‹ Flore médicale (volume 5)Chapitre 23 sur 81 · NOY ER · texte numérisé non relu

NOY ER

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( CCE: ; NOYER. à

Grec....... x&puoy Casumor. é

NUX JUGLANS(1);$. regia vulgaris, Bauhin, TlsvaË ,d. 11, sect. 4. Tournefort, cl. 19, sect. 1, gen. ". Lalin.......43ucLans recra; foiolis ovalibus glabris, subserratis, sub . æqualibus. Linné, monoécie polyandrie. Jussieu, el. , td. 12, fanulle des térébinthäcees.

Français... Noyer.

Lialien... .... nocx.

Espagnol... nocau:

Portugais... Nnocvuertra.

Allemand... NussbAUM; wALNUSs.

Anglais... .. WALNUTTREE.

Hollandais .. ocKkerNooïEN&ooN.

Danois ..... NOEPDETRZ.

Suédois. .... vALNoErrTræD. Polonais... onzrszYNA wcoska.

Jusse...... creztæk orecur (noir grecques).

Hongrois... oLAss-pro, Arménien... ANGUSs.

Chinois(.... Ho-rao,

Le noyer, quoique très-anciennement connu, nest point indigène de l’Europe. Pline Je dit originaire de la Perse : on l’y trouve encore dans son état sauvage, au milieu des forêts. Quoiqu'il jouisse parmi nous de tous les droits de la naturalisation, il n’y est point acclimaté au point de pouvoir résister au froid des hivers rigoureux, Quelques-uns ont cru y reconnaître l’arbre que Théophraste à nommé Ccaryon; mais le peu qu’en dit cet auteur, laisse beaucoup d’incertitudes, et ne Permet pas de prononcer, Linné lui a conservé le nom de juglans, qu'il avait recu des Grecs. Il est devenu le Lype d’un genre que plusieurs belles espèces découvertes dans l'Amérique septentrionale, ont rendu fort intéressant, Il se caractérise par des fleurs monoïiques, dépourvues de corolle, Les fleurs mâles sont disposées en chatons pendans, garnis d’écailles, portées chacune sur un pédicelle horizontal : le calice est à six divisions profondes ; il renferme une vingtaine d’étamines presque sessiles; les anthères à deux loges. Les fléurs femelles sont s0litaires | deux à deux, ou trois à trois. Leur calice est double,

(7 Mot formé de Jovis glans ; Comme si l’on disait gard de Jupiter. 65°. Livraison, @,

(82) supérieur, à huit divisions ; l’extérieur plus court; Povaire surmonté de deux styles épais; les stigmates en massue, déchirés à leur sommet. Le fruit est un drupe ovale, renfermant une noix à deux valves; l’amande irrégulièrement sinuée, partagée à la base en quatre lobes, séparés par des cloisons membraneuses.

Le noyer est le plus beau de nos arbres fruitiers ; il porte üne cîme large et touffue : son écorce est lisse dans les jeunes abres , épaisse et gercée dans les plus vieux; son bois dur; ses rameaux de couleur verdâtre ou cendrée.

Ses feuilles sont grandes, alternes, pétiolées, aïlées, d’un beau vert, composées de sept à neuf folioles, quelquefois moins, sessiles, opposées, glabres , ovales-lancéolées, aiguës, entières, rarement denticulées. ; N

Les fleurs sont monoïques; les mâles disposées en longs chatons cylindriques, pendans, d’un brun vert, réunis sur le vieux bois plusieurs ensemble ou solitaires, longs de deux ou trois pouces.

Les fleurs femelles sont axillaires , situées vers l'extrémité des rameaux, presque sessiles, au nombre de deux ou trois. Elles

roduisent, sous le nom de noix, des drupes ovales, un peu globuleux, enveloppés d’un brou ferme, épais, d’un beau vert. (EP)

L'enveloppe extérieure du fruit du noyer, connue sous le nom de brou de noix, est verte, charnue, d’une saveur amère,

styptique et excessivement acerbe. Elle renferme beaucoup de tanuin et d'acide gallique, et noircit fortement la peau des doigts lorsqu'on la touche. La seconde enveloppe, dure, cassante, et comme testacée, est d’une couleur fauve, sillonnée à sa surface, sans odeur, sans saveur, et de nature purement ligneuse. L'intérieur de la noix offre une substance quadrilobée, recouverte d’ün épiderme jaunâtre , très-mince, d’une saveur astringente, et qui contient probablement du tannin. Cette substance est blanche, d’une saveur douce, très-agréable, miscible à l’eau, à laquelle elle donne la consistance émulsive; elle contient une certaine quantité de fécule amilacée, et environ la moitié de son poids d’une huile grasse, très-douce, jaunâtre, siccative, qui ne se concrette point par l’action du froid. | ; | 14 :

Le brou, à raison des principes amers et styptiques qui ÿ dominent, jouit manifestement des propriétés tonique et astringente. L’excitation qu'il exerce sur l'estomac en vertu de ces propriétés, suffit quelquefois pour produire le vomissement, ainsi que l’ont observé Ray, Schroeder et Buechner. Pour l’ordinaire il agit sur le-canal intestinal , doutil provoque les con-

CESDF UE | tractions, et c'est probablement par cette manière d’agir qu'il est redoutable aux vers intestinaux. Ses propriétés anthelmentiques, déjà célébrées par les anciens, ont été confirmées par les observations de Plater, de Fischer, et de plusieurs autres ; qui paraissent avoir administré sa décoction aqueuse et son “extrait contre les lombrics, quoique Andry ait reconnu que ce vermifuge n’était pas plus constant dans ses effets que les autres. Comme excitant, on a vanté ses bons effets dans l’apoplexie commençante, dans la paralysie et dans la syncope, où 11 ne peut pas agir différemment des autres médicamens styptiques. À l'extérieur ; comme topique, résolutif et détersif, on en fait usage en gargarisme dans certaines angines chroniques, contre le relâchement de la luette, contre le gonflement des gencives, les ulcérations, et les aplites indolens de la membrane muqueuse de la bouche. En poudre on l’a appliqué aa

. pansement des ulcères atoniques et sordides.

» L’épiderme mince et jaunâtre qui enveloppe la substance de Ja noix, quoique beaucoup moins styptique que le brou , jouit de propriétés analogues. Réduit en poudre, il a été recommandé contre la colique, et le peuple s’en sert quelquefois encre pour remédier à celte affection , Où il ne peut être que bien rarement utile, puisque les astringens y sont en général plus nuisibles qu'avantageux.

La partie blanche où parenchymateuse de ce fruit, dé-

pouillée de son épiderme, est une substarice très-douce, qui à une qualité éminemment nutritive, joint les propriétés rafraïchissantes, relâchantes, lubréfiantes et adoucissantes, comunes aux autres substances émulsives, dont l'huile et Le mucilage forment les parties constituantes. Cette substance, prise en grande quantité, paraît toutefois susceptible d’expulser les vers intestinaux, ainsi qu'Hippocrate l'avait observé à l'égard des vers plats L’émulsion qu’elle forme par sa trituration dans Veau, peut être employée avec avantage dans toutes les maladies d’irritation soit générales, soit locales. Cependant comme les noix rancissent en vieillissant , €t qu'elles acquièrent alors des qualités irritantes, pour peu qu’elles soient anciennes , elles ne conviennent plus comme émulsives.

Il en est de même de l'huile grasse qu'elles fournissent par expression, Lorsque cette huile provient des noix de l’année, et qu’elle est récente, elle est douce de propriétés relâchantes adoucissantes et lubréfiantes, comme la plupart des huiles grasses, qu’elle peut suppléer dans tous les usages médi- Caux ; mais, dans les cas contraires, elle exhale une odeur forte , elle a une saveur rance qui irrite la gorge par son âcreté, et elle perd ainsi toutes ses qualités adoucissantes. Comme

l'huile d'olives, elle jouit d’une vertu: purgative et dune propriéte anthelmentique, en vertu desquelles plusieurs observateurs l’ont employée avec succès contre le tænia.

Le brou de noix se donne en décoction à doses très-variables, et en extrait, à celle de deux ou trois cuillerées à café pour les enfans, et à dose double ou triple pour les adultes. En l’associant avec le miel, on en prépare un rob de noix qui a eu jadis beaucoup de réputation. Avec le sucre et l'alcool, 11 forme aussi le ratafia de brou de noix, réputé comme stomachique. L'épiderme intérieur de ce fruit a été administré en poudie à la dose de quatre grammes (un gros). Sa substance blanche, dépouillée de son épiderme, est administrée en émulsion à la dose de trente-deux à soixante-quatre grammes, dans cent vingt à cent quatre-vingt grammes d’eau convenablement édulcorée. L'huile se donne comme purgalive ou vermifuge , de trente-deux à soixante-quatre grammes et plus.

Plusieurs autres parties du noyer, et entre autres l'écorce . intérieure dont Ray, Buechner et Schroeder, ont parlé comme voinitive, ont été employées jadis en médecine, mais elles ne sont plus en usage.

Cet arbre parait exhaler certaines émanations qui nuisent aux autres végétaux , et les empêchent de prospérer autour de Jui. Les douleurs de tête qu’elles occasionent aux hommes qui y démeurent longtemps exposés, sembleut indiquer qu'elles ont quelque chose de vireux. Mais l'opinion populaire qui attribue au noyer la propriété de donner la fièvre à ceux qui reposent sous son ombre , a besoin de confirmation. Par sa dureté, par sa couleur agréablement veinée, et par le beau poli dont il est susceptible, le bois de cet arbre est très-précieux et très-recherché par les ébénistes et les menuisiers pour la fabrication des meubles, et d’une foule d’ornemens de nos habitations. Sa racine, ses feuilles, et l’enveloppe extérieure de son fruit, fournissent une couleur jaunâtre utilement employée dans la teinture. Les fruits, avant la formation de leur partie uutritive, sont confits avec le sucre et les aromates , et Lransformés en uualiment extrêmement délicat, d’un goût délicieux.et trèsstomachique. Ces fruits, connus sous le nom de cernaux, avant leur maturité, constituent un mets de dessert très-recherché parmi nous, quoiqu'ils soient un aliment glulineux, réfractaire à l’action de l'estomac et de l'intestin, et, par conséquent, peu salubre pour les personnes faibles et délicates. Les noix müres sont moins difficiles à digérer, et constituent un aliment agréable et sain quand elles sont récentes. Mais en vieillissant elles deviennent rances, et alors elles occasionent le pyrosis et des rapports uidoreux. L'huile de noix, exprimée sans le concours de

la chaleur, lorsqu'elle est récente, et qu’elle provient des fruits de l’année dépouillés de leur épiderme , est très-douce, et peut être employée avec avantage à tous les usages culinaires. Dans les cas contraires elle exhale une odeur forte, irrite la gorge, et alors elle est réservée à l'éclairage, à la fabrication du savon, à la composition du vernis, et autres usages économiques. Comme elle ne se coagule pas par le froid ; et qu’elle est de nature siccative , elle est surtout très-utile aux peintres et aux broyeurs de couleurs. Le magma, qui reste sous le pressoir lorsqu'on a exprimé l’huile des noix, est une substance trèsnourrissante, qu'on emploie avec avantage pour engraisser les bestiaux : beaucoup de personnes le trouvent même un aliment fort agréable, L’enveloppe cornée de ce fruit, ou les coquilles de noix, sont en usage soit pour chauffer le four, soit pour brüler dans les cheminées. Enfin le tronc du noyer fournit, par incision, un liquide mucilagineux et sucré, qui présente, lors-

u'il a été convenablement épaissi, toutes les qualités du miel et de la mélasse, et dont M. Barron a retiré du sucre cristallisé par des procédés analogues à ceux qui sont en usage pour obtenir le sucre de l’érable.

EXPLICATION DE LA PLANCHE a5o,

(Da plante est reduite à la moitié de sa grandeur naturelle)

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