‹ Flore médicale (volume 5)Chapitre 64 sur 81 · CCLXX VIEIL · texte numérisé non relu

CCLXX VIEIL

POLYPODE.

Grec...,.... monumédioy. Dioscoride.

POLYPODIUM VULGARE., Baubin, HivaË , lib. 10, sect. 2. Tournefort , elas, 16. LA Late

POLYPODIUM VULGARE; frontibus pinnalifidis, pinnis oblongis subserratis obtusis, radice squammatt. Linné, cryplogamie , fougères. Jussieu, clas. 1, sect. 5, famille

« des fougères. L

Français .... POLYPODE; POLYPODE DE CHÈNR&.

Italien. ..... POLIPODIO ; FELCEQUERCINA. :

Espagnol.... portroptro.

Portugais... PorrPoDt0o.

Allemand... ENGELSUESS; STEIN WURZEL.

Anglais. ... common PoLYPoDx.

Hollandais. +. BOOMVAREN ; ENGELZOET.

Danois. ,... ÆENGELSOEDE; STEENSOEDS.

Suédois. .... STENSOETA.

Polonais.... PAPRoTKA.

Bokhémien. .. szADrc.

Hongroïs.... ERDEIT PAPRAGY.

Batista,

Les espèces de fougères que Linné avait renfermées .dans son genre polypodium, ont été réduites , d’après les réformes faites dans ce genre, à celles dont les capsules sont réünies en Sroupes arrondis, épars sur le dos des feuilles, et ne sont recouvertes d'aucun tégument,

L’espèce dont il est ici question, se trouve très-fréquemment dans les lieux pierreux , sur les vieux murs, les rochers ; dans les bois, aux pieds et sur le tronc des vieux arbres.

Sa racine est une souche dure, épaisse, ligneuse, horizontale, couverte d’écailles nombreuses, roussâtres et membraneuses, garnie de fibres noirâtres.

I s'en élève plusieurs feuilles droites, simples, glabres, lancéolées, d’un vert gris, longues de huit à dix pouces , divisées latéralement en lobes profonds ou en folioles alternes, parallèles, lancéolées , obtuses, quelquelois aiguës, confluentes à leur base, denticulées surtout à leur extrémité, diminuant de grandeut vers le sommet des feuilles.

La fructification consiste en petites capsules réunies en groupes arrondis, assez gros, d’un beau jaune, disposés sur deux lignes dans la longueur de chaque foliole , entre la principale nervure et le bord extérieur. Quelquefois ces groupes sont si nombreux qu’ils deviennent confluens.

72°. Livraison. c.

On en distingue quelques variétés » une entre autres ( polypodium cambricum, Lin.), dont les feuilles sont beaucou plus grandes, plus profondément lobées; les lobes dentés, déchiquetés , souvent crépus. On n’y trouve jamais de fructification, Quelques auteurs en ont fait une espèce distincte.

La racine de cette fougève est presque inodore, Sa saveur, qui est d’abord douceâtre et comme sucrée, dévient amère, nauséeuse et légèrement astringente quand on la mâche. Elle fournit, au moyen de l’eau, presque la moitié de son poids d’un extrait muqueux qui a la même saveur que la racine ellemême , et au moyen de l’alcool on en obtient un éxtrait résineux beaucoup moins abondant, moins doux que le précédent, et un peu âcre. Toutefois, Murray observe que l’infusion spiritueuse de cette racine est beaucoup plus douce que son infusion aqueuse. Pour peu qu’on prolonge trop l’ébullition, cette dernière acquiert même une amertume repoussante. Gmelin à cherché en vain à y constater la présence du sucre; mais il en a obtenu un mucilage tremblant, comme gélatineux.

À l’exemple de beaucoup de plantes dont la réputation est usurpée, le polypode a longtemps joui d’une certaine renommée. Hippocrate, Théophraste, Dioscoride, Celse, Paul d’Egine, lui out attribué Ja faculté d’exciter les évacuations alvines, et d’expulsér, d’une manière spéciale, la bile et la

ituite, conformément aux dogmes erronés de cette doctrine Fee qui a précédé l’étude des lois de la vie. Galien, d’après des vues non moins hypothétiques et bien plus erronées encore, lui accordait au contraire une vertu dessiceative. Dodonée l’a vantce contre la goutte vague; d’autres en ont fait usage contre la colique ; mais quelle colique ? Après avoir vu guérir quelques maniaques, auxquels ils avaient administré cette racine en lavement, comme purgative, Poissonnier et Malloin l’ont préconisée contre la manie. ‘

IL est bien probable que si elle peut avoir eu quelque suceès contre celte dernière affection, aussi bien que contre la colique et la goutte vague, ce ne peut être que par son action

urgative. C’est aussi en vertu de cette manière d'agir qu elle a été recommandée, comme vermifuge surtout, pour le traitement des ascarides lombricoïdes. À l'égard des succès qu’on lui a vaguement attribués dans le rachits, nous les croyons illusoires, où au moins fort exagérés. Divers auteurs, que Scopoli, se bornant à reconnaître au polypode une vertu a lou-cissante et légèrement résolutive , | ont exclusivement préconisé contre la toux, Mais si la décoction douceâtre et amère

(223) de cette racine pouvait être utile contre cette dernière affection, lorsqu'elle est produite par un engorgement muqueux des bronches, ou par un léger catarrhe chronique, elle ne serait nullement avantageuse dans les cas de vive itritation des bronches ou d’inflammation pulmonaire. |

Si l’on renonce donc aux idées hypothétiques qui ont trop longtemps présidé à l'appréciation des vertus des médicamens, il faut convenir que ses effets directs se bornent à une irritation modérée du canal intestinal, d’où résulte la purgation Jors qu’on la donne à haute dose ; que ses effets consécutifs, dans les maladies, sont fort douteux et mériteraient d’être soumis à de nouvelles expériences cliniques, si la matière médicale ne nous fournissait un très-grand nombre de plantes plus énergiquement purgatives, et très-propres par conséquent à la sup-

léer. | |

En substance, cette racine a été employée de quatre à trentedeux grammes (un gros à une once), soit sous forme pulvérulente, soit associée avec le miel sous forme d’électuaire. En infusion, on la donne de trente à quatre-vingt-quinze grammes (une à trois onces), dans quinze hectogrammes d’eau. Elle fait partie du catholicum, de l’électuaire lénitif, du sirop de manne et autres préparations officinales, monument de la crédulité de nos devancicrs dans la toute-puissance de la polypharmacie.

On a cru longtemps que le polypode qui croît sur le chêne, avait beaucoup plus de vertu que celui qui pousse sur la terre ou sur les rochers. Mais au lieu de constater cette préémi- Vs l'expérience prouve que Pun n’a pas plus d'énergie que

autre,

(La plante est représentée aux deux tiers de sa grandeur naturelle)

1. Amas de capsules attachées à nu sur la feuille. 2. Une capsule grossie.

3. La même telle qwelle s'ouvre par ulasticité, et laissant échapper ses séminules.

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