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. Le même grossi, tel qu'il se détache dans la maturité.
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CASCARILLIE.
GT:
CASCARILLE.
RICINOIDES AMERICANA A FOLI0 ; Tournefort, ap= pendix. DER
CROTON CASCARILLA ; foliis lanceolatis, acutis, integerrümis , petiolatis, Subius tomentosis, caule arboreo ; Linné, clas. 21, monœcie monadelphie. Jussieu, clas.
15, ord. 1, euphorbes.
Italien... .... CASCARIGLIA.
Espagnol..... cAscarirrA.
Français. .... GASCARILLE; CHACRILLE; CROTON CASCARILLE OU A
FEUILLE DE GHALEF, Lamarck; cascarieuier, C.
Anglais... ... cAscarizra; Cullen.
ÆAllemand.... KASKARILLSTRAUCH; Hagen.
Hollandais... KASKARILBOOMTJE.
1 LIAHONE0 Pod
S'il fallait en croire aveuglément les relations ampoulées de certains voyageurs et les éloges fastueux de quelques médecins, Ja cascarille seraitune des acquisitions les plus précieuses dues à la découverte du Nouveau-Monde. L'arbuste qui produit cette écorce trop vantée croit dans les deux Amériques, mais surtout dans la partie méridionale de ce vaste continent (1). C’est une des plantes qui vivent en société, dit M. Turpin , comme dans le regne animal les fourmis et les abeilles : elle se plait dans les lieux secs, arides, et battus par les vents ; la elle forme presque à elle seule des forêts de plusieurs lieues à lile de Saint- Domingue, dans les environs du Port-de-Paix , et sur le bord de la mer entre Monte-Christ et le cap Lagrange.
Le croton cascarille s’éleve à la hauteur de trois à six pieds : le tronc, assez gros, recouvert d’une écorce cendrée , pousse des branches nombreuses, cylindriques, cassantes, dont l’écorce est grisâtre.
Les feuilles, alternes, pétiolées, ovales-lancéolées, se rapprochent singulièrement , par leur grandeur et leur figure , de celles de l’amaudier. Légerement ondées sur les bords , elles ont la surface inférieure luisante et comme argentée, tandis que la supérieure est parsemée de pelites écailles orbiculaires et blanchâtres , avec un point à leur centre (2.).
Les fleurs, monoïques, sont disposées en épi au sommet de la plante. La fleur mäle offre un calice double, décaphylle ,
D. Lu , ’ .
(1) Très-abondante à l’île d’Éleuthera, la cascarille est désignée par certains pharmacologstes sous le titre de cortex Eleutheriæ À cortex eleutheranus. al ru F e C \ \ 4 , ® e (2) M, Turpin a tiès-bien représenté ces petites armes stelhformes , qu'il compare aux chansse-trappes doutles guerriers se sont quelquefois servis pour entraver Ja marche de leurs ennemis.
27°. Livraison. b.
(176) dont les cinq folioles intérieures sont réputées des pétales par Lamarck et divers autres naturalistes ; quinze élamines dont les filamens sont réunis à leur base. La fleur femelle se comà d'un calice double, et d’un ovaire trigone surmonté de “rois styles bifides.
Le fruit est une capsule obronde, à trois lobes latéraux arrondis, à trois loges bivalves, dont chacune contient une graine ovoïde noirâtre.
Une odeur agréable s’exhale de toutes les parties du cascarillier. On prépare avec les feuilles une boisson qui flatte le goût et l’odorat, et dont les habitans de Saint-Domingue font usage sous le nom de thé du Port-de-Paix (5).
C’est à son écorce que la cascarille doit la renommée dont elle a joui longtemps, et même la dénomination, que les Espagnols lui ont imposée (4). Nous la recevons en fragmens roulés , longs de deux à quatre pouces ; de l'épaisseur d’une ligne, d'une cassure résineuse, d’un gris cendré à l'extérieur, et d’une couleur rouille de fer en dedans. L’épiderme blanc, rugueux ; sillonné de lignes transversales , est par fois tapissé de lichens , dont il faut le nétoyer. La cascarille s’euflamme aisément , et son arome devient alors plus énergique et plus suave. tt
« Les recherches chimiques de Boulduc, Neumann , Dehne, Spielmann , Lewis, n’ont jeté qu’une faible lamière sur la nature des principes de cette écorce: L'analyse plus récente de Trommsdorff, plus exacte , laisse néanmoins encore à dési-
rer. Il serait curieux d'examiner comparativement la cascarille
avec le quinquina, puisque ces deux substances paraissent offrir plusieurs caractères analogues. Dans l'état actuel de nos connaissances, on Sail seulement que la cascarille contient un
extractif amer, une huile volatile , une certaine quantité de résine soluble dans l'alcool , et peut-être un peu d’acide benzoïque (5). »
On doit à l'espagnol Vincent Garcias Salat un des premiers écrits sur la cascarille (6), dont il étudia les effets dans la fièvre tierce. Le professeur allemand , Jean-André Stisser , fournit des renseignemens plus étendus sur celte écorce (7);
3) L’arbrisseau Jui-même porte à Saint-Domingue le nom de sauge du Port-de-Paix. M. Turpn, auquel je dois cette observation , ajoute que l’infusion a besoin d’être filtrée ; sinon toutes les petites chäusse-trappes dont les feuilles soit tapissées resteraient dans la gorge, ÿ produiraïent une vive irrita= tion , et feraient beauconp,tonsser: s "HS !
(4) Cascarilla, petite écorce ; mince écorce; diminutif de cascara, écorce. (5) Biett dans le Dictionnaire des sciences médicales ; tome 4, page 257... (6) Unica queæstiuncula , in qud e> aminatur pulvis de quarango ; vulsù
cascarilla, in curatione tertianæ ; in-4°. Palentiæ. 1092 : i chymici, Specimen 2; Helmestadii, 1695.
(7) Acta laboratort
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on AD
il la présenta comme propre à être fumée avec le tabac, dont elle corrige l’odeur vireuse et narcotique; il pressentit, plutôt qu'il ne constata la vertu fébrifuge, que d’autres médecins ont si diversement appréciée. En eflet, je vois Jean-Louis Apinus préconiser la cascarille comme le spécifique des fièvres rémit= tentes bilieuses qui désolèrent la ville de Herspruck (8). Santhesson prétend avoir obtenu le même succès dans une épidémie analogue qui se manifesta dans la Suede. On a porté l'enthousiasme jusqu’à donner au quinquina faux (9) la preférence sur le véritable; et l’on regrette de trouver parmi ces prôneurs inconsidérés les noms justement célèbres de Fagon, de Stahl, et de ses disciples Jean Juncker, Michel Alberti, André Ottomar Gœlicke. Des praticiens illustres, des observateurs impartiaux, Werlhof, Bergius, Cullen , ont interrogé l'expérience clinique : la cascarille n’a plus été rivale du quinquina ; mais elle conserve un rang distingué dans la même classe. C’est. un tonique utile dans les cachexies , les affections muqueuses, les diarrhées rebelles, les dysenteries chroniques. La meilleure manière de J’administrer consiste à la mêler au quinquina , dont elle aide l'efficacité médicinale (10) : on peut aussi la joindre à la rhubarbe. Elle est prescrite en poudre à là dose de trente à cinquante grains ; digérée dans l’alcool , elle constitue l'essence de cascarille , qui se donne , ainsi que l'extrait, à la même dose que la poudre. Le sirop se prend de ‘quatre à six gros , ou bien il sert à la préparation des bols et des électuaires.
TOEHMER (philippe Adolphe), De cortice cascarillæ , ejusque insignibus in medicind& viribus, Diss. inaug. præs. Frider. Hofmann; in-4o, fig. Halæe Magdebursicæ, 1738.
(8) Febris cpidemicæ anno 1694 et 1605 in IVoricæ ditionis oppido
erspruccensi grassari deprehensæ historica relatio; in-80. LV, orimbergæ, (9) Appelée dans plusieurs traités de pharmacologie faux quinquina , la Cascarille a fréquemment été vendue pour Ja véritable écorce du Pérou.
(10) Alibert, Nouveaux élémens de thérapeutique, tome 1; 1814, page 55.
( La plante est représentée de grandeur naturelle
02 4 4. Portion de feuille grossie, sur laquelle on a figuré cette quantité de petites épines asteriformes, ou espèce de petites chausse-wappes qui . recouvrent toutes les parties de ce végétal.
a, Fleur mâle grossie, composée d’un calice double ( dix parties ) , et de quinze étamiues, dont les filamens sont réunis à leur base.
- 3. Fleur.femelle grossie, composée ne calice double et d’un ovaire trigone , surmonté de trois styles bifides.