‹ Flore médicale (volume 5)Chapitre 65 sur 81 · MER · texte numérisé non relu

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\ POLYTRIC. t

Grec........ mpsxomarèe. Dioscoride. dd POLYTRICHUM AUREUM MAJUS; Bauhin, IlivxË , lib. 10,

sect. 2.

DRICHOMANES sive POLYTRICHUM OFFICINARUM ; Tour- Latin. .......{ nefort, clas. 16, sect. 1, gen. 3.

POLYTRICHUM COMMUNE; caule simplici, antheré paral-

lelipipedä. Linné, cryplogamie, ordre dès mousses. Jussieu , clas. 1, ord. à, famille des fougères.

Français... POLYTRIC; POLYTRIG DORÉ; PERCE-MOUSSE.

{talien....... poxLITRIco.

Espagnol... PoLITRICO.

Porlugais.::. POLITRICO.

ÆAllemand..... HAARMOS; JUNGFERNHAAR ; GOLDKHAAR.

Anglais. ..... GOLDEN MAIDEN-HAIR; HAIRMOSs.

Hollandais... HAAIRMOS; GULDEN HAAIR.

Danois....:, JOMFRUEHAAR; GULDHAAR.

S'uédois....:. BIOERNMOSSA.

Polonais...... WLOSKI P. MARYI ZLOTE.

Russe, ...... KOXUSCHNIK LENN.

Le polytric porte le nom vulgaire de perce-mousse, parce qu'il domine souvent les mousses par son élévation, lorsqu'il croit au milieu des tapis qu’elles forment sur la terre : il appartient à la même famille; on le rencontre très-fréquemment dans les forêts, parmi les bruyères, dans les terrains incultes, froids et humides.

Le polytric a des fleurs dioïques. Les fleurs mâles sont placées dans des rosettes de feuilles, dans le centre desquelles on a cru distinguer , à l’aide du microscope, parmi quelques filets ‘stériles et articulés, une sorte d’étamine ou d’utricule lançant une liqueur fécondante.

Les fleurs femelles se présentent sous la forme d’une urne ou d’une capsule terminale, dont les bords de l'ouverture ou du péristome sont simples, divisés en trente-deux, quarantehuit ou soixante-quatre dents réunies au sommet par une membrane en opercule qui ferme la capsule, recouverte par une coiffe intérieure, petite et oblique, et une autre coiffe extérieure, grande et revêtue de poils ferrugineux ct couchés.

Ses racines forment des souches très-longues, étendues sur la terre, garnies de fibres menues. Il s’en élève des tiges simples, quelquefois divisées à leur base, droites, hautes de trois à cinq pouces , garnies à leur base de petites feuilles en forme

72°. Livraison. d.

( 225 ) d’écailles jaunâtres, lancéolées, cachées dans les gazons; les autres, qui jouissent de l'air libre, sont vertes, un peu rougeâtres à leur sommet, linéaires-lancéolées , très-finement denices en scie, appliquées contre la tige, recourbées à leur sommet ; les supérieures plus longues. :

Du centre des feuilles à l'extrémité des tiges, s'élève un pédoncule rougeàtre, solitaire, terminé par un bourrelet circulaire, sur lequel est placée une capsule quadrangulaire, droite , puis inclinée; la coiffe extérieure est ovale, aiguë, couverte de longs poils brillans, soyeux, d’un jaune d’or ou rougeàtre. Le péristome est pourvu de soixante-Quatre dents; lopercule plat, muni au centre d'un bec pyramidal.

Les fleurs mâles sont situces à l'extrémité des tiges, sur des individus séparés, renfermées dans de petites roscttes de feuilles très-rapprochées, presque transparentes, très-aigués, imbriquées de couleur rougeâtre ou purpurine. Ces rosettes poussent souvent de leur centre un et successivement plusieurs autres jets, qui donnent à ces plantes l'aspect d'articles emboîtés les uns dans les autres. Ke (P.)

Le polytric est inodore et n’offre qu'une saveur très-légèrement astiingente, Comme son usage médical est tombé en désuétude, les chimistes ne se sont point occupés de son anal yse!: il ne parait guère mériter qu’en en fasse un objet. spécial, de recherches.

Qui croirait, toutefois, que des qualités physiques aussi faibles et aussi bornées aient pu donner lieu à administrer cette mousse dans nos maladies, à la décorer de propriétés merveilleuses et d’une puissance dont les plantes les plus énergiques ne jouissent même pas ? Si l’on eût consulté le rapport des sens ct le résultat de l’observation, on eût sans doute bientôt reconnu son impuissance complette, et l’on aurait senti la nécessité de la reléguer parmi cette multitude de plantes inertes dont les progrès des lumières ont fait justice, et dont la matière médicale commence enfin à se débarrasser. Mais l’amour du merveilleux d’une part, la crédulité de l’autre, et pardessus tout cette funeste et’déplorable pharmacomanie, qui a si longtemps asservi et asservit encore tant de têtes médicales toujours prêtes à s'exercer sur des chimères, lui ont fait attribuer des eflets comme miraculeux dans des maladies où sa plus grande utilité serait de n'être pas nuisible. De Ja les vertus astringentes, résolutives, incisives, béchiques , sudorifiques, emménagogues, etc., dont elle a été libéralement décorée, quoique aucune observation précise n’en ait constaté l'existence.

Comment croire, en effet, d’après l’autorité de divers auteurs de matière médicale, que la décoction de ce polytric dis-

sipe les obstructions, dissolve les calculs urinaires des reins et de la vessie, et guérisse l’inflammation de la plèvre ? Peut-on admettre, avec certains auteurs, qu’elle est un puissant sudorifique, avec d’autres, qu’elle provoque la menstruatibn, et avec quelques-uns, qu’elle diminue et arrête cet écoulement Lorsqu'il est trop abondant? Est-il plus rationnel de croire que sa décoction, appliquée en fomentation sur la tête, empêche la chute des cheveux et remédie à l’alopécie, en faisant repousser ceux qui sont tombés par les progrès naturels de l’âge ou par accident? Quand on connaît la marche et le caractère des affections que je viens d'indiquer, peut-on s’empêcher de sourire au récit de tant de merveilles et de’tous ces effets miraculeux, du polytric? Et lorsqu'on réfléchit que de semblables assertions ne reposent que sur de pures hypothèses, et quelles sont le simple produit de l'imagination, peut-on s'empêcher de les reléguer au rang des fables et des absurdités qui ont envahi le domaine de la médecine dans des temps d'ignorance et de barbarie? ne 4

En regardant comme non avénu tout ce qui a été débité sur les prétendues vertues vraies ou fausses du polytic, on “doit donc'lui appliquer littéralement la judicieuse rémarque de M. Decandolle sur la famille des mousses, à laquelle il “appartient, « Leurs vertus, dont quelques-unes sont contra dictoires, sont certainement très-faibles ou entièrement illusoires ; d'après la saveur presque uniforme de toutes les mousses, on peut y soupçonner un léger principe astringent ; mais le parti le plus sûr est de les regarder comme inutiles, ou au moins comme inconnues. »

Cette plante entière, ainsi que la poussière qui est renfermée dans ses opercules, ont été administrées à la dose de quatre grammes (un gros) et plus, en décoction, dans cinq hectogrammes (une livre) d’eau.

(La plante, représentée de grandeur naturelle, offre sur des pieds diflérens, des individus stériles ; un autre porle deux rosettes, dans lesquelles sont contenus les organes mâles, et enfin d’autres présentent les divers étals' de l’urne),

r. Périchet.

2. Coupe verticale d’une rosette , dans laquelle on voit des organes mâles, les uns plus grêles et articulés.

3. Organe mâle, grossi, lançant la liqueur fécondante, accompagné de deux filets articulés.

4. Urne on capsule, FP°oe de sa coiffe chevelue; et portant encore l’intéricure,

5. La même, dépouillée de ses deux coïffes, et dont on a soulevé lopercule.

6. La même, dépourvue de ses coifles et de son opercule, et dont on a soulevé l’épiphragme.

7. La même coupée en travers, pour faire voir que la ane présente quatre loges.

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