CAROUBIER
Grec........ MEpaTIt; KEpPATOVIL.
siniqua evuus; Bauhin, [t@Ë, lib. 11, sect. 2. Tour Latin... | nefort, cles. 18, arbres apétales. Re CERATONIA SILIQUA; Linné, clas 23, polygamie triœcie. Jussieu, clas. 14, ord. 11, légumineuses.
Jtalien...... CARRURO; CARRUBIO; GUAINELLA.
Lspagnol.... ALGARROBo.
Francais .... CAROURIER; CAROUGE. , Anglais... .. GAROD-TREE; JOUNS BREAD-TREE. É Allemand. .. KAROBBAUM; JOHANNISBRODBAUM; SODBRODRAUM; Gmelin. Hollandais. . . KAROBEN-500M; JANS BROODBOOM. Suédois... ... JoHANNISBRôD.
Connu de temps immémorial, mentionné dans les écrits les plus antiques, le caroubier croît et prospère sous le beau ciel de l'Orient et dans les climats tempérés de l’Europe. M: Poiret l’a fréquemment rencontré sur les côtes de Barbarie, et Olivier dans l'ile de Crète. Il se plaît beaucoup sur les terrains pierreux et dans les fentes des rochers.
Cest , dit Lamarck , un arbre de grandeur médiocre , toujours vert , dont la cime est étalée comme celle du pommier , les branches tortueuses , et le tronc raboteux à écorce brune.
Les feuilles sont ailées sans impaire et composées de six ou huit folioles ovales-obtuses , lisses, fermes , coriaces, presque sessiles , vertes en-dessus , veineuses et pâles en dessous.
Les fleurs viennent sur la partie nue des branches et dans Vaisselle des feuilles en petites grappes , d’abord pourpres , puis blanchissant à mesure qu’elles approchent de la maturité : elles sont tantôt unisexuelles , tantôt hermaphrodites ; celles-ci présentent : un petit calice ouvert à cinq divisions ; un disque charnu , quinquélobé , occupant le milieu de la fleur; cinq étamines, dont les longs filamens, opposés aux divisions du calice, portent des anthères didymes ; un ovaire supérieur, situé au centre du disque, et surmonté d’un style simple, que termine un stigmate légèrement capité.
Le fruit est une sorte de silique, ou plutôt une gousse, longue de six à huit pouces , obtuse, aplatie, communément arquée (1), lisse, épaisse en ses bords, divisée intérieure-
(x) Frappés de la ressemblance de ce fruit avec les cornes de divers animaux, les Grecs donnèrent à l'arbre le nom de KEpAT@VIL, que lui a conservé Linné : de xeépas , génitif XEP&TOS ; corne. J’ajouterai que XEPATIO signifie également petite corne et silique; ces deux objets ont en effet beaucoup d’ana= logie, je dirais presqne une similitude parfaite.
26°. Livraison. ex
ment par des cloisons transversales, en plusieurs loges , dont chacune contient, dans une pulpe succulente , une graine el. liptique, comprimée, dure et luisante (2).
Toutes les parties du caroubier sont utiles. Son bois, trèsdur, veiné d’un beau rouge foncé, est propre aux ouvrages de menuiserie et de marqueterie : mais il est sujet à se carier. lorsque l'arbre vieillit ; Vaubier , d’ailleurs, est trop considérable et trop tendre ; les feuilles et l’écorce servent au tannage (3).
Acerbe quand il est vert , le fruit du caroubier acquiert par la maturité une saveur tres-douce ; Proust en a même retiré un véritable sucre. J’ai vu vendre ces gousses à vil prix aux marchés de Venise et de Padoue, et j'en ai souvent mangé avec plaisir, sans éprouver ui diarrhées ni coliques ; les Maures en font une immense consommation ; elles sont si communes dans certains pays, qu'on s’en sert pour nourrir les pauvres et engraisser les bestiaux. Je vois même avec surprise, que dès les temps les plus reculés, ce fruit n’était point estimé ce qu'il vaut. Pour exprimer l’état de misère auquel était réduit l'enfant prodigue , Luc l’évangéliste le représente mendiant des caroubes , qui sont la nourriture ordinaire des pourceaux (4).
Les Egyptiens extraient de ces gousses une sorte de miel, et les emploient pour confire les tamarins et les myrobo-
Jans : mêlées avec la racine de réglisse, le raisin sec et d’autres
fruits, elles forment la base des sorbets, dont les Musulmans font un usage journalier. a
La pulpe des caroubes , nommées dans les pharmacies siliquæ dulces, est administrée comme béchique, et Jærdens prétend avoir guéri, par ce moyen, des toux convulsives extrêmement opiniâtres. Elle entre dans le sirop diacode, ainsi que dans la décoction peclorale de la pharmacopée de
Wairtemberg.
(2) A. J. Cavanilles a tracé une Description très-intéressante de cet arbre dans le second volume de son bel ouvrage intitule : Zcones et descriptiones plantarum quæ aut sponte in Hispanid orescunt, autun hortis hospitantur; . in-fol. HMatriti, 1791. À | ;
(3) Poiret, dans l'Encyclopédie méthodique : botanique; supplément, tome 2, page 119. 1
(4) Chap. 15, v. 16: ereluper epLisar TV HOIAILY ŒUTOU Te
TOY HEPATIOY, @Y MSÔLOY 08 X0HpOI.
( 165 ) EXPLICATION DE LA PLANCHE oo.
( La figure que nous donnons est l'individu mâle, réduit au tiers de sa grandeur naturelle )
1. Fleur mâle de grandeur naturelle, composée d’un petit calice quinquépartite, d’un disque, charnu, quinquélobé , au centre duquel est ur pistil avorté , et de cinq longues étamines à anthères didymes.