POMME DE TERRE
SOLANUM TUBEROSUM ESCULENTUM; Bauhin, TlivaË,
lib. 5, sect. 1. Tournefort, clas. 2, sect. 7, gen. 1e
Lalin........4{SOLANUM TUBEROSUM; caule inermi herbaceo, folis pinnatis inlegerrimis, pedunculis subdivisis. Linné, pentandrie monogynie. Jussieu, clas. 8, ord. 7, famille des solanées.
Francais... POMME DE TERRE; PARMENTIÈRE.
Ttalien....,, TARTUFFOLO;POMO DI TERRA.
Espagnol... parara.
OTLUSAIS. :. PATATA. |
Allemand... KArrorrez 5 ERDAPPFEL,.
Anglais... porATOES.
Hollandais... jArDAprEt.
Danois ‘+... JORDŒBLE,
Suédois. ». : ToRDPAERON.
Polonais... z21emNe sAvrxeo.
Russe. ...,., seMLENArA sAGOR.
La pomme de terre signale à notre reconnaissance les noms de Walter Raleigh , et celui de Parmentier; le premier, comme auteur de la découverte de cette précieuse racine; le second,
“comme en ayant propagé la culture et fait connaître les bonnes
qualités par ses expériences el ses écrits. |
- Cette plante est une des nombreuses espèces du genre "0relle (solanum, Lin.), caractérisé par un calice à cinq divisions ; une corolle en,roue; le tube court, le limbe ouvert et plissé, divisé en cinq lobes; cinq étamines ; les anthères rapprochées, à deux loges, s’ouvrant au sommet par deux pores ; un ovaire supérieur; le style filiforme; le stigmate aigu. Le fruit est une baie succulente, à deux ou plusieurs loges contenant des semences nombreuses , Cparses.
Ses racines sont longues , fibreuses, chargées çà et là de gros tubercules oblongs où arrondis » ui portent exclusivement le nom de pomme de terre, dont il existe un grand nombre de varictés.
Ses Liges sont tendres, herbacées, fistuleuses, un peu ramifiées , légèrement velues, garnies de feuilles glabres, alternes irrégulièrement pinnatifides, les lobes ou les folioles ovales . terminées en pointe, un peu velues à leurs bords, de grandeur fort inégale,
Les fleurs sont terminales, disposées à l'extrémité d’un long Pédoncule en un corymbe quelquefois un peu incliné. La corolle est blanche ou un peu violette ; ses lobes obtus.
73°. Livraison, æ
Son fruit est une baie molle, divisée en plusieurs cellules par des cloisons -intermédiaires ,: renfermant des semences nombreuses. P.,)
L'aspect sinistre de cette plante, l'odeur nauséeuse qu’elle présente dans l’état frais, lorsqu'on Ja froisse, semblent, au premier aperçu ; ‘y annoncer des propriétés délétères analogues à celles de la plupart des solanées. Toutefuis cette odeur, qui est surtout très-développée dans les fruits, lorsqu’on les écrase, et qui se retrouve avec un caractère-particulier dans les tubercules, lorsqu'ils sont accumulés en grande quantité dans le même lieu, dévient à peine sensible dans ces dernicrs, lorsqu'on les considère isolément, et y disparaît même presque entièrement par la dessiccation et par la coction, ‘opérations qui rendent leur saveur purement farinéuse. Ces tubercules désignés sous le nom de pommes de terre, contiennent environ 0,95 d'eau de cristallisation, 0,16 de fécule amilacée .et 0,09 de parenchyme. Ces proportions varient toutefois dans les différentes varictés de pommes de terte. Par l'analyse Comparative de quarante-sepl de ces variétés, M. Vauquelin a trouvé que onze. d’entre elles recèlent depuis.un cinquième jusqu'à un quart de leur poids d’amidon; deux seulement n’en ont donné qu'un huitième, Onze variétés n’ont diminue que des deux tiers par la dessiccation, et ce sont justement ce qui ont donné le plus d’amidôn. Deux ont perdu les tro quarts, et six près des quatre cinquièmes de leur poids, par la même opération. DES Tr La quantité des parties solubles contenues dans le suc de la pomme de terre, et qu’on obtient parlé lavage, s'élève aux deux ou trois centièemes de la masse, et se compose de sept à huit substances, savoir : 1°. environ sept millièmes d'albuminé colorée ; 2°. douze millièmes de citrate dé chaux; 3°. un mil- Jième d’asparagine; 4°. une très- petite quantité de résine amère, aromatique, cristalline; 5°. du PRESS de potasse et du phosphate de chaux; 6°. du citrate de goss et de l'acide citrique; 7°. quätre ou cinq millièmes l'une matière animale particuliere. Cette dernière matière, et la substance résineuse, sont les scules parties de la pomme de terre qui soient odorantes. Ce sont elles qui donnent à ce tubercule l'odeur et la saveur qui le caractérisent, €t il serait curieux de déterminer par des expériences cliniques leur mode d'action sur l’éconémie animale. Din: K
La fécule, lorsqu'on l'a obtenue dans l’état de pureté pe que forme d’amidon, est insoluble dans l’eau froide, mais elle est soluble dans une petite quantité d’eau bouillante et se prend avec elle en une masse gélatineusé tremblante, transparente et
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susceptible d’être transformée par la dessiccation en une gomme blanche diaphane, analogue au salep, Enfin le parenchyme des pommes de terre contient encore une certaine quantité de fécule et du sucre, source de l’alcoo! qu’il est susceptible de fournir par la distillation.
…, Par suite de son odeur vireuse et.:de son analogie avec plüsieurs autres plantes de la même famille, on avait cru d’abord qu'à l’exemple de la plupart de ses congénères , cette solanéé était douée de propriétés narcotiques ou stupéfiantes, et qu'elle était par conséquent anodine, calmante, répercussive ; Mais ces vertus, si elle les possède, y sont si faiblement prononcées ; que les vaches et plusieurs autres animaux dévorent chaque Jour, sous nos yeux, de plus:ou moins grandes quantités de ses. feuilles: et de ses tubercules sans en éprouver le moindre inconvénient. … | |
Cependant les feuilles et les sommités du so/anum tubero: sum, comme calmantes et stupéfiantes, ont été recommandées à l'extérieur, soit en décoction, soit sous forme de cat4plasmes, contre les contusions , les diastases, les entorses, les luxationsiet autres lésions locales accompagnées de douleur. On s'en est également servi, dans quelques cas, contre la brûlure ; les chancres et les cancers. Mais leurs effets narcotiques Sont pas assez;constatés, ni leurs succès dans les affections > nous venons d'indiquer, appuyés par un assez grarid nombre d'observations, Pour qu’on puissey avoir recours/avec confiance, et pour ne pas leur préférer la morelle, la belladone et autres solanées, dont la puissance narcotique n'est pas douteuse. Je ne ‘parle pas de la prétendue vertu lithontripti- Que qu’on a attribuée à cette plante; parce qu’elle né repose Sux aucune,expérience clinique. no
Si. les propriétés médicamenteuses dé la pomme de terre :sont douteuses et fort incertainés ; il n’en est pas de même des qualités nutritives de. ses tubercules: Ces précieuses produé- ,Hons, qu’on peut cousidérer comme des excroissances ou ex05- Loses farineuses de a racine ; lrès-anciennement connues en Amérique, et introduites en Europe vers. le commencement -du seizième siècle, occupent un des premiers rangs parmi les substances alimentaires. C’est surtout aux Savans travaux êt aux philantropiques efforts de l'illustre Parmentier, que nous sommes redcvables de l’heureuse extension de sd culture et de Son emploi parmi nous. C’est done à juste titre qu’on.à pro- ‘posé de substituer le nom de parmentière à la plante quiles produit, Pour consacrer la mémoire dé ce bienfaiteur de l'hu- ‘manilé ; associé à jamais à une des plus précieuses et des plus -utiles conquêtes qué l'homme ait faites sur là nature. Apres le
fromentetleriz; aucune production végétale n’est en effet aussi précieuse, n1 aussi universellement utile. La grande quantité de fécule qu'elle renferme en fait un aliment très-nourrissant, d’une digestion facile et d'un emploi très-salutaire. Toutes les objections faites contre son usage, ainsi que l’observe M. Decañdolle, sont oubliées. « Lors même qu'on parviendrait, ce qui n’a pas encore été fait, à en extraire quelque peu d’extractif narcotique, il ne faut pas perdre de vue que tous nos alimens renferment une petite dose d'un principe excitant , qui, sil y étaiten plus grande quantité, pourrait être mortel, mais qui y est nécessaire pour leur servir decondiment naturel. » Les personnes dont les forces digestives sont épuisées par la vie sédentaire , des maladies ou des excès, en feraient difficilement, à la vérité, leur nourriture exclusive, ou s’en trouveraient moins bien que les personnes robustes. Mais alors, en leur faisant subir différentes préparations, en les associant à différens condimens et à d’autres substances alimentaires, elles peuvent devenir très-avantageuses aux estomacs les plus délicats et même aux malades.
Guites sous la cendre, au four, dans l’eau ou à la vapeur, les pommes de terre sont directement employées, comme base de l'alimentation, par toutes les nations de l'Europe. Les pauvres y trouvent, à peu de frais, un aliment re qui leste bien l’estomac et qui est leur unique ressource dans les temps de disette, et les riches un moyen de varier leurs mets et de multiplier leurs jouissances, On les associe avec avantage aux viandes et aux jus qu'on en retire, aux graisses, au beurre, au lait, aux œufs, au sucre, et autres substances végétales. On les transforme ainsi en une variété innombrable de mets plus ou moins délicats, toujours fort nourrissans, presque toujours salutaires, et qui figurent avec le même succès sur les tables les plus modestes, comme sur celles qui sont le plus somptueusement servies. On en fait des soupes, des pâtes, des salades, des bouillies, des purées, des ragoûts, des fritures, des beignets et des gâteaux. te en tranches et séchées au four, on peut les conserver très-longtemps, sans altération, avec toutes leurs qualités nutritives, les transporter à de grandes distances et s’en servir ainsi dans les voyages de long cours. Cuites à la vapeur, dépouillées de leur épiderme , séchées et réduites en farine, on peut également les conserver très-longtemps pour les usages alimentaires. On en fait du vermicel, du sagou et même de très-bon pain, si on à le soin d’y ajouter un peu de farine de froment. L’amidon qu'on retire de la pomme de terre crue, en la râpant sur un tamis ; dans de l’eau, au fond de laquelle il se précipite, a toutes les qua-
( 233 ) lités de celui que l’on retire du froment, et sert aux mêmes usages économiques. On en compose des crèmes légères, qui, convenablement édulcorées et aromatisées, fournissent aux convalescens et aux malades, un aliment analeptique trèsagréable. Les parfumeurs en font diverses poudres cosmétiques. 11 sert aux blanchisseuses et à différens fabricans d’étoffes, à la préparation de l’empois, avec lequel on donne de la consistance et du lustre au linge blanc et à plusieurs tissus. La gomme transparente, qu’on obtient par la dessiccation de la gelée que l’amidon forme avec l’eau bouillante, offre toutes les propriétés de la gomme arabique, et peut être employée aux mêmes usages économiques, médicaux et pharmaceutiques. Enfin, la substance parenchymateuse de ces tubercules, longtemps dépréciée et rejelée comme inutile, contient encore beaucoup de matière nutritive; desséchée et réduite en farine, elle a plus de saveur que le gruau de froment ; mêlée avec la farine ie céréales, elle éprouve la fermentation panaire, et donne de fort bon pain. On sait qu'après la congélation, les pommes de terre se ramollissent, et sont alors rejetées comme impropres à aucun usage, Il ne faut cependant pas croire qu’elles aient entièrement perdu leurs qualités nutritives. Des expériences récentes ont prouvé qu'on peut encore, dans cet état, en retirer une certaine quantité de fécule amilacée, qui a les mêmes qualités que celle qu’elles fournissent avant cette altération de leur parenchyme.
Quoique les vaches et quelques autres herbivores mangent quelquefois les feuilles de cette solanée, soit dans l’état frais, soit dans l’état sec, les animaux, en général, préfèrent les tubercules, qu’on leur donne crus, coupés, hachés, ou cuits à l'eau. Dans ce dernier état, on s'en sert surtout avec avantage pour engraisser les bœufs, les veaux, les cochons et la volaille de toute espèce.
Deux autres espèces de solanum originaires de l'Amérique, le solanum montanum et le solanum Valenzuela, cette dernière nouvellement découverte par le botaniste de ce nom, produisent aussi des tubercules farineux et nourrissans comme notre pomme de terre,
(La plante est représentée de grandeur naturelle )
. Corolle ouverte, à la base de laquelle on aperçoit l'insertion des cinq étamines.
+ Etamines grossies , afin de faire voir que l’anthère biloculaire laisse
échapper le poilen par les deux trous qui la terminent.
. Galice et pistil.
: Fruit entier de grosseur naturelle, . Graine isolée,
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