‹ Flore médicale (volume 5)Chapitre 67 sur 81 · POMMIER · texte numérisé non relu

POMMIER

Grec.......+ yntæ. Dioscoride. , \

MALUS FLORE PLENO; Bauhin, IuivaË, lib: 11,.scct. 6. Tournefort, clas. 21,/sect. 8, gen. 5. pe die

Latin...t....{ Pxrus MALUS; folüs serratis, umbellis sessilibus, Linné, icosandrie pentagynie. Jussieu, clas. 14, ord, 10,

. famille des rosacées.

Français .... POMMIER.

Ltalien.:.:... MELe; promo.

Espagnol... : MANZANO.

Portugais... MACEIRA.

Allemand... ATFELBAUM.

Anglais... APPLE-TREE.

Hollandais... APPELBOOM.

Danois....:. AEBLETRGE. .

S'uédois..... APPELTRAED,

Polonais .... JABLON.

Russe: ...... JABLON.

Illÿrien. «44. TABUKA:

Finlandais. : | OMENA,

Calmouc....+ ALEMA.

Arabe...... TYFFAH.

Persan...... sir.

Chinois. .... prmM-Po.

+ Le pommier est un arbre indigène de l’kurope, enlevé depuis longtemps à nos forêts ét livré à l’industrie des agriculteurs. Ses fruits, adoucis par leurs soins, ont produit un grand nombre de variétés , distinguces par leur saveur acide ou douce, par leur consistance ferme, tendre ou cassante, par eur grosseur, leur forme, leur couleur, etc.

Linné n'avait formé qu'un seul genre du pommier et du poirier. Dans l’usage habituel, on les a toujours tenus séparés; ils sont en effet constamment distincts par la saveur et la forme de leurs fruits : les autres caractères leur sont commtuns. Ils consistent dans un caïice à cinq divisions; cinq pétales insérés sur les bords du calice, ainsi que les étamines cn grand nombre; un ovaire inférieur, surmonté de cinq styles velus réunis par leur base; autant de stigmates. Le fruit est une pornme charnue, glabre, ombiliquée, tant en dessus qu’en dessous, contenant dans son centre cinq loges cartilagineusés ; un ou deux pépins dans chaque loge. ;

Dans le poirier ,; les cinq styles sont distincts à leur base; le fruit est ordinairement en forme de toupie, ombiliqué seulement'au sommet, ét non à la base, comme dans le pommier. 93°. Livraison. b.

Le pommier, dans son état sauvage, est un arbre de A grosseur, d’une hauteur médiocre ; ses rameaux sont. étalés, ordinairement épineux : les individus que j'ai observés dans la forêt de Villers-Cotterets, n'avaient point d’épines.

Les feuilles sont pétiolées, alternes, éparses ou réunies par

ouquets, ovales, un peu aigués, légèrement dentées, d’un Vert sombre en dessus, velues en dessous,

Les fleurs sont d'un blanc mêlé de rose, assez grandes, disposées en une ombelle presque sessile : ‘elles produisent des fruits glabres, arrondis, très-acerbes dans les individus sau- Vages. 1. (F3)

Le nom commun de pomme, pomum malum ; u#hov, que les anciens donnaient indistinctement à presque tous les fruits horaires, soit à noyaux, soit à pepins, et même à ceux que Nous considérons comme des baies, est exclusivement réservé Parmi nous aux fruits du pommier. Ces fruits, dont le parenchyme est ferme et succulent, exhalent une odeur qui, dans certaines circonstances, est manifestement éthérée, et offrent Une saveur à la fois sucrée, acidulée et comme vineuse. Toutefois, sous ces différens rapports, et sous ceux du volume, de la forme, de la couleur, de l'époque de leur maturité et de leur goût plus où moins agréable, les pommes offrent un très- Srand nombre de variétés. Les aglonomes en comptent même plus de deux cents bien déterminées, et résultats des modifications que la culture et la greffe ont opérées à la longue sur le pommier Sauvage, qui parait être la souche commune de tous ceux que l’on cultive dans nos jardins et dans nos Yergers. Du mucilage, du sucre et un acide très-abondant et

‘une nature particulière, que les chimistes ont désigné sous le nom d'acide malique, sont les matériaux immédiats dont se compose le parenchyme de ces fruits. Leurs pepins renferment, sous une enveloppe corticale brune, une substance blanche, consislante, de nature oléagineuse, analogue à la substance des amandes, et composée comme elle d'huile douce, de mucilage et de fécule. ! L

À raison de leurs qualités acides, mucilagincuses et sucrées, les pommes, ainsi que le suc qu’on én exprime, Jouissent à un haut degré des propriétés nourrissanltes , tempérantes , rafraïchissantes, émollieñtes et légèrement laxatives.A 1 exemple de presque tous les fruits acidulés et sucrés, leur décoction dans l’eau pourrait être administrée avec avantage, comme boisson, dans presque toutes les maladies aiguës; et pan ps coup de maladies chroniques. On s’en trouverait bien ans les irritations de l’a pareil digestif, telles que les fièvres bibeuses ; muqueuses et adynamiques, les diarrhées et les dysenterics.

(237) | Elle ne serait pas moins utile dans la néphrite, la cystite, la blennorrhagie, la strangurie et autres maladies inflammatoires des voies urinaires. On en fait plus particulièrement usage dans les catarrhes bronchiques et dans les engouemens des poumons. Floyer s’en est servi avec un grand succès sur luimême, dans l'asthme dont il était atteint, On rapporte même que des chevaux asthmatiques furent guéris de cette affection. après avoir.dévoré une grande quantité de pommes. Ne pourrait-on pas s'en servir dans la plupart des exanthèmes aigus, avec beaucoup plus d'avantage que de la plupart de ces tisahes non moins compliquées que dégoûtantes, qui ont le seul privilége de fatiguer le malade ? Le suc de ces fruits, récemment exprimé, a été employé avec un grand succès contre le scorbut. Transformé, par la fermentation, en une liqueur vineuse et acide, très-connue sous le nom de cidre, il est éga-

Jement très-utile dans cette affection, ainsi que l’ont observé

Huxham, Lind et beaucoup d’autres.

Cuites, dépouillées de leur épiderme , de leurs pepins etdes cloisons qui les séparent, et réduites en pulpe, les pommes peuvent êtreemployées à l'extérieur, avec avantage, sous forme de cataplasmes, pour calmer la douleur et favoriser la résolution des phlegmons, des furoncles, des bubons et autres tumeurs inflammatoires. On en a surtout recommandél'application sur les yeux, dans certains cas d'ophthalmie.Cettemême pulpe, associée à la cire, sous forme d’onguent, a joui de beaucoup de répu-

tation contre les hémorroïdes et contre les gerçures des lèvres,

les fissures, l’intertrigo et autres lésions de la peau. Si le pommier était relégué à l'extrémité du Nouveau-Mondé, ou bien si ses fruits nous étaient apportés à grands frais des parties les plus reculées de l’Asie ou de l'Afrique, leurs qualités médicamenteuses auraient été élevées jusqu'aux nues; mais il croît au milieu de nous; chaque année , il nous donne libéralement des fruits en abondance, et ce motif, sans doute, les a fait déprécier comme médicament.

: En revanche, les pommes sont d’un très-grand usage comme aliment, et d’une très-grande utilité pat la boisson diététique qu’on en retire. Par la coction , elles deviennent entierement pulpeuses, un peu moins acides et beaucoup plus sucrées; cette préparation les rend ainsi, en quelque sorte, plus nutritives plus faciles à digérer et par conséquent préférables pour ee valétudinaires, les malades et les convalescens. Mais dans l’état de crudité, comme après la cuisson, ‘elles constituent un aliment rafraîchissant, aussi agréable que salutaire qui convient à presque tous les hommes, et qui peut, dans puést que tous les cas, remplacer avantageusement les fruits d'été.

Les pommes conviénnent toutefois plus particulièrement aux jeunes gens, aux tempéramens bilieux et sanguins, aux individus très-ardens, à Ceux qui sont sujets aux irritations gas. tiques et aux affections inflammatoires. On leur a reproché, il est vrai, d’occasioner un sentiment de gêne à l'estomac, des flatuosités,: on les a même accusées de produire des fièvres intermittentes et surtout Ja dysenterie: Mais ces assertions sont purement erronées, car si ces fruits, pris en trop grande quantité, peuvent rendre la digestion pénible et occasioner la diarrhée ou autres accidens, à des sujets dont les forces digestives sont épuiséespar des excès, des études opiniâtres ou de longs chagrins , leur usage modéré ne peut qu’être en général trèsutile. On conçoit même qu’on pourrait en tirer un grand parti, soit comme moyen curatif, soit comme moyen prophylactique dans les fièvres intermittenteset dans la dysenterie, comme dans le scorbut, les dartres, l'éléphantiasis etautres maladies d’irritalion. |

Le cidre qu’on obtient, en soumettant à la fermentation le suc retiré des pommes par l'expression, est un liquide vineux, doux et acide, remarquable surtout par la grande quantité d'acide carbonique qu’il renferme. Les personnes affaiblies et très-délicates, se trouvent moins bien, dit-on, de son usage, que de celui du vin ou de la bière. Mais, en général , ilconstitue une boisson très-agréable et fort salutaire, ainsi qu’on peut s'en assurer par la beauté, la force et la vigueur des Normands et des habitans de la Biscaye, qui en font leur boisson ordinaire. Parmi les inconvéniens purement illusoires qu’on a reproches à l'usage de cette boisson diététique, on l’accuse, d’une manière spéciale, de produire une maladie trèsgrave, désignée sous le nom de colique végétale. Cependant, cette affection n’est autre chose que la colique saturnine ; ses symptômes sont parfaitement identiques avec ceux de cette dernière,.et, au lieu d’en accuser le cidre, ne doit-on pas l’attribuer , avec plus de raison, aux oxides ou sels de plomb qui se trouvent accidentellement en dissolution dans cette liqueur , soit qu'ils y aient été introduits, pendant la fabrication , par divers ustensiles qui contiennent ce métal, soit qu'ils

aient été ajoutés par les. marchands, pour en diminuer l'acidité. 4

Comme médicament, les pommes se donnent en décoction dans l’eau ou le lait, en quantité variable, selon les circonstances. Leur suc, récemment exprimé, peut se donner de soixante à cent-vingt grammes (deux à quatre onces) et plus. On en fait un sirop fort agréable, qu’on peut administrer à Ja dose de plusieurs onces. On en fait également des tablettes ailes

pectorales, d’un très-bon usage dans les maladies de poitrine. Les pommes entrent dans la composion du sirop de Mésue’, préparé avec le séné, dans celle de l'onguent contre les gcrcures. Les parfumeurs en préparent aussi une pommade cosmétique.

La faculté qu'ont ces fruits de se conserver d’une année à l’autre, les rend extrêmement précieux pendant l’hiver , et favorise singulièrement leur usage dans nos climais tempérés. Soit cuits, soit crus, ils sont constamment une partie cessentielle du dessert, et figurent sans cesse, avec honneur, sur nos tables. Les cuisiniers les associent avec avantage à plusieurs de nos alimens, et en font, entre autres mets très-délicats, des marmelades, des compotes, des tourtes et des beignets. Les confiseurs en préparent des pâtes, des conserves et des gelées qui sont extrêmement avantageuses pour les convalescens et les malades, et d’un goût délicieux. Les pharmaciens emploient quelquefois leur pulpe pour envelopper les pilules et en favoriser la déglutition. Leurs semences , dépouillées de leur épiderme, peuvent, à l’exemple des amandes, servir à la préparation des émulsions. Enfin, un des plus grands usages des pommes est relatif à la fabrication du cidre. Pour cela, on les concasse grossièrement, on les soumet à l’action du pressoir : le suc qui en découle alors est mis dans des cuves. Là, ül éprouve la fermentation vineuse et se transforme, par cette opération, en un liquide doux, piquant, effervescent et susceptible d’enivrer. Mais il est à remarquer que l’on préfère, pour cet objet, les pommes les plus âpres et les plus aigres, tandis qu’on réserve, pour le service des tables, celles dont la saveur est douce et plus ou-moins parfumée, comme la reinette.

L’écorce du pommier est astringente et quelquefois employée dans la teinture en jaune.

EXPLICATION DE LA PLANCHE »28r.

(La plante est réduite aux deux tiers de sa grandeur naturelle )

. 1. Bouquet de fleurs.

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