‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 46 sur 71 · CAPILLAIRE · texte numérisé non relu

CAPILLAIRE

Grec........ adMavToy.

ADIANTUM FOLIIS CORIANDRI; Baubin, Ilivaë, lib, 10, sect. r. Tournefort, clas. 16, apétales sans fleurs.

Latin. . .....Q ADIANTUM CAPILLUS VENERIS; frondibus decompositis , Jfoliolis alternis , pinnis cuneiformibus, lobaus, pedicellatis; Linné, clas. 24, cryptogamie, fougères. Jus-

| sieu , clas. 1, ord. 5, fougères.

‘Ltalien...... ADIANTO; GAPILLARE; GAPELVENERE.

Espagnol... CULANTRIZLO DE POzo.

Français. ... CAPILLAIRE; CAPILLAIRE DE MONTPELLIER; CAPILLAIRE

VRAI; CHEVEU DE VÉNUS; ADIANTE À FEUILLES DE CO— . RIANDRE, Lamarck. À Anglais: ..-+ MAIDEN—HAIR; VENUS-HAIR.

Allemand ... FRAUENHAAR; VENUSHAAR.

Hollandais... VYROUWEN-HAIK; VENUS-HAIR.

On connaît près de quatre-vingts espèces d’adiante; celui de Montpellier est le seul indigène. Il végète dans les endroits pierreux , humides et couverts de l’Europe australe; surtout en Italie, et dans les départemens méridionaux de la France. ” sp et Jacquin l’ont trouvé en Illyrie , Haller en Suisse, Lightfoot en Ecosse, Latourette dans la grotte de Fontanières pres Lyon. $

La racine, brunâtre, obliquement couchée , longue de trois à quatre pouces, grosse à peu près comme un tuyau de plume de cygne, jette çà et la des fibrilles tres-déliées (1).

Les feuilles , toujours vertes, s'élèvent audessus du sol à la hauteur de cinq à huit pouces. Leur pétiole commun est assez luisant (2), rouge-noirâtre, extrêmement grêle, garni de nombreux pétioles particuliers alternes, qui soutiennent des folioles très-minces, glabres, découpées ou lobées à leur bord supérieur.

(1) L'observation de M. Turpin sur la racine de calaguala s'applique parfaitement ici. Voyez la page 111 de ce volume.

(2) On dit que l’adiante doit sa dénomination à la propriété, qui toutefois Ini est commune avec plusieurs autres plantes aquatiques , de n'être point pénétré par l’eau qui coule sur ses feuilles : & privatif, et d'iaivesy , mouiller, humecter. Mais pourquoi lappelle-t-on capillaire, ou cheveu de Vénus? Les érudits ne sont pas d'accord sur ce point. Pline, et, d’après lui, Bauhin, prétendent qu'on lui donne ce titre parce qu’il fait croître et embellit les cheveux. Blankaart , où plutôt son continuateur Isenflamm , adopte une étymologie, sinon plus probable, du moins plus naturelle’, et qui, je l'avoue, ne me déplat pas : quia üla planta pudendi muliebris pilos quodam modo referat. Le savant Théis, plus discret (car le lecteur français veut être respecté), se contente de voir dans les cheveux de Vénus une allusion aux tiges luisantes et fines de Padiante.

25°, Livraison. a.

La fructificalion se compose de petites graines contenucs dans des capsules situées au sommet des découpures des folioles , dont les bords se replient en dessous pour les envelopper (3). | . Est-ce à ses qualités physiques très-prononcées, à des vertus cnergiques ou variées, que le capillaire doit sa grande réputation et l’usage presque général qu’on en fait? Non, sans doute; car il imprime sur la langue une sensation tres-légère d’amertume et de stypticité ; il répand un arôme agréable, mais faible, qui, pourtant, s’exalte par Paction de l’eau bouil- Jante. Cette infusion édulcorée forme une boisson que les mcédecins prescrivent dans le catarrhe pulmonaire, et que les malades prennent avec plaisir.

Tout le monde connait le sirop de capillaire ; on le trouve chez les confiseurs et dans les cafés, comme sur les tablettes des officines pharmaceutiques. L’illustre Fourcroy, que je prendraï pour guide, enseigne la manière de le préparer convenablement et suivant l’art :

« Prenez une once de capillaire le mieux conservé et le plus odorant ; faites-le infuser pendant douze heures avec quatre livres d’eau bouillante , dans un vaisseau fermé. Passez la liqueur avec expression ; battez quelques blancs d'œufs avec un peu de cette infusion, et délayez-y quatre livres de cassonade. Versez celle masse épaisse dans le reste de la liqueur ; agitez bien le mélange ; soumettez-le à l’ébullition ; écumez à deux ou trois reprises; faites cuire jusqu’à ce que le sirop se ride légèrement dans une cuiller en soufflant à sa surface ; coulez-le tout bouillant sur du capillaire haché dans an vase que vous clôrez bien ; et quand il sera refroidi, passez-le au travers d’une étamime, et renfermez-le dans les bouteilles. On obtient par ce procédé un sirop parfumé , supérieur en qualité à celui si renommé de Montpellier, qui s’y prépare en faisant infuser sur le capillaire du sirop de sucre ordinaire : quelquefois on ajoute un peu d’eau de fleurs d’oranger. »

Fourcroy vante prodigieusement le sirop de capillaire : c’est, dit-il, un béchique adoucissant et relächant ; on l’emploie avec succès dans les rhumes , la toux seche, les douleurs et l’ardeur de la poitrine , l’âcreté et le sentiment de déchirure qui souvent attaque le larynx et le pharynx ; il facilite l’expectoration , diminue la sécheresse et la violence de la toux ; et son usage est d’autant plus précieux qu'il rend les boissons plus agréables en augmentant leurs propriétés médicamen- .teuses. C’est en quelque sorte un édulcorant général , qui sert .

(3) Tournefort a très-bien décrit et figuré cette fructification singulière, dans son excellent ouyrage intitulé : {nstitutiones rei herbariæ; 1519 : tom. 1,

pag. 543, et tom. 3, tab. 317.

(145) aussi à incorporer les poudres destinées à formier des pilules, . des confections , des opiats ; il entrait dans le loch de poumons de renard, de Mesué, dans le loch savoneux de la pharma- | copée d’Edinbourg , dans le sirop de guimauve de Fernel.

Le capillaire du Canada, adiantum pedatum , L., est plus délicat, plus élégant que celui de Montpellier ; il est aussi plus odorant. Il se multiplie, dit-on, si prodigieusement en Amérique , que les commerçans en garmissent leurs marchandises , au lieu de foin, pour les expédier dans les payséloignés.

campo (genoît del), Æxercitatio græca pariter et latina super adianto , medicis et pharmacopæis admodüm proficua. — Cette Dissertation est réunie au Commentariolus de lumine, du même auteur; in-8°. Granatæ ,

xormi (pierre), Traité de l’adianton ou cheveu de Vénus, contenant la description, les utilités et les diverses préparations de cette plante; in-12. Montpellier, 1644. ou L’auteur exalte jusqu’au ridicule les vertus prodigieuses du capillaire; il en fait une vraie panacée.

EXPLICATION DE LA PLANCHE of.

# (La plante est représentée de grandeur naturelle )

. 3. Feuille grandie, dont les bords repliés en forme de lunules, servent d'involucre et portent un certain nombre de capsules.

2. Sommet de feuille dont on a relevé le bord , afin de faire voir la situation des capsules.

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