EN
qe me
Zarmbert T'rentp
CAPRIER .
- AOIVR
CAPRIER.
| Grec........ XATTAPIS.
cappAris; Bauhin, IluwaË, lib. 12, sect. 4. Tournefort, clas. 6, rosacees. NT RER jé cAPPARIS SPINOSA; pedunculis unifloris, solitaris , stipulis spinosis, foliis annuis, capsulis ovalibus ; Linné, clas. 15, polyandrie monogynie (1). Jussieu, clas. 13, ord. 4, caprLers.
Ltalien...... GAPPERO; CAPPARO.
Æspagnol.... ALCAPARRO; ALCAPARRA.
Français .... CAPRIER; TAPENIER.
ÆAnglais..... CAPER-TREE.
Allemand... KAPERNBAUM. Hollandais... KAPPERBOOM:
PALIN ve teche
On regarde généralement le caprier comme originaire de l'Asie, d’où il nous a été apporté par des colons grecs (2). Cet arbrisseau croît et prospère aujourd’hui dans toutes les contrées méridionales de l’Europe , telles que l'Espagne , l’ftalie, le Languedoc, la Provence ; il se plait le long des murs, bien exposés aux rayons du soleil, dans les endroits pierreux , dans les fentes des rochers.
La racine est grande, ligneuse , rameuse , et revêtue d’une écorce épaisse. Les tiges nombreuses, disposées en touffe lâche et diffuse , ont deux ou trois pieds de longueur : elles sont cylindriques et glabres.
Les feuilles sont alternes, entières, ovales-arrondies, lisses, vertes, soutenues par des pétioles qui ont à leur base deux épines courtes et crochues. :
Les fleurs sont amples, axillaires, solitaires , portées sur de Tongs pédoncules simples ; elles présentent : un calice composé de quatre folioles ovales, coriaces, caduques; une corolle formée de quatre pétales blancs, sous-orbiculaires , ouverts en rose ; des étamines très-nombreuses, très-longues , purpunes ; un style très-alongé , que termine un stigmate ovale.
(r) Je préfère, avec: M. Turpin, læ dénomination spécifique sativa, proposée par Persoon , à celle de spinosa, qui est doublement impropre : en effet, plusieurs espèces de caprier sont armées de stipules spinescentes , tandis que eelui qui porte le nom d’épineux devient inerme par la culture, et Pest même naturellement dans quelques variétés, comme l’a observé Tournefort à L'ile dAntiparos, et Murray dans le jardin botanique de Gottingue.
(2) Beckmana, Porbereitung zur Waarenkunde: tom. 1 3 1793, pag. Tir.
Murray, Æpparatus medieaminum : tom, 2; 1794, pag. 378:
o5e, Livraison. b.
(148) | Le fruit est une silique pédiculée, charnue, qui, semblable à une baie pyriforme, renferme dans son parenchyme beaucoup de graines menues et blänchâtres, sub-réniformes.
C'est au mois de juillet que s’épanouissent les grandes et belles fleurs du caprier ; mais si quelques-uns de ces arbrisseaux sont destinés à faire l’ornement des jardins , la plupart servent à des usages économiques. C’est surtout entre Marseille et Toulon qu’on voit des champs entiers couverts de capriers, cultivés avec des soins que couronne un succès constant. S'iln’entre point dans mon plan d’énuméret ces procédés agronomiques, tres-exactement décrits par Miller, Beraud , Bernard , Rozier, Dutour, Mordant Delaunay, je dois faire connaitre la manière de récolte: et de préparer les câpres, qui, comme on le sait, ne sont autre chose que les boutons des fleurs du caprier non encore épanouies.
Les femmes et les enfans vont tous les matins recueillir ces boutons qui , dans leur état de fraicheur, exhalent une faible odeur , et impriment sur la langue une saveur légerement piquante. On les expose à l’ombre pendant trois où quatre heures , jusqu’à ce qu’ils commencent à se flétrir , afin d’empêcher qu'ils ne s'ouvrent. On les met ensuite dans un vase qu’on remplit de vinaigre ; on les couvre , ‘et on les laïsse ainsi pendant huit jours ; on les retire alors ; on les presse doucement, et on les remet dans de nouveau vinaigre, durant buit autres jours : on répete cette opération une troisième fois ; puis on les sépare au moyen de plusieurs cribles percés de trous de divers diamètres. Les boutons les plus petits donnent les câpres les plus fermes , les plus délicates , et les plus recherchées. Ce triage fait, on renferme les câpres dans des tonneaux avec du vinaigre , auquel par fois on ajoute du sel.
On préfère les câpres qui ont'ane belle couleur verte; certains marchands la leur communiquent à l’aide du cuivre , et deviennent, par cette sophistication coupable, de vrais em-
oisonneurs. -
Telle précaution qu’on apporte dans la cueillette des boutons , il. y en a toujours qui échappent et qui fleurissent; on les laissent venir à graine, et quand Îles capsules encore vertes sont grosses comme üne olive, on les cueille et on les confit. Elles forment un mets agréable, comme les câpres , et sont appelées cornichons de caprier(5). #4 à
« Ces assaisonnemens, qui jouissent de propriétés excitantes, ne conviennent qu'aux estomacs faibles, aux personnes d’un tempéramment muqueux, d’une constitution molle , et
(3) Maison, dâns l'Encyclopédie méthodiqüe : médecine ; tome 4; pag. 375.
chargées de beaucoup d’embonpoint : ils facilitent la digestion chez ces individus , et la retarderaient plutôt, en 1rritant l’estomac, chez les personnes délicates , nerveuses, à fibres sèches, mobiles , légèrement impressionnables (4). »
C’est pour fondre les obstructions abdominales >. et surtout celles de la rate, qu’on a principalement vanté les câpres. Leur usage , joint à celui de l’eau des forgerons, a dissipé une induration splénique qui pendantsept années avait éludé les autres secours de l’art, s’il faut en croire Benivieni. Gette faculté désobstruante attribuée aux boutons du caprier, se retrouve plus puissante , plus énergique encore dans l'écorce de sa racine, qui est une des cinq apéritives mineures. « On la rencontre chez les droguistes en morceaux roulés, gros a peu pres comme un tuyau de plume d’oie , et de l’épaisseur d’une ligne : elle est grise, quelquefois légéement teinte d’une couleur vineuse, et garnie extérieurement de rides transversales peu saillantes ; sa cassure est blanche , celluleuse , avec de petits points jaunâtres ; elle a une saveur amère , piquante, et un peu âcre à la gorge ; elle est inodore (Guersent). »
Jadis employée et préconisée par Forest, Pauli, Sennert, elle avait perdu presque toute sa renommée , lorsque le docteur Tronchin la proposa comme un des meilleurs anthypocondriaques. Cette vogue passagère ne survécut point au médecin génevois , et l'écorce de caprier est retombée , peut-être à tort, en désuétude. On la prescrivait pulvérisée à la dose d’un gros, ou bien à celle d’nne once infusée dans une livre d'eau. Elle entrait dans l'huile de scorpions composée, dans le sirop hydragogue de Charas ; cuite, on l’appliquait tantôt sur Vestomac, pour ranimer la vitalité de cet organe , tantôt sur les vieux ulcères atoniques.
Le vinaigre dans lequel ont macéré les câpres a longtemps passé pour un bon résolutif, pour un astrimgent précieux.
(4) Guersent, dans le Dictionaire des sciences médicales ; tome 4, pag. 41.
( La plante est représentée de grandeur naturelle )
3. Bouton de fleur tel que l’on le cueille pour le confire dans le vinaigre, et connu sous le nom de cépre.