‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 56 sur 71 · CIL ES CAR VL · texte numérisé non relu

CIL ES CAR VL

Grec........ xapos, Dioscoride; Xæp£oV, Aetius. CUMINUM PRATENSE, CARV1 OFFICINARUM;Bauhin, Tuvaë, . lib. 4, sect. 5. | Latin........{ carvr cæsaurint ; Tournefort, clas. 7, ombelliféres. 1 carumM carvi; Linné, clas. 5,pentandrie digynie. Jussieu, clas. 12, ord. 2, ombelliféres (1).

Jialien...... GARVI; GARO; COMINO TEDESCO.

Espagnol. ... ALCARAVEA.

Français..... GARVI; CUMIN DES PRES. ‘ 4 Anglais ..... GARAWAY.

- Allemand.... MATTENKUEMMEL; GEMEINER KUEMMEL; WIESENKUEMMEL; FELDKUEMMEL. " Hollandais... xKARwEYx. °

Les anciens naturalistes et médecins grecs et romains*ont M souvent fait mention de cette plante bisannuelle, qu’ils ont nommée xapos, xapeoy, careum , parce qu’elle croissait plus particulièrement dans la Carie, province de l'Asie. Elle est commune dans les prairies de la France, de l'Allemagne , de la Hollande, de la Suede et de la Pologne.

La racine est fusiforme , de la grosseur du pouce, et garnie de nombreuses fibrilles. |

Les tiges, droites, fortes, cylindriques, glabres, striées , s'élèvent à la hauteur d’environ deux pieds, et fournissent une grande quantité de rameaux.

Les feuilles, alternes , amplexicaules, deux fois ailées, composées de pinnules lancéolées, dont les folioles sont pinnatifides à decoupures linéaires inégales : les feuilles radicales sont beaucoup moins finement découpées ; leurs folioles, plus larges , se divisent seulement en lobes anguleux.

Les fleurs sont disposées en ombelles terminales : l’ombelle universelle, lâche, étalée, composée de huit à dix rayons * inégaux,,est garnie d’une collerette à une seule foliole, longue,

sétacée ; les ombellules sont courtes, ramassées, dépourvues de collerette ; les cinq pétales, ouverts en rose, sont un peu échancrés à leur sommet.

(x) I ny At pas une seule famille de plantes dans laquelle il soit plus difficile, que dans celle des ombellifäres, d’obtenir des caractères génériques parfaitement tranchés : aussi règne-t-il une grande divergence d'opinions à cet égard entre les botanistes. Le carvi, par exemple pour lequel Linné a établi le genre carum, qui jusqu’à présent contient une espèce unique, est aux yeux de Roth un ligusticum, Crantz en fait un apium, Boissien propose de, l’incorporer dans le genre pimpinella; Scopoli et Lamarck trouvent qu’il se range plus naturellement parmi les-sésélis.

27°. Livraison. &.

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F ( 4740) Le fruit consiste en deux petites graines brunes, accolées, planes iutérieurement , convexes et strices en dehors. +

Cultivé dans nos jardins (2), le carvi perd une grande portion de son âcreté native; la racine devient plus volumineuse et plus succulente ; les graines, plus grosses, plus huileuses, exhalent un arome et acquièrent une saveur plus agréables. Presque tous les bestiaux aiment à brouter cette plante : les feuilles fraiches relèvent le goût des potages. Dès le temps de Dioscoride, on mangeait la racine de carvi comme celle du panais (3); c’est probableïnent elle qui, mentionnée par Jules-César, sous le nom de Chara, fut broyée , mêlée avec du lait, et réduite en pain par les soldats de M

: Valerius (4). Les belliqueux Germains en faisaient jadis la ase d’une boisson vineuse; on la mettait aussi confire dans le miel et le moût; elle se mange encore aujourd’hui, surtout dans le nord, soit crue, en guise de salade, soit cuite et apprêtée comme les autres racines potageres.

Les Tartares Nogais et ceux de Circassie préparent avec les graines de carvi une farine et des gâteaux qui, pour eux, sont un mets exquis, et de première nécessité dans certains cas. Les paysans suédois et allemands assaisonnent avec ces graines leurs soupes, leurs ragoûts, leur pain et leur fromage; ou s’en sert aussi pour aromatiser l’eau-de-vie et l'alcool. En effet, elles contiennent presque la vingtième partie de leur poids d’une huile essentielle éthérée , et en outre un extrait muqueux sucré. Rangées par les pharmacologistes au nombre des semences chaudes majeures, elles sont prescrites, soit pulvérisées, à la dose d’un scrupule à un gros; soit à celle d’une once, bouillies dans une livre d’eau, qu’on boit en tisane, ou qu’on iujecte en lavement. Quelquefois on administre quatre ou six gouttes d'huile volatile, répandues sur un morceau de sucre, ou incorporées dans une potion. Ces diverses préparations conviennent dans l’atonie de l’appareil digestif; elles sont propres surtout à rétablir équilibre des forces inégalement distribuées : tel est du moins le sentiment de Hermann (5),

de Ypey (6), de Willemet (7), de Sprengel (8). Willich

(2) Les procédés relatifs À cette culture ont été décrits par Jean Théophile Gleditsch, dans le tome second de ses F’ermischte physikalisch-botanischækonomische Abhandlungen, 1766.

(3) Uepr vaus I&TPEXNS ; Bb. 5, cap. 66. L -

(4) J. G. Weinmann, Tractatus botanico-criticus de char4 Cæsaris ; in-8°. Carolsruhæ, 1769.

(5) Cynosura malteriæ medicæ ; 1726, pag. 281.

(6) Afbeellingen der arlsenygewassen, 10m. 1; 1803, pag. G.

(7) Phrtographie encyclopédique; tom. 1; 1805, page 358.

(8) {nstitutiones pharmacologicæ ; 1816, pag. 100.

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e ACTOR OM

recommande aux personnes dont l’estomac ne remplit pas

- convenablement ses fonctions, des tartines de beurre saupoudré

de carvi, de gingembre et de sel. “.

On a exalté les ‘vertus galactopoïéliques, carminatives et aphrodisiaques du carvi; j’a suffisamment examiné et apprécié ces propriétés, communes à la plupart des ombellifères (0).

mizau (rean rouis), De carvi, Diss. in-40, Argentorali, 1740.

(9) Flore médicale, tome 1, pages 80 et 92.

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( La plante est représentée de grandeur naturelle )

. Racine.

. Feuille radicale. * . Fleurentière grossie.

. Fruit de grandeur naturelle.

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