‹ Flore médicale (volume 5)Chapitre 15 sur 81 · NARD · texte numérisé non relu

NARD

Grec. ....... vapdos, vepdocæyue. | ‘ous cALAmMUS oporaTus MATTHIOL; Baubin, IivaË, lib. 1,

a 1 l decompositis

Latin..,:.,..<aAnproroGon NARDUS ; paniculæ ramis supradecomp à proliferis. Linné, polygamie monoécie. Jussieu, cl. 2, ord. 4, famille des graminées.

Français. ... NARD; NARD INDIEN ; SPICA-NARD. Ztalien ...... nanno iNprANo.

Espagnol....'NARDO DEINDIAS | Portugais... NARDO INDICO; NARDO DA MAGDALENA. Allemand.... NARDENBARTGRAS.

Anglais ....,. SPIKENARD.

Hollandais... SPIRENARD. 3

Danois. ..... SPIKENARDES.

Suédois . .:.. SPIRENARDE.

On a donné le nom de nard à plusieurs plantes très-différentes. Linné l’a employé pour un genre: de la famille des graminées. Clusius, J. Bauhin, et quelques autres, l'ont appliqué, d’après les anciens, à plusieurs espèces dé valérianes, pourvues. de racines odorantes et touffues; d’autres ont donné le nom de nard-aspic au lavendula spica, etc.; mais le véritable nard de commerce, connu sous le nom de nard indien, appartient, selon Linné, à l’andropogon nardus.

Le nard indien, selon Geoffroy (Mat. med. 2, pag. 107, et Lam., ÆEncycl. 1, pag. 375), est une racine chevelue, ou pruër un assemblage de filets entortillés,, attachés à la tête de a, racine, qui ne sont rien autre chose que les filamens-nerveux des feuilles desséchées, ramassées en petits paquets, de: la grosseur et de la longueur du doigt, de couleur de rouille de fer, où d’un brun roussâtre, d’un goût amer, âcre, aromatique , d’une odeur agréable , qui approche de celle du souchet,

Cette description convient assez bien à l’'andropogon nardus, dont les racines sont dures, odorantes, articulées, divisées en filamens noueux, fasciculés. Elles produisent des tiges très: élevées , articulées, remplies d'une moelle blanche et fongueuse., HE

Les feuilles sont amples, alternes, glabres , très-lisses, assez semblables à celles des roseaux, fort longues, larges de plus d’un pouce.

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( 54 ) | ne fleurs sont très-nombreuses , disposées en une ample panicule terminale, d’un vert pâle. Ces fleurs offrent, dans les andrepogons, poui caractèneessentiel , des fleurs olygames ; Le balle calicinale uniflore, à deux valves ; la de bivalve ; a ue extérieure munie, dans les fleurs hermaphrodites et sessiles, d’une arête située à la base; trois étamines, deux ; à J À NT. 1” Se styles. Les, fleurs «mâles sont pédicellées, sans pistil, sans arête, |

odeur est fragrante et suave; sa saveur aromatique, douceâtre ; un peu amère, répand une sorte de chaleur âcre dans l’intérieur de la bouche, quand on la mâche. Neumann en a retiré un huitième d'extrait spiritueux , un sixième d'extrait aqueux, et un peu d'huile volatile. L’eau s'empare d’une grande partie de son arôme.

Le nard a joui, dans l’antiquité, d’une très-haute réputation, Depuis un temps immémorial, onen a préparé des huiles ou des onguens d’une consistance liquide, qui étaient en honneur..et en usage chez les anciens pour calmer les douleurs, dissiper la fatigue, chasser les troubles de l’ame , et pour exciter la gaîté, À la vertu exhilarante, depuis longtempsattribuée à cette plante, les modemnes ont ajouté les propriétés toniques, stomachiques, cordiales, céphaliques ; emménagogues, apéritives, alexitères, «etc. , quistoutes découlent immédiatement de l'excitation qu'elle exerce sur l’économie animale. De sorte que dans les.cas où les propriétés vitales sont Ne naturellement portées à un très-haut degré d'excitation, le nard cesse d'opérer les effets secondaires que nous venons d'indiquer: Comme tonique, il a pu ètre Rs avec avantage dans les maladies qui tiennent à un état de débilité soit générale , soit locale, ou à une sorte de torpeur primitive dwsystème nerveux ; mais l’administrer sous quelque rapport que ce soit dans les affections qui tiennent à unexcès d'énergie, ou à la .concentration des forces vitales sur un organe quelconque, serait videmment commettre une erreur funeste. Il est donc permis de douter de ses succès dans les obstructions du foie, de la rate et du mésentère, contre lesquelles les Indiens, au rapport de

Bontius, emploient souvent celte graminée. On ne peût pas admettre avec plus de raison l'efficacité qu’on lui a vaguement attribuée contre Ja morsure des serpens venimeux , efficacité qu'on a tout aussi hypothétiquement accordée aux fièvres malignes, pestilentielles, et autres maladies du caractère le plus grave, x l’époque où l’on imägina d'attribuer ces affections à uu principe vénéneux. Comme topique, Rivière recommandait l’introduction du nard, finement pulvérisé, dans les fosses nasales, pour arrêter l’épistaxis :’sorte d’hémorragie qui doit être abandonnée à elle-même, ou réprimée par des moyens beaucoup plus certains. On rapporte que Galien guérit Marc-Aurèle d’une langueur d'estomac, en lui appliquanvsur l’épigastre de l'huile de nard étendue sur de la laine. Mais doit-on conclure de ce seul fait, que l'huile de nard , appliquée à l’épigastre , est un reméde souverain, et d'une efficacité démontrée contre ces sortes de maux? Ces faits, et beaucoup d’autres non moins douleux, qui ont été cités à l’appui des merveilleuses propriétés du nard, sont trop vagues et trop peu nombreux pour mériter à cette plante la confiance dont elle a joui autrefois. Aussi son usage est-il entièrement tombé en désuctude, depuis que l'observation sévère a fait place aux vains produits de l'imagination, et que les lumières de la physiologie et de la clinique ont commencé à diminuer l’épaisseur des ténèbres qui enveloppent encore la matière médicale.

On pourtait administrer le nard à la dose de deux grammes (demi-gros) en substance, et à celle de seize grammes (demionce) en infusion. On le faisait entrer jadis dans des collyres, et surtout dans des linimens précieux dont on ne fait presque plus aucun usage. Il fait également partie d’une foule de préparations pharmaceutiques, que les progrès des sciences médicales condamnent pour la plupart à un éternel oubli. Tels sont la poudre aromatique de roses, la thériaque, le mithridate, le grand philonium, la bénédicte laxative, l'hiera picra, l'hiera de coloquinte, les trochisques de camphre, et ceux d’hédicroon, les pilules fétides, le sirop de chicorée composé, l’onguent martiatum , l'huile de nard et l’huile de scorpions, digncs monumens de l'ignorance et de la barbarie du moyen âge.

Les nations de l'Orient faisaient particulièrement usage des : ee du nard, pour oindre les voyageurs auxquels,

ans les temps reculés, on accordait une hospitalité si généreuse. C’est par suite de cet usage que l’Ecriture-Sainte nous représente Marie et Marthe oignant les pieds de Jésus-Christ

(56) avec de l'huile de nard. Certains passages d'Horace nous apprennent que les Romains l’ernployaient aussi en onctions.

Æssyria nardo potumus uncti. | | Liv. 2, od. 1r.

Nunc et Achæmenia Perfundi nardo juvat, et fide Cyllenea Levare diris pectora Sollicitudinibus.

Epod. 13.

(La plante est réduite au douzième de sa grandeur naturelle)

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