CHER VI
Grec... sis@poy (1).
SISARUM GeRMANORUM; Bauhin, Il4&Ë, lib. 4, sect. GE
Æournefort, elas. 12, ord. 2, ombellifères.
Latin.......,.{s1um sisanum ; Jolis pinnatis, ‘floralibus ternatis ; Linné, clas. 5, pentandrie digynie. Jussieu , clas. 12,
ord. 2, ombellifères.
Lialien. ....... sisaro.
Espagnol... ..... cairrvra.
Français... ... cHEervr; CHERVIS; CHIROUIS; GIROLE. Anglais. . .:.,. SkIRRET.
Allemand... ZUCKERWURZEL.
Hollandais... … SUIKERWORTEL; SUIKERYWORTEL.
Suédois... .... SockER-roT.
IL paraît que cette ombellifère vivace est originaire de la Chine , et se rapproche singulièrement du fameux ninsi (2). Certains botanistes sont même d'opinion que c’est une seule plante désignée sous des noms différens (5). 4
La racine est composée de cinq à neuf ou dix tubérosités 3 longues de six à sept pouces , grosses comme le doigt, ridées, annelées (4 ; tendres, faciles à rompre, blanches, disposées en faisceau comme une botte de navets , et terminées de même par des radicules filiformes.
Les tiges, noueuses, striées ; s’élèvent à la hauteur de deux ou trois pieds.
Les feuilles , alternes , amplexicaules , ailées, sont garnies de cinq, sept ou neuf folioles ovales , pointues, finement dentées en leurs bords et opposées , à l'exception de la terminale ; les feuilles florales sont ternées.
Les fleurs , petites, blanches, sont disposées en ombelles terminales, dont les râyons varient beaucoup pourle nombre, Qui souvent est fort considérable. L’ombelle générale , ainsi
(1) Le savant Sprengel pense que le chervi n’est point le SIS&pop , mais bien Peaw@oGosxoy de Dioscoride ; l’érudit Jean Bodæus à Stapel est d'un avis coplraire.
(2) Linné, Systema plant. ed..Reichard; tom. 7, pag. 694.
Lamarck, Encyclopédie méthodique : botanique ; tome +1, page 405.
(3) Mordant De Launay, Le bon jardinier; 1814, page 24.
4) On remarque trois lignes longitudinales qui suivent en zigzags les étrart-
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30°. Livraison. c.
que les ombellules , sont munies à leur base d’une collerette formée de quatre ou cinq folioles simples , linéaires et inégales. Chaque fleur présente : une corolle rosacée de cin pétales égaux, subcordiformes ; cinq étamines, plus longues que les pétales ; un ovaire inférieur, chargé de deux styles courts.
Le fruit consiste en deux graines accolées, convexes et striées d’un côté , planes dé lautre.
Une odeur agréable s’exhale des fleurs du chervi; mais c’est à l'excellence de sa racine que cette plante doit son antique réputation. Cultivée jadis dans tous les jardins potagers , elle était servie, diversement préparée , sur la table des rois. L’infime Tibeère , durañt son séjour en Allemagne, trouva les racines de chervi tellement délicieuses, qu'il en exigea chaque année une certaine quantité en forme de tribut. Je suis étonné de voir un mets si savoureux , si nourissant, condamné de nos jours à un injuste oubli. Cependant la culture du chervi est facile, et sa racine offre une ressource précieuse : elle donne un amidon d’une blancheur éclatante ; soumise à la fermentation, elle fournit abondamment de l’alcool; Marggraf en a extrait de très-beau sucre , comparable , sous tous les rapports , à celui qu'on retire de la canne. é |
Les pharmacologistes ne cessent de répéter que la propriété médicamenteuse dans Les végétaux est, comme dans les substances des autres règnes, en raison inverse de la qualité alimentaire. Voila pourquoi les poisons deviennent , dit-on, des remèdes héroïques, lorqu’ils sont administrés par un praticien habile et judicieux. Ce n’est point ici le lieu de discuter, de commenter cette proposilion , vraie à plusieurs égards. Il me suffit d'observer que les médicamens héroiques sont réservés pour les cas graves. La plupart des maladies qui nous afiligent réclament des moyens plus doux ; elles cédent fréquemment à des alimens médicamenteux , qui n’ont point, comme les drogues énergiques , le fatal inconvénient de porter dans toute l’économie humaine un trouble et un désordre souvent irremédiables. Profondément pénètre de' cette vérité, c’est dans la bromatologie que je puise, toutes les fois que cela m’est possible , les agens thérapeutiques. Je pense, avec Boerhaave , que le cheryi convient merveilleusement aux hémoptysiques, aux personnes atteintes de catarrhe pulmonaire chronique et menacées de phtisie. Je le crois encore très-ulile dans les phlegmasies et les irritations du tube alimentaire et des voies urinaires ; telles que le ténesme , la dysenterie , la sitrangurie , l'hématurie.
@2510) À l'exemple du célèbre professeur de Leyde, je conseillerais cette racine appétissante , et même lant soit peu aphrodisiaque , dans Le lait, dans le petit-lait, dans les bouillons, et, pour ainsi dire , dans tous les alimens des malades.
( La plante est représentée de grandeur naturelle ÿ
1. Racine réduite an quart de sa grandeur naturelle, . Feuille inférieure au trait.
. Flenr entière grossie.
. Fruit de grandeur uaturelke.
. Le même grossi.
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