et des autres ; elles stimulent sans irriter ; elles relèvent et soutiennent le ton des organes sans produire d’éréthisme ; elles sont, dit Gilibert, la consolation des hypocondriaques , des hystériques, de tous ceux dont les forces digestives languissent ; elles facilitent et régularisent l'écoulement des menstrues retenues, supprimées ou déviées par une disposition cachectique générale, ou par la faiblesse de l’atérus. M. Bodard a contribué puissamment à rétablir la camomille noble dans tous ses droits usurpés par la vulgaire (b) : des guérisons nombreuses, opérées par lai ou sous ses yeux, attestent les propriétés fébrifuges et antiseptiques de cette plante, que j'ai eu mille fois occasion de confirmer. L’infusion simple ou vineuse des fleurs de camomille romaine 4 presque toujours été l’unique moyen à l’aide duquel j’ai combattu les fièvres intermittentes printannivres. Il faut quelquefois joindre à cette boisson les fleurs en substance. Réduites en poudre, elles se donnent à la même dose et de la même maniere que le quinquina, dont elles sont un des meilleurs succédanés indigènes. J’en ai souvent obtenu les plus heureux résultats dans les fièvres muqueuses continues et périodiques. Elles sont un auxiliaire précicux dans les fièvres adynamiques; mais alors il convient de les employer en poudre, en infusion théiforme (6), en lavemens. Elles sont encore \prescrites par certains pharmacologistes sous diverses autres formes. On prépare une eau distillée, une huile fixe, une huile volatile ou essentielle, un extrait, un sirop de camomille romaine ; on réduit les fleurs ou la plante entière en cataplasme, que l’on applique tantôt sur des tumeurs douloureuses, et notamment sur les hémorroïdes, tantôt sur le sein des femmes en couche qui ne veulent point remplir le devoir sacré de mère. Enfin, l’anthémis odorante constitue la base ou l’un des principaux ingrédiens de plusieurs médications tant internes qu’externes, lotions, fomentations, pédiluves, bains, électuaires, pilules, etc.
(5) Je ne dois pas m'occuper ici de la camomille vulgaire, qui n’est point . ne anthemis, mais bien une matricaire, ainsi que j'aurai occasion de le dire en tracant l’histoire de cette plante.
(6) Je verse une livre d’ean bouillante sur deux à trois gros de fleurs de camomille, et j'ajoute parfois à cette infusion quelques onces de vin blanc généreux, ou quelques dragmes d’alcool, quelques scrupules d’eau de fleurs
d'oranger, ou quelques gouttes d’éther, suivant l'indication que je me propose de remplir. s
La camomille puante, ou maroule, anthemis cotula, L ne doit qu'à son odeur repoussante et à son goût nauséeux,
lPinju
point douteuses : je l’ai vue produire de très-bons effets sur des femmes hystériques, et M. Bodard la signale en effet comme succédanée de l’asa fétide. Peyrilhe l’a ordonnée avec succès, à forte dose, contre des fièvres intermittentes rebelles au quinquina, et le docteur Gilibert contre les scrophules. L’habile médecin lyonnais a également constaté l'énergie de la camomille des teinturiers, camomille jaune ou œil-de-bœuf, anthemis tinctoria, L. L'infusion de ses fleurs a réussi dans le catarrhe pulmonaire, l’affection hypocondriaque et les fièvres tierces vernales. à
SCHEFFER (Jean paniel), De chamomillé, Diss. in-40. Argentorati, 1500.
xErzoG (samuel), De chamæmelo, Diss. med. inaug. præs. Joan. Henr. Schulze; in-40. Halæ Magdeburgicæ, 22 april. 1739. |
cARL (Jean paniel), Vires chamomillæ, Diss. med. inaug. præs. Ern. God. Baldinger; in-4°. Gottingæ, 1755.
GROOTE (Gerard Guillaume), Dissertatio inauguralis medica, qué virtutem chamæmeli antipyreticam nuperis experimentis illustrat ; in-4°. Trajecti ad Viadrum, 24 april. 1583.
isNAnD1 (pierre), De chamæmelo , Specimen inaugurale; in-4°. Augustæ Taurinorum, 20 august. 1810. |
BopArD (rierre Henri æippolite), Propriétés médicinales de la camomille noble; in-80. Paris, 1810. :
. Moitié d’un calice commun, dans lequel on voit le réceptacle alvéolé ;
ste oubli auquel on l’a condamnée ; car ses vertus ne sont
(La plante est de grandeur naturelle)
. Fleur double.
. Fleur flosculeuse dépourvue de rayons.
sur le sommet duquel on. a laissé un des fleurons hermaphrodites accompagné de son écaille.
. Fleuron hermaphrodite ayant son écaille.
. Demi-fleuron femelle.