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AN
"‘GCODAS
OŒENANTHE.
Grec. ...... cyan. Dioscoride. LAgR à L ŒNANTHE AQUATICA; Banbin, Iiva£, lib. 6, sect. 5.
Tournefort, cl. 7, sect. 2, genre 3. À LT aa
Latin .…......Zæœwanrme risruzosA; stolonifera, foliis caulinis pinnatis fiiformibus fistulosis. Linné, pertandrie digÿnie. Jussieu, clas..12, ord. 2, famille des ombellifères.
Francais... ŒNANTHE; FILIPENDULE; PERSIL DFS MARAIS.
Jtalien ...... nantes.
Espagnol .... FILIPENDULA.
Portugais... FILIPENDULA.
Allemand... RŒnRIGE REBENDOLDE.
Anglais..... WATER pRoP-wor®.
Aolandeis: .. DRUIVELBLOEM.
Danois. ..... VAND-STEENBREK.
Cette plante, si commune sur le bord des marais, est très-remarquable par ses feuilles dont les pétioles sont fistuleux. Elle appartient à la famille des ombellifères , et se caractérise par un calice à cinq petites dents persistantes ; cinq pétales courbés en cœur, d’égale grandeur dans les fleurs du centre ; ceux de la circonférence plus grands, irréguliers ; cmq étamines , deux styles. Lie fruit est oblong ou un peu ovale, sillonné longitudinalement , couronné par les dents du calice et les deux styles : il se divise en deux semences convexes et striées d’un côté , planes de l’autre. ;
Ses racines sont fibreuses , rampantes , un peu tuberculeuses à leur origine : elles produisent une tige grosse, cylindrique , fistuleuse ,‘glabre , rameuse, presque nue, haute d’environ un pied et demi.
Les feuilles sont longues , deux fois ailées, très-lisses; les
folioles à découpures petites, aiguës ; les folioles des feuilles
supérieures sont simples et linéaires ; les pétioles longs , droits et fistuleux.
Les fleurs sont blanches , disposées en une ombelle composée ordinairement de trois rayons , soutenant chacun unc ombellule plane, très-serrée. L’involucre universel manque souvent, ou n'a qu’une seule foliole; les involucres partiels sont composés de plusieurs folioles. Dans les ombellules les fleurs du centre sont presque sessiles, celles de Ia circonfé-
rence portées sur de longs pédoncules, très-ordinairement
stériles.
65°, Livraison, d.
Les fruits offrent une tête globuleuse , hé dents du calice et les styles persistans.
On trouve encore dans les mêmes lieux » 1°. l’œnanthe crocata , distingué par la forme de ses ombelles composées de rayons nombreux , presque tous de même longueur , soutenant des ombellules serrces , presque sessiles. Ses tiges sont remplies d’un suc jaunâtre ; ses racines composées de tubercules sessiles , alongés, fasciculés ; 2e. l'œnante pimpinelloides, à racines également tuberculécs » dont les feuilles radicales sont deux ct trois fois ailées; leurs folioles élargies, cunciformes Fe 1PD
La racine de cette plante consiste dans des espèces de tubercules fusiformes, suspendus à de longues fibres ; leur figure est analogue à celle des navets ; leur substance est blanche , inodore, et d’une saveur analogue à celle dn panais, avec lequel ils ont été souvent confondus. Les chimistes ne se sont point encore occupés de leur analyse. On reconnaît toutefois qu’ils renferment de la fécule , ‘et peut-être aussi une certaine quantité de sucre , uni à un principe extrêmement délétère dont il serait très-intéressant de rechercher la nature chimique.
Cette racine , employée en médecine dans les derniers siècles, n’est plus en usage de nos jours. La plupart des auteurs modernes de matière médicale n’en font aucune mention , et semblent lavoir reléguée dans les traités de toxicologie, où ses qualités vireuses lui assignent un rang distingué, Elle est en effet une des substances les plus délétères que l’on puisse trouver parmi nos végétaux indigènes. Les journaux de médecine et les recueils d'observations sont remplis de récits d’empoisonnemens auxquels elle a donné lieu chez des sujets qui, trompés par une fausse apparence, l'ont prise pour la racine du panais où toute autre racine nourrissante, C’est ainsi que des individus isolés, des escouades de soldats, et des familles entières en sont devenus victimes. Une chaleur brûlante dans l’intérieur de la gorge et de l'estomac, quelquefois des nausées, l'anxiété et. des vomissemens, plus souvent Ja car-, dialgie, des vertiges, le délire, le coma, l'aliénation mentale ; chez certains individus, des bouffées de chaleur âcre, des taches rosées au visage, sur les bras et Sur la poitrine ; chez d’autres ; des hémorragies nasales, des évacuations alvines, le météorisme du ventre, et toujours d’horribles et violentes convulsions, tels sont les phénomènes redoutables que Ja racine d’œnanthe a produits chez Si pArQunss qui en avaient imprudemment mangé. Le seul remède efficace contre des aceidens aussi redoutables, consiste dans Ja prompte adminis-
rissée par les
( 89 ) es kration des vomitifs: Ceux qui ont pu vomir alors ont cté en général gueris, tous les autres ont succombé au milieu des convulsions. Trois soldats, victimes de eet em;oisonnement, ayant été ouverts après leur mort, on a trouvé un fluide blanchâtre et écumeux dans la bouche et la trachée-artère; les poumons distendus et leurs vaisseaux remplis d’un sang noir. Chez un seul-de ces sujets on a trouvé la surface de ces organes parsemée de pétéchies. Chez-tous, l'estomac contracté sur lui-même était phlogosé à son cul-de-sac et à sa petite courbure, Sa membrane muqueuse était Cpaissie, d'un rouge sombre, et contenait beaucoup de mucus. Les intestins étatent distendus par des gaz et leurs vaisseaux sanguins très-1mJectes. Ces faits anatomiques et pathologiques prouvent qu'à l’exemple des poisons âcres, la racine d'œnanthe exerce une violente irritation sur l'appareil digestif, et consécutivement sur le système nerveux. À raison de cette dernière manière d'agir et du trouble général qui en résulte dans l’éconemie animale, il est probable qu’elle pourra être un jour utilement appliquée à la curation de certaines maladies chroniques et rcbelles, Cette présomption acquiert d'autant plus de force que jusqu’à ce jour la médecive a trouvé ses moyens les plus énergiques parmi les poisons les plus redoutables. Mais comme on n'a point encore expérimentalement déterminé les propriélés médicales de cette racine vénéneuse , on ne doit admettre qu'avec une extrême réserve l'efficacité qu’on lui a vagueguement attribuée dans certaines maladies, jusqu’à ce que des observations cliniques bien faites aient fait counaître les effets salutaires qu’on peut en espérer. En attendant qu'on se soit occupé de ces recherches longues et difficiles, que peut-on conclure des succès que Dioscoride lui attribue, administrée dans le vin, dans des cas où les malades ne pouvaient uriner que goutle à goutte; si ce n’est que, comme substance âcre et irritante, elle a pu être quelquefois utile dans la paralysie de la vessie. Taberna-Montanus et Lobel l’ont recommandée: contre l’épilepsie, Sennert contre les scrophules, et divers anciens auteurs parlent de ses bons effets dans le traitement de l'asthme. Peut-être a-t-elle pu, dans quelques cas, être employée avec succès dans ces différentes affections ; mais où sont les faits propres à confirmer ses succès? Les éloges qui Jui ont été libéralement accordés par Paulli contre la leucorrhée, par Mercatus dans la dysenterie, et par une foule de SA LH contre la gravelle, ne reposent évidemment que sur de fausses expériences et sur des opinions erronées ;:et tant que des faits exacts et bien observés n’auront point constaté les avantages de cette substance, dans ces sortes de maladies, je
ne pense pas qu'aucun médecin probe et éclairé soit jamais tenté d’y avoir recours.
Gette racine, desséchée et pulvérisée, a été administrée en suspension, dans le vin, à la dose de quatre grammes (un gros ). On pourrait également la prescrire en décoction et en extrait, mais on manque de données sur les limites dans lesquelles doivent être renfermées les doses de ces préparations.
L’ænanthe crocata offre les mêmes propriétés délétères que celle dont nous venons de parler. La plupart des empoisonaemens. décrits ont même élé occasionés par elle. M. Roubieu en a fait connaître cinq autres espèces dont les racines sont également vénéneuses ,; et peut-être les racines de toutes les espèces du genre œnanthe sont-elles plus où moins à redouter : il faut en excepter cependant l’œnanthe pimpinelloïdes dont les tubercules sont très-nourrissans, et qui, au rapport de M. Decandolle, sont employées avec avantage comme aliment, à Angers, sous le nom de jouanettes, et à Saumur sous celui de mechons.
{ La plante est représentée de grandeur naturelle)
. Fenille radicale au trait.
Fleur entière, hermaphrodite, du centre, grossie. Fleur entière, stérile, de la circonférence.
. Galice et pistil.
. Ombellule involucellée.
. Fruit.